‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 57 sur 129 · OTITE · texte numérisé non relu

OTITE

S IIL. Traitement de l'Otite.

261. L’otite externe est ordinairement si légére, qu’on doit se contenter de lui laisser parcourir ses périodes et de tenir le malade chaudement. Lorsque l'inflammation est très-considérable , l'injection la plus douce devient quelquefois douloureuse, et, au lieu de calmer les accidens , elle augmente l'irritation. On doit se borner alors à des vapeurs tièdes dirigées vers le méat auditif. Il faut, du douzième au quinzième jour ; remplacer les adoucissans par de légers toniques; l’on peut, par exemple, placer dans l'oreille du coton imbibé d’un alcool aromatique. Mais s1 l'affection est rebelle, on est quelquefois obligé de joindre à l’usage des toniques celui des rubéfians et des purgaüfs. Lorsque l’inflammation se borne au tympan ou à la irompe , ou qu’elle passe successivement de l’un à l’autre, si elle est en même temps légère , le traitement ne consiste que dans l'emploi des moyens généraux. Mais si l'extension de la membrane du tympan est trés-considérable et occasionne des douleurs très-fortes , il conviendrait peut-être de pratiquer une ouverture à cette dernière membrane. Lorsque l’humeur est sortie du tympan, soit sponianément , soit artificiellement , la maladie reprend son caractère de bénignité , et la marche de la nature suffit ordinairement pour amener la guérison. Les vésicatoires et les purgatfs sont nécessaires lorsque loute tend à l’état d’inflammation chronique.

S FE. Considérations générales et Histoires particulières.

262. Boerhaave, dans ses Aphorismes, ne semble- 11] pas s'être proposé d’éclaircir la doctrine compliquée de langine inflammatoire, en adoptant dans toute sa rigueur | la méthode analÿtique , puisqu'il commence par examiner séparément l’ordre des symptômes qui suivent l’inflammation de la trachée , ceux qui caractérisent séparément l’inflammation pe muscles du laryox et des Poe de la gloité, les phlegmasies des muscles propres à élever l'os hyoïde et le larynx, la phlegmasie du pharynx , et enfin celle des amygdales, de la luetie et du voile du palais ? Il s'élève “ensuite au résultat général que donnerait une phlegmasie simultanée de toutes ces parties. Mais, PA séduisantque soit l’ensemble de cette doctrine, n'est-ce - pas plutôt une simple spéculation de cabinet, et un résultat de connaissances étendues en anatomie et en physiologie, que la suite d’un enchaînement rigoureux de faits bien observés , et d’une détermination précise de signes extérieurs propres à faire bien dis-

ünguér ces différentes phlegmasies? Peut-on établir

une véritable ligne de démarcauon entre ces diverses sortes d’ angines qu'assigne Boerhaave ? et lorque les causes de l’angine TRUITE sont un peu violennes, Matreles pas en même temps toutes les Durs "NU EMI RUE Re Tu

(:) Srnonruie. Angina cum tumore, Bornnaave ; Cynanche tonsillaris et pharyngea, Sauvaces , CuLLEN.

ANCGINE GUTTURALE. 237

parties que cet auteur suppose pouvoir être excluivement lésées? J'admire comment Van-Swiéten , qui est si fécond et si prolixe dans ses Commentaires des Aphorismes de son ancien maître, sans sè per-. mettre la moindre critique, paraît ensuite , dans ses Constitutions épidémiques , si stérile en observations : directes et propres à éclaircir la même doctrine’, quoiqu'il rapporte dix exemples d’angines sans les caractériser. Sans admettrenon plus les divisions de l'ange adoptées par Selle dans sa Pyrétologie , je pense que si on ne veut point anticiper sur les faits observés, on doit se borner à admettre l'angine qui affecte le pharynx ou Îles amygdales , et celle qui attaque le larynx ou la partie supérieure de la trachée , soit avec formation d’une concrétion albumineuse , ce qui constitue le croup , soit sans cette concrétion.

263. Je ne connais point d'histoire plus propre à donner une juste idée de langine guiturale , que celle de la maladie qu'éprouva Alexandre Monro , et dont il a rapporté les symptômes dans le troisième volume des Mémoires de la Société d'Edimbourg (medical Essays and observations ). Il s'était exposé au froid, et en se couchant , il senut des frissons qui se prolongèrent jusqu'au lendemain matin (décoction de tamarin pour boisson). Le troisième jour, tonsille drone gonflée et douloureuse. Le quatrième jour, tonsille moins affectée , et seulement un peu d’amertume dans la bouche; mais, dans l’après-diner, la tonsille sauche était affectée de douleur au moindre effort qu'il faisait pour avaler ; le pouls était fréquent sans être fort { saignée à la jugulaire ). La douleur de la tonsille gauche, au heu d’être diminuée, contiriue d’augmen-

ter, et toutes les dents de la mâchoire inférieure deviennent douloureuses, surtout durant les efforts de la déglutition. Rien de particulier dans l’arrièrebouche, excepté un petit gonflement de la tonsille gauche et la rougeur plus intense de la luette et du -voile du palais. Il éprouve la nuit des douleurs trèsvives en avalant la salive, ce qu'il ne peut s’empécher de faire malgré tous ses efforts ; puis des frissons avec des tremblemens suivis d’une sueur. À minuit, le ma= lade fait des fumigations avec l’eau chaude, et 1l laisse couler librement sa salive au dehors. Le cinquième jour, déglutition très-dificile et très-douloureuse , enrouement , mais nulle difficulté dans la respiration, fréquence du pouls et mêmes apparences dans l’intérieur de la bouche ( répétition de la boisson laxative, fumigations , cataplasme émollient appliqué sur les parties affectées); le soir, douleur moindre, mais toujours enrouement ( application d’un vésicatoire à la nuque, et boisson émulsionnée); excréuon des mucosités favorisée par un doux gargarisme , et diminution progressive des symptômes les jours suivans. Le neuvième jour, les douleurs se renouvellent à la tonsille gauche et aux dents, mais la respirauon est toujours libre : l’action d’un masticatoire irritant est suivie d’une évacuation abondante de mucosités par la bouche, ét de la diminuton de la douleur. Le douzième jour, il ne restait que peu de gonflement à la tonsille gauche ; le malade reprit ses occupations ordinaires , avec un sentiment de débilité dans les parties affectées, ce qu'il fut aisé de corriger par le FT régime.

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