‹ Nosographie philosophique, ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 4)Chapitre 33 sur 67 · KEYROSES DE LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

KEYROSES DE LA RESPIRATION

244- 4*'* Aspl^xie^ par le méphitisme des fosses d'aisance. Les idées inexactes que , s'était formé^ss Janln ^ il y a quelques années , sur le méphitisme des fosses, d'aisance , et l'insufEsance de sa méthode > eurent du moins l'avantage de fixer l'attemion publique sur le même objet , et d'engs^er les médeciùs chimistes à l'examiner de nouveau. On ne pouvait y parvenir avec succès qu'en entrant dans le détail des expériences qu'on avait faites , en cherchant à s'instruire des faits connus, des seuls ouvriers ^ et en les ramenant à des principes raisonnes ^ toujours avec cette sage réserve qui ne se dissimule point les difficultés , et qui indique encore de loin le but qu'on doit atteindre : telle fut la tâche que remplit M. Halle en 1785 (i). L'auteur rend d'abord compte des mal* heureux évènemens arrivés lors de la dernière expérience de Janin. De cinq hommes descendus dans la fosse , le premier fut afiècté irès^légèrement.; le second tomba subitement , et mourut plonge dans la vase ; le troisième fut complètement asphyxié ; le quatrième perdit subitement connaissance , mais ne tomba point en asphyxie ; lea autres personnes présentes à l'expérience furent plus ou moins affectées.

2^5. L'auteur , dans la seconde partie de soa ouvrage , a soin de fixer le sens précis du mot mépfd^ tismç : il remarque que ses effets portent toujours le caractère ou du spasme ou de la sti^peur , et (^l'ils ne se bornent point à la simple suppression de la respiration. Pour éviter d'ailleurs toute idée confuse >

(i) Recherches sur la nature et les effets des fosses d'ai^ >'anc^^ e/^. Paris, 1785.

^48 NÉVROSES DES FONCTIONS NirTRITIVEÇ.

iï rappelle les divers gaz connus que les chimîsteft ont trouvés dans les matières fécales ,'et il passe aux espèces particulières de méphîtîsmé qui sont Fobjet de ses recherches : Tune est celle qu'on connaît dans les fosses d^aisance sous le nom de plomb ^ et Fautre sous celui de mitte. — Le plomb a des caractères qui lui sont particuliei^ : c'est une vapeur qui n'existe pas avant le travail ," du mbîns elle ne se manifeste que lorsqu'une partie de la vidange est opérée ; elle se dissipe d'elle-même quand on laisse les matières ^ tranquilles ; elle né s'enflamme point , et n'éteint point ordinairement la lumière : outre cela , lé plomb est comme contagieux , et se propage d'un individu à l'autre ; on peut même douter si c'est un gaz particulier , puisqu'on ne peut le soumetti-e à aucune épreuve^ chimique , et qu'on ne le connaît que par ses effets sur l'économie animale. Ces effets offrent plusieurs Variétés : dans quelques individus ^ -c'est une affection comateuse , dans d'autres, c'est un délire gai ; quelquefois il ne survient que des mouvémens cbnvulsifs ; certaines personnes éprouvent une suffocation subite et une douleur dans l'estomac et les ' articulationsr; enfin , il y a des cas où l'on observe des alternatives d'élévation et d'affai3sement de l'estomac et du ventre. — Là rhiUe est une autre espèce dé vapeur dont l'effet âcré et piquant se porte sur les yeux , les enflamme , et prive quelquefois de la vue ceux qui en sont attaqués. Le fourneau qu'on place au fond de la fosse , et qui est très-utile contre le plomb , devient au contraire nuisible quand c'est k- mitte qui y règne. Les effets augmentent aussi par la projection de la chaux. . La mitte se distingue en humide ou cou^

NEVROSES DE LA RESPIRATION. 2^g

Ituite, et en grasse ou sèche ^ suivant que le gonflement ou la rougeur des yeux est accompagné ou non d'écoulement. M. Halle insiste sur l'attention qu'on doit avoir de jeter , avant le travail , une botte de paille enflammée dans la fosse , et de se procurer les avahtages réunis du cabinet du ventilateur, de la chaux en poudre ou du lait de chaux , des fourneaux établis tant dans la fosse que sur les lunettes de conduite , pour tenir du vinaigre eh évaporation. Il finit par indiquer avec candeur tout ce qui reste à faire , et il propose divers problèmes dont on est peut-être encore loin d'obtenir la solution,

246/ Depuis cette époque, de nouvelles recherches ont été entreprises par MM. Dupuytren etThenard : îl en résulte que l'asphyxie des fosses d'aisance est ^udquéfois due à un gaz azote presque pur , et d'autres fois à l'hydro-sulfure d'ammoniaque ou à l'hydrogène sulfuré. L'asphyxie déterminée par le -premier n'est pas accompagnée des convulsions qu'on observe dans celle que provoque l'hydro - sulfure d'ammoniaque.

247. 5®. jésphjrxie des nouveau^nés. L'asphyxie des nouveau-nés est souvent le résultat d'un accouchement laborieux ou d'une surabondance de mucosités dans l'arrière-bouche ou les bronches j tout annonce une sorte d'inertie dans les premiers mobiles de la vie : membres sans mouvemens , suspension de la respiration, faiblesse ou nullité des batteniens du coeur et des artères.

248» Un des auteurs à qui l'on doit les notions les pliisf exactes sur Tasphyxie des nouve'au-ries , est' lé dôdeùr Froi iep ( de Methodo neoriatis asph/ctiti^

35o NÉVROSES DES FONCTIONS NUTRITIVES.

suceur rendij, Dissertatio. Jendd , i8gi). Il rapproche avec sagacité toutes les circonstances propres à concourir à cette sorte d'asphyxie , et il en conclut avec raison que les nouveau-nés avec asphyxie sont dans un état manifeste d'asthénie ou de débilité , mais qu'il règne en eux uixe grande excitabilité , en sorte que le plus léger irritant peut produire les eflfets les plus marqués. Le nouveau-né passe de la liqueur de i'amnios , qui est à la température de trente ou trente-un degrés au thermomètre de Réaumur , à une chaleur bien inférieure de l'atmosphère , ce qui doit produire en lui une sensation désagréable et contraire aux fonctions de la vie ; d'ailleurs , la circulation du sang qui s'opère entre la mère et le Caetus , ^a naoy^a du cordon ombilical , venant à cesser , et les orgai^es de? la respiratiou n'étant point encore ass^z actifs , 1^ principe de la vie manque du degré d'exci^tioft nécessaire.

§ II. Description générale des Né\>roses de la Respiration.

Asthme conpidsif.

^49^ Prédispositions et causés occasionneUes. Tels sont le dérangement du flux menstruel ou hémorrhoïdal , la suppression d'une ^aigliée habituelle , l'hypochondrie , la suppression d'une affection cutanée ^ de la goutte , des alimens pris après un emportement de colère , l'impression d'un air froid.

25o .. Sjmptômes. Ses accès ont lieu le pi» souvent ajLix approches de ïa nuit; son invasion subite est çwrr^ qiiçe par un resserrement spasmodique de la poi-

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