‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 50 sur 129 · Cette marche générale des phlegmasies mu · texte numérisé non relu

Cette marche générale des phlegmasies mu

queuses indique assez les principes qu’on doit sulyre dans le traitement pour ne point déranger la marche de la nature , et l'aider au contraire dans ses efforts salutaires. Dans le premier et deuxième temps, usage à l'intérieur et à l’extérieur de substances mucilagineuses et douces, pour ne point augmenter l'irritaon ; mais dans la troisième époque , emploi des toniques et des forüfians pour remédier à l'espèce d’affaissement dans lequel tombent les membranes muqueuses , surtout dans les phlegmasies violentes. Ces derniers moyens doivent être à plus forte raison continués lorsque ces phlegmasies deviennent chroniques 1 et qu’elles peuvent se perpétuer par un état de débilité générale. Mais que peut faire la médecine lorsque, par la durée de ces phlegmasies , la structure de ces membranes est désorganisée et a subi une altération k qu’elle est devenue épaisse, avec des tubercules ou des excroissances. fongueuses qui donnent lieu, soit à des écoulemens invétérés , soit à des hémorrhagies périodiques ?

256. M. Broussais a rempli une lacune qui existait en médecine, relativement à l'Histoire des Phlegmasies. Il à publié une nombreuse série d'observations qui lui sont propres (1), en commençant d’abord par les

(1) Aistoire des Phlegmasies ou Inflammations chroniques ;

274 | PHLECMASIES EN phlegmasies pulmonaires, et en se bornant à celles qui ont une terminaison funeste, pour en ürer les lumières qui résultent du rapprochement des symptômes et de la marche de ces maladies avec les apparences et les lésions qu’on découvre aprés la mort. Je n’entrerai point dans les détails des explications que donne l’auteur, en réponse à trois questions qu'il se propose dans les prolégomènes sur les phlegmasies : Chroniques ; mais je pense que si l’on veut s ’astreindre à une marche sévère en médecine, et ne point hasarder des raisonnemens vagues et tout au moins superflus , il faut être d’une sobriété extrême dans des théories semblables > pour ne point y mêler les presuges d’une imagination vive et toujours prête à franchir de justes bornes.

237. Quand on veut acquérir des idées précises, de ces affections variées, on doit surtout méditer la 34° et la 35° lettre de Mer avec-les réflexions pleines de sagacité que cet auteur y a jointes. [l commence par faire remarquer que les douleurs des intestims sont beaucoup plus vives lorsqu'elles ont leur siége dans l'intestin gréle que lorsqu'elles prennent naissance dans le colon. Il explique en même temps la fréquence des inflammations de lintesun grêle par l'abondance des vaisseaux sanguins qui se distribuent à cette parte du canal intestinal, et 1l attribue en même temps la vivacité des douleurs au grand nombre de nerfs qui s'échappent du plexus mésentérique ,

fondée sur de nouvelles observations de Clinique , d’ Anatomie ,

de Pathologie , etc. , par M. Broussais , 2 vol. in-8°, seconde édition. Paris, 1816.

DES MEMBRANES MUQUEUSES. 215 manière d’expliquér qui ne pouvait être donnée que par un médecin profondément versé dans l’étude de l'anatomie et doué d’une perspicacité rare. On doit reconnaître que si Cest une vraie inflammation , 1l en existe de diverses espèces; que souvent elle ne consiste que dans un simple développement de plaques saillantes, päles et sans apparence d’ inflammation sur la membrane muqueuse intestinale ; que dans d’autres cas ces mêmes plaques sont très-rouges ; et semblent être le siége d’une inflammation sui generts ; qu'enfin ces plaques sont quelquefois ulcérées et fournissent une suppuration plus où moins abondante. Ce triple aspect sous lequel se manifeste cette affection semblerait faire croire , 1°. que la maladie consiste seulement en une érupuon intestinale symptomatique suscepüble de passer à l'état inflammatoire, mais dont la nature n’est pas encore bien connue; 2°. qu'elle est susceptible de se compliquer avec une fiévre essentielle ordinairement très-grave; 3°. que c'est cette maladie secondaire qui fait succomber les malades, ‘et non l'affection primitive : ce qui semble jusüfier les avantages du traitement tonique. C’est à la suite de cette discussion que Morgagni rapporte l'exemple d’une inflammation intestinale qui ne s’est déclarée que la veille de la mort.

Combien on est sujet à tomber dans l'erreur en voulant établir une doctrine générale sur des faits isolés! Avec certames subtilités on pourra sans doute parvenir à admettre certaines inflammations obséures. Mais sera-t-on exposé de tomber dans cet éeueil si on prend pour modèle la sagacité rare avec laquelle

Morgagni discute les symptômes de Pinflammation

210 PHLEGMASIES, DES MEMBRANES MUQTIEUSES.

des intestins, à la finde la 3 épître de son admirable ouvrage ?

COPHTHALMIE (1).

S I. Considérations genérales.

238. Ce serait manquer de méthode que de considérer 1c1 l’ophthalmie qui est le symptôme de quel que autre maladie primitive, comme du mal vénérien , des écrouelles, etc.; il faut $ en tenir, à Puis primitive causée par. un coup, Ja présence d’un corps étranger, la suppression de quelque, évacuation naturelle ou artificielle , une longue exposiuon à l'air froid , et son impression après un vio= lent exercice , etc. Wiseman, qu'on peut regarder comme le restaurateur de la chirurgie ou médecine externe en Angleterre, a très-bien vu que, pour éviter toute erreur et toute confusion , il fallait considérer, en général, trois périodes dans l’ophihalmie. Dans le premier temps, développement des sym- ptômes, rougeur, douleur, tension, larmoiement incommode : alors mienne rafraichissant , point de ‘topiques , Où du moins n’en permettre que de tréssimples , et seulement pour tempérer la douleur et la tension de la partie. Dans le second temps ,, quand les symptômes ont. duré quelques jours, ou lorsqu’ un d’entre eux devient prédominant et peut agsraver la

maladie , un sédatif, l’acétate de plomb, par Paso s peut être trés-utle , non dans le dessein de suspendre

G)Sraxon rare. Ophihalmia , Savvacss ; Linnæus, Vocer, CuLLEN, Sacar ; Ophihalmitis ; Fraxx.

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