III
^74 NETROSES BB LÀ OENERÀTIOir.
mylordAUejr , etc. tom. L Celui qui fait le sujet de cette observation avait acquis ^ dés l'âge de onze ans ^ cet accroissement physique > cette force ^ cette vigueur qui annoncent une puberté prématurée ^ et éprouvait déjà ces désirs tumultueux ^ ce penchant irrésistible qui poussent un sexe vers l'autre. Destiné par ses parens à l'état ecclésiastique , nourri dans les préceptes d'une religion qui commande la chasteté , il eut longtemps à lutter entre la crainte de trahir ses devoirs ^ et le désir de céder au penchant qui l'entn^nait. Parvenu à l'époque où des sermens solennels le condamnaient à une continence perpétuelle ^ il redoi:^>Ia de zèle et d'attention pour écarter de son imagination tous les objets lascifs qui pouvaient y laisser une impression assez vive , et émouVoir les organes de la génération. Cependant }a nuit ^ durant le sommeil ^ la nature re-» prenant ses droits , le délivrait , par de fréquentes poUutions , de l'irritation séminale. Pour obvier à cet inconvénient , il diminue la quantité de sa nourriture, supprime celle qu'il soupçonnait augmenter la sécrétion spermatique , et veille sur ses sensations avec encore plus de soin : ce réginne le réduit à un état de maigreur extrême. Arrivé à sa trente-deuxième année ^ un matin il s'éveille, l'imagination échauffée par des ima» ges voluptueuses , les org^ines de la génération fortement ébranlés. U se lève , et par de puissantes distractions il trompe la nature. Cependant une vivacité, un feu jusqu'alors inccmnu , s'emparent de lui ; ses sens acquièrent une sensibilité, une pénétration étonnantes. L'après-midi , en entrant dans \m salon , il porte ses regards sur deux personnes du sexe , qui font sur lui tme imjpression telle, qu'elles lui paraissent lumineux
se» f et comme si elles étaient ëlectriséès. Frappé d'un Jpareil phénomène ^ et en ignorant la cause ^ il l'attribue au prestige du démon ^ et se relire. Pendant le reste de la journée , ayant rencontré quelques autres femmes , il éprouve la même illusion. Le lendemain , voulant se rendre dans sa maison, il monte en voiture, et croit qu'à chaque instant elle renverse : dans une auberge où on lui sert à manger , le pain , le vin , et tous les objets qu'on lui présente, lui paraissent en désordre. Arrivé dans sa famille , il se trouve d'abord plus tranquille ; mais le lendemain , environ deux heures après le repas , il sent tout-à-coup ses membres s'étendre et se roidir, tout son corps frémir et s'agiter par un mouvement violent et convulsif ; il éprouve à la tète la douleur la^lus vive ; il lui semble que cette partie tournoie et fait une volute ; il se livre à des actions puériles et ridicules. Dans cet état on le saigne, ce qui ne le soulage nullement ; on le plonge dans le bain, soulagement momentané. .Bientôt les symptômes reparaissent avec plus d'intensité; le délire se montre sous les formes les plus bizarres : tantôt il croit que le gouverneur de sa province lui offre toutes les beautés de la cour de Louis XV pour le faire renoncer à la continence ; tantôt il se croit Aleacandre , Achille , Pyrrhus ou Henri IV , et se retraçant le» principales actions de ces grands hommes, il assiège des villes , force des camps , remporte des victoires , et , dans les transports de son humeur guerrière , il brise les colonnes de son lit , enfonce les portes de sa cham* bre. Le bruit que cause ce vacarme attire *ses parens , qui s'emparent de lui et le garottent. Peu d'instans après^ il s'endort la tête pleine des images l^s plus ter-i
^76 NEVttOSES DE LA GÉNÉRATION; **
rîbles ; il croit voir les spectres dçs plus fameux guerriers environnés de vieilles armes rouillées.Cette image 8'imprime si.fortemwt.eii lui , que long-temps après il ne peut fixer une arme ou une pièce de fer sans que $Qn odorat ne soit désagréablement affecté d'une odeur de cuivre ou de rouiUe. Devenu plus tranquille , ses parens le rendent à la liberté ; ce qui lui fait éprouver les jouissantes les plus délicieuses, La nuit ensuite il dort d'un sommeil doux et paisible ; mais aux approches du jour et de son réveil , il a un songe qui donne lieu au troisième et dernier accès. U lui semble voir un roi puissant venir , à la tète d'une armée formidable ^ renouveler la cruelle journée de la Saint-Barthélemi« £n même temps ^ il se croit destiné à s'opposer à sed cruels desseins ; et dans im endroit que lui désigne son imagination ^ une pique s'offre à ses yeux; il doit s'en emparer comme d'une armure qui le rendrait invinci-» ble. Plein de cette idée ^ il sort de la maison ^ entre dans le jardin ^ est sur le point d'en franchir la haie , lorsque ses parens accourent et le ramènent : il ne fait aucune difficulté. Cependant ^ l'imagination toujours pleine du projet de secourir les protestans , il s'occupe à lever des troupes , à les discipliner , à fortifierdes villes f etc. , etc. j il dessine , fait des plans , des campemens ^ et a le coup d'œil si juste ^ que ^ sans autres instrumens que ce qui lui tombe sous la main y il exécute le tout avec une grande précision. Des idées plus agréables viennent ensuite s'emparer de lui* Tout ce que les femmes de tous les pays ont de plus ravissant , tous les appas dont la nature les a ornées , viennent tourà-tour émouvoir ses sens : il croit les soumettre toutes il ses<le8jirs et à son pouvoir. Cependant , il est un ob-
NETIlOSïiS CENITÀLIS DE l'hOMME. H'JJ
jet pour lequel il a une prédilection particulière : ç est une jeune demois^le qu'il a vue quatre jours avant de tomber niàlade. Dans cette singulière maladie ^ tous les organes des sens sont portés à un tel degrf de sensibi- ' lité y qu'ils lui font éprouver les tourmeiis les plus affreux et les plaisirs les plus vift. La lumière affecte certaines fois la rétine avec tant d'éclat et de vivacité, qu'il ne peut en souteiiir la présence ; d'autres fois le» points de vue les plus agréables , les perspectives les plus variées s'offrent à ses yeux, et ravissent son ame. Le son le plus léger , les moindres vibrations de l'air causent , dans l'oreille , une douleur intolérable j ou bien cet organe , mieux disposé , lui procure les sensations les plus délicieuses j il lui semble que l'univers est un orchestre immense , dotit les sons harmonieux jettent son ame dans l'extase la plus complète. Le goût et l'odorat ont aussi leurs vicissitudes de peines et de plaisirs. Le tact lui-même est affecté de ces deux ' extrêmes ; mais il paraît le dernier sur la scène. Un délire aussi complet et tour^à-tour reproduit sous les fonnes les plus variées , finit par une évacuation naturelle que l'auteur rappelle avec les termes les plus emphatiques. A la suite de cette crise , le malade re-' couvre la raison, et bientôt après la santé.
378. Le priapisme (i) , ou l'érection incommode du membre viril sans plaisir et sans délectation amoureuse , est le plus souvent le symptôme d'un calcul dans la vessie , ou d'une maladie vénérienne ; il peut être aussi une affection primitive produite par l'usage
%■■■■■■ ■ I I II II I i
(i) Synonymie. PriapismuSj. Sauvages , Linn^u» , Vogel, Sagar.
ajB NETROSES DE LÀ C^NiSrâTION*
imprudent des cantharides prâees k l'intérieur pouf s'exciter au plaisir de l'amour. Des observations^ malheureusemeRt trop nombreuses, ont appris combien ce pri^isme est souvent fiXnâste. L'aiact et fu— dideux Heniicus-ab-Heers cite l'exemple d'une guérison qutl a opérée dans un cas semblable. Un honune de soixante ans épouse une femme d'un âge moyen , et pour foire voir que , sous un certain rapport , il était encore loin d'être au déclin de l'âge , il sollicite auprès d'un pharmacien un médicament propre à remplir ses vues , et il en obtient un certain sirop dans lequel on avait mêlé de la poudre de cantharides j il en prend une forte dose avant l'heure du coudbier , et il éprouve d'abord une tension très-forte du membre gémtal , ensuite lun prurit très-violent , puis des vertiges , le déUre , et il passe ainsi la nuit dans les tourmens les plus cruels. Le lendemain matin^ hématurie ou pissement de sang , douleurs lancinantes , strangurie. Henricus-^ab-Hers ayant été appelé , pré-» sumey d'après toutes les circonstances, l'usage intérieur que le malade avait jCût des cantharides : il prescrit des clystères répétés, soit avec une décoction de casse , soît avec du lait où on avait fait bouillir du nénuphar ; il fait en même tenïps appliquer des épilhèmes froids sur le membre génital, qui était ardent , et il fait boire eu abondance des énwdsions froides et légèrement calmantes j il joint à cela des bains d'eau tiède, ce qui diminue progressivement les symptômes et lés fait disparaî -re peu à peu. Le^même médecin ajoute encore l'avis sage d'une abstinence , pendant quelque temps , de l'acte vénérien, et d'une attention particulière à éviter toute* irritation sur les parties génitales.
jrEYROSES GEmf ALES BE L HOlOlZ. IIJQ
§ n. Description générale des Névroses génitales de t homme.
Anaphrodisie.
379. Prédispositions et causes occasionnelles. Ce sont des a^ttouchemens trop firéquens du pénis ^ surtout avant la puberté , des excès d'onanisme , une imagination fortement frappée , un amour trop ardent , des hémorrhagies répétées , la paralysie des nmscles is-. chio-cavemeux.
:î8o. Sj'mptômes. Il y a faiblesse extrême ou impossibilité de l'érection du membre génital , sensibilité très-vive , accompagnée le plus souvent d'une émis^on involontaire de sperme au moindre attou- ^ement*
Dyspermatisme.
281. Prédispositions et causes occasionnelles. On. place au nombre de ces causes une tension trop forte du membre génital par excès de vigueur , un âge avancé ^ l'habitude contractée de Fonanisme , un trop grand relâchement dans les organes génitaux de la femme.
283. Symptômes? Emission tardive ou empêchée du sperme dans l'acte vénérien , quoique l'homme jouisse des attributs de la virilité , et qu'il paraisse* remplir les vues de la nature dans l'union des sexes.
Salyriase.
:3tS5. Prédispositions et causes occasionnelles. Tels sont une continence forcée ou l'abus des plaisirs vénériens , une puberté tardive^ le développement précoce
des parues de la génération , le crêtinisme , la malpropreté dans les vétemehs , une affection d^rtreuse déterminée vers Turètre,
284* Symptômes. Penchant irrésistible à répéter fréquemment l'acte vénérien , «t faculté de le soutenir sans épuisement; une odeur forte est- exhalée par la peau ; il y a dispo^tio|i à tomber dans une sorte de démence y ou dans une exaltation qui conduit à la manie ^ si Fimptdsion pour Funion des se^es est contrariée^
Priapismcn
285. Prédispositions et causes occasionnelles^ Lea principales sont Fuspge intérieur des cantharides, nrritatioit produite par un calcul dans la vessie , un© blennorrhagie.
286. Symptômes. Il y a une tension forte et dou-^ loureuse du membre génital , avec un sentiment d ardeur brûlante et sans aucun penchant à l'acte vénérien^
§ nL Tréfitemmi des Névroses génitales de t homme.
287. J'ai déjà indiqué plus haut le moyeu àçxùt IVÇojataîgfle s'était sprvi pour c#mbatti:o une owaph^odisie^ produi^ç p?jr h forQç^dj&rimaginatiow. On tqxïÇQlt y, 4'aiHeurs, que c'ot,plua, p9Xtici^li(èrena,ent 3ur les cau;5es dç ççtte affectipn qjjL il coc^yiei^ de d^iger le traitement: de là la nécessité de la continence, d'un exercice continuel et dés toniques , lorsqlie l'impuis- 9ajx^% esl, l^.iiésult£^t4^al,V>^çb^n;i^ trop iréqu^is ^ çurtoiU ^y^)çrt 1^ pu^rte, Unç ijourrijU^e ^^b^itaïi-^
NÉVROSES GÉNITALES DE l'hOMME. 2l8l
dîde determîxiée par des héoaorrhagies ei^oessîvés , etc. JLe traitement du djspermatisme doit être établi ^r les mêmes bases: tieot-il à un eiicès de vigueur et die tension dans Le membre vîrîl^ on peut y reiaédier k l'aide de bains tièdes ^ par l'usage du camphre à Yux^ térieur , etc. S'agit - il de combattre le satjrriase y c'est encore à la cause de l'aflfectîon, à l'âge , au tempérament et aux forces de l'individu qu'il convient de subordonner les moyens médicamenteux. Les débilitansy tels que la saignée^ les ventouses scarifiées ^ les cataplasmes relâchans et les fomentations de même nature , sont indiqués , si l'individu est jeune , fort , et s'est abstenu depuis long - temps des piaîsirs vé^ nériens. Ou peut y joindre les boissons rafraîchissantes et calmantes ^ le camphre ^ l'éloignement de toua les objets qui peuvent exalter la sensibilité des parties génitales , soit directement ^ soit par l'entremise du cerveau- Les toniques sont employés avec avantage lorsque le satyriase est joint à un état de débilité produit , soit par l'âge , soit par l'abus des plaisirs ^vénériens. Les vésicatoires , conseillés par quelques auteurs , sont dangereux en ce que les cantharides peuvent augmenter l'irritation , et occasionner le priapisme. C'est surtout dans l'hygiène qu'il convient d'emprunter des moyens propres à prévenir la récidive de la maladie. Parmi ces moyens , les plus sûrs sont l'usage modéré des plaisirs de l'amour , et ime .direction habituelle de la pensée sur des objets étrapgers à ce sentiment ; Tétude des sciences , la culture des arts , les travaux du jardinage , l'équitation , la promenade , l'habitation de la campagne. Dans le priapisme occasionné par l'usage interne des cantharides ou de
:282 NÉVROSES DE L^ GÉnÉRATIÔN.'
diurétiques acres , on doit aussitôt suspendre l'emploi de ces substances , faire usage de bains tièdes, et prescrire des boissons et des lavemens mucilagineux;' Cette affection est-elle entretenue par un calcul urixiaire^ on conçoit quels moyens il convient d'employer."