Q2 NÉVROSES DE LA LOCOMOTION ET DE LA YOIX
dont parlent Bontius ( Medicina Indorum ) , etTulpius , dans son Recueil d'observations ( chap. V , liy. IV ) , n'est-il point une variété du tremblement du tronc et des membres, ou plutôt une nuance d'une affection paralytique , pui^ue les symptômes sont aiialogùes , et que , pour lesguérir , on emploie avec succès les bois sudorifiques , et à l'extérieur les huiles aromatiques ? En est-il de même de la danse de Saint- Guy ?
^ 176. Sylvaticus parle d'un négociant qui , ayant fait un usage excessif de boissons à la ^ce , de fruits , de plantes olér^cées , s'était extrêmement affaibli r^tonaac et les intestins ; il survint une diarrhée habituelle ; de là une grande débilité dans les muscles du dos et des loipbe^,; la difficulté de se tenir debout ,. des douleurs abdominales plus ou moins vives. Ces symptômes diminuaient lorsque le malade rendait une grande quantité de mucosités par des lavemens. Le même auteur trace, l'histoire d'une famille dont les^ deux aînés jomssaient d'une bonne santé : les deux ^suivans étaient bien portant et avaient marché jusqu'à l'âge de quatre à cinq, ans ; dès-lors démarche vacillante , faiblesse dans les genoux , courbure des os de^ jambes , ^évi^tion de la colonne épinière vers le côté gauche , et gibbosité. Un autre enfant raçhitique , qupiqù'à trois ans d'une taille au-dessus de son âge , était si débile , qu'il ne pouvait ni se tenir debout , ni marcher , sans être obligé de s'asseoir aussitôt : du reste point de mauvaise conformation* La mère , née de parens hydropiques et affectés de maladie de poitrine , avait éprouvé une légère déviation de la colonne épinière à l'époque de la pu-
h^né, et eiaît sujette aux catarrhes du nez et delà poitrine , ainsi qu'à des douleurs articulaiiles.
177. Les observations que je viens de rapporter sont des exemples d'atonie musculaire ; leà deux suivantes , extraites du même auteur ^ sont propres à faire connaître la paralysie. Un homme sujet à des excès d'intempérance , à des veilles et à d'autres écarts , montant habituellement à cheval , est tout-à-coup dans l'impossibilité de mouvoir les membres inférieurs , de retenir les déjections alvines et l'urine. Quatorze mois après , roideur tétanique des membres avec impossibilité de les fléchir ; peu à peu retour à leur premier état , et , par intervalles , mouvemrens convulsifs trés-violens déterminés par l'application des corps chauds. Une femme âgée de vingt-un ans , éprouva, à la suite d'un bain froid, im sentiment de stupeur dans toute la partie gauche du corps , sans y perdre entièrement le sentiment et le nâouvement : failjlesse , nécessité de rester couchée , sentiment de froid dans le pied gauche , douleurs dé tête , tintement d'oreille. Un homme de quarànté-sii ans ( Stahl> CoUegîum casuale minus ), d*un temperanient sanguin et lymphatique , avait autrefois contracté riiabitude des saignées, que depuis deux à trois ans il pratiquait plus rarement et d'une manière irrégulière; il s'adonnait d'ailleurs au vin, et menait une vîe active, exposé tantôt à la chaleur et tantôt au froid. Il sentit pendant un automne pluvieux et venteux une lassitude et de la tension , surtout dans les membres du. côté gauche : bientôt après impossibilité de les mouvoir, et augmentation de la sensibilité dans ces deux parties ( saignée du m. ' i5
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bras du côté affecté ); le soir, augmentalionde la «en* sibililé et de l'impossibilité de mouvoir le pied ; il survint aussi un affaiblissement très-grand du bras du même côté; de sorte que , le lendemain matin, il ne pouvait mouvoir le pied qu'avec la plus grande difficulté , et nullement le bras : il n'y éprouvait plus la moindre sensibilité. Le même auteur donne aussi une observation d'un tremblement paralytique de la tête. tJne femme âgé« de vii^-deux ans , d'un tempérament sanguin , un peu mélancolique , avait , depuis Fâge de quinze ans, employé fréquemment des scarifications pour diminuer la rougeur des joues : vers l'âge de dix-neuf ans elle fut obligée de s'en abstenir une fois. Vers le mois de novembre , aUant à l'église , le cou presque nu , elle se refroidit : aussitôt tremblement continuel de la tête , affaiblissement notable du iras gauche , augmentai;it par les changemens de l'atmospbère. On trouve encore dans Stabl l'exemple d'une débilité paralytique du bras. Un homme âgé de cinquante-six ans, d'un tempérament sanguin, irascible, ayant éprouvé beaucoup de chaleur , et s'en trouvant, incommodé , prit de la thériaque et se coucha prps d'un poêle le bras presque nu : aussitôt douleur ten^ive et lancinante dans le bras droit , ensuite débilité, et enfin tremblement et impossibilité de faire les mouvemens même lés plus légers! Cet homme ayant depuis long-temps contracté l'habitude des scarifications et des saignées , avait entièrement négligé celles-ci depuis quatre ans, et il n'avait que très-rarement recours aux scarifications^ — La colique peut quelquefois être suivie de la paralysie. Un homme de quarante ans ( Stahl ) , d'un tempérament sanguin et lymphatique^^
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d'une pelltie stature^ était affecté , quoique rarement , d'une colique très-forte ; il en fut de nouveau attaqué à la suite d'une colère violente occasionnée par une grande terreur ; il éprouva en même temps de la constipation et dû tremblement dans les membres {^jomentation chaude y carminatif^ thériaque) ; nul soulagement (^six à sept heures après , noui^Ue dose de thériaque )• Les douleurs internes cessent ; mais il succède l'insensibilité et l'immobilité de l'extérieur du corps , et surtout des membres.
§ IL Description générale de la Paralysie.
1^8. Prédispositions et causes occasionnelles. *hes plus ordinaires sont un état de pléthore, le refroidissement subit, l'interruption d'une saignée halntuelle^ la suppression du flux menstruel et hémorrhoïdal ,' celle de Jia sueur, d'un exutoire quelconque, d'un ancien ulcère, les narcotiques^ l'habitude de l'ivresse ,' des coup* 5Ur la tête, une terreur, surtout durant la menstntation, des chagrins profonds, un emportement de colère , de la tristesse, des travaux dans les mines de plomb et de mercure, l'usage exclusif de ces deu^ n^étaUx^ l'apoplexie , la paralysie, l'hystérie, etc. -r— La paralysie peut être dépendante d'une lésion cérébrale , ràchidienne , nerveuse ou musculaire.
ijg. Symptômes. Ils consistent dans la diminution ou l'abolition du mouvement volontaire. Les parties affectées peuvent être dans un état de relâchement f de tremblement ou de contraction; il peut y avoir perte de la sensibilité , ou bien celle-ci peut exister au même degré que dans l'état ordinaire ; elle ^t même