GASTRITE, F
trop tard ». On peut voir d’ailleurs, dans l'ouvrage du professeur Portal, les variétés dont le traitement est suscepuble dans (1) les cas d'empoisonnemens produits par différentes substances végétales ou minérales. On sait qu'on donne souvent avec succès les acides végétaux aux personnes empoisonnées par des substances ‘narcotiques.
321. Une femme pour daquelle j'ai été consulté avait pris de l’arsenic dans l'intention de se donner la mort : secourue à temps par l’usage abondant du lait , de tisanes mucilagineuses , de l'eau de veau ét de poulet, des fomentations, elle n’a point succombé: mais son existence.est encore des plus pénibles et des plus douloureuses : les symptômes qu'elle éprouve sont des anxiétés, un état fébrile irrégulier, sécheresse à la peau , aridité de la langue et du gosier, soif très-vive , inspirauon pénible, douleur profonde dans la région de l'estomac, tension de l'abdomen, constipation Opimâtre , Constriction spasmodique des extrémités » avec des douleurs errantes et vagues dans ces parties. J'ai beaucoup insisté sur l'usage des boissons sucrées ou muellées, ou du sucre même en substance, et ce traitement a été suivi d’un soulagement très-marqué : MAIS est-1] au pouvoir de la médecine de réparer les désordres produits sur le tissu et la structure du viscère par une substance aussi délétère?
(1) Observations sur des vapeurs méphitiques dans l’hornme , etc. , auxquelles on a joint des Observations sur les effets de plusieurs poisons dans l’homme , et sur les m
! oyens d’en empécher les suites funestes. Paris, 1787. |
506 PHLEGMASIES DES MEMPRANES MUQUEUSES.
ENTÉRITE (1) S 1. Considérations générales.
322. L'entérite forme une des maladies les plus cruelles dont l'humanité puisse être affligée; les exemples en sont si multipliés dans les auteurs qu'il suffit d'indiquer ici la place que leur résultat doit occuper dans un système général de la science médicale ; ceux que rapporte Morgagni, en les rapprochant les uns des autres eten les soumettant à la discussion la plus sage et la plus lumineuse (Æpist. XXXIV et XXXV, de Intestinorum Dolore) , méritent surtoutd’être profondément médités. Cet auteur a non-seulement soin de noter les causes matérielles qui peuvent boucher le conduit intestinal, mais encore lesstimulans divers qui peuvent troubler le mouvement péristaltique, et donner lieu à ce qu’on appelle voloulus, intussusception, passion iliaque : de ce nombre est la présence des vers intestinaux, dont les signes sont quelquefois si équivoques. Quelle instruction solide ne renferment point d’ailleurs les remarques judicieuses que fait le même auteur sur les vrais caractères d’une inflammation partielle des intestins ! « Les auteurs, dit-il, ne citent » pour signes caractéristiques qu’une douleur véhé- » mente et une fièvre aiguë; gardons-nous cependant » de conclure, ajoute-tl, qu'il n’y a point d’mflam- » maüon ou qu'elle est très-légére , sans crainte de la
(1) Srwonrure. Enteriis, Sauvaces, Linnæus, Vocer, Saçar , Cueen ; Jntestinorum inflammatio , Bognhaave ; Febris intestinorum inflammatoria ex Imesenterio HorFmanx.
LNTEÉRITE, 307 » gangrène, lorsque ces deux signes manquent à-la= » fois ou seulement l’un ou l'autre. Albertinus, dans » ma jeunesse, m'inculquait qu'il fallait toujours veil » ler et être en garde dans les douleurs des intestins : » qu'il avait quelquefois vu, après des douleurs 1é- » geres Où peu intenses, sans aucune fièvre mamifeste, » sans convulsions , sans vomissement, sans une grande » altération de l’état moral et physique, les malades » ‘périr d’une mamiére inopinée, et étre enleyés par » une inflammation latente ét le Sphacèle.. Pendant » qu'il m'inculquait ces vériés, je demandai à cet » observateur trés-attentif et très-exact quels signes » pouvaient lui faire présager un danger évident : il » me répondit que c'était l'état du pouls , de l'abdomen. » et de la face. Le pouls est déprimé et faible , avec » une sorte d’inégalité ; l'abdomen est tendu et dur è » un peu douloureux ; la face présente quelque chose » d’insolite et qui varie suivant les cas > COnime une » sorte d'ésarement dans les yeux et un air d'épou- » vante, d'autres fois une lividité autour des lèvres : » ce qui arrive le plus souvent ; quelquefois Ja langue » paraît altérée » avec une certaine soif ». Morgaeni avait confirmé dans la suite ces vérités par sa propre expérience. J'ajouterai à ces remarqués sur les variétés que peuvent offrir la douleur des intestins et la violence de la fièvre, que, lorsqu'elles sont faibles, Pinflammation et la gangrène semblent attaquer principalement quelque poruon de la membrane muqueuse, qui est douée d’une bien moindre sensibilité que les autres tuniques , et surtout que la péritonéale.