ORDRE PREMIER
PHLEGMASIES CUTANÉES.
SL". Considérations générales.
EF 25. Ok ne peut que rappeler : ICI rent recherches trèsfines. et trés- déliées qui ont été faites par divers anätommistes sur la distribution des ramifications artérielles et veineuses dans le tissu de la peau, sur celle des nerfs, sur la structure des papilles nerveuses., les lames de V'épiderme , Je tissu réüculaire , les vaisseaux sudorifères ,. la transpiration , l’inhalation, etc. (Haller, Élém. physiol. tom. V ). Mais quoique les injections de Ruisch, en communiquant une couleur rouge à
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la peau, laissent voir quelque analogie éloignée ‘avec les effets de l'état inflimmatoire, peut-on déduire des . connaissances âcquisés jusqu'à ce jour sur le tissu de la peau, les principaux phénomènés de cette affecuion, comme la fièvre générale qui ‘précède de quelques jours l’éruptiôn exanthématique , Ta marche dés Sym ptômes progrès à la scarlatine , à l'érysipèle, à la peute-vérole, à Ta rougeole , à la miliaire, à l’urticaire ? On n’en doit pas moins chercher à reconnaître tout ce que l'anatomie et la physiologie ont découvert sur la structure et lés fonctions des tégumens, et redoubler même d’ardeur et de zèle pour porter encore plus loin ces découvertes. C’est dans cette vue que, supposant connu ce qui est écrit sur les tégumens dans la Physiologie de Haller, je joins ici quelques considérations particuliéres extraites des recherches de Bichat (1) et d’autres physiologistes modernes, comme propres à répandre de nouvelles lumières sur le caractere et le siége des phlegmasies cutanées.
26. Je rappellerai , en commençant par l’ ‘épiderme, que sa surface interne est três-adhérente à la peau , et que les moyens d'union de l’un avec Fautre sont d’abord les exhalans , les absorbans et les poils, qui, -en traversant le premier , lui adhérént plus ou moins et le fixent ainsi à la seconde, dont ils naissent. En isolant l’épidérme par la macération, moyen le’plus propre à les ménager, on voit à sa surface interne une foule de petits-prolongemens plus ou moins longs qui, examinés atténtivement , ne paraissent étre autre chose que J'éktrémité rouge des exhalans et dés ab-
(1) Anatomie déscripüve ; et Anaiomie générale.
CUTANÉES. . 235 sorbans. Une foule de causes peuvent rompre ces adhérences de l’épiderme et le soulever. On sait qu’à la suite du phlegmon, du furoncle , de lérysipele, des phlegmasies cutanées de toute espèce, l'épiderme se détache constamment sans qu'il y ait de fluide qui le soulève : les exhalans ne sauraient alors en fournir , puisqu'ils sont pleins de sang. Il peut arriver aussi, à la suite des fièvres essentielles et de plusieurs affections des viscéres intérieurs , que la peau soit sympathiquement affectée , et qu’elle devienne le siége d’une altération qui , sans $’annoncer par aucun signe extérieur , a suffi pour rompre les liens qui l’unissent à l’épiderme. On sait aussi que l’action du vésicatoire , qui atüre une grande quantité de sérosité à la surface extérieure de la peau ou du derme , fait déchirer les exhalans qui passent de là à l’épiderme , en sorte que cette sérosité s'épanche sous ce dernier , et forme une vésicule plus ou moins volumineuse. Sur le cadavre , la plupart des moyens précédens, qui ne produisent leur éffét que par une altération des forces vitales, sont nuls pour soulever l’épiderme : on ne peut alors détacher ce dernier que par la putréfaction , la macération et ébullition. On doit remarquer aussi que, dans Vinflammation , où tous les éxhalans cutanéssont pleins de sang qu'ils ne contiennent pas dans l’état naturel , jamais ce fluide n’aborde à l’épiderme, qui est constamment étranger à toutes les maladies du corps réticulaire subjacent, et qui, seulement distendu par elles, se détache, puis se renouvelle. Les nerfs sont aussi visiblement étrangers à l’épiderme. Tout porte à considérer ce dernier comme inorganique et comme étranger à toute espèce de sensibilité animale : il n’est
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suscepüble d'aucune circulation sensible ; les exhalans et les absorbans le traversent sans avoir avec lui aucune prpriété commune ; enfin aucun état morbifique ne parvient à Y développer ni affecuon organique, ni un caractère inflammatoire. Ce qui le chspingue des autres systèmes d'organes, c’est la propriété de se reproduire spontanément lorsqu on vient à l’user ou à le détruire. 27. C'est le réseau vasculaire qui paraît être le siége des érysipeles et de toutes les phlegmasies cutanées (1 ). Le sang ne le pénpte point dans l’état ordinaire ; mais mille causes peuvent à chaque instant le een de ce fluide. Qu an frotte la peau avec un peu de rudesse , elle rougit à l’instant. Si un irritant est appliqué sur elle, soit qu'il agisse mécaniquement comme. dans l’urtication , où les petites appendices de la plante pénétrent l’épiderme , soit qu'il exerce une acuon chi- HAE comme par l’action d’une forte chaleur, etc. , à l'instant la sensibilité de ce réseau s’exalte , le sang y est appelé , et toute la partie rougit dans une tes proportionnée à Pirritation.. Qu’une passion agisse un peu vivement sur les joues ; aussitôt une rougeur subite s'y manifeste. Îl en est ainsi de l’acuon des vésicatoires : leur premier effet est de remplir de sang le système capillaire cutané dans le lieu de leur application, dy produire un érysipèle subit , puis de détérminer une abondante exhalaion séreuse sous lépiderme. Ils opérent en peu d'heures ce que la plupart des érysipèles font en plusieurs jours ; car on sait qu'ils se ter-
(1) L'ouvrage de Cou (de Sedibus Z ariolarum. Ville, 3771) est remarquable par un choix par ticulier d'observations propres à déterminer le vrai siége dela petite-vér ole ) d’après des faits recueillis à l'ouverture-des corps.
CUTANÉES. | HE tt minent la plupart par des vésicules ou phlyctènes qui s ’élèvent sur la peau. Dans la combustion portée. assez loin pour être plus que. rubéfiante , et assez modérée. pour ne point produire un racOrnissement, 11 y a aussi un accroissement d’exhalation sous s, épiderme soulevé. En général, la product n, de toute vésicule cutanée est toujours précédée d’ur inflammation de la surface externe de la peau. Des causes générales, comme une course violente , la chaleur d’un acces de fièvre, etc., peuvent produire , Sinon des vésicules séreuses , du moins une rougeur plus ou moins intense. C’est surtout par une sensibilité particulière que le système capillaire de la face est, plus que celui de toutes les autres parties de la peau, susceptible de se pénétrer de sang , ét que les passions #: font succéder, en un instant, la rougeur vive d’un accés de fièvre, us blancheur de la syncope , et toutes les nuances intermédiaires. On sait aussi que les érysipèles de cette région sont beaucoup plus fr équens que « ceux des autres par lies, ainsi que d’autres phlegmasies, cutanées,
On ne saurait décrire les maladies de la peau sans faire mention de louvrage publié sur ces maladies par M. Alibert (1 Li Cet ouvrage, remarquable surtout par le luxe de l’exécution , ve aussi par la nouveauté des fans , l’ensemble et de succession des symptômes que présente chacune de ces maladies en particulier, étudiées dans un des hôpitaux les plus populeux de la capitale, entièrement consacré à leur traitement.
« Quelle inconcevable variété, dit l’auteur, dans
(1) ce des si bn hs pi peau observées 2 Phôpital Saint-Louis, ete. Paris , 1806.