DYSENTERIE
entre-mélant lusage de quelque laxatif, comme la manne ; je n’ai employé les narcotiques qu'avec la plus grande réserve , seulement dans la seconde période , et à l’occasion de quelque symptôme très-urgent , comme de douleurs intolérables, de tranchées les plus vives, d’une insomnie opimiâtre , etc. Le senüment d'une chaleur âcre et mordicante au rectum, à la seconde ou troisième période, est devenu quelquefois un symptôme très-incommode, et dans ce cas j'ai substitué avec succès , à l'usage de l’ipécacuanha, un grain (5 centigrammes ) de tartrate de potasse antimonié dans un verre d’eau , avec vingt grains (1 gramme) de rhubarbe en poudre.
342. Un exemple va faire voir jusqu’à quel point, dans les cas urgens, on peut simplifier le traitement. Les infirmeries de Bicêtre ne suflisant pas au nombre des malades durant l'épidémie dysenterique, prés de deux cents aliénés ont été traités et guéris dans leur hospice par la simple prescription que je fis d’une décoction de chicorée, d’oseille et de cerfeuil avec un peu de beurre ; chacun d’eux prenait environ une pinte de cette boisson dans la journée, et leur maladie s’est terminée du vingt au vingt-cinquième jour. On doit en excepter trois aliénés qui étaient d’une constituuon plus faible, et qui sont tombés dans une diarrhée colliquauve à à laquelle 1ls ont succombé. >
343. C’est ainsi que je secondais la tendance de la nature vers la guérison , soit en. évacuant les matières des déjections qui, par leur présence dans le conduit intestinal , pouvaient devenir une nouvelle cause irritante, soit en relevant alternativement le ton des membranes des intestins affaiblies par l’affection catar-
rhale : je donnais ainsi le temps à la maladie de parcourir ses périodes, sans cependant rien troubler ni, PrÉCIpILer dans sa marche. Mais autant sa terminaison était bien caractérisée dans la ] jeunesse ou l'âge viril, autant elle était vague et incertaine dans dés consututions affaiblies par l’âge et les infirmités ; et c’est alors qu'il fallait sans cesse varier les Labbe de traitement, soit pour modérer des diarrhées colliquatives qui survenaient, soit pour calmer des retours irréguliers de tranchées ou une chaleur mordicante au rectum, dont jé viens de parler , Soit enfin pour diriger des symptômes fébriles vagues qui se renouvelaient durant un rétablissement lent et pénible : c’est dans ces circonstances , ainsi que dans les complications de la dysenterie avec la fiévre adynamique? qu'il a fallu prescrire des infusions amères et aromatiques , quelquefois l'extrait de geniévre combiné avec l opium . le quinquina en poudre , certaines fois le vin de quinquina, Où revenir même par intervalles à la rhubarbe.
543. Pour m'élever à des CARD RUEX générales sur le traitement de la dysenterie , diversifié suivant ses différentes espèces et d’après les résultats de l’expérience des meilleurs auteurs, je ferai remarquer que , pour ‘hanger l’ordre des mouvemens qui se portent Xl’intérieur ét pour les déterminer vers la peau, 1l sera uüle de faire prendre par intervalles du thé, des infusions de sureau , de coquélicot, de faire faire des frictions sèches et répétées sur toutes les parties du Corps , de faire porter des vêtemens de laine des l’invasion de la maladie, de substituer quelquefois aux boissons déjà indiquées ; l'eau d'orge, l’eau de rx, ou
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tout autre liquide mucilagineux, en attendant que, dans une période plus avancée, on puisse prescrire quelque laxatf léger, comme la manne , le tamarin , la casse ou le mel; et, s’il se manifeste des vers dans
les déjections, on aura recours.aux vermifuges, comme -
la coralline de Corse, l’absinthe, la rhubarbe , le muriate de mercure doux. La complication de la dysenterie avec une fiévre inflammatoire peut rendre nécessaires quelques modifications du traitement,
comme l'emploi de la saignée même répétée, l pe cation des sangsues à anus, dans les cas dé suppression d’un écoulement hémorrhoïdal habituel où du flux menstruel. Les boissons adoucissantes et acidules , comme la limonade légère, l'eau d'orge gommée, l’eau de riz acidulée, le petit-lait, les émulsions, le sirop de groseille , pourront être données alors avec profusion, én y associant même le nitrate de potasse. Les lavemens émolliens, les fomentations ne seront pas moins utiles pour diminuer l’état inflammatoire, et faciliter en= suite une évacuauon douce avec le tartrate acidule de potasse. Dans cetté dysenterie compliquée, comme dans celle qui est simple , on doit être loin de condamner le malade à un régime sévère, excepté les premiers PR et il faut faire usage de panades , d'œufs, de crême de riz, d'orge, de gruau, de salep, de sagou , etc., ét ne reprendre la noùrriture habituelle que lors d’une pleine convalescence. La complicauon de la dysenterie avec la fièvre gastrique demande encore d’autres attentions |, Comme l'usage des émétiques , répété même suivant les rétours de embarras gastrique , les boissons délayantes et acidulées, dans lesquelles on fat dissoudre un peu de
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gomme arabique, Vers la seconde période , on passera encore à l'usage des laxaüfs doux , comme la manne, les sulfates de soude ou de magnésie, le tartrate acidule de potasse. La maladie étant sur son déclin, on cherchera à relever le ton de l'estomac et des intestins avec l’infusion de camomille , le vin d’absinthe, l'eau de rhubarbe, la rhubarbe en substance associée à l'extrait de quinquina. C’est dans cette dysenterie que les fruits müûrs et légèrement acides seront sartdut utiles , en leur associant l'usage des farineux et des plantes et racines potagères. Il est aisé de débiter dogmatiquement les principes du traitement de la dysenterie avec fièvre adynamique ; mais c'est induire en erreur que de dissimuler que cette maladie est presque toujours funeste. La prudence ne fait pas moins un devoir d'employer , dans les cas les plus douteux et les plus dénués d'espoir, les moyens les plus propres à prévenir la chute des forces et ia gangrène des intestins, comme le quinquina, le cam phre, le vin, etc. (Matière médicale de Schwilgué). Le quinquina sera pris sous toutes les formes, ou seul ou associé à la serpentaire de Virgimie, ou conjointement avec l’acétate de potasse, l’opium et le camphre. JL est inuule de rappeler l'avantage qu'on peut retirer des vésicatoires dans la dysenterie com pliquée soit avec la fiévre adynamique , soit avec la fièvre ataxique.
3/4. Une débilité antérieure , des fautes dans le régime , l’abus des échauffans , des astringens et des narcotiques, peuvent faire dégénérer: une dysenterie aiguë en lente et chronique , et la faire durer plusieurs mois et même des années entières : alors päleur de la
ip? DYSENTÉRIE. 337 face, peau seche , ramaigrissement, pouls fuble et lent , frissons irréguliers, digesuon difficile et pénible; les selles moins fréquentes qu'antérieurement, mais toujours aëcompagnées de douleurs et de mucosités quelquefois sanguinolentes. Ces dysenteries, toujours très-opiniâtres, dégénérént souvent en d'autres maladies chroniques, et sont mortelles , si le traitement n’est dirigé avec beaucoup de sagesse et secondé par la constance du malade. Monro (Méd. d'armée ) me paraît avoir saisi avec beaucoup de justesse les principes de traitement de ces dysenteries anciennes : 1°. tenir les malades à l'usage du lait et des farineux , et aécorder successivement pour boisson l’eau d'orge ou de riz, l’eau panée et des émulsions ; faire porter des vêtemens de laine pour prévenir les alternatives de froid et de chaud, cause ordinaire des rechutes ; 2°. faire prendre de temps en temps quelque laxauf avec les substances déjà indiquées ; 3°. prescrire quelques astringens et toniques , le quinquina associé aux narcotiques , une décoction de simarouba , la magnésie, quelquefois des clystères anodins et astringens ; 4°. vivre en bon air, se hvrer à un exercice de corps modéré et à l'équitation ; se nourrir de laitage et boire du vin généreux , énfin recourir à un usage fréquent de bains tièdes. | À Mt à 346. La dysenterie est une des maladies qui font périr le plus d'Européens parmi ceux qui Sont nouvellement arrivés dans les régions de l'équateur. L'infatigable naturaliste Péron a fait , sur la dysenterie des pays chauds et sur l'usage du bétel, des observations intéressantes dont je vais donner un résumé suceinct. Les naturels de ces climats sont presque entièrement IL. ; 22
‘étrangers à ce fléau cruel; mais:ils ne doivent point cet avantage. Haquérnent à l'Hbinidé prusqu'ils le PRET gent avee les équipages de plusieurs autres contrées in .-diennes;. c'estaux moyens hygiéniques qu'ils mettent -en. usage. qu'on doit rapporter presque exclusivement Ja santé dontils! jouissent au milieu des désastres de tant ‘d’Européens. Ces moyens sont des bains froids répétés trois à quatre fois par jour, des fricuons d’huile de .cocos également renouvelées plusieurs fois le jour, des assaisonnemens faits avec le poivre, la cannelle, la muscade, le girofle, le singembre, le piment, divers masticatoires composés de cachou , de cardamomum , -d’ambre gris, et surtout le bétel, ue la composition duquel. entrent les feuilles du:] jeune fruit du bétel (piper' betel, :L.), les feuilles de tabac, la TR vive. dans la proportion du quart du poids total du. mélange, et la noix d’arreckier (areca catechu , L.). Ce mélange ést d’une âcreié extrême ; 1l corrodeles dents et les dis-' sout au point qu'on voit peu de personnes de vingtcinq à trente ans qui ne les aient absolument perdues ; à il donne aux excrémens une couleur rouge de brique. L'usage, du bétel est universel dans tous. les climats chauds, depuis les Moluques jusqu'aux :rivages du fleuve Jaune, et depuis ceux de l’Indus et du Grange jusqu ‘aux bords de la mer Noire. M. Labillardière l’a vu se reproduire. chez les sauvages des les de l'A mirauté dans le grand Océan équnogial MM. Humboldt et Bonpland ont vu le même usage reproduit au, Pérou., dans la province de Quito et dans celle de Popaïan : seulement , au lieu du bétel des Indiens qui leur manque, les Américains mâchent, avec leur chaux vive, les feuilles de l’erythroxylum peruvianum. Les
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Européens fixés dans ces régions se trouvent dans la nécessité - d’avoir recours à des moyens analogues pour se préserver de l'influence délétère du climat et dé la tem- pérature.
$ L‘. Considerations générales et Histoires particulières.
347. Les uretères, la vessie, l’urètre peuvent éprou— ver à leur surface intérieure des affections catarrhales par des causes générales, comme les parties ci-dessus ; mais, enoutre, les surfaces des membranes muqueuses de ces parues sont exposées à l’action de causes irritantes particulières, savoir les uretéres ou la vessie à celle d’un ou de plusieurs calculs , et l’'urètre à l'action du virus vénérien. Une membrane fut rejetée par l’urètre et parsemée de petits calculs, suivant le rapport de Willis: l'ouverture du cadavre apprit que c'était une parüe de la tunique intérne de la vessie. Des cas sem Blables sont rapportés par Ruisch et Boérhaave. Ce n’est point une concrétion lymphatique ou albumineuse pareille à celle que produit dans toute autre parte un état morbifique des artères exhalantes. Morgagni .(Epistola XL1, art. XVI ) ne balance point de se déclarer sur ce point en faveur de Ruisch et de Boerhaave; et citant un exemple analovue , il CHHDATE cette séparation de la tunique veloutée de la vessie à celle qui a aussi lieu quelquefois ss les intestins.
A . ° ss 2 € . Le eu! à
(x) Srxonrmre. Catarrhe de la vessie, LieuTau» , Crorant; ; Rarus vesicæ affectus , Horrmann.