NEVROSES DE LA RESPIRATION
irine j le malade est forcé de se tenir debout , et de respirer un air froid ; l'inspiratiori et l'expiration ont lieu avec sifflement ; il y a même embarras dans TarticulMion des sons ; le pouls est souvent naturel ou légefement fébrile , l'urine abondante et p^i colorée , le visage quelquefois pMe et les traits altérés j d'autres fois la face est gonflée et rouge. Cours de V accès. Ces symptômes continuent pendant la nuit et une partie de la matinée : alors respiration moins laborieuse et plus développée, expectoration plus ai*^ , urine d'une couleur plus foncée , et quelquefois avec sédiment , somm^ tranquille ; au réveil , et durant lé reste de la journée , la respiration est moins gênée , mais on éprouve toujours, un sentiment de constriction du thorax , Fanbélation a lieu dans une position borizontafe ou au moindre mouvement ; après le dîner , on éprouve une. tension flatueuse de l'estomac, de l'assoupissement. Le renouvellement de l'accès a lieu or- <iinaireme|it entre minuit et^ deux heures du matin , pendant plusieurs nuits ; mais les rémissions sont peu à peu plus marquées , surtout lorsque l'expectoration, vers le déclin de Faccès , est plus copieuse.
Coqueluche,
25i . Prédispositions et causes occasionnelles. Elle attaque plus particulièrement rénfanicè , les constitutions détériorées , leshypochondriaquçs; elje est souvent provoquée par le passage rapide du vent du nor^ au vent du midi , par la répercussion de quelque af- ' fection cutanée, par des sucs dépravés dans les voies alimentaires; elle règne ordinaireipent d'une manière
aSa K3CVROSES DES FONCTIOrCS NUTRITIVES.
épidémique ^ et n'affecte qu'une seule fois la même personne.
352. Symptômes. On éprouve d'abord tous les phénomènes d'un catarrhe pulmonaire ; ce n'estxfu'au ï>out de quinze jours à trois semaines que les symptômes caractéristiques commencent à se développer : ils consistent dans des efforts extrêmes de la toux et dans une suite non interrompue de plusieurs expirations pour une seule inspiration , avec ou sans excrétion de mucosités ou d'un liquide séreux par l'effet de l'expectoration ou du vomissement : la maladie revient par accès qu'on appelle quintes; durant chacune d'elles il y a gonflement des veines de la tête , pulsation plus forte des artères de cette partie , visage coloré y quelquefois hoquet ^ éternuement ^ et ^ par la violence de la toux , déjection, involontaire de l'urine et des matières féeales. Le retour des quintes est assez souvent irrégulier, et provoqué par une chaleur extérieure très-forte , la surcharge de l'estomac, une odeur forte , la respiration de la poussière , des affections morales , etc. Lorsque la quinte est terminée , la respiration est quelquefois précipitée , et l'on éprouve., pendant quelque temps après , un sentiment de fatigue générale ; néanmoins les enfans sont le plus sou-^ vent tellement rétablis immédiatement après la cessation de la quinte, qu'ils retournent aussitôt à leurs jeux ou à leurs occupations antérieures. La durée de la coqueluche est, en général, longue; elle est le plus souvent d'un à trois mois ; quelquefois elle se prolonge davantage.
NEYKOSES 0E tA RESPIRATïOWf* ^55
Asphyxie<.
253. Prédispositions et causes occasionnelles. Elle» sont très- variées : i**. la débilité du nouveau-né et Famas de mucosité dans l'arrière-bouche et les bronches j ^^. là siibfnersionovi Haimersion dans uii liquide qui empêche l'accès de Fair atmosphéric[ué^ dans les poumons ; 5^. la strangulation ou un liea fortement serré autoiu* du cou, en un mot, une compression excessive sur cette partie ; 4?. la respiration dé gaz non respirables^ tels que le gaz azote , le gaa& hydrogène ; 5^ ceUe de gaz ou d'émanations en même temps délétères et non respirables , tels que le gaz hydrogène Carboné,. le gaz hydrogène suHiîvé > rhydrc^sulfure d'ammoniaque, l'acide carbonique, les éniai>ations connues sous le nom de plomb ; el qui s*élèvent des fosses d*aisance lorsqu'une partie de la vidange est opérée', les gaz et émanations qui s'élèvent des cimetières, des prisons, des mines ^ des marais , etc. , etc. . ^
• :x54- Symptômes. La respiration est diminuée ou altérée ; un sang noir circule, pendant quelquesmomens, dans les cavités aortiques du cœur et daps le système artériel. Bientôt après il y a*suspension de Faction cérébrale , de la respiration , de la circulation et de Faction des différens. organes. Les phénomènes peuvent ^tre précédés , accompagnés et suivis de lésions variées des sens , de vertiges , de c^halalgie , de délire > de convulsions , etc. ; la face est livide, gonflée, Fex-* -térieur du corps froid ; les membres sont flasques , excepté dans le cas de submersion. — Les phéno- •mènes convulsîfs , etc. , appartiennent à Fasphyxîf
qui a été provoquée par des gaz et des émanations dé-* létères.
§ in. Traitement des Névroses de la respiration.
. 255. Asthme convidsif. U serait superflu de rappeler ici ce qu'on trouve dans tous les auteurs sur Tusage des anti-spasmodiqùes dans les cas ^asthme convidsifs. mais je dois rappeler les efiets heureux qu on a obtenue en Angleterre de Tinbaladon des airs fecticeâ^ tant dans Fasthm^ convuUif que dans 1 asthme pituiteu;^ ou muquei^ix v on . a non - seulement fait inhaler un mélange d'air oxygène et .d*air alinosfihé** riqifte^ niais, «icore on a essayé de faire respirer un pied cubique d'air Oxygène récent et sans, mélange ? il' s'en est suivi une sensation semblable à eeUe que produit la boisson d'^au de menthe poivrée > une agréable: chaleur dans la poitrine j et uh sommeil trân^ quille et nullement troublé parla toux.' A^^rèsqtdatre mois de l'usa^ de ce remède la malade qui éprcm-« vait l'asthme pituiteux avait été guérie de sa dysp^p»* sie; elle remplissait des , fonctions dont elle avait été incapable depuis dix ans ; elle avait acquis aussi èà rembonpoint ^ et la lividité de ses doigts^ avait disparati L'éther sulfurique est auvent employé avec àvàsjta^^ -mais ses effets ne sontqUe momentanés.. L'opium est regardé comime un des sédatifs les plus utiles* L'iqoi-^ ^icatioii d'un vésicatcnre ^*tre les épaulés est rare^ ^enl d'un grand av^tage : on peut en dire autant ^des cautères^ Lés boissons les plus convenables sottt Teau et les liqueurs aqueuses rafratohissante^. Lesli^ .qaeitrs susceptibles de fermenter soiit> en gtàiéral^niû^ j^û» i ks aljçooliques sont amsi, le |4us soQvemt per^
«ÎCTROSÏS DK tA RBSPllUTIOlf . ^55
nicleux , surtout s'ils sont pris en excès. Les asthmatiques ne peuvent suppprtef beaucoup de nourriture y ni des alimens qui se digèrent lentement , ou qui donnent lieu à àes flatuositës. Le régime doit, en général, être léger, modéré et rafraîchissant, surtout si cette maladie attaque des jeunes-gens , des personnes pléthoriques. Le r^;ii|iedoit être plus nourrissant si l'asthme existe déjà depuis quelques années.. Une particularité qu'on a souvent occasion d'observer, C^est que certains asthmatiques se trouvent soulagés d'hrf)iter au milieu des grandes villes ; tandis qu'il en est ti'autrcs qui ne peuvent respirer que l'air de la campagne.' Un exercice doux est tf une grande utilité pour les asthmatiques : il convient surtout de recommander sous <* rapport l'équitation , là navigation, et fa promenade dàtos une voiture bien suspendue et sur nn terrain uni.
â56. Coqueluche. J'ai déjà exposé plus haut plusieurs des moyens qu'on a employés avec plus ou moins d'avantage dans lè traitement de la coqueluche.. La saignée n'est, en général, nécessaire que dans les ca^ de pléthore et d'immihetice de péripneumonie. On doit, à l'aide de ddux laxatifs^ cherchera combattre la constipation qui accompagne assez fréquemment cette maladie. L'application d'tin vésicatoire sur le côté a été quelquefois utile. Mais c'est dan^ l'emploi méthodique dès vomittft qu'on trouve lès tnoyens lés plus efficaces; on- lés administre à doses vomitives et nauséabondes : de cette dernière manière ils favorisent l'expectoration et la sueur. C'est sous ce point de vue que le tartrate de potasse antimonié , Tipécacuanha ^ l'oxyde d'antimoine hydrO-sulftirè orangé (soufre doiN^
356 NÉVROSES DES FOîfCTIONS NITTRITIVES.'
d'antunoîne) ont été préconisés. Fother^l mêlait deux grains de tartre stibié avec un deïni-gros de poudre d'écrevisse ; il faisait prendre à un enfant d'un an un grain de ce mélapge (un seizième de grain d'émétique ) dans une petite cuillerée de lait ou d'eau y el de manière à provoquer le vomissement. On a y dans ces derniers temps , recommandé le muscus pjrxida--' tus 9 et Willis assure s'en être souvent servi avea succès. Le musc a réussi entre les mains de, plusieurs médecins , et surtout entre . celles des médecins dç Copenhague : Cullen avoue n'avoir pas été aussi faetf-' veux. MiUa recommande presque exclusivement Fassarfœtida^ Butter la ciguë^ d'autres lescantharides jusqu'à irriter la vessie urinaire , d'autres le quinquina. Mais tous ces moyens n'ont pas tcyijoursété également utiles : cela, vient évidenunent et de ce. qu'on attribue sour vent aux médicamens les changemens qui ne sont dus qu'à la nature, et de ce qu'on ne distingue point assez les périodes et les complications de la maladie. . ^
25 j . Asphyxie. Le traitement de l'asphpie est exposé dans tant d'ouvrages ^^ qu'il est presque inutile que je m'en occupe ; et je ne puis d'ailleurs que renvoyer aux observations de M. Portai. On vpit qu'en général il s'agit de réveiller l'action des. organes respiratoires par des odeurs plus ou moins fortes , l'aspersion d'eau frpide sur la iàce et sur la poitrine, l'introduction d'un corps sapide dans la bouche, des lavemens irritans , deç frictions sèches et aromatiques , des scintillations électriques et galvaniques , surtout dans la direction des muscles qui servent à la respiration , etc. On doit chercher en même temps à éloigner tout ce qui s'oppose à l'entrée de l'air dans les poumons , ou à
NlêvROSES DE LA RESPIRATION. 25j
changer l'^phyxié de place , s'il se trouve dans un milieu irrespirable et délétère : de là le grand avantage de l'exposition au grand air> de l'insufflation d'air atmosphérique ou de gaz oxygène dans le poumon. Mais ces moyens doivent être modifiésselon les causes plus particulières de l'asphyxie.
258. Dans Yasphjrxie par submersion y il faut ^ le plus promptement qu'il sera possible , transporter le noyé sur le rivage ou dans un endroit proche et commode , à l'aidé d'un brancard^ d'une civière , de quelque voiture , etc. : il faut prendre garde qu'il ne soit secoué pendant le transporta On doit aussitôt après le déshabiller , mais sans opérer de secousse ; on l'enveloppe ensuite Wgement d'une grande couverture de laine , et on le couche sur un ou deux matelas à terre, ou sur un lit peu élevé , près d'un grand feu , en observant de le maintenir penché sur le côté , et la tête élevée avec un ou deux oreillers un peu durs. Sous cette large couverture on fera des frictions sur les diverses parties du corps, d'abord avec une flanelle sèche, et ensuite avec des linges imbibés de liqueurs alcooli- . ques , de camphre , d'ammoniaque , etc. On peut aussi , pour réchauffer le noyé , placer sous la plante des pieds une brique chaude , couverte d'un linge » on verse dans sa bouche quelques gouttes de vin chaud , d'eau-dè-vie ou d'alcool de mélisse ; on lui pousse de l'air dans les poumons ; on chatouille le dedans des narines et de la gorge avec les barbes d'une plume , avec la fumée de tabac , de l'ammoniaque , de l'alcool de romarin , etc. Dès que le noyé commence à pouvoir avaler , on lui introduit dans la bouche quelques petitescuiUerées d'une liqueur alcoolique, devin, etc., m. 17
mais en ayant la précaution de ne pas trop remplir la bouche , et de ne pas s'exposer à ce que le reflux ait lieu dans la trachée. On injecte des lavemens irritans dans le gros intestin , on frotte doucement les parois abdominales , et on pratique une saignée si la face est rouge-violette , le corps très-chaud et souple ^ etc.
25g. Dans Vâsphyacie par strangulation , on a vu des frictions graduées , l'introduction de liqueurs alcooliques dan»la bouche , l'irritation des narines , du gosier , ainsi que àes bains chauds , la guérir ; d'autres fois ces moyens ont été sans succès , et c'est dans ce cas que l'épanchement sanguin ou séreux du cerveau a surtout été observé. '
260. Djins Vasphjrxie par le gaz acide carbonique • et d autres gaz ou émanations délétères , il faut promptement retirer l'asphyxié du lieu méphitisé j l'exposer au grand air, lui ôter les vêtemens , faire sur le corps des aspersions d'eau froide; il faut lui faire avaler, 5'il est possible , de l'eau froide légèrement acidulée avec du vinaigre , lui donner des lavemens avec deux tiers d'eau froide et un tiers de vinaigre , ou avec une forte solution de muriate de soude , ou d'un autre sel neutre. On doit irriter la membrane muqueuse des narines avec la barbe d'une plume ou avec de l'ammoniaque ; on pousse de l'air dans les poumons. En général , il faut mettre la plus grande célérité dans l'administration de ces. moyens ; le temps presse, et plus on tarde à y recourir, plus on doit craindre qu'ils ne soient infructueux. Il est quelquefois nécessaire de pratiquer une saignée. L'inspiration du gaz oxygène , celle de l'acide muriatique oxygéné conveiaablement et prudemment étendu , peuvent être utiles lorsque l'as-
IfEVKOSES DE LA KESPIRATIOIC 25g
phyxie est occasionnée par le gaz hydrogène sulfuré; et des expériences tentées par MM. Dupuytren et Thenard le font au moins espérer. Des commotions électriques et galvaniques légères^, dirigées à travers le thorax^ peuvent aussi ^tre souvent très-utiles. On conçoit , en un mot , qu'on ne doit rien négliger de çê qui peut opérer une secousse générale.
261. Dans Yasphj^jçie des nouveau-nés ^ il faut écarter les obstacles qui s'opposent à l'introduction de l'air dans les poumons, placer l'enfant sur le côté,, irriter l'intérieur du nez aivec une plume ^ faire respirer par intervalles du vinaigre radical , introduire quelques gouttes d'eau alcoolisée dans la bouche , mettre J'enfant dans un vase rempli de vin tiède animé même avec de l'eau-de-vie, exercer de temps en temps, sur tout son corps, de légères frictions , souffler de l'air dans la bouche de l'enfant , au moyen d'un tuyau, pour détacher les mucosités qui remplissent les bronxîhes. L'insufflation de l'air par les narines est-elle préférable à celle qu'on pratique ordinairement par la bouche ? La réponse à celte question se trouve dans les Mémoires de l'Académie de Toulouse, année 1788- Un nouveau-né était dans un état apparent de mort ; tous les moyens ordinaires , surtout l'insufflation par la bouche , avaient été inutilement employés pendant trois quarts d'heure ; le médecin appelé pour donner du secours à la mère , crut devoir faire de nouvelles tentatives; et au lieu de chercher à introduire l'air dans les poumons par la bouche , il essaya de Ty conduire par les narines. Dès la troisième insufflation , il sentit les côtes de l'enfant s'élever et la poitrine se dilater. Il introduisit alors la barbe d'une plume dans
a6Ô NlêvKOSKS "MES* FONCTIONS NUTRITIVES.
Farrière-bouche pour en faire sortir quelques glaires } il reitéra Tinsufflation ; il entendit un petit bruit , et sentit le cœur battre et ensuite les artères ; un moment après Fenfant ouvrît les yeux et remua un bras : il resta une heure sans pleurer ; enfin ses forces ayant été ranimées avec un peu de vin , il s^agita ^ et ses cris confirmèrent Ison parfait retour à la vie» Deux autre» exemples rapportés par Fauteur prouvent les avantages de cette même méthode. L'auteur de la Dissertation que j'ai citée plus haut recommande un bain qui approche dé la dialeur de Famhios , et Féloignement de tout obstacle mécanique qui pourrait empêcher l'intromission de Fair dans les poumons^ comme des mucosités dans Farrière-bouche ou les narines , qu'on a soin d'ôter en y introduisant un doigt trempé dans le vin ou le vinaigre : Finsufflation répétée de Fair atmosphérique au moyen d'un soufflet est encore très-convenable pour prodmre cet effet , ainsi que des alternatives d'une compression graduée de la poitrine sur les parties latérales et à \et partie antérieure. On ne doit point négliger des stimulans d'une autre nature, comme des frictions avec de la flanelle pénétrée d'une liqueur alcolisée ou ammoniacale^ sur Focciput, la poitrine , la colonne épinière ; des irritations à la plante • des pieds , une eau alcoolisée dirigée avec un siphon contre la région épigastrique, des odeurs fortes ou des titillations produites sur l'organe de l'odorat , un dystère avec des infusions aromatiques , Fapplicaticm de l'électricité ou du galvanisme.
friviiosis pE LÀ aRcuLiTioir. a6i
KÉrROSSS X>S LA CIRCULATIOUf.
s P*^, Considérations générales.
262» Les névroses de la circulation sont^ ainsi que celles de la respiration, moins diversifiées que celles de la digestion ; les principales d'entre elles sont les palpitations nerveuses, la lipothymie et la syncope. Mais il faut bien se garder d'imiter ici Sauvages , qui ^ comme dans beaucoup d'autres cas , réunit sous un titre générique et les palpitations convulsives , et celles qui sont occasionnées par une l&ion organique du cœur, etc.
265. Palpitations nersfeuses (i). Stahl donne l'observation de palpitations du cœur encore à leur début. Un jeune homme âgé de vingt-un ans , d'un tempérament sanguin , faisait habituellement bonne chère ; il était sujet à des hémorrhagies depuis trois ans , et les avait remplacées par des saignées qu'il faisait prar ' ^quer au printemps et en automne. Le printemps et l'été suivant , non-seulement il omet la saignée , mais il s'adonne en outre à une vie très-sédentaire et aux travaux de l'esprit. Vers le commencement de l'hiver, il s'enferme durant tout le jour jusqu'à la nuit, et m^me de très-grand matin , dans une chambre froide pour s'adonner à son travail. Une certaine nuit, éveille par des cris, comme s'il y avait un incendie, il fut frappé de terreur^ et ne tarda pas à éprouver un sentiment de constriction dans la poitrine , ainsi que des
(i) Synonymie. Palpitatio hystenca-, Sydenhak , Sadva^ «E$^ Palpitatio neivosa ji sive spasmodica*
aCa NÉTKosKS DKS FONCTIONS ^nmuTrtrKs.
palpitations qui se continuèrent pendant une demiheure ehyiron y et même quelque temps après qu'il fut revenu de son erreur. Vers le milieu de la nuit , il est réveillé par le seul souvenir de la frayeur qu'il avait eue , et éprouve de nouveau de l'anxiété et des palpitations qui durent pendant un quart d'heure y et sont suivies d'un état de langueur et de sueur abondante. Les symptômes reparaissent au bout de quelques jours. Hoffmann a tracé un cas de palpitations occasionnées par la ciguë aquatique appUquée au lieu de persil sur les seins. Une femme âgée de trente ans ^ 4'une constitution délicate^ mais bonne et très-sensible , accouche pour la troisième fois ; le quatrième jour après l'accouchement elle cherche à supprimer la sécrétion du lait à l'aide d'un épithème qiu^devait être composé de lait et de persil , mais lequel fut, par l'imprudence de la sage-femme , préparé avec de la ciguë aquatique : bientôt après , douleur pongitive , rougeur, anxiété et ardeur intense dans la région du cœur, formation de vçsicules à la surface des seins avec écoulement d'une sérosité très-âcre ; à ces symptômes se joint une exaspération dans l'état de la nouvelle accouchée : respiration très-difficile , palpitations très-fortes, tremblement (^application d'un onguent de céruse sur le Heu de ï inflammation); augmentation non-seulement des symptômes locaux, mais encore mouvemens CQUvulsifs du cœur, perte des forces , de l'appétit et du sommeil ; maigreur , constipation , soif très-grande , aphthes et pustules brûlantes dans la gorge. Ces symptômes se continuent avec les palpitations pendant l'espace de trois mois ; survient enfin un ptyalisme très-incômmode qui dure
NÉVROSES DE LA CIRCULATION. a65
quinze jours , et avec lequel disparaissent et les palpitations et les autres symptômes; mais depuis cette époque 'la malade a éprouvé tous les phénomènes de l'hystérie et de la mélancolie. Lancisi rapporte Fob-' servation d'un jeune médecin mélancolique qui était depuis long-temps agité des passions de l'âme , et qui faisait un aJ)us d'alimens acides et aigres : il fut enfin attaqué de palpitations de cœur avec un bruit et une pulsation forte de l'artère du carpe , et un serrement convulsif. Il prenait en vain les ferrugineux , les cardiaques et les purgatifs : Lancisi lui conseilla l'usage du suc de pomme pendant deux mois et le guérit. '
264. Sjnccfpe (i). Une feïnme âgée de trente-trois ans, d'un tempérament lymphatique, très^Craintive ,' et ayant l'habitude de réfléchir, dont Stahl nous k conservé l'histoire , était mal menstruée et éprouvait par intervalle des palpitations du cœur : elle apprend tout-à-coup une nouvelle fâcheuse ; une demi-heiire après, pâleur, état de langueur, perte de connaissance, les yeux fermés, la bouche entr'ouverte , les membres flasques et en apparence un peu comprimée du pendans ; respiration nullement sensible , pouls à peine perceptible , plus analogue à un tremblement qu'à des pulsations.
265. Uiie demoiselle âgée de dix-sept ans, délicate^ d'un tempérament nerveux' et lymphatique, née de parens très-sains , avait reçu une éducation molle ^ et manifestait déjà , dès son enfance , tme disposition aux affections nerveuses , telles que des tics dans la figure ,
(i) Synonymie, Syncope y Sauvauss , Vookl, Cullsn^ Sa^ar } Lipothymm, Linnjeùs.
i<î4 IfÉYROSK DES FONCTIONS NUTEITÏVIS;
des pleurs sans sujet ^ des doutes sur l'amitié de ses parens; de treize à quatorze ans, fréquentes céphalalgies, toux sèche : la menstruation n*a jamais été 4ibondante. Les frayeurs vives et réitérées que lui occa- ' Monnérent, à l'âge de quinze ans, les événemens de la révolution , exaspérèrent la céphalalgie , et donnèrent lieu à des douleurs dans les mâchoires qui revenaient par accès irréguliers et ont enfin disparu. En 1800 (^an 8) elle est saisie de frayeur à la nouvelle de l'explosion du château de Nantes, et éprouve des craîntes alarmantes pour la vie de ses parens qui Thahitaient et dont elle était alors éloignée : syncopes et convulsions pendant cinq heures ; cet état ne cessa que lorsqu'il lui fujt permis de rejoindre ses parens. Quelques mois après, nouvelles syncopes, occasionnées par l'exercice prolongé de l'escarpolette après le repas, lesquelles se renouvellent pendant plusieurs jours de suite , et alternent avec des convulsions très-fortes ; dans les intervalles , céphalalgie opiniâtre , gêne de la respiration. Les accidens cessent , mais pour reparaître de nouveau, une fois par l'eflfet du réveil en sursaut occasionné par le hruit d'un incendie , et une autre fois par la vue d'une amie en convulsion. La distraction éloigne, en général, le retour dela«yncope, tandis que cet état est rappelé par la contrariété , par un repas de quelques onces d'alimens ; car la malade ma^e ordinairement très-peu et très-irrégulièrement g vu qu'elle est en outre atteinte du pica.
NlÉTROS£S DB LA CIRCUI^TION. a65
S IL Description génénde des Nésnvses de la circulation*
Palpitations nerveuses.
266. Prédispositions et causes occasionnelles. Elles attaquent les personnes douées d'un tempérament nerveux , les femmes et les enf|ais , à la suite d'hémorrhagies etcessives, et d'autres circonstances affai^ blissantes analogues. Les affections morales , Tantipathie y en sont les causes les plus ordinaii^es } Fimagi-r nation exerce aussi beaucoup d'injQuence sur elles.
267. Sjmptômes. Les mouvemens du cœur sont précipites , irréguliers , plus forts que dans l'état naturel. Cet état est rarement continu ; il cesse promptement, mais se renouvelle très-facilement par les moindres affections morales.
Syncopes.
268. Prédispositions et causes occasionnelles. La syncope survient plus particulièrement chez les indi-« vidus d'un tempérament nerveux ou affaiblis par de longues maladies , par des hémorrhagies excessives , chez les individus pléthoriques : elle est souvent occasionnée par des affections morales vives, par la vue d'un objet dégoûtant ou effrayant , par une antipadiie , par l'évacuation prompte de granjls abcès ou du sérum d'une hydropisie , par des efforts considér^ibles , une douleur vive, l'inanition , la présence de vers dans les intestins : elle est souvent le symptôme dWe lésion organique du cœur ou de l'aorte.
^69. Symptôme* U y a dans la syncope diminution
l66 mÉTROSES DES FONCTIONS mJTRITIVES.
OU suspension des battemens du cœur et du pouls , puis de la respiration , des sensations , de l'entendement^ de la voix, de la locomotion et de toutes les autres fonctions j elle est souvent précédée d'un sentiment de malaise dans la région du cœur, d'une petitesse très-grande du pouls, de pâleur de la face, du refroidissement des extrémités, de faiblesses trèsgrandes, de vertiges «t de tintement d'oreilles. Lorscpe le malade revient à lui , il se plaint d'un sentiment d'anxiété considérable dans la région du cœur, et éprouve quelquefois des vomissemens , et même des convulsions.
§ nu Traitement des Nésnroses de la circulation.
2JO. Dans les névroses de ce genre, on doit , durant \es intermissions , chercher à éloigner les causes et changer la mobiUté nerveuse. Durant les accès , il faut diminuer ce que les symptômes ont de trop intense : de légers sédatifs, mais surtout les moyens hygiéniques, .doivent être mis en usage dans les palpitations ner-ueuses. Quant à la sjncope^ il faut y opposer les mêmes moyens que ceux que j'ai indiqués en traitant de Fasphyxie, exposer le malade au grand air, enlever toutes les ligatin*es, faire des aspersions d'eau froide sur le visage , faire respirer des vapeurs irritantes par le nez , introduire des liqueurs alcooliques dans la bouche , administrer des lavemens îrritans ; et si ces moyens sont sans succès, faire passer de légers chocs électriijues à travers le cœur. Mais que de syncopes qui cèdent à la simple exposition au contact de l'air !
NEVROSES BE LA cimÉRATION. ^67