PHLEGMASIES DES PARENCHYMES
dépendamment même des lésions des méninges, a pu éprouver des phlegmasies”, soit aiguës soit chroniques , qui ont dégénéré en abcès ; maïs l’histoire des symptômes ou lésions de l’entendement qui correspondent à ces dérangemens physiques , n’est point encore assez complète pour pouvoir s'élever à une descripuon générale de l’encéphalite; et en attendant qu'on ait acquis de nouvelles connaissances sur ces objets, il est prudent de s’en tenir à l'exposition simple de quelques faits constatés, et qui peuvent tendre à éclaircir une matière aussi obscure. Les causes prédisposantes et occasionnelles sont souvent les mêmes que celles de la phrénésie ; quant aux caractères qui distinguent la céphalite de la phrénésie , je les ai déjà exposés en décrivant cette dermière (page 410). Je renvoie aussi au même aruücle tout ce qui concerne le traitement de cette maladie.
PÉRIPNEUMONIE (1).
$ Ie". Considérations générales et Histoires | particulières.
462. On doit peu s'étonner que le père de la médecine ait conservé une différence dans les dénominauons de la pleurésie et de la péripneumonie , sans cependant assigner les symptômes particuliers à chacune de ces deux maladies, et sans cesser de croiré qu'elles pouvaient se terminer également par l’expec-
(1) Synonyme. Peripneumonia , Sauvaces, Linnæus, Voce, Sacar , Bornnaave, Juncker ; Febris peripneumonica , Horrmann, Macsrine ; Pneumonia , CuLLEN.
PÉRIPNEUMONTE. 467 toration Où par une vomique. Il n'étäit guère possible d'aller plus loin à une époque où l’histoire des maladies pouvait à peine être perfecuonnée ou rectifiée par les lumières de l'anatomie pathologique; et ce n'est que dans ces derniers temps, et après un grand nombre d'ouvertures de corps, qu'on est parvenu à mettre une distinction plus où moins exacte entre ces deux maladies inflammatoires. Morgagni et Valsalva ont rassemblé un grand nombre d’observatiors qui montrent que la plèvre peut n'être point affeciée, mais seulement les poumons, quoique les malades aient éprouvé une vive doùleur au côté. Les mêmes auteurs se sont aussi convaincus qu'on trouve quelquefois la plèvre altérée en même temps que les poumons ; et ils pensent qu'il est très-rare. que cette membrane soit seule le siéce de l’état inflammatoire. Haller , Triller , et plusieurs autres médecins célèbres, ne croient point qu'il puisse exister de vraie pleurésie aiguë sans péripneumonie. Des observations réitérées, et telles que peut l’offtir un grand hospice, m'ont donné, pour faire cette distinction, des facihtés qui ont manqué à d’autres médecins, et je renvoie sur cet objet à mon ouvrage sur la Médecine clinique. |
465. Il est rare de trouver une péripneumonie inflammatoire et simple aussi caractérisée par-ses causes évidentes , son invasion et sa marche dés les premiers jours , que dans un exemple que Stahl nous a transmis dans son Collesium casuale. Un jeune ‘homme de vingtans, d’un tempérament sanguin ; Sujet autre fois à de fréquentes bémorrhagies du nez, et menant une vie sédentaire , se Jivra, vers le mois de mars, à
408, PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
un violent exercice de corps, s’échaufla beaucoup , et s'exposa ayec imprudence à un refroidissement subit ; il portait d’ailleurs des vêtemens légers , et 1l entra bientôt après dans une chambre chaude : deslors malaise, anxiétés, vertige, sentiment de froid avec horripilauon.: Il survient une gêne de la respiration d'abord légère , puis plus incommode, mais | sans éxpectoration. La tête est douloureuse ; un sen-
ment de lassitude est remplacé par une chaleur vio-:
lente, avec un ou deux vomissemens des matiéres prises audéjeüner. Il se déclare aussitôt une douleur lancinante au côté droit de la poitrine, au-dessous de la mamelle ; la toux , toujours séche , devient plus vive ;.et continue d'être telle le lendemain et le troisième jour, qui fut l'époque d'une expectoration mêlée de sang , ainsi que le jour suivant. L’urine fut alors citrine, et déposa, par le refroidissement , un sédiment-rosacé etabondant, mais un peu léger.
Le
8 IL. Description générale de la Péripneumonie.
464. Prédispositions et causes occasionnelles. Ge sont des exercices violens du poumon, la course, la lutte, des efforts véhémens, le chant, des cris forcés , une équitation rapide contre la direction du vent, des émotions vives de l'âme, une angine avec oppression de la poitrine , l'impression brusque d’un air froid avec un violent exercice, une boisson froide lorsqu'on est échauffé. We Le
465. Symptômes. On éprouve d'abord un frisson suivi de chaleur, avec pouls fréquent et dur , senüiment d’ardeur dans la poitrine, douleur latérale
L PÉRIPNEUMONIE . 469:
pongitive , profonde , plus où moins vive, #êne plus où moins forte de la respiration, toux, expectoration d'abord muqueuse et plus où moins sansuinolente, rougeur vive des pommettes du côté du poumon affecté. Au bout de quelques jours, ces symptômes sont portés au plus haut degré de développement ; les paroxysmes du soir sont trés-intenses ; le pouls est devenu fort, fréquent et développé, et la face est amimée. L” un est-elle intense et générale, débilité extrême dés les premiers jours , pouls mou , déprimeé et inégal ; ; respiration petite, fréquente, seur de la face, des yeux, de l’arrière-bouche, des lèvres ; senüment de suffocation avec des anxiétés inexprimables ;
difficile ; toux sèche, haleme chaude, rou
délire | mort prompte et inévitable. On peut concevoir de l’espoir si une partie du poumon est seulement affectée , et que la cause ne soit pas trés-forte. De là des variétés dans la durée de la péripneumonie, et sa terminaison par le rétablissement de la santé, une nouvelle maladie ou la mort. Une résolution bénigne est caractérisée , 1°. par une expectoration hätive, hbre, copieuse, mélée de peu de sang, assez consistante , blanche , douce et opaque, avec diminution de la douleur, changement favorable de la respiration,
pouls plein et développé; 2°. par un flux de ventre | qui subit progressivement des altéraüons analogues à celles des crachats ; 3°. par une urine copieuse, épaisse, avec FT des symptômes, et sédiment d'abord rouge , puis devenu par degré blanchätre
avant le septième jour ; Ja respiration devient alors facile, la fièvre légère, avec cessation: dé la.soif et une
chaleur douce uniformément répandue. La péripneu-
470 | PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
monÿe peut dégénérer en une autre maladie dépendant de l'état - RENE qui est la suppuration : elle est annoncée par la soie modérée des symptômes , l'absence des signes d’une résolution bénigne, la prolongation de la maladie avec un pouls mou et ondoyant. L'état suppuratoire commencant est indiqué par des horr ipilations légtres, vagues , souvent répélées, et sans cause na tifaete ; la douleur diminue, la difficulté de respirer subsiste avec rougeur des joues et des lèvres, soif, paroxysmes de fièvre hectique , suriout le soir, pouls mou et faible. Les caractères d’une suppuration formée sont , outre les signes précédens, une toux opiniâtre et sèche , qui augmente après le repas et l’exercice ; les malades se plaignent d’horripilations vagues et d’un sentiment de pesanteur dans le côté affecté, sur lequel le décubitus devient moins génant. La fièvre, devenue modérée, continue au-delà de quinze jours avec des paroxysmes. Après l'introduction des alimens et des boissons dans l'estomac, et aprés l’exercice , rougeur des joues et des lèvres, anorexie , soif vive, sueurs nocturnes, surtout au front et à la partie supérieure de la poitrine , pâleur , amaigrissement, débilité extrême; enfin tous les symptômes de: la fièvre hectique et une véritable phthisie. Ces signes et leur cause avaient été connus dés les premiers temps de la médecine, comme on le voit dans les écrits d’ Eippocrate. L'’abcès une fois formé peut se frayer différentes issues, sufloquer par son vo- Jume , où par une érupüon subite de matière qui s’évacue tout-à-coup dans la trachée-artére ; se terminer graduellement par nne sputation purulente
PÉRIPNEUMONIE. 471
qui amène le rétablissement de la santé ou la consomption ; s'épancher dans une des, cavités thoraciques ou dans le médiastin ; produire la phthisie et un empyème funeste. La matière purulente semble se déposer aussi, par une sorte de métastase , sur un viscère ou sur une autre partie, le cerveau , le foie, la rate, les hypochondres, l’un des membres abdominaux : ce qu'on connaît à la douleur , à la rôugeur, à la chaleur, au sentiment de tension qui se développent dans la partie nouvellement affectée , et qui ont été précédés d’une douleur dans la poitrine, de beaucoup d’anxiétés, d’un sentiment de pesan= teur et d’une dificulté de respirer modérée. La gan=. grène , sans doute , peut être une des terminaisons funestes de la RÉHpAsÉROne s'annoncer par des symptômes très-intenses, qu'aucun médicament n'a pu. calmer, auxquels succède une débilité extrême et subite , qui se manifeste surtout par l’état du pouls,
le froid des membres, une sputation ichoreuse, ” cendrée, livide, noirâtre et féude : ces symptômes sont suivis d’une mort prompte. Une autre terminaison de la péripneumonie , que Boerhaave attribue à la formation d’un squirre , est-elle fondée sur des observations exactes et irréfragables ?
466. Pour bien juger de la nature et de l'intensité de la maladie , 1l importe de connaître les divers degrés de développément dont ses divers sympromes sont susceptibles. Un des plus importans ; et celui qui mérite d'être examiné avec l'attention la plus scrupuleuse, est la gêne ei la difficulté de la respiration : elle est toujours plus prononcée pendant linspirauon; et quand le malade reste couché sur le côté affecté.
472 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
Baglivi remarque très-judicieusement 6 Ja ii rauon facile est toujours d'un heureux présage ; qu’on ne doit être jamais sans crainte lorsqu'elle se fait avec une grande difficulté ; et qu ‘enfin la lésion de cette foneuon , lorsqu'elle vient à s’'accroître , est un des signes y plus constans et les plus manifestes de laug- -mentation de la maladie. Celle-ci devient d'état plus grave que la respiration est fréquente , profonde ret entrecoupée : si elle prend le caractère du râle, il ne reste le plus ordinairement que quelques heures de vie. La toux'est plus où moins violente et douloureuse; elle est presque toujours avec une expectoraüon muqueuse dés les premiers jours, et la matière expectorée n’est alors qu’une mucosité claire, écumeuse, et plus où moins teinte de sang. On doit, en général, regarder comme un augure favorable l’expectorauon qui s'établit de bonne heure, puisqu'elle annonce la diminution de l’éréthisme , et c’est ordinaiïrement vers le quatrième jour que les crachats commencent à être abondans. Voilà sans doute le mouf qui a fait proscrire sans restricuion la saignée aprés cette époque, quoique cet état d'irritation puisse être d’une plus longue durée; les crachats : par les progrès de la maladie, deviennent plus abondans et plus teints de sang vers le septième ou huitième jour, époque d’un changement favorable , si la solution de la maladie se fait par cette voie; car ils deviennent plus consistans et d’un blanc opaque. , À
467. J'insisterai peu sur les caractères du pouls dans la péripneumonie , ainsi que sur le siége particulier et la variabilité de la douleur pongitive, puisque
PÉRIPNEUMONIE. 473 ces signes ont donné lieu jusqu'ici à des opinions diverses et quelquefois opposées; mais je dois indiquer cette variété de la péripneumonie si fréquente chez les vieillards , et qu’on peut appeler atonique , dans laquelle , sans aucune complication , les forces vitales sont tellement affaiblies que les symptômes se montrent à peine ; l’inflammation ne peut parcourir réguliérement ses périodes , et si l’expectoration vient à se supprimer, la mort a lieu bientôt, quelquefois cependant après une longue agonie : dans ce dernier cas, le poumon qui a été enflammé se trouve complètement hépatisé. Il arrive encore que la péripneumonie n’a point une marche régulière , quoiqu’elle semble trés-active : c'est ce qu’on observe souvent chez les personnes dont la poitrine est mal conformée. L’invasion de la maladie est ordinairement subite, mais apres une hémoptysie abondante, et qui est le symptôme prédominant , la douleur de poitrine , l'anxiété et le trouble dé la respiration qui allait jusqu’à la suffocation 1 imminente, cessent tout-à-coup par l’usage de la saignée , quelquefois spontanément et sans crise, Ces péripneumomes incomplètes sont suscepubles de revenir fréquemment, et surlout au printemps ; elles alternent aussi assez souvent avec de simples hémoptysies.
408. Lorsque la terminaison de cette maladie de vient funeste , elle a liéu ordinairement du troisième au sepuéme jour. A l’ouverture du Corps , on trouve alors, soit une infiltration du sang dans le tissu des poumons, soit des concrétions lymphatiques dans les ramifications des bronches, qui donnent au poumon une apparence de carmification , en sorte qu en le divi-’ sant avec le scalpel, il paraît avoir la consistance ‘du:
474 PHLECMASIES DES PARENCHYMES,
foie. On trouve souvent aussi, suivant la violence de l'inflammation , que la partie de la plèvre où répondait la douleur latérale est enduite d’une concrétion lymphatique plus ou moins épaisse. Quand la plèvre : costale participe ainsi à l’état inflammatoire, elle adhère à la plèvre pulmonaire au moyen de cette exsudation albumino-gélatineuse. Quand la suppuration a eu lieu dans le tissu du poumon, il existe deux ou trois vo miques qui peuvent même avoir été évacuées par les bronches. Quelquefois on trouve une vomique considérable qui a existé pendant un temps plus où moins long sans se manifester au dehors pen des signes sen— ue , et dont la Rap a occasionné la mort. Le pus peut aussi se Heu jour à l’extérieur du poumon , s’épancher dans la poitrine, et constituer ce qu'on nomme empyème ; enfin labcès formé dans le poumon peut : se prononcer au dehors lorsque cet organe à contracté des adhérences avec la plèvre, et alors 1l.se montre au côté de la poitrme un point douloureux avec empâtement, ou une tumeur dans laquelle on sentune fluctuation obscure. | 469: J’admire toujours Stoll lorsqu'il trace avec précision et avec sagacité des histoires particulières , soit de la péripneumonie , soit de la plévro-péripneu- ‘monie bilieuse, qu'il désigne sous le nom de pleurésie! bilieuse ;: mais lorsque, cessant de jouer le: rôle de: simple. historien, 11 semble vouloir pénétrer dans les secrets. profonds de l’économie animale, et remonter lau..mécañisme méême.des maladies , comme lorsqu'il attribue à la simple action de la bile té pleurésies Où plévro-péripneumonies désignées sous les noms de bilieuses, pufrices, malignes, Des tlerbRoITes F
PÉRIPNEUMONIE. 475 en assurant que c'est toujours la même maladie , qui ne diffère que par le degré et l'intensité, je ne puis : voir dans ce jugement qu’un jeu de l'imagination , et une vraie fiction donnée pour une réalité, surtout depuis que l’analyse nous a appris à décomposer les symptômes de ces maladies compliquées, et à distinguer ceux qui tiennent à une phlégmasie de la poi- ‘trine, de ceux qui appartiennent à quelqu’une des fièvres essentielles ( Méd. cliniq. ). M. Joseph Frank n'abuse-t-1l pas d’une autre manière des dénominations, en comprenant sous le titre de péripreumonies nerveuses où malignes , de simples péripneumonies gastriques ou bilieuses ( Ratio instituti medici Ticinensis )? ss
S HT Traitement de la Péripneumornie.
470. Dans l’état actuel de nos connaissances, Je pense qu'il est facile d'éviter toute équivoque , de faire saisir avec exactitude les diverses complications de la péripneumonie , et de fixer les principes généraux de traitement qui doivent être une suite de ces modifications, quoiqu’on ne puissese dissimuler que les fièvres adynamiques et ataxiques, en se combinant séparé ment avec la péripneumonie , entraînent le plus grand danger. Pour éviter des répétitions superflues , je dois donc indiquer surtout les principes à suivre dans le
traitement de la péripheumonie simple ou inflamma- ‘toire. Que d’opinions opposées, que d'éerits polémiques n’a point enfantés l’usage dé la saignée, soit relativement à l’époque de la maladié ou au choix du côté où. il faut la pratiquer, soit par rapport à la quantité du sang qui doit être évacuée ! L'observateur
470 PHLEGMASIES DES PARENCHYMES.
attentif, qui ne donne rien ni à l'autorité n1 aux ré-
sultats vagues d’uneexpérience bornée, se dirige d'apres #
le caractère de la maladie, et, si les symptômes en sont modérés et qu’elle marche avec régularité , 1l est trés-sobre sur la saignée ; mais , si la respirauon est
trés-génée , et que les symptômes inflammatoires con- :
tinuent d’être intenses, il ne balancé point de la répéter ; #
ou, sil craint son effet trop débilitant relativement à
la constitution de l'individu , il a recours aux sangsues M
appliquées sur le côté, où bien aux ventouses scarifiées. Il est à peine nécessaire de faire remarquer que ce moyen doit être secondé par des boissons mucilagineuses et sucrées , des juleps, des loochs, puisque ces objets sont connus des personnes les plus étrangeres à l'étude de la médecine. Ce qui disuingue d’alleurs l’homme doué d’un savoir solide, ce n’est pas de prescrire telle ou telle formule plus ou moins élégante ou compliquée , objet de pure convenance, mais de suivre avec l'attention la plus scrupuleuse l’ensemble et la série successive des symptômes , et de pénétrer la direction qu’affecte la nature, pour la seconder si elle est favorable, ou chercher à la détourner si elle est contraire. Ce n’est guère que dans des complications gastriques qu’on peut se permettre une boisson émé-
tisée; et quant à ce qu'on appelle béchiques , qu'on
m'explique clairement la valeur de ce terme, à moins
qu’on né l’applique à la force médicatrice de la nature, .
et à ses’ efforts conservateurs. Que peut-on attendre |
par éonséquent de la scille, de lammoniaque, des …
tatons émollientes appliquées sur la poitrine où sur’. les membres , qui, souvent renouveléés, peuvent pro
sommes-résines ? Il n’en est pas de même des fomen-.
CAS ARNITE, tive pl duire une détente très-favorable, par “la correspondance sympathique qui existe entre les poumons et la surface externe de la peau. Ce n’est guère que dans un état avancé de la péripneumonie , et par une complication avec la fièvre adynamique , ne à l'expectoration devient difficile, ou vient même à se suppr 1 mer, qu'il convient d’ Ra un vésicatoire, Ou entre les épaules, ou sur les parties latérales de la poitrine , et de seconder les effets de ce moyen par des décoctions de quinquina, de serpentaire de Virginie, Vusage du camphre, du musc, de l’éther ou de l’opium. Î Mais, au milieu de Fou ces ressources de la : pharmacie , FER perdre de vue l'objet principal , qui est une sorte d'impossibilité de faire marcher, avec régularité et avec ordre, l’affecuon inflammatoire si puissamment entravée par la prostration des forces et les autres symptômes de la fiévre adynamique ?
CARDITE (a).
SE. Considérations générales et Histoires particulières.
471. Le beau traité de Sénac sur la structure du Cœur, son action et ses maladies , les recherches si exactes de l’auteur , ses vues si saines et si philosophiques , ont été tour-à-tour l'objet de diverses compilauons. Sauvages répète ce qui est rapporté à ce sujet dans le traité de Sénac; Selle répéte encore ce
- (1) SrNonrumIE. Carditis , Sauvaces, VocEez, Sénac, Meckez, M. Convisarr.
478 PHLEGMASIES DES PARENCIYMES.
qu'ont dit ces deux auteurs ; €t, sans former aucun doute sur les vrais caractères de la cardite, il les fait consister dans une douleur pongitive sous le sternum, des palpitations de cœur, des anxiétés continuelles, un pouls petit et inégal, peu de chaleur. Stoll différe un peu de Selle, et il admet pour indice de la même inflammation, un sentiment d’ardeur, une douleur obtuse , une sorte de constriction autour du cœur, avec des anxiétés , des inquiétudes , la syncope , un pouls faible ; il ajoute qu'il:a vu cette inflammation compliquée avec celle du PAR ) Sans ajouter cependant des détails plus précis. Comment ces auteurs n'ont-ls point profité des remarques excellentes que fait Morgagni ( Epist. XXV ) sur cette inflammation, sur les distincüons à faire entre les érosions apparentes et les érosions vraies du cœur , ainsi que sur l'instabilité des signes qui peuvent faire connaître les ulcérations ou l’état inflammatoire de ce viscère ? On est encore plus vivement frappé de la nécessité de recherches ultérieures sur cet objet, en se rappelant les principes exposés dans les trois Ordres précédens des phlegmasies. La membrane extérieure du cœur ne peut-elle point contracter l’inflammation qui est l’objet de l'Ordre ÏIF , et sélrecouvrir d’une matière concrescible où LE tad , ou bien donner lieu à un épanchement Tymphatique ? Le cœur , à cause du tissu cellulaire qu'il content , est-il sujet aussi aux inflammauons de ce tissu, et quels en son‘-les signes particuliers ? Enfin sa nature proprement bec l'exposet-elle-aux-imflammatrons-rhumatismales | et -par quels indices peut-on les reconnaître ? Une observaon prise des Transacuons plulosophiques , et dont on
ET
CARDITE. . 479 peut voir les détails dans une traduction (1) abréoée de cet ouvrage, fait augurer que le cœur est suscep-
- üble de cette dernière affection. L’hommequi en four-
nit l’exempleavait éprouvé un violent rhumatisme qui, après avoir attaqué différentes articulations, s'était fixé
.sur les genoux : l’usage des bains froids détermina l’af-
fection sur la poitrine , et des-lors oppression , sÿncopes, anxiétés, palpitations du cœur , etc. À sa mort, le cœur parut principalement affecté. Ce viscère avait acquis un volume énorme ; il était trés-adhérent au péricarde , d'une couleur pâle et d’un tissu très-lâche ; ses parois étaient tres-minces en comparaison de son volume. Meckel Mémoires de l’Académie de Berlin, 1756) donne l'observation d’un jeune homme robuste, âgé. de vingt-deux ans, qui éprouvait une douleur vive dans la région du cœur avec des angoisses qui s’opposaiént à ses occupations ordinaires. À cet état se joignit de la fièvre , avec un pouls dur et fréquent; la douleur parut diminuer par l'effet de plusieurs saignées ; mais elle ne tarda pas à reparaître et même à s’accroître : 11 mourut le vingtième jour de la maladie , souffrant sans interruption des douleurs poignantes dans la région du cœur. Lors de l'examen cadavérique , les poumons étaient rouges et sorgés de sang, le péricarde enflammé et adhérent un peu au cœur , la surface externe de ce dernier inégale, rouge, privée de sa membrane séreuse, et recouverte d’une couenne épaisse et difhicile à enlever ; ses fibres étaient cachées sous une grande quantité de
(Gi ) Abrégé des Transactions philosophiques, Anatomie et Physique animale, ann. 1790.
480 PHLECMASIES DES PARENCHYMES.
graisse, lâches et pâles jusque dans l’intérieur des ven tricules. |
472. La cardite est quelquefois latente. Meckel ayant fait l'ouverture cadayérique d'un jeune homme: âgé de vingt-six ans , mort subitement sans s'être. plaint d'aucune douleur , trouva du pus blanc dans le péricarde, le cœur corrodé par la suppuration. et en— tourc des craisse molle , le tissu musculaire des deux ventri ph lâche et privé de.sang , l'aorte contenant une concréuon, polypeuse , et les veines remplies de sang hquide. Dans une autre ouverture qu'il fit du cadavre d'un homme de soixante - quatre ans. qui, s'étant beaucoup adonné au vin, mourut après des ARE de quelques jours; 1l trouva une grande quantué de pus blanc dans le. péricarde ; le. cœur rouge, corrodé, à l'extérieur ,;.et.couvert entiérement d'une couche purulente , tenace , de. l'épaisseur. de deux lignes; le ussu musculaire: pâle ; la cavité rem= plie.d’un sang épais et coagulé , à l'exception du ven ticule gauche , qui ne contenait qu’une concréuon pol ypeuse d’une couleur blanche.
475. Mais c’est surtout dans l'ouvrage JR cité. de M. Corvisart qu'on trouve des observations paapnes à faire voir comment cette inflammation existe sans qu'on puisse, pour, ainsi dire, en soupconner l'existence. Un homme agé: ES done ans, , et d'un tempérament. sanguin ,, était depuis. trente .ans sujet à une dyspnée qui le fatiguait beaucoup ; ; 1] avait souvent été. affecté. de rhumges , mais jamais il, n’avait ressenti de: pal PHONE de. cœur. Ayant éprouvé un certain jour. plus de gêne dans Ja respiration , À sentuit une dou- . leur assez faible dans la partie moyenne et inférieure
GARMITES. | 486 du côté gauche de la poitrine; deux jours aprés , al cracha du sang. Le cinquième jour de sa maladie, il fut admis à l'hôpital de Clinique interne : alors il avait un peu de céphalalgie, la figure était animée, l'œil brillant , la langue ARE la respiration un peu génée ; s poitrine vaguement doulo ét 1l n° éprou- | vait point de ms tete le pouls était faible , lrréguher , inégal sur les deux bras. Le sixième jour , la respiration était plus difficile , bruyante, râleuse ; il sentait beaucoup plus de douleur dans la poitrine ; il y avait du délire » ACCOMpagNÉ d’une grande loquacité. Dans la matinée de ce jour, il se leva Res fois pour référer , en se mettant à la fenêtre ; 11 se leva de nouveau à midi , 1l se récoucha , et expira inopmément le septième jour de la maladie. Vi, l'ouverture du cadavre, la figure était inégalement livide et violette; les veines sous-cutanées étaient gorgées de sang ; les organes cérébraux étaient en bon état ; le poumon droit, partout adhérent à la plèvre, était flasque , trés-extensible, infiltré ; le poumon gauche était recouvert , dans une grande partie de son étendue, surtout prés du péricarde, d’une couche pseudo-membraneuse de plusieurs lignes d'épaisseur. La plèvre costale de ce CÔLÉ paraissait aussi avoir été le siége d’une inflammauon ; la cavité du péricarde contenait environ une livre de liquide purulent floconneux ; la face interne de cette membrane était enduite d’une fausse'membrane dont la superficie était mamelonnée; le cœur , de volume naturel, était mou et flasque à l'extérieur ! les parois charnues des ventricules et des oreillettes étaient pâles, juin on aurait dit qu'une substance grasse s'était déposée entre les fibres. charnues
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482 PnLEGMASIES DES PARENCHYMES.
qui paraïssaient écartées les unes des autres. On voyait à la surface de ces parois blanchâtres , ainsi que dans l'intérieur même de leur substance charnue , un réseau vasculaire bien développé et très-apparent. En pressant légerement entre les doigts la substance charnue, on la réduisait facilement en une espèce de bouillie dont la couleur était pâle et terne ; toutes les cavités du cœur contenaient des concrétions polypeuses qui se continuaient dans la cavité même des gros vaisseaux.
6 IL Description générale de la Cardite.
474 Prédispositions et causes occasionnelles. Elles paraissent être les mêmes que celles de la péricardite, qui coexiste ordinairement avec linflammation du tissu propre du cœur ; elles sont souvent entièrement inconnues.
475.Symptômes. I] paraît bien difficile, dit M. Corvisart, pour ne pas dire impossible , de bis un résumé des signes certains auxquels on peut distinguer la cardite d'avec l’inflammation du péricarde : les sym-— piômes et les signes semblent être les mêmes. Ne pourrait-on pas dire que l'intensité des symptômes et des accidens, plus grande dans un cas que dans l’autre, en constitue la diflérence? Cependant une douleur vive, poignante, profonde dans la région du cœur, la fréquence plus g orande des syncopes sont notées par quelques auteurs comme des signes en quelque sorte pathognomoniques de l'inflammation essentielle de l'organe central de la circulation. Mais on voit ces signes dans la péricardite, à la suite de laquelle on trouve et le péricarde malade et la substance charnue plus ou
HÉPATITE. 4835 Moins profondément altérée. La cardite peut affecter le plus grand nombre de terminaisons propres à l’inflammation en général ; les plus fréquentes sont la sup- | puraüon , des ulcères, et la gangrène.
S IIL. Traitement de la Cardite.
476. Si les symptômes de la cardite se rapprochent extrêmement de ceux de la péricardite y On COnçoit que le traitement doit être établi sur les mêmes bases. Mais cette affeetion est si souvent latente et chronique, qu’on ne peut que rarement recourir à un traitement méthodique; d’ailleurs, cette inflammation, surtout lorsqu’elle est aiguë , est ordinairement compliquée avec celle des organes voisins, ët on voit évidemment d'a près cela que le traitement doit être le même. C’est donc aux saignées générales abondantes et À l'application des vésicatoires sur la région du cœur , qu'il convient de recourir dès que les symptômes que le malade éprouve font présumer l'existence de cette inflamma= . tion. Il faut joindre à ces moyens l’usage des boissons acidulées et nitrées, des émulsions > €t tout ce qui compose le récime dit anti-phlogistique.