L'opinion la plus généralement admise , celle
ÉSBUSTULE MALICNE. sl à 6 0
‘même: des vétérinaires les plus distingués » St que la
-pustulé maligne ou charbônneuse tient d’une’ cause
docale; et-se transmet toujours par la contagion des -animaux : vivans où de leurs dépouilles à l’homme, et qu'ensuite le virus peut se propager à d’autres imdivi-
«dus de lespèce humaine. Mais Bayle à publié une suite d'observations (1) sur cetié pustule, qui semblent “lui donner dans:certains cas une autre Origine , et la montrer sous:une forme va riéè trés-remarquable. C'est
‘dans le‘département des Bassés-Aîpes qu'elle s’est manifestée ainsi en 1705, sur le déclin de l’été et pendant
tout l'automne ; elle fut'surtout plus fréquente dans deux villages, Vernet: et Côuloubroux : elle était -épidémique. Les personnes qui à contractaient jouis- -saient d’une santé florissante ét vivaient avec sobriété ; on assure qu'elles n’avaient point touché les restes où
dépouilles d'aucun ‘animal mort du charbon, ni
mangé de viande suspecte. Cette affection %e pa-
raissait point d’ailleurs se propager par contagion,
et les malades couchaient âvec d’autres . personnés
saines sans leur transmettre là maladie. Deux em
ples particuliers sufliront pour én donner une idée
exacte. Un homme de cinquante ans, d’une consti-
tution robuste, éprouve, sua partie latérale eau che du visage, une enflure comme emphysémateuse , indolente , élastique , et au milieu de laquelle on disünguait une dureté circulaire, peu étendue et sur- ? » DER 9e Et montée d’une tumeur muiliaire; d’ailleurs coüleur na- | , +3 ; “ (1) Considérations sur La Wosologie , La Médecine dobser- “‘vation , étc:, suivies d'observations | Pour servir à l’histoire de la Pustule maligne ; par G. L. Bayle. Paris | 1800.
106 PHLEGMASIES CUTANÉES GANGRENEUSES.
turelle et libre exercice des fonctions de la vie. Le deuxième jour, l’enflure s'étend du front à la clavicule; 1l survient des évanouissemens à la suite d’une saignée ; l’enflure gagne le côté droit : nouvelle sai gnée vers le soir, perte de l'appétit durant la nuit. Le troisième jour au matin, l’enflure augmente, le pouls est intermittent à droite .et insensible à gauche ; dans la journée , défaillances fréquentes, anxiétés , carphologie , assoupissement ; mort à six heures dusoir. — Un homme de quarante-huit ans éprouve, à la joue droite et au cou , une enflure élastique, et au centre une tumeur dure avec une pustule miliaire : point de douleur; la tumeur est extirpée , et on pratique une saignée. Apres divers symptômes , suppuration le huitième jour, quise supprime le dixième; sueurs froides, extrémités glacées. Le onzième , un purgatif administré à très-haute dose agit à peine ; mais la suppuration se rétablit : dans la nuit du treizième jour elle se supprime. Le quatorzième au matin, nouveau purgaüf. Le quinzième , suppuration très-abondante : le üssu cellulaire sphacelé se sépare par fragmens. Le seizième, le malade est hors de danger.
$ IL. Description générale de la Pustule maligne.
221. Prédispositions et causes occasionnelles. Un des caractères fondamentaux de la pustule maligne ou gangreneuse, est de tenir, en général, à une cause externe et locale, et de se propager des animaux vivans ou de leurs dépouilles à l’homme , soit par un contact immédiat , soit par une sorte d’inoculation , soit enfin par la respirauon ou par les voies alimentaires. Ce