KEVROSES DE LA VOIX
NÈrnOSES DE ZAVOIX.
§ P*". Considérations générales.
181 . Ces névroses peuvent consister dans une sorte de convulsion^ de spasme, ou de paralysie des organes vocaux : d'où la voix convulsive et l'aphonie.
182. f^oiûc convulsive. Cette affection nerveuse empêche de parler à volonté ; on fait des efibrts inu« liles penda^t quelques minutes pour articuler des sons ; mais on est dans Timpossibilité de garder ce silence dès qu'on a commencé à parler ; souvent on rend des sons extraordinaires indépendans de la volonté , sur^ tout lorsqu'un objet fixe l'attention* U y a un passage rapide du grave à l'aigu , souvent avec des sons inter- • médiairès plus où moins continus et semblables à ceux de quelquç animal. On lit un exemple très-curieux de ce genre ï*apport;é par le profi^sseur Portai (Mé^ moires de la S&ciété médicale d'Émulation. Paris , 1708). Ce .médecin remarqua > en considérant les mouvemens du larynx , qu'ils étaient précipités et fort grands; le larynx parcourait l'espace d'un pouce environ, savoir, demi-pouce en montant, demi-pouce en descendant , avec une telle rapidité , que l'œil pou^ vait à peine en suivre les mouvemens. U en résultait que le conduit de la trachée-artère et celui del'arrièrebouche étaient tantôt raccourcis , tantôt allongés ; il devait aussi en résulter que, dans cette irrégularité de contraction et de relâchement des^ muscles , ceux destinés à étendre les cordes vocales , et à les rapprocher pour rendre l'ouverture de la glotte plus ou moins étroite , agités par les spasmes, devaient produire des
ig8 NÉVROSES DE LA LOCOMOTION ET DÏÎLA VOIX.
sons plus OU moins aigus ou graves , plus ou moins forts , plus ou moins irrëguliers , comme dans Thydro-. phobie, qui fait rendre quelquefois des sons si extraordinaires qu'on les a comparés à la voix de plusieurs animaux , ce qui a fait donner à cette maladie le nom de Ifcanihropie ou cynanthropie. Dans le cas que je cite, les anti-spasmodiques ont amené la guérison.
i83. Aphonie (i), ou paralysie des organes de la 'Pdz.r. Une femn^xe avait éprouvé, à la suite d'une couche, une hémiplégie dont elle avait été guérie eii faisant le voyage des eaux de Bourbonne, et en employant un traitement méthodique. Deux années après, elle perdit tout-à-<;oup l'usage de la parole j elle conservait le libre exercice de l'entendement ; elle témoignait par àes gestes , et même elle écrivait qu'elle entendait bien ce qu'on disait , mais qu'il lui était impossible de répondre. Pouls plein et dur , sorte d'assoupissement et 4e stupeur; nulle altération dans la bouche ni larrière-bouche , ni dureté ni gonfleinent apparent au cou , et la déglutition , quoiqu'un peu difficile , continuait d'avoir lieu. Le professeur Portai regarda aussi cette suppression de la voix comme un effet de la ps^ralysie dans les muscles qui concourent à sa formation , c'est-à-dire, comme l'effet d'une extrême diminution dans la sensibilité et dans le mouvement de ces muscles (application des sangsues àa cou y doses répétées d^ipécacuanhay Les sotis que la malade rendit acquirent en peu de temps plus de netteté r^'abord prononciation distincte et graduée d^
(i) Synonymie. Jphonia ^ 8ÂvyA(^ûs y Linnjeus , Vogel ^