‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecine (volume 3)Chapitre 10 sur 129 · PHLEGMASIES · texte numérisé non relu

PHLEGMASIES

son discours préliminäire , dans les dégradations dont nos tégumens sontsuscepübles ! T'antôt c’est l’'épiderme seul qui s’altère et se résout en une substance farineuse, ou se détache en petites exfoliauons furfuracées semblables aux lichens , aux mousses parasites qui souillent l'écorce des vieux chénesëlfantôt ce sont des lames écailleuses plus ou moins étendues , plus ou moins épaisses , dures, irrégulières; tantôt cette même membrane est parsemée d’éruptions papuleuses ou pustuleuses, miliaires ou perlées , vésiculeuses ou phlycténoïdes , etc. Quelquefois c’est simplement le système dermoïde qui se décolore sans s'élever au-dessus de son niveau , et qui nous montre tour-à-tour des taches

rouges, brunes, noires, jaunes, livides, ou d'une nuance verdâtre.— Le plus souvent, les maladies cutanées laissent transsuder une matiére ichoreuse ou purulente qui se concrète en une masse croûüteuse pour tomber, renaître et tomber encore. Ces croûtes, dont la figure varie à l'infini, représentent des cercles, des losanges , des prismes , des cylindres, des tubercules ou des mamelons proéminens qui simulent les sucs lapidifiqués cristallisés. — Mille autres accidens se présentent encore. Il est des circonstances où la peau entiére se gerce ou se détériore dans sa texture , au point d'acquérir une consistance qui la fait ressembler à l’envéloppe de certains quadrupèdes. Dans d’autres cas , la peau s’élève en tumeurs circonscrites qui ont rt des fruits. — Des caractères s1 divers et si frappans constituent sans doute autant d’especes de maladies cutanées qui réclament tout l'intérêt et toute l’attention des pathologistes.

» Si on examine maintenant, sous d’autres rapports,

CUTANÉES. 27 la série imnombrable de phénomènes dont le système dermoïde est la proie, quelle diversité dans leur marche, leurs phénomènes, le type de leurs paroxysmes, la Hréc de leurs phases , le mode de leur invasion et celui de leur issue ! Les uns attaquent tous les âges, les autres n'arrivent qu'à une époque déterminée de la vice. Certaines érupüons dégradent la surface entière du corps humain; certaines n’atteignent que quelques organes; ilen est un petit nombre qu’on n’a à redouter qu’une seule fois, tandis que plusieurs menacent à chaque instant notre existence. On en voit qui se manifesient avec des démangeaisons violentes et souvent

-intolérables ; on en voit aussi qui n’exéitent pas le Pit léger rat ie Le phénomene de leur maturation pré sente les mêmes contrastes : tantôt ces éruptions suppurent avec vitesse , tantôtelles suppurent aveclenteur : souvent elles n’offrent aucune trace de cette opération vitale. Enfin on observe qu'elles marchent quelquefois avéc l'appareil d'une fièvre brülante , et que, dans d’autres cas , elles se déploient avec calme et sans provoquér le moindre trouble dans l’économie vivante. »

SIT. Description générale des Phlegmasies cutanées.

20. Causes occasionnelles. S'il'existe des phlegmasiés cutanées dont la cause est pour ainsi dire unique ; -combien d’autres peuvérit être provoquées par des cir- -constances extrêmement variées ! Elles trouvent leur ôtigime, tantôt dans une irritation locale , et d’autres fois dans l'affection d’un organe plus ou moins éloigné. Elles sont , d’après cela, tantôt idiopathiques et tantôt Sÿmpathiques , et même symptomatiques ou critiques.

28 PHLEGMASIES:CUTANÉES.

Elles réonent souvent d’une mamitre sporadique ; mais plusieurs d’entre elles sont fréquemment épidémiques. Certaines sont aussi évidemment contagieuses, et se propagent par contact médiat ou immédiat: Elles peuvent occuper toute l'étendue dela peau ; ou ‘se borner à une de ses. régions ; ilen est qui sont pour ainsi dire limitées : à certaines parties ,; et d’autres: qui les occupent successivement.

29. Symptômes. Certaines phlesmasies. cutanées sont constamment précédées d’un état fébrile ; quelques autres ne le sont que dans quelques circonstances; et d’autres dans aucun cas. Ce mouvement fébrile dure ordinairement deux à trois Jours ; il cesse ou non à | Té l'époque de Pi invasion dessymptômes del inflammation, ‘qui se fait souvent dans un ordre régulier. Ceux-ci consistent quelquefois dans la rubéfacuon d’une étendue assez considérable de la peau , et d’autres fois ils ont la forme de taches, de boutons ou de pustules. La tuméfacuon est plus ou moins grande ; la rougeur est d’une nuance variée et la pression la fait ordinairement

disparaître ; la douleur est prurigmeuse, et la chaleur âcre et brülante.

30. Des organes intérieurs participent assez, fréquemment à l’état inflammatoire de la peau ; certaines phlesmasies cutanées se prolongent même plus ou moins sur les membranes muqueuses les plus extérieures , et leur communiquent des caractères inflammatoires parüculiers. La durée des phlegmasies : cutanées est fixe dans les unes et indéterminée dans les autres ; ; elle est tantôt aiguë et tantôt chronique. Leur te est ordinairement conunue; elles peuvent ‘néanmoins s'arrêter pendant un temps plus ou moins

long. Elles seterminent en général par désquamation ;

quelques-unes passent à l’état de suppüration : elles se

terminent alors par dessiccation , passent à l’état d’ulcé-

ration, ou se prolongent d’une manière indéfinie. La

__ gangrène peut aussi leur succéder, surtout lorsqu’ellés

* sont compliquées avec des fièvres adynamiques ou

| ataxiques. C’est dans des cas analogues qu’on obser ve quelquefois leur métastase ou leur PET IP

51. On ds ie br certaines phlegmasies de la peau qui n’ont lieu qu'une seule fois dans la vie; d’autres ont une tendance extrême aux récidives.

32.. Ces maladies peuvent être simples , ou compliquées avec des fievres inflammatoires , bilieuses, muqueuses , adynamiques et ataxiques. On voit aussi quelquéfoss: plusieurs phlegmasies de la peau se manifester en même temps et poursuivre leur marche s’en s’en tavér mutuellement ; d’autres fois cependant l’une suspend son cours jusqu'à ce que l’autre soit terminée A et ne le reprend qu'après cette époque."

FWARITOLE (x).

. S I: Considérations générales.

33. Il est sanSdoute facile, à l’aide de quelque à interprétation oblique, ou de quelque terme équivoque , de faire remonter la connaissance de la varlOle ; Jus= qu aux premiers temps de la médecine antique ; mais, si l’on veut étre sévère dans ses jugemens, on finit par convenir que cette maladie n’était point connue avant

{a} S FNONFMIE. Variola, Sauvacss, BoERHAAVE ; Febris variolosa , Horrmanw, Vocer ; Petite-Vérole.

30 PHLEGMASIES CUTANÉES.

Rhazès et Ayicenne , et que la description que ces médecins arabes en ont. donnée approche, pour l’exactitude , de celle de lillustre Sydenham, quia eu d’ailleurs l'avantage de décrire , avec un grand talent, la marche de certaines épidémies de la variole soit régulières, soit anomales, Que de-traités particuliers ont paru sur cette. maladie depuis cette époque ! que de descriptions d’épidémies de cette nature, soit dans les recueils d'observations , soit dans les ouvrages pério-

diques !

SIL. Description générale de la Fariole.

34. Prédispositions et causes. occasionnelles. La variole n’épargne aucun sexe.et aucun âge, sans même en excepter le, fœtus. Elle survient dans toutes les sai sons et dans. tous les climats; mais elle n’affecte qu’une fois le même individu. On la voit quelquefois régner sporadiquement ; le, plus souvent cependant elle est épidémique. C’est au printemps qu’elle commence ordinairement à exercer.ses ravages; elle régne amsi pendant l'été et l'automne, et disparaît pendant l'hiver. Il s'écoule quelquefois beaucoup d'années avant que les épidémies varioleuses reparaissent dans le même lieu ; tandis que, d’autres fois , elles sévissent pendant. plu sieurs années de suite. Cette maladie est contagieuse; elle se communique par contact immédiat et médiat ; sa contagion s'étend à quelque distance dans rte sphère et suit la direction des.vents. Le caractere contagieux se développe surtout à l'époque de la suppuration , et 1l se conserve jusqu’après la dessiccation. Il ne paraît éprouver aucune modification de la part de lim

dividu; car le pus d’une variole confluente pen? en communiquer une qui soit discrète , et vice versé. 35. Symptômes.de la variole discrète. L'invasion de la variole discrète et bénigne est marquée, en général , par des horripilations vagues, suivies de la fréquence du pouls, d’une chaleur vive, de lassitudes spontanées, de céphalalgie, de nausées , de douleurs à l'épigastre , au dos et aux lombes, d’une disposition singuhère : à la sueur , surtout dans l’âge adulte, et d’un état nee dans l'enfance, quelquefois même de convulsions dans ce dernier cas. L’éruption. a lieu ordinairement vers la fin du troisième:ou du quatrième jour : il paraît d'abord de petits points rouges autour des lèvres, qui s'étendent, en suivant une progression rapide , au menton, à la face , aux bras et au reste du corps. Cette érupuon se fait ordinairement dans vingtquatre heures : c’est alors que paraissent les autres symptômes fébriles, pour reparaître à à l'époque, de la suppuration, € Fe cat vers le : sepüème jour , à dater de celui de LÉRCRAS Les intervalles des pustules rougissent alors et s’élévent , en produisant une douleur aiguë. Les pustules de la face , qui étaient rouges, commencent à blanchir , en même temps qu'un cercle de couleur rose.ou une page les environne. La sérosté qu'elles contiennent s'épaissit et prend une teinie jaunâtre, ou plutôt se convertit en une sorte de matière purulente.. Il survient un. gonflement général de la peau , qui est surtout sensible successiyement à la face et aux mains ; quelquefois ce, gonflemeat est s1 considérable aux paupières, que les, malades ne peuvent voir la lumière, sans qu'il en résulte néanmoins aucun accident. La suppuration se termine dans trois jours ,

0 PHLEGMASIES CUTANÉES.

et fait place au dessèchement des pustules. À cette époque cessent les symptômes fébriles , ainsi que la tuméfaction de la face. Les PUPRPES qui avatent paru les premières, étant parvenues à leur maturité , tom | bent en croûtes , ‘et toute la maladie finit vers a quatorziéme jour. Il succède aux pustules de la face des écailles furfuracées qui exhalent une odeur particulre, et qui laissent dans la Lee des 1 impressions plis ou moins profondes:

36. Symptômes de la variole confluente. Quelques ressemblances générales qu'offrent la variole discrète qui vient d'être décrite, et la variole gonfluente, que ( de différences semblent les séparer! Au lieu de la marche régulière et de la succession exacte et progressive qu’on she dans les divers stades de la premiére , quelle confusion désordonnée ne regne point dans ceux ‘de la séconde, et que de symptômes accessoires ne viennent point encore troubler cet ordre ! Dans cellé-ct , ; l'éruption prématurée des boutons ne semble-telle pas empiéter sur l’époque de l’invasion , et celle de la suppuration des pustulés ne se confond-elle pas : avec leur desséchement , peñdant que l’une et l'autre se prolongent bien ASE du terme de la variole dis crète ? Mais il importe d indiquer plus particulièrement la marche de la variole qui doit proprement portér le nom de confluente. Les symptômes de linvasion , comme la céphalalgié, la douleur des lombes, Ja fiévré , les vomissemens , les anxiétés , etc. , sont portés au plus haut point, quoiqu Al y ait, en général, moins de disposition à la sueur. Les UN , lors de léruption, sont beaucoup plus nombreux et plus rapprôchés ; ; où s'il survient des éruptions partüicu-

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lières , les symptômes de l'invasion :durént. encore , et sont portés au plus haut.degré de violence: Les pustules ne s'élèvent pas beaucoup au-dessus du niveau de la peau, sont d’un, peut volume, et semblent se confondre toutes , par leur rapprochement; en une vésicule rouge qui couvre. tout: le. visage, ou: plutôt elles forment une sorte de pellicule commune agglu tinée à Ja face: Vers le huitième jour ; cette agglomération de pustules finit par n'être plus qu'une pellicule “blanche , qui devient de jour én jour plus âpre au toucher , avec une teinte brunâtre , et un séntimént de distension et. de douleur ; cet état augmente de jour en. jour, jusqu'à ce qu'enfin cette pellicule se . détache en lambeaux plus ou moinsiétendus , 6e qui peut arriver à .une ‘époque. plus ou moins retardée , comme au quinzième , vinglième ; vingt-einquième jour , par l'adhésion intime de cette sorte d'iñncrustation plus où moins épaisse , surtout à la face. Après sa chute, il.se forme encorerdes écailles furfuracées , laissant au-dessous d'elles des empreintes ou des. creux plus ou moins marqués, et. quelquefois même des cicatrices qui défigurent les, traits. Ceci prouve que, dans la variole confluente , le corps de la peau peut être atteint , et.que Je mal.me:se bôrne point.au tissu réuculaire comme dans la-vañole discrète, Deux autres symptômes tres-ordinaires à la variole confluente sont la diarrhée pour les enfans , et la salivation ‘pour

les adultés. Le ptyalisme arrive quelquefois à l’époque de lérupuon , ou bien un ou deux:jours après. La matière de: cet écoulement devient beaucoup: ‘plus visqueusé vers le onzième jour ; on la rend alors avec une grande. difficulté » et le malade se sent même

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comme sufloqué si, à cette époque, elle n’est rem placée par li intumescence de la face et des mains , ou par des déjecuions ; ‘dés Sueurs, ou une urine copieuse. Dans certains cas éxtrêmes , on voit alors survenir une grande difficulté dé respirer , un ton de voix rauque , uh état de stupeur, le coma, des convulsions , ou‘d’autrés affections du plus funesté présage. On doit enfin placer aû rang des sjinptômes acciden-

tels de la variole confluente, la péripneumonie, la | pleurésie, l’ophthalmie , le délire , lhématurie , et, suivant la complication de cet exanthème avec la fièvre adynamique , la prostration des forces, des hémorrha-

e £ 9 4 . e e e gies, l’angine suffocante ; des points gangreneux , soit

à la face, soit dans d’autres parties du corps, etc.

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