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348. Fanton remarque (Dissert. anat. ann. 1745) que la tunique interne de la vessie est parsemée de follicules glanduleux , qu'il en sort une humeur muqueuse dont la surface interne de la vessie est beaucou p plus lubrifiée que celle des uretères ; ce qui s'accorde d’ailleurs avec les'fonctions respectives de ces parties , puisque les uretères sont simplement un conduit de transmission pour l'urine, et que la vessie en étant une sorte de réservoir , a plus besoin d'être prémunie contre leur action sümulante. Dans les affections caleuleuses de la véssie, l’irritation produite par un corps étranger doit-elle déterminer une affection catarrhale, comme l'indique l'écoulement assez fréquent des mucosités ? n'y a-t-1l pas des cas de catarrhe de la vessie produit par d’autres causes? C’est ce qui a donné lieu dans ces derniers temps à des recherches nouvelles. Chopart a décrit avec sagacité les symptômes propres au catarrhe aigu et au catarrhe chronique de ce viscère. Un homme, dit cet auteur , après avoir éprouvé une affecuon catarrhale qui s'était portée sur les poumons et la gorge, et qui s'était terminée par une sueur abondante , reprit trop tôt le cours de ses affaires, et, rentré chez lui, il fut pris d’un accès de fièvre aussi vif que le premier ; “ ,au Jieu d’avoir mal à la gorge et à la poitrine, 1l se plaignit de douleurs de reins et de la vessie : urine fréquente, limpide et en petite quantité, et vers la fin de l'accès sueur médiocre (boisson abondante d’une infusionlégère de bourracheet de sureau) ; pendant la nuit, urine rendue avec difficulté, fièvre continue, douleur de la vessie augmentée. A cette époque, région hypogastrique tendue, pouls dur et fréquent, langue sèche, urine rendue avec efforts,
CATARREHE,V-ÉSICAL, AI cuissons et sentiment d’ardeur (deux s Saignées, demi-lavemens émolliens , embrocations sur le ventre " boisson d'une En de fleurs de mauve avec la gomme adragant). Le soir , le RAP est encore violent, et la saignée ayant été répétée, l'urine coule avec moins de peine etd’ardeur; l’ipécaeuanha remédie aux symptômes d’un embarras gastrique ; la fièvre diminue ; iln’y a point de paroxysmes ; l'urine dépose un sédiment muqueux et jaunâtre (continuation de la boisson, des embrocations et des lavemens ). Tous les symptômes se calment; le sédiment de l'urine augmente et devient DA (chiendent et nitrate de. potasse ajoutés à la tisane, usage de quelques laxati ifs.) Vers le vingtième jour, le sédiment muqueux de l'urine diminua, et le malade, qui était maigre et 6 puisé par un écoulement prolongé de mucosités, reprit bientôtde la force et de l embonpoint en se nourrissant avec des farineux et des viandes blanches : son urine ne cessa d’être glaireuse et de déposer « des mucosités que vers le quarante-cinquièéme jour de la mala- - die : la guérison fut complète. La cause et les sympiômes du catarrhe aigu, ajoute Chopart, sont assez marqués chez ce malade pour en reconnaître la nature.
549- Quelquefois cette affection, sans perdre son caractere de simplicité, peut dite un appareil de symptômes secondaires souvent très - graves, et qui tennent à la présence de mucosités épaissies ou d’un caillot de sang dont FABISON par le canal de l’urètre ne peut se faire qu'avec les plus g srandes difficultés , même chez la femme. Je citerai pour exemple le cas suivant observé paf Serain, et qui offre, avec l’histoire précédente, une analogie remarquable dans
les circonstances qui précèdent l'inflammation de la vessie. Une dame d’environ trente ans fut prise d’un catarrhe pulmonaire très-violent avec chaleur, sorte de déchirement dans la poitrine et vomissemens pendant les quintes de toux, qui se renouvelaient très-souvent ; fièvre avec frissons irréguliers : pendant la nuit, toux continuelle et très-faugante lorsqi’elle n’était pas calmée par une potion opiacée. Au bout de huit jours , ce catarrhe était beaucoup diminué d'intensité, et la fièvre avait cessé. Il survint alors un sentiment d’ardeur en urinant; ce symptôme augmenta les jours suivans et la fièvre revint; les urines étaient rendues avec cuisson quoique sans peine; mais elles étaient suivies par des mucosités épaisses qui sortaient très-difficilement ‘et avec un sentiment de constriction pémible derrière les pubis. Enfin, vers le milieu dela nuit, la malade étant au lit et très-calme, éprouva une violente envie d’uriner, et rendit, au milieu de douleurs atroces , avec angoisse et une agitation extrême , des mucosités épaisses unies à un petit caillot de sang trés-dense ; : on aperçut aussi PEU stries de sang rouge. Les jour s suivans, les symptômes locaux et Ja ÉaRA dininuèrent , et ce catarrhe vésical se termina au bout de dix jours à compter du moment où l’ardeur d'uriner avait paru. Des boissons gommeuses ou ‘émulsionnées, légèrement nitrées, et des bains de siége, furent les moyens mis en usage. | 350. Il ya une inflammation de la vessie, com pliquée où non avec la présence d’un ou de plusieurs calculs, qui est l'effet ordinaire d'une contention d'esprit habituelle et de la vie séentaire du cabinet : Voltaire, Buffon, d’Alembert, en ont offert des
CATARRME VÉSICAL. 545 exemples remarquables. C'est à une affection pas. reille qu'on doit rapporter la perte du professeur, Barthez. Ce médecin , qui a tant illustré par ses écrits là médecine moderne, avait éprouvé plusieurs fois des diféctiliés d’uriner , avant son dernier séjour à Paris , et quelque temps après son arrivée, il fut encore pris d’une hémorrhagie de vessie ; 1l resta ensuite sujet à des difliculiés d’uriner plus ou moins fortes, plus ou moins fréquemment répétées : 1l fal- Jut enfin recourir au cathétérisme , qu’on ne pratiqua qu'avec de gr andes difficultés, et biéntét il n'urina plus que par ce moyen. Il se plaignait d'un prurit désagréable à l'anus et à la verge, d’un sentiment d’érosion très-forte à la vessie , lequel se propageait jusqu'au canal de lurètre ; il avait aussi, aux muscles . de la face et des extrémités inféricures , des mouvemens convulsifs qui ne firent qu'augmenter dans la suite, pendant que ses urines se chargeaient de plus en plus de mucosités : ce fut à cette époque qu’on reconnut la présence d’un calcul vésical. Ce médecin illustre opposa aux avantages de l'opération qu’on lui conseillait, son âge avancé, son irritabilité exème, les dangers et les souffrances que l'opération entraîne , et il s’en tint à un système diététique adoucissant; mais il ne put supporter l'usage des eaux acidulées avec l'acide muriatique , dont l'emploi avait été suggéré par l’analyse des urines , qui commencèrent à être puriformes. On peut voir , dans le Journal général de Médecine ou Recueil périodique (novembre 1806), les autiés circonstances qui ont précédé sa mort, et que rapporte avec tant d'intérêt M. Double, qui lui a prodigué les soins de l'amitié jusque gg
. dans ses derniers momens. À l'ouverture du corps, on trouva la cavité de la vessie un peu rétrécie et remplie d’une matière purulente; les parois de cet organe étaient bien plus épaisses que dans l’état naturel, noires et sphacélées ; il n’y avait plus la ‘moindre trace de la membran@muqueuse , et la substance fibreuse était très-développée : on trouva aussi un calcul libre et flottant , d'environ neuf lignes de diamètre, : parfaitement rond , hérissé de pointes , et semblable au fruit du platane. — Un homme âgé de quarante ans , livré à des études opiniâtres, éprouvait par intervalles , au rapport de Frédéric Hoffmann, des douleurs très-vives vers la région du pubis et du périnée, avec des inquiétudes , des anxiétés, la chute des forces , quelquefois avec tremblement et froid des extrémités : cet état de souffrance presque intolérablese calmait après avoir duré quelques semaines , et l'urine déposait un sédiment épais. Six années se passérent dans ces cruelles alternatives, et cet infortuné finit par tomber dans un état de langueur et de dépérissement funeste : à sa mort, on fut étonné de netrouver aucune trace de calcul m1 d'ulcérauon dans la vessie ; mais les tuniques de cet organe étaient très-épaisses et denses , avec des vaisseaux sanguins très-développés. Deux auteurs très-recommandables par leur candeur et leur sagacité, Tulpius et Henrieus-ab-Heers , attestent que les eaux de Spa ont paru fort eflicaces pour guérir ces affections récentes de la vessie: mais 1l vaut encore mieux les prévenir
par un exercice régulier. Je voie à une histoire particulière du catarrhe chronique rapportée par Chopart, qui fait voir que, dans un autre cas de cette
CATARRHE VÉSICAL. 4 SAS nature devenu funeste, il a trouvé la vessie presque remplie d’une urine féuide et d’un mucus purulent ; ses parois étaient fort épaisses , ‘et en les comprimant il en suintait une humeur à-peu-près semblable à la mucosité épanchée dans sa cavité. La prostate avait le double de son volume ordinaire, elle était dure et. mollasse : c'était une suite de plusieurs blennorrhagies de l’urètre. D fer
$ IL. Description générale du Catarrhe vésical.
651. Prédispositions et causes occasionnelles. Le catarrhe vésical attaque plutôt les hommes que les femmes, l’âge adulte et la vieillesse que toute autre période de la vie. Il est souvent produit par l'usage intérieur des cantharides, des diurétiques âcres, par les progrès d’une hémorrhagie de l'urètre. Le réfrotdissement subit, la suppression de la transpiration, la dispariion de différentes maladies de la peau , d'un rhumatisme, de la goutte, sont suivis presque subitement de ce catarrhe : la suppression des hémorrhoïdes est plus tardive dans ses effets. D'autres circonstances peuvent aussi donner lieu au catarrhe vésical chronique : la présence d’un calcul ou d’un autre corps étranger, une application continuelle de Ja sonde ou des bougies , l’engorgement de la prostate, un fongus, une contention d'esprit habituelle , la vie sédentaire du cabinet.
552. Symptômes. Cette maladie est annoncée par des douleurs à la vessie et au bout de lurètre , avant d’uriner ou en urinant ; l’éjection de l’urine est plus ou moins difficile, suivant l’action de ce viscère et la
liberté du canal de lurètre. Il y a tension à la ré-
sion, hypogastrique. L’urine peut offrir Ho va-
. riétés pour la couleur, être blanchâtre ou rougeñtre,
où d’une couleur fauve; elle est trouble et rarement
acide ; elle exhale, comme le remarque Chopart, une
enr d’ ammotHaque qui devient plus sensible peu de
temps après qu’elle est refroïdie ; elle présente alors,
dans les cas les plus ordinaires, une mucosité qui se
mêle et s'écoule avec l'urine, au milieu de laquelle
elle forme des filamens glaireux , et qui est déposée. ensuite au fond du vase sous la forme d’une mauere
glaireuse (r) , tenace, collante , grisâtre et blanchätre,
et sans odeur féude. La phlegmasie chronique de la
membrane muqueuse de la vessie peut concourir avec
une ulcération des reins ou de la vessie : la mucosité. rendue est alors grisâtre , jaunâtre , quelquefois avec
‘des filets sanguinolens ; elle se dépose lentement , se
mêle et se délaye facilement dans l'urine et dans l’eau ; elle est peu visqueuse et fétide, et ne se coagule
presque point par l’ébullition; lessymptômes, d’ailleurs,
qui accompagnent cette excréuion , comme la fièvre ,