PHLEGMASIES CUTANÉES
supporter sans pousser des cris perçans. Cependant on n ‘aperçoit aucun changement dans la couleur de la peau qui environne l'éystèle ; nul sonflement à la parue affectée ; mais le malade se sent très-faible , le pouls est petit , les lévres , la langue et les dents sont fuligineuses (vin d'Espagne, thériaque, etc. ). L'état adynamique augmente et la mort survient au bout de trois jours. Le même auteur donne l'observation suivante de la mêmecomplication. Une garde de femmes
en couches estatteinte subitement d’un grand frisson ,
suivi d’une fièvre intense ; ensuite assoupissement , ronflement , rougeur érysipélateuse à la partie supérieure du front ; bouche béante, langue et lèvres sèches et noires ; réverie et loquacité conunmuelles, débilite. Get érysipèle est, au bout de quelques jours , suivi d’un phlegmon LE occuppe tout le cuir chevelu. Ce phlegmon passe à à l’état de suppurauon : on ouvre labces , et dix à douze jours après la femme est guérie.
8o. Hoffmann nous a transmis un exemple de la complication de lé éry sipèle à avec la fièvre ataxique, dans
l'observation que je vais rapporter. Un homme âgé de
soixante-huit ans, EU mangeur, ayant beaeoup d’ embonpoint , et sujet à un flux hémorrhoïdal qui s'était arrêté depuis deux ans, avait voyagé par un temps humide et chaud, et, dans un moment de colère, avait pris de l’eau-de-vie. Le soir , de retour dans sa maison , les symptômes suiVans se déclarent : horripi= lation avec vomissement ; chaleur trés-intense ; OCCUpant la tête et troublant fs sommeil , au point d'acte le délire. Le lendemam , tumeur remarquable à l’aîne avec chaleur. Le troisième jour, rougeur et chaleur af fectant toute la cuisse et la jambe. Rémission des sym-
ÉRYSIPÈLE. | 85 ptômes ; néanmoins le pouls est trés-fréquent et le malade tombe dans un assoppissement qu ‘on. ne peut dissiper , et qui augmente à un tel point , que les excitans sont absolument sans action. Le sixième jour la couleur du pied change ; elle : passe du brun au noir;
la face se tuméfie et se. clore en rouge. La constipa-
tion est remplacée par des déjections involontaires ; les lavemens sont rejetés aussitôt aprés avoir élé injectés. Le huitième j jour , difliculté de respirer et la mort.
SIL Description étre de L'Éysipète. |
‘87. Préhspastions et causes 4 Re L'erysipèle attaque plus souvent les femmes que les hommes ; le tempérament bilieux en est aussi plus souvent Mocté. Cette inflammation survient fréquemment durant la menstruation , ; la gestation , à l’époque de la cessation des menstrnes 7, aû printemps ct, en prolongée : aux c rayons solaires | À nes refr oidisserhent su bit, lé équitation. en sens contr aire au vent ; Tüsage de certains alimens 3 l'abus des alcooliques ; ; suppres= sion de la transpiration , dune saignée habitmelle , ‘des | menstruss, du flux hémorrhigidal, etc. On à vu Te ’Érysipèle survenir à la suite de Chagrins violer ns ; etc.
82. Symptômes. Les signes précurseur: rs a Pérysipèle sont des lassitudes spontanées , des frissons passagers, des nausées, la dureté ét la fré équence ‘du pouls. C’est vers le deuxième ou le tr oisième jour de ce mouvement général excité dans. l’économie animale, que | l'érupuon érysipélateuse : a lieu, soit au visage , SOIt aux membres. La tension, la rougeur , la douleur , la
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chaleur , ainsi que le gonflement de la peau , vont er augmentant jusqu'au troisième où quatrième jour , quelquefois méme en s'étendant d'une parte dans une autre. Ces affections, ainsi que le mouvement fébrile, restent comme stauonnaires jusqu'au sixième ou septième jour, en donnant lieu à des vésicules séreuses plus ou moins nombreuses ou rapprochées. La rougeur et la tension commencent alors à décliner ainsi que la douleur ; il se forme des croûtes légères qui finissent par se détacher ; ou bien 1l survient une sorte de desquamation de l'épider me du neuvième au dixième jour , et la maladie est alors ternunée , pourvu qu'on s ’äbstienne de toute lotion de la partie affectée , et de tout topique avec des substances humides ou onctueuses. Il passe aussi quelquefois à l’état de gangrène , d’ulcérauon , etc. |
83. L’érysipèle peut revenir à des époques plus où. : moins rapprochées ou éloignées. En devenant ainsi périodique , comme les auteurs en ont donné tant d exemples, 1l se renouvelle assez fréquemment , sur— tout dans les hospices ‘de femmes, tels que celui de la Salpétrière , soit à l’époque de la cessation des menstrues, soit lors de leur suppression. Cette érupuon cutanée reparaît aussi quelquefois par accès tous les ans ou après un certain nombre de mois , mais constamment vers la même époque. Lorry (de Morb. cutaneis) a connu un homme sain d’ailleurs , qui , deux fois dans l’année , était atteint d’ érysipèle vers lé époque de l’un et l’autre équinoxe. La première et la seconde attaque furent précédées d’une fièvre violente ; la peau se leva, et sa couleur parut un peu livide ; Rite dura jusqu’ au quatorzième jour, avec des accideus :
ÉRYSIPÈLE. 87 graves ; mais les années suivantes, le mal parut adouci: il ne s’étendait guere au-delà du septième jour ; 1l n’était plus précédé par un mouvement fébrile marqué , mais seulement par un frissonnement avec des anxiétés ; et il ne paraissait qu'une rougeur légère, tantôt sur une parte , tantôt sur une autre. Le même auteur rapporte aussi avoir vu “un érysipele périodique qui ne paraissait qu'une fois l’année, au printemps, mais qui était plus grave et d’une plus longue durée que le premier , aprés ses deux premières attaques. Dans l’un et dans l’autre, une sueur légère sur la fin de l'accès et le ur de la Hecg des évacuatons annonçaient la fin de l'attaque. Il est digne de remarque que ces deux hommes , d’un âge avancé , qui, avant d'être sujets à cet érysipele périodique , étaient susceptibles de toute sorte de maux pour les causes les plus légères , ont joui depuis cette époque de tous les attributs d’une vicillesse saine , et d’une grande énergie au moral comme au physique.
84. Parmi les traits caractéristiques de l’érysipèlé considéré en général , on doit remarquer une sorte de facilité de changer de place et de se transporter d’un heu dans un autre avec une rapidité singulière. Quelquefois il abandonne le visage pour aller occuper le cou ou la poitrine ; il quitte l’un des bras ( Renauldin , Dissert. sur l'Erysipèle) pour s'emparer de l’autre ; 1l passe de l’une à l’autre cuisse , de l’une à l’autre jambe ; 1l remonte parfois des membres abdominaux au tronc ou à la tête, se reporte même sur les parties qu'il a affectées ; 1l est, en un mot, susèepüble d’une locomobilité trés-variée, sans qu'il laisse d'autre trace , dans la partie primitivement affectée ,
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qu'une sorte de desquamation de la peau. Lamotte : ( Obserw. chirurg.) rapporte qu’un enfant de neuf à dix ans fut atteint d’un érysipele qui attaqua d’abord la partie chevelue de la tête, le frontet les oreilles , qui s’étendit ensuite jusqu’au cou, et de là aux épaules , tandis que son siège primitif avait été ‘abandonné: Il en fut de même dans les parties inférieures, à mesure quil abandonnait le tronc et la ‘tête, en sorte quil n’y eut presque pas une parue du ussu de la peau qui n’en füt attaquée , Jasquaur doigts des mains et des pieds. Cest ce caractère de
CAE de certains érysipèles qui leur a fait donner le nom d’ambulans, et qui se manifeste même plus ou moins dans les cas les plus ordinaires , où on les voit s'étendre successivement et gagner les parties voisines.
85. L’ér ysipèle peut se manifester quelquefois avec ious les caractères d’une complicauon d’une fièvre inflammatoire L marquée par un pouls fréquent, dur ‘et élevé, une soif vive, une chaleur ardente ; etc. fl peut aussi se compliquer avec une fièvre bilieuse % indiquée par une fréquence du pouls, des nausées , un goût d’amertume , un enduit jaunâtre de la langue , des paroxysmes réguliers et violens, etc. Enfin, la fièvre adynamique. peut communiquer son caractère à l’'érupüon érysipélateuse. Ceite complication se fait reconnaître par tous les signes d’une débiliié générale , comme la décomposition des traits de la face , l’état fuligineux de la langue et des dents, une haleine féude , la faiblesse du pouls, et tous les autres symptômes d’une prostraion des forces plus ou moins prononcée. On en peut dire de même de
ÉRYSIPÈLE. AIS la fièvre ataxique. ( Hoffmann, de Febre erysip.) On imagine facilement combien ces différentes complications influent sur le jugement qe on doit. porter sur l’érysipèle, et donnent lieu à des modifications particulières du traitement médical , d’après les principes exposés dans le premier volume de cet
RS ouvrage.
S IT. Traitement de L'Erysipele.
86. L'érysipéle simple est, en général, une maladie telle, que si on ne commet point quelque impru- ‘dence, qe attentions du régime suffisent pour le condiure jusqu'à sa terminaison , en passant par ses irois phases ou périodes , qui se succèdent avec rapidité, puisque son cours ordinaire ést de huit à dix jours. C’est dans ces vues qu'il suffit de donner à l'intérieur quelques délayans , comme l’eau d'orge édulcorée avec le miel où acidulée avec le sirop de vinaigre, de l’oxycrat, de l’eau rougie avec le vin, etc.; l'usage des fruits doux ou acidules, etc. , comme des pommes , des poires, des oranges, etc., peut être permis. On a recôurs à une boisson éméusée s'il survient quelques symptômes d’embarras gastrique. Quant aux topiques , il est prudent de ne permettre l'application n1 des corps gras n1 des substances humides (1); et on peut tout au plus permeitre: d'étendre sur la partie enflammée une légère couche
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(1) Fabrice d’Aquapendente, Hoffmann, Hagendorf, etc. , rapportent dés événemens malheureux produits par destopiques froids employés à.titre de répercussifs dans les cas d'érysipèle de la face.
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de farine d'avoine ou de froment. Je ne parle point des complications de l'érysipéle avec quelques-unes des fièvres primitives , et Je renvoie , pour les médicamens internes, aux principes déjà exposés du traitement de ces fièvres.