NETROSES DE LA LOCOMOTION ET DE LA VOIX
bord de rapporter tous ces mouyemens irréguliers à un même Genre ? Mais tout cet horizon immense se resserre en considérant seulement les convulsions qui forment une maladie primitive , et en réduisant leurs causes variées , soit à quelque irritation physique sur une partie sensible interne ou externe , soit à quelque affection morale plus ou moins vive , quelquefois aussi à un dérangement dans une fonction organique , ou bien à un état de débilité extrême et d'épuisement. Les convulsions, dans l'enfance, méritent surtout d'être remarquées parleurs variétés et leurs dangers; et c'est avec raison que le professeur Baumes , à qui nous devons un ouvrage sur cet objet (i) , insiste sur les avanliages d'une éducation dure et éloignée de toute mollesse recherchée, comme le moyen le plus sûr d'arracher les enfans aux convulsions qui peuvent leur devenir si funestes.
i68. L'on trouve, dans le Collegium casuale minus de Stahl , deux observations de convulsions du jeune âge. Un enfant de quatre ans , n'ayant point encore eu la variole , est , pendant que celle-ci est.épidémique, tout-à-coup affecté dé langueur, de perte d'appétit, de chaleur , de soif , de coliques, de borborygmes et de gonflemçiit de l'abdomen avec constipation. Bientôt surviennent des secousses dans les membres , les contorsions des yeux , le grincement de^ dents et un affaiblissement des sens. Un enfant de deux ans et demi^ affecté depuis six jours de chaleurs considérables, d'insomnie , de dégoA , de vomissemens , devient tous
(i) Des Convulsions clans l' enfance j de leurs causes^ de leur trai(enieni. Varïs p ijS^,^
CONVULSIONS. l85
les jours de plus en plus faible : surviennent des contractions et des relâchemens alternatifs et involontaires des membres , le grincement des dents , la contorsion des yeux , des agitations des bras , etc. Cet ëtat dure pendant une heure ; dans l'intervalle , affaiblissement , retour de. ces mêmes symptômes après environ une demi-heure. Hoffmann trace l'observation de convulsions cJccasionnëes par la suppression de la gale. Un jeune homme de dix-huit ans , d'une constitution délicate ^ d'un tempérament bilieux et très-sensible , faisant un grand usage de fruits , est attaqué de la gale pendant l'automne : il s'occupe aussitôt de là supprimer , et emploie à cet effet du soufre sublimé et du nitrate de potasse en friction. La gale disparaît, mais ne tarde pas à se manifester de nouveau : elle se supprime une seconde fois. Au bout de quelques momens, le jeune homme ayant eu l'imprudence de s'ex-« poser à un froid très-intense , et ayant pris alors beaucoup de vin à son repas , éprouva , quelques heures après , une anxiété très-grande dans l'épigastre , et des coliques violentes ( las^ment huileux, et^ à Finté^ rieur , des carminatijs et des ànti^spasmodiques). Bientôt apr& contractions et relâchemens alternatifs et involontaires très-violens des membi*es , cris , pouls fréquent (boisson aiguisée à^éc tr^ois grains de tat^ trate de potasse antimônié). 'Reioûr descônvulsicms ,. mais à un degré plus léger , et enfti cessatioù complète.
§ II. Description générale dçs Compulsions,
169. Prédispositions et causes occasionneltes. On peut mettre ^u:iiomi)re des causes intetoies ou externes
l86 NEVROSES DE LÀ LOCOMOTION ET DE LA YOIX.
qui peuvent occasionner des convulsions , les dras«* tiques , les vomitifs , les vapeurs délétères , les poi^ son^^ des ulcères desséchés , l'éruption de la petitevérole , les vers intestinaux ^ les exanthèm^^ répercutés, les douleurs vives / les emportemens de colère , le virus hydropbohique , utie extrême sensibilité , une vie sédentaire , une éducation moUe et efféminée , la pléthore , des hémorrbagîes supprimées , la rétention du méconium , des ^KX30uchemens laborieux , les luxations , les fractures , la disji^ision des fibres musculaires ou d^ nerfs , des plaies , des exostoses , la carie des os , l'inspiration du gaz acide carbonique , l'abus des plaisirs vénériens , la terreur , un chagrin profond , un épuisement excessif , des hémorrhagies imimodérées , etc.
170. Symptômes* Ils consistent dans la contraction alternative de divers muscles soumis à l'influence de la volonté. Les mouvemens qui en naissent présentent d^ variété^ suiv^M^t que l'^ifiTection porte sur les ^muscles des membres abdominaux ou thoraciques, ou sur ceux qui recouvrent la tête , la poitrine ou l'abdomen : de là une variété infinie d'inflexions , de positions du corps .ou de gesticulations; mais point de perte de .çonn^sançe , comme dans l'épilepsie , quelquefois seuleiiient un délire passager^ gai ou sérieux, extravagant ou mélancolique : les muscles de la vie organique ow de la nutrition ne sont presque point affectés. D'ailleurs , pour tracer un tableau complet de tous les phénomènes que peuvent offrir les mouvemens convulsifs , il faudrait faire une énumération anatomique de tous les muscles soumis au mouvement voloiitaire ou involontaire > et parcourir
CONTULSIONS» 187
toœ les effets qnî pourraient pésuller de leurs alter-^ aadves forcées de corftracliou et derélâcliQinent; ce qui serait immense k décrire et snperfla à rapporter , puisque rmi n'est plus fsteile k reconnatCre et à eon^ stater que l'éiat oonvukif des partie^. Les eanTuIsions peuven| être continues ou intermittentes; les paroxysmes paraissent d'une manière ri^giilière , ou bien ils se réveillent pour les cai:ises les plus légères , et très-souvent les mouvemens convulsifs deviennent habituels lorsqu'ils aànt .entreieniis par «ne irritation loqale et externe; ils dj^paraisseiit lorsque la cause am'mf^ eesie d'ag^ ,^ ou Uentôt après.
I in. Traitement des Convulsions*
1 j r. Rien n^est plus important pour bien diriger le • traitoi»ent des cotivulsions , que de saisir la maladie^ primitive dont elle^ peuvent être un effet secondaire , ou bieil la cause physique ou morale qui a pu les déterminer. Hofimann en donne un exemple frappant à l'égard d'une jeune fille de treize ans , toûrmemée depuis plusieurs mois d'une affection qu'on f^ardait comme catarrhalc , et tfuà finît par avoir des mt^uveméns èonvttlsîft effrayans. Tous les retu)éd«6(itantdeveniisiTiUiiIes, Hoffiaiânn', em Texamîtufm 9i^e tttieji^fkï ; aperçut ' une* pethè ttttrieur près de ia pâmtide gattél^e': K)n appliqua' 'Uil cataplasme éaatc^eni ,' er pé^ 'éà fciûrs après , il shttiî fn'v le méat auditîfun^quaniité excessive d'un Kqàide jaunâtre et •anguia , ce qui t\tt suàvi d'une cessation prompte de tous les phénomènes convukife. Cet exemple suffit pour convaincre combien sont variés les moyens pi-opre$ à G<»nbattre les^ eç^Eivalsions* Une fois qu^ob
l88 N|VROSfô DE LA LOCOMOTION ET DE LA VOIX.
a reconnu la cause , il est nécessaire de ' renouédier :à la susceptibilité et à la mobilité nerveuse : c'est pour obtenir ce^ effet qu'on a recours aux révulsifs , aux toniques.^ aux astringens^ ctc*.^ comme joi^ peut s'en convaincre par la lecture des médications du système nerveux dans le Traité de Matière médicale de Sdivnlgué.
bJNSÉ DE sÀTNT'-aur (l).
1 72.L Cette maladie a de l^analogîe avec les convul-
' sions d'un coté, et avec la paralysie de l'autre, Sydenham la regardait comme une aâection convukive : Cullen avait d'abord adopté la même opinion ; mai$ ayant ensuite observé qu'elle attaquait plus particulièrement dans l'enfance , il en fit un Genre à part.
, Jusqu'ici cette maladie m'a paru appartenir {^utôt k la paralysie, et telle est la raison pour laquelle j'en ai
, parlé, dans les premières éditions, sous le titre d*as^ thénie musculaire* Pebaën , et Gardane ont observé que la dan&e de Saint-Guy fittaque, de même que la paralysie, plus.particulièrenaent le coté gauche.
. L'électricité a quelquefois réussi dans ces deux xa9r' \hdxes(^Obser^fations en faveur, de la Médecine élety trique y p^r Gar^^ne* Paris , 1 768). Un homme.dom parle Djo^açan {J\îed. cases and eœp. ) > âgé dtt wiglneuf an^, (^prc^v^it toupies soiyr^ des mouveinens involonu^ires; çt i^éguUers dans différentes parties du . corps , surtout, dans les jambes et les bras. Ces accès étaient. de di£(érènte durée,: quelquefois d'une demi-
. '{i) Sr^ONrMàs.Seelotyrife'j ^àuvà^S; Sagar; Choreaj . JUnw^d^ CuUiBii } Çhorea 90nf^ Fili, $in>jiN0Aii> etc. i '
DÀNSK DE SAINT-^CUY. l8g
heure , d'autres fois d'une heure , et se terminaient par la sueur : alors vertiges , difficulté de respirer , déjections alvines et excrétion urinaire souvent ii^volontaires; sommeil pendant la nuit. Cette affection était due à l'abus excessif des liqueurs alcoolisées et à . l'ivresse fréquente. Un autre exemple de cette maladie est rapporté par White dans les médical Commenta'* ' rieSé Des causes très-variées peuvent donner naissance, à cette maladie. La description qu'en donne • Sjdenham est bien propre à en faire connaître les principaux caractères. Cette affection attaque surtout depuis l'âge de dix à quatorze ans ^ et rarement après la puberté; elle se déclare d'abord par une sorte de daudication , ou plutôt par l'impossibilité de conserver une cuisse dansTétat de repos , et par la nécessite de la traîner comme le feraient des paralytiques. La main du tueme coté , quelle que soit la position qu'on lui donne , ne peut la conserver ; elle en est bientôt détournée par des mou vemens désordonnés et involontaires , quelque effort que fa^se le malade pour ' s'y opposer. Veut-il approcher un verre de sa bouche , aussitôt mille gestes ridicules et involontaires qui ne contribuent qu'à éloigner le bras de cette direction > ce n'est que par hasard qu'il y parvient , et alors il avale rapidement , comme pour" se donner en spectacle. On ne pourrait d'ailleurs que difficilement» décrire tous les gestes insolites qui composent cette^ Hialadie ^ tant ils varient pour ainsi dire dans chaque individu. Une autre remarque , qu'il importe de. faire , c'est que ces mouvemens désqrdonnés se font d'abord avec une certaine lenteur , et qu'ils se convertissent enfin en une mobilité extrême et perpétuelle.
ÎQO NEVROSES DE I-A LOCOMOTION Bf DE tA yOK-
Qn peut consulter une Monographie de la Chorée oU Danse de Saint-Guy, par M. Bouteille, f^af.s, i8io* L'auteur donne des observations particulièi-es de cette maladie , qu'il distingue en phtmta^e et seeondeâre , simple f et œrhplîquce avec d*autre$ maladies du sys* lème musculaire, ^t il ijtidlque ses variéies d'aj)rès les dificr^ntes régions qu'elle peut afifëctêr.
jy3. SydentaiD oonibatiait la danse de Saint-Guy à l'aide deâ saigD^ et des purgadisu L'électricité a été mise en usage par Gardanev Undervood , Dehaën , Fothergill , etc, s Wautéîrs recommande «irtout Tassafœtida, étP(MSonni<fr le camphre. Oh conçoit d ailleura que 1» mêmes moyen» ne peuvent être constamment employés: c'est ototre la cause de la maladie qu'il est essentiel de les diriger. Voilà pour<Juoi les bains tîèdes cmtété utile» dans ceiKaîns €as> tan4is^ue le quinquina et les ferrii^iiieui osA élé eniployés dans d'autres avec sn€?cès«
PAiiAZ f st B (r).
§ P^ Considé'aUùm giénér^lè$.
i'74* O*^ ne peut que faire hôtmeur à la sagaMé profonde de Stahld'avcHT entrevu les résultats' des re-* (diercbe^modernessur la sensibilité et sur l'irritabiUié ^ et de les avoir décritt en partie^ en exposant \& phénomènet du niouvement tonique {Motus tcmicuÉ njUalis ). Ce même auteur a su rapprocher aussi la danse dé Saint-Guy et le trembleraient ( trêmula par»
(i) SrNONrMTE. Paralysie j BoimBiAVE, SAtviOEs , Liiî-
NJE05 ; VOGBL ^ CutlEW , JCffCKEft.
PÀRÀLYSIC; igt
tium impotentia ) de la paralysie : un premier degré de paralysie em. la débilité des motwemefts volon^ taires (i)* On imagine bien que j'écarte ici tout ce qui est symptôme d'une autre maladie, comme d'une hydrocéphale , du scorbut , de la fièvre , d'un état cachectique, etc. J'omets aussi la débilité qui provient de causes évidentes , comme de travaux excessifs , d'évacuations abondantes, d'inanition, d'un défaut de sommeil , etc. , puisque leur nature même indique le remède : je m'arrête à celle qui naît de l'inertie , dé l'apathie , du découragement , de différentes affections tristes et d'un grand nombre de causes débilitantes. On a des exemples fréquens de cette débilité dans les hospi^ publics ; ses effets ordhiaires sont la paralysie complète , l'apoplexie , la consomption , et une extinction graduée des fonctions vitales. G>m^ bien il serait avantageux , dans ces mêmes hospices , de relever le courage abattu, d^exciter au travail, de ranimer l'industrie par l'appât de quelque lucre l
ijS. Les tremhlemens (2) appartiennent le plus souvent à la paralysie ; j'omets de parler des tremblemens symptomatiques , de celui qui tient à la yieillesse , à un état de convalescence , à uu excès de fatigue : je me borne à celui que produisent l'abus des liqueurs fermentées ou des narcotiqujés , le travail des mines de plomb , de mercure ou d'autres métaux ; les affections de l'ame vives ou lentes , comme la peur, la colère , la tristesse. Le béribéri des Indes
(i) SrNONTJup. Àtoîda, Linnjbus.
{2) SrNOirrMiE. Tremor , Sauvages ^ Linn^bcs ^ Vogel, CuLLEK, Sagar.