‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 43 sur 129 · PUSTULE MALIGNE · texte numérisé non relu

PUSTULE MALIGNE

$ I°*. Considérations générales.

218. On s'étonne de voir quelquefois comment , avec des talens supérieurs, on suit pour guide, sur certains objets, un vain jargon de l’école, et quon établit souvent un traitement hasardé ou téméraire sur un fondement aussi frivole. « Dans le charbon non pestilentiel ou la pustule maligne, dit Fabrice d'Aquapendente, le sang est A ape etilesten redondance dans la partie affectée ». Paul d Egine avait déjà consacré, d’après les Arabes , cette maniére vague de disserter sur la pustule maligne , qu'il auribue à un sang brûlant et infecté d’atrabile. Gelse , bien plus sage et bien plus fidele à la méthode hippocratimé avait suivi une marche bien différente, puisqu'il s'était borné à disün guer les signes où caractères exté— | rieurs propres à cette phlegmasie : : rougeur , élévation des pustules, tantôt pâles , tantôt noires ou livides ; sé— cheresse et dureté de la parue affectée , aréole inflam-

oo

(1) Srnonruie. Feu persique , pustule maligne, bouton malin , charbon, anthrax, etc.

PUSTULE MALICNE, 103 matoire, propagation du mal à l'intérieur , aSSOUPIS— sement, quelquefois frisson’ ou fièvre, d’autres fois l'un et l’autre , etc. Mais il semble qu'il était plus-par-

. 1 ’ ? ] 8 Ï ticulièrement réservé aux modernesd approfondir cette

matière , soit par les progrés qu'a faits l’art vétérinaire,

soit par le caractère même de la pustule charbonneuse, «jui est devenue comme endémique dans certaines ré-

. gions. Elle est fréquente en Bourgogne , et a été dé-

crite avec beaucoup de soins et d’exacüitude (1) par MM. Enaux et Chaussier, avec une indication -du traitement le plus sûr et le plus méthodique.

219. M. Davy-La-Chevrier a observé ( Dissertation sur la pustule maligne de Bourgogne , 1807 ) que la pustule maligne de Bourgogne se présente sous

deux états différens. Dans l’un , il ne se forme aucune

élévation à la peau, et il ne se manifeste aucune tu meur dans les premiers jours ; le point affecté s’'endurcit, et semble même être au-dessous du niveau de la peau. Dans l’autre, au contraire, il existe une tumeur

sous la forme d’un tubercule placé sur un gonflement

que l'on pourrait regarder comme cœdémateux. Deux observations particulières feront mieux connaître l’une

et l’autre de ees variétés. Je vais d’abord en tracer une

de là pustule maligne déprimée, Un homme est atteint d'une démangeaison à l'angle externe de l'œil droit. Le deuxième jour , formation d’une peute phlyctène, prurit; le malade déchire la phlyctène ; il sort une sérosité roussâtre ; le soir, sentiment de chaleur et de AE EL CE GE LEA

(x) Méthode de traiter Les morsures des antnaux enragés ,

et de la vipère, suivie d’un Précis sur La Pustule maligne > par MM. Enaux et Chaussier, etc. Dijon 765:

194 PHLECMASIES CUTANÉES GANGRENEUSES.

tension de la parüe environnante. Le troisième jour , on remarque un petit point noir dans le milieu de la phlyctène ; il se forme d’autres phlyctènes séparées dans l'étendue d’un demi-franc : Paréole est d’un rouge foncé, la douleurest vive, la tension et le gonflement sont considérables ; la chaleur est brülante. On imcise , quoiqu’avec difficulté , le lieu malade ; on applique la potasse caustique à la réunion des incisions, eton panse avec de la charpie etun cataplasme de mie de pain et d’acétate de plomb. Le quatrième jour, formation d’une escarre de la grandeur de léruption. Le cinquième, diminution du gonflement , de la douleur et de la rougeur. Le sixième , le gonflement diminue de plus en plus, ainsi que la rougeur ;: la partierecouvre la sensibilité. Le septième, l’escarre tombe. Le onzième , il se forme une suppuration louable , et le malade ne tarde point à guérir. L'observation suivante offre l'exemple d'une pustule maligne proéminente. Un homme de quarante ans ressent de la démangeaison et une douleur sourde à la partie interne de l’avant-bras droit ; en se grattant il écorche une petite phlyctène. Le lendemain il paraît un peut bouton ; la douleur ne s'accroît pas davantage ; le prurit continue. Le troisième jour , gonflement considérable et comme œdémateux (cataplasme de mie de pain). Le quatrième jour, on applique de la potasse caustique dans le nulieu de la tumeur ; 1l sort du pus de consistance caséeuse ; la douleur cesse , mais le gonflement continue ; la peau paraît comme marbrée. Continuaüon de cet état pendant le jour suivant : enfin chute de l’escarre et guérison.

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