Z0 N A.! OT
couvre la partie malade avec un liniment composé de blanc d'œuf et de lait. La démangeaison augmente aussitôt après l’applicauion de ce topique , et bientôt il se forme plusieurs phlyctènes. À cette époque , Je pouls devient dur , la bouche amére, la langue se recouvre d’une couche épaisse (irfusion de fleurs de sureau en boisson et en fomentation; le lendemain, vomissement provoqué avec trois grains (15 centisrammes) de tartrate de potasse antimonié dans un demi-litre d'eau partagé en plusieurs prises). La rougeur et la démangeaison diminuerent sensiblement aussitôt aprés l'effet de ces moyens. Il se forma , à la suite des phlyctènes, deux petites escarres qu'on recouvrit d’onguent de Styrax , et qui se détachèrent le quatrième jour. La guérison fut complète le trenteunième jour de la maladie. |
88. Hoffmann tracé aussi une observation de cette maladie qui estdigne de remarque: je vais la rapporter. Un professeur célèbre, âgé de cinquante ans, fréquemment affecté de taches scorbutiques, fut pris toutà-coup , après un grand refroidissement, de faiblesse , d'inquiétude, d’insomnie, d’anorexie » d'horripilations et de chaleur, accompagnées d'un certain trouble dans les fonctions mentalés. Ces symptômes duraient depuis prés de sept jours ; ; däns la nuit il sentit , à la fégion précordiälé, uné ardeur ab$olument MATE qui sé propagcait jusqi'aux dents. Le matin, l'inspecüon de lendroit douloureux fit apercevoir un exanthème extraordinaire, c’est-à-dire un cercle rougcdtre qui s ’étendait en manière de ceinture, depuis] la région prééor diale } jusqu À la dorsale , et qui était recouvert. de pustules rapprochées , les unes entièrement blan-
92 PHLEGMASIES CUTANÉES.
ches, les autres d’un rouge ürant sur le noir. Les sympiômes diminuérent alors , à l'exception de la chaleur ardente, dont la violence était telle que le malade ne pouvait prendre de sommeil ni toucher le lieu affecté. On provoqua une sueur lésère, et on appliqua de l'huile d'œuf vers la fin. La douleur s’apaisa dans l’espace de quinze jours ; les pustules se desséchérent, et l’épiderme séparé, tomba en desquamation.
Deux autres observations sur cette affection se trou vent consignées dans ma Médecine clinique : elles suffisent sans doute , jointes à celles que je viens d’ EXpOser, pour donner.une idée claire du zona , et pour faire, connaître le point de ressemblance qu'il a avec
l’érysipele.
S IL. Description générale du Zona. |
89. Les prédispositions et causes occasionnelles ; en général , sont psp connues ; elles paraissent être en grande partie les mêmes que ee de l’érysipèle et de la dartre. Wichmann admet un miasme: spécifique ; mais rien de constaté ne vient à Jappui de son. assertion: ;
90. S ymptémes. Les signes précurseurs sont certainssymptomes fébriles, des anxiétés, l’insomnie, le dégoût , etc. Le malade éprouve une chaleur À äcre et brùlante avec un sentiment de prurit. dans la partie où doit se former l'érupuon. C’est ordinairement sur,un des côtés de la poitrine où de, LÉ abdomen qui il se manifeste des vésicules blanches » séreuses, de la. grosseur :de grains de mullet, qui se réunissent par plaques € en forme | & demi-ceinture de quatre ou cinq travers de doigt.
ja ZONA di us À Un mouvement fébrile plus où moins intense a lieu pendant que l’éruption des pustules offre une sorte de succéssion ; quelques-unes d’entre elles se sèchent et disparaissent , tandis qu'il en renaît d’autres. Un sentiment d’ardeur et une démangeaison se font sentir, en général, durant tout le cours de la malauie , surtout la - nuit, et augmentent sensiblement par l'application des | topiques gras et humides. L'état aigu de cette maladie est d'environ vingt-cinq ou trente jours ; et lors même que son: traitement est dirigé avec Île plus de prudence, son cours entier est d'environ un mois et demi ou déux mois. Quelquefois 1l subsiste pendant assez longtemps des douleurs vives dans le tissu cutané ; et dans quelques cas, elles ne cessent entiérement que par Vapplicauon d’un vésicatoire.
$ IIT. Traitement du Zona.
gr. Le zona demande, dans son traitement, des considérations analogues à celles que j'ai exposées pour HéTApéle : : s1l est simple, , on se borne aux moyens généraux Det pour la maladie précédente , en . ayant recours à quelque boisson émétsée s’il se manifesie des signes d’un embarras gastrique. Comme sa durée peut être de vingt-cinq ou trente jours, et que le mouvement fébnile, surtout aprèsles premiersjours, est à peine sensible , # faut permettre l'usage d’une nourriture légère, surtout prise du règne Mésétl, comme riz, vermicelle , plantes ou racines potagères, fruits cuits ou crus. On peut s'abstenir de toute application topique, ou se permettre seulement de le saupoudrer de farine , et prévenir un frottement doulou-
M 94 PHLEGMASIES CUTANÉES. LR reux de la chemise et des habits, au moyen d’une ceinture de linge fin et doux.
92. Le zona peut se compliquer , comme l’érysipêle , avec les fièvres primitives. Dans un cas de cetie sorte, et dont le caractère avait été méconnu par d’autres médecins, Hoffmann dit avoir employé intérieurement et extérieurement l'huile d'œuf, et c’est à ce moyen qu'il attribue la guérison. Mais n’a-t-on point souvent vu , dans les infirmeries de la Salpétrière, de semblables affecuons très-intenses guéries sans aucune espèce de topiques, en prescrivant seulement des boissons délayantes et acidulées , par intervalles une eau simplement éméusée, et vers la fin un ou plusieurs purgatifs ? Combien de fois on a attribué une efficacité imaginaire à certains remèdes , tandis que des histoires exactes de la même maladie prouvent qu’elle peut être guérie d’une manière plus simple, et seulement en secondant légèrement les efforts de la nature !