‹ Nosographie philosophique, ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 4)Chapitre 22 sur 67 · NÉVROSES DE LA LOCOMOTION ET DE LA VOIX · texte numérisé non relu

NÉVROSES DE LA LOCOMOTION ET DE LA VOIX

temps, sur cette maladie, et on ne doute plus rnain^ tenant que des causes très-variées peuveht lui donner lieu.

i63; Oh trouve dans Mofgagni l'observation d'un tétanos universel et droit chez un jeune homme de vingtrsii anls : d'abord tuméfaction légère de la gorge, et perte de l'appétit. Quelques jours après, spasme du bras gauche , avec immobilité et impossibilité d'être fléchi , puis état analogue de tout le corps; le malade ne pouvait se mouvoir dans aucune direction , mais restait couché dans une position droite , avec un état dé rigidité et d'immobilité complète, et ce n'était qu'au bout de quelques momens qu'il pouvait un peu mouvoir les mains et les pieds ; état fébrile , sueur abondante^ Le cinquième jour, nouvel accès, avec courbure du corps sur le côté. Mort. A l'ouverture cadavérique , taches rouges nombreuses sur la peau , nulle lésion manifeste dans le cerveau , si ce n'est un peu de sérosité dans le ventricule gauche. Plusieurs onces de sérosité dans la cavité thoracique gauche ; les deux poumons très-rôuges , surtout vers le dos ; le péricarde plein de sérum , le sang peu difierent de l'état ordinaire. Fernel donne une observation de pleurosihotojios succédant à Topisthotonos. Cette maladie survenait tous les hivers deux 4. trois fois par jour : d'abord une sorte de vibration de là tête , puis un sentiment de froid qui descendait entre les épaules ; aussitôt après, courbure rigide et involontaire du tronc en arrière sans lésion de l'entendement. D'autres fois le corps se courbait involontairement en arc vers un des côtés ; on ne pouvait détendre les membres et le tronc. Dehaën a vu une femme qui , à la suite ' d'uiie

TÉTANOS/ lyg

Vive (îbntorsion du ccmi et d'une douleur de lete, se courbait involontairemeat du côte gauche ^ de- manière à représenter un C. On trouve dans beaucoup d'auteurs de^ exemples de tétanos partiels Ë^harH^ trace robservdtioB d'un tétanos ded yeul et du c5cm ; le sujet' en e$t un enfant de dix ans; l'inyadiôn était snbile :^ d'abord ebscjurcissemem de b Tiie^ puis imniobitiK^ des yeiut , impossibilité de les mouvoir eri aucun sens ^ puis emlteilsion invok>m»ri9 de la tête et du (^u. L^at-^ taque dirait .une mipuieet revenait trois à qûàtife fois par yfyw : dans }es. imcirvallcy , santS pafrfaite^ Les exemples de téimost; maxiHairés on de tri&rtius soni trop fréqpens pour que. j'^n rapporte ici. Ott trouve ^àillettrs Tbislaire d'uà' tétmos du -bràS d^oit. Uh' bdn^me égé de quaraate ans éproctt^> après atdk* soulevé un poids très-fort , une douleur dariS Tètn^ dr(Hte ^Ui augmente :pefidMt plusieurs jôu'rs^ il se mafdIeMe ensuite une hèrilîe inguinale x depuis àMB époque ^ douleur avec, sentiment de' pression dsrns Taine, éépha]a}g|ie> jinvieté, langueur ^nér^lë^ dW bord irès'-fréquemnacini; et puis plus riârement i du reste ^ sahie assez bonne y si oe ^'esl paidaf^t le f ravafil : totit^àrcoap extèn^bn involontaire et d^^ulqui'eAse du bras droit, avec contraction du médius et de Fanfaulaire^ et impossibifit^ de faire c^ser cet état mâlgY^' tous les efforts de la part des «^istarïs. Cette affection se manifesta dt» second au troisième jcmt après la sortie de l'intestin j elle se renouvelait d'abord deut à trois fois par jour y eC durait pendant une heulre ; elle disparaissait ensuite pendant plusieurs semaines , et se maniiestait de nouveau ^ans otk avec les syxaptômies indiqués ci^esstts*

l8o KEVROSBS DE LA LOCOMOTION ET DE LÀ YOIX;

§ II. Description générale du Tétanos.

164. Prédispositions et causes occasionnelles. L'observation a constaté les diverses causes qui peu-r vent produire le tétanos , comme la sensibilité extrême de l'âge tendre diins les premiers jours de la naissance, le climat de l'Amérique , l'impression d'un air froid ou d'un vent de mer; des affections vives de l'âme , telles que des chagrins profonds , des emportemens de qolère , une frayeur vive , des méditations -assidues , certains alio^ens y des poisons , des vers intestihaux , des évacuations; abondantes , des métastases ,. des fièvres, là convalescence d'une blessure ou d*unè fracture , à^ luxations , des plaies , Tirritation de quelques nerfs.

-> i65k Symptômes. Le tétanos.peutétre partiel, c'està-dire, borné aux muscles de la mâchoire infiériêure, s^ux muscles, qui fléchissent. le cou sur la poitrine, sur le dos €it sur les épaules ; iî peut être universel, c'està^re, affecter tous le? mi|scles , et tenir tous les membres dans un état d'immobilité ou de rbideuv. Ledéveloppement du tétanos peut être lent et gradué , ou bien suivre une marche très-rapide ; il peut aussi être primitif ou secondaire. .... bâillemens ^ douleurs qui , suivant l'espèce de tétanos , affectent certaines parties, comme. la tête, l'arrière-bouche , un des côtés de la poitrine , la région épigastrique , labdo-

men, les lombes ou les extrémités quelquefois

ptyalisme , syncope , tremblement des membres ; d'autres fois tension des muscles , distorsion de la fjSice ou ris sardonique , contractions de la mâdicÂre

TETANOS. iSl

înféiieufe^ déglutition difficile ou impossible. Dans le tétanos développé , il y a roideur et imi^obilité du tronc et des membres , comme si tout le corps n'était

. composé que de parties dures et solides ; où bien le corps est plié en avant ( emprosihotonos) , en arrière

. {opistpotonos) y ou sur un des côtés ( pleurosthoto-

. nos ) , en forme d'arc. La couleur du visage est quelquefois pâle , d'autres fois rouge ; les yeux sont lar-

. moyans , fixes , ( avec des mouvemens convulsifs ; il y a tension de l'abdomen , ccmtractions vives et pérma-

. nentes des muscles , -associées quelquefois avec des tremblemens des muscles , des soubresauts des tendons , etc. • Les douleurs y sont quelquefois des plus vives , avec des cris perçans ; le malade a des insomnies opiniâtres : le plus souvent l'exercice de la pensée et des fonctions des seûs est libre ; ïnais il y a quelquefois trouble dans les idées , délire > ou même aliénation d'esprit complète , lésion plus ou moins marquée de la voix , de la digestion , de laî respiration. Dans le déclin , le malade éprouve une sorte de prurit ou de formication à l'épine du dos, un sentiment comme d'un liquide qui coxde diepiiis le dos jusqu'au sacrum. I^iCS qoiji^r^ctions spasmc^diques des. musjçlés cessent d[uftq,roîmière graduée ^^-î^boîs im> ordre varié; les ai^tr^Eî^, syi^iplômes dimi|i^ent aqssi |>ar degnés, ou la

, jçQort sui:viçnt. . t.. , ,: > c , .;;: >

^Uh Traitem^tdiù'Téimos.L . .\

i66. On sent combien le^traitement doit être diver-^ sifîé suivant la variété des causes. Le médecin allemand dont j'ai parlé ci-dessus ^ et qui a publié un ouvrage

l82 NÉVROSES DE LA LO<K»IOTléN ET DE LA VOIX.

tpès-detaillé sur le tétanos ^ donne plusieilrs exemples de succès qu'on a tour-à-tour obtenu de Tusage des anîi-^pâtsmodiques , ainsi que des sudorifiques, du quinquina y du musc', du castorëuin, de l'opium, du mercure ; il rapporte aussi une observation très-singuliàrf sur un tétanos guéri par un ^mphyrèn^e artiftciel, c'est--à-dirè , produit par une întuf^ fiatM>n d'air dans le fissu cellulaîre. L'opium est' «n des médicamens qu'on a le plus préconises contre le - tétanqs ; mais , pour en obtenir des effets avantagent: , on est assez gépérajement d'accord qu'il faut le prescrire à dose plus considér^ble^ue dans toute autre maladie. On r^min^stre le pkis souvent sous fomne solide ou liqui(fe , a petite dose , qu'on renouvelé par intervalles rapprochés. On est obligé de soutenir l'em* ploi de cette substance pendant quelque temps , car ses effets ne sont , en général, que momentanés : il faut d'aiikucB «ôuvçnt en deôner une très-fbrte dose, et en o@mÎR\ierFusage tant que la disposition de la maladie at4 i?élour existé (ï). Les laxatif^^ont assez souvent nébessbires pou? vaincre la constipation déterminée par l'opium. Le^ bains chauds ont été iquelquefois empioyës^ avec avantage, mais c*est toujours conjointement avec Natures mAlicâmens. L'expérience n'a point èncobedéaAontré-d'^une'toAnière asSèz positive quels avantages on peut attendre des bains donnés avec la lessive de cendres, la dissolution de potasse, le muriate de soi*de ou'*d'autres sek. On est maintenant

(i) dbserycitions sur l'usage de l'tipimn dans le traitement du Tétanos y rtcueilties à l* hôpital des Eiifans. Journal dt JI$ideoind:C/iinïf^et'Pféiit/*iaci&j.min.Xl.

CONVULSIONS. l83

convaincu du peu d'utilité des onctions faites avec les corps gras. Je pourrais en dire autant des vébicatotres.

CO NFUf^SlONS (i).

§ I". Considératians générales.

167. Hippocrate, dans ses ApborismeS; rapporte, parmi les causes des mouyemens coi^yulsifs , l'usage de l'ellébore, une plaie, une hémorrhagie, l'action d'un drastique , des veilles opiniâtres , etc. Que de résultats profonds dans l'aphorisme XXXI ( section II) , sur la fièvre qui vient se joindre à des convulsions, ou bien les convulsions à la fièvre ! Stahl oflfre un sujet non moins fécond de méditations , lorsqu'il dit qu'en général les convulsions sont peu dangereuses au commencement d'une maladie , qu'elles le sont beaucoup plus lorsqu'elle est parvenue au plus haut degré ; qu'enfin elles annoncent une mort certaine si elles surviennent au déclin de la maladie , ou vers l'époque ordinaire de sa terminaison. Quelle série nombreuse de causes physiques ou morales propres à produire les convulsions ! et combien l'imagination en est effrayée quand on parcourt les divers recueils d'observations , tels que ceux de Forestus^, de Trinc^vel , de Sylvalicus , Mercurialis , Solenander , Laelius-à-Fonte , Riverius, Tulpius, Henricus^ab-Heers, Hoffmann, etc., les Ephémérides des Curieux de la Nature^ et les différens journaux de médecine ! B>ut-on espérer d'à- •il II «i» ■ »

(i) Synonymie, Oonyulsio, SinvAGEt , Linn^us , Vqgel, CuLLEN, î^ÀGAii^ itfb(u^coni'i^m>FAEd. Hoffmann.

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