‹ Nosographie philosophique, ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 4)Chapitre 41 sur 67 · HYSTÉRIE · texte numérisé non relu

HYSTÉRIE

j'ai fortement insisté sur la nécessité du mariage vers rapproche de l'hiver; et c'est ainsi qu'une guérisoti solide s'est terminée en remplissant lé vœu de la nature. ' '

295. Hoffehann a tracé l'observation d'une hystérie déterminée par la suppression de la leucorrhée. Une veuve âgée de trente ans , d'un tempérament sanguin , en apparence bien portante , n'avait pas été exempte d'attaques d'hystérie durant ses couches. Elle se livra à la bonne chère après' là mort de son mari , dansa immodérément, s'exj>osa ' au froid en s'asseyàrit Sur l'herbe humide; et , ayant mange trop tle farineux et d^ salade^ elle ne tarda pas à éprouver par intervalles de l'anxiété à l'épigastre , de la difficulté de respirer -et de la constipation : ses menstrues furent' reinplacéefe par une leucorrhée qui ^continuait même dans lés intervalles». A la suite d'un refroidissement considérable, le flux se, supprima ;* alors' apparition d'une tumeur dure à l'atne, de la largeur de quatre doigts et de la longueur de huit, avec douleur' et setititnént de pulsation! C'en même temps perte subite du sentiment et du mouVemehl, gonflement et (iorÔBàKoh vive de la fatcé , enflure des mamelles , sueur colorant lé linge' du' Wuge , |k)ûls pleiii et grand, abdonien . distendu* pai* defs natuosrtés ,'ïrbid de glace aux pieds (^saignée); cessation des Syhiptômés. Plus de' cth»- ' quan te accès semblables orît paru avec plus ou iioiris de violence dans l'espaciè d^uil mois {péditùves tièdeSj la\femehs huileux , niïratë de potasse ^ etc. ; ihjéùtion aromatique dans le ^a^inj ; - écàtiement , par les organes sexiiéls ^ d'iilie grande quantité de mucosité gluante qui soulage beaucoup. Le mariage opère unte ni. 19

2g(> NEVROSES DE LA CEWERÀTIOI^.

guérispQ complète. M, Duvernoy a réuni ^ dans sa Dissertation sur VHjrstérie (Paris, 1801 ) , les opinions et les principales recherches des anciens et des modernes ; il y a joint un certain nombre d'biâtoires particulières d'hystérie simple , et il a développé avec «oin les principes généraux du traitement*

§ II. Description générale de VHystérie.

296. Prédispositions et causes occasionnelles. Tels sont vmç grande sensibilité physique ou morale, labus des plaisirs vçnérien^, d^ émotions vives et fréquentes f de$ conversations et des lectures" voliyptue^s^^ )d privation des plaisirs de Famour après en avoir long-temps joui , 1^ diminution ou la suppression de la menstruation , de la leucorrhée , des lochies, çtc.

297. Sjrmptômes. Les aceès hystériques peuvent attaquer subitement , pu être annoncés par des baillemens^ di^s. vertiges ,t à<çs pleurs sans cause ou des éclats d^ rire involontaires, l'urine limpide , la rou^ geur et U pâleur alteraatites de la Êtce. Us varient aussi biçancoup pour le nqimhre et l'intensité de leurs symptômes; mais, en généipal^ ceux qiji'on observe peuvent, au naiKeu de Wrs formes Variées, être rappqjctés à quelqu'un des degrés suivans ; ce qui est une dis^nction très-propre à éclairer leur traitement. Premier degré. Sentiment d'une boule qui semble partir de la motrice et faire refouler vers l'estomac unç chaleur pins pu, moins vive , ou un froid glacial, en se portant ensuite au cou , et en gênant plus ou moins la respiration ; dépression et tension de l'abdo-

HYSTiEïllï. 2gt'

ttten; quelquefois aussi gonfle0ietrt comniedaùs làpoî-' trine, et refroidissement des extrémités ; le plussôùvèni ' rougeur du visage , et quelquefois pâleur. Deuxième degré. Dansles attaques d'feystërie plus inteusfcs, gonflement de la poitrine , du eou et de la face , geûç dé la respiration portée jusqu'à là sifffocâtioîi , refroidissement extrême des pieds, pouls presque msénr' sible, sentiment plus ou m'oins obtus, et queiquefbîaf perte de connàksancè, mouveniéns convulsifs des membres, du ti^neet de la tête.' Troisième degré* Dans les attaquées portées au plus haut degré , suspensiori presque dbsoiue de là circulation et dé la rèspîlation; la ^aleui^ dnimale paraît presque enlièremeht éteinte; pâleop^ insensibilité, ihimobilité, mbt;t apparente >> et quelquefois réelle , mais dans dt$ cas tre«fares : ees^ atiaqn«^ tre^vioîëntès peuVeiat durer deux et meÊtie trois jourà , et dobtiér Keu à'dés méjprises funestes par une inh^iiatioh tk>p précipitée.

2g8. L'hystérie yfivtt être cômpïîqliéè avec l'hypo-' cbondrié, la mélancoKe et méidie l'épîlepsîéi et il Skut conl^^ qittf si , dans dertaîns cas , on peut feire une appficiftiôtt heufètÉse de Fanalysé pour démêïêr les ^ymptèÉBe^ qui àpparlicfnnént a chacune de ces afieetions réuuiesf , il y en a aussi Beaucoup d'autres^ où l'analyse est en défaut , à cause des vanéiés et de» divc^ degrés dlntensîté dont chacune de ces névroses tst suseeptiblè;

§ m. Traitement de i Hystérie.

399^ Le «^e primitif de Thystérie , eomme Hiidîqne s(xinom^ parait être la matrice : très -souvent aussi une continence austère é&t une des s^ causes d^

a\)2 . NEVROSES DE I,A 6ENEIUT20N.

terminantes; ce qui a donné lieu à un moyen connu de toutes lès matrones, et qu'Ambroise Vavé décrit avec sa naïveté ordinaire , eh indiquant ensuite l'usage des frictions^ de l'application des ventouses^ des fumigations , des injections dans les parties de la génération : SUssi faut -il en reyeuirle plus souvent^au précepte d'Hîppocrate^ qui reconunande le mariage aux filles vierges attaquées ^l'hystérie. Actifs insiste beaucoup sur les principes de l'hygiène, et conseille de seconder Teffet des médicamens qu'on prescrit par 'la ^ularité dans la manière de vivre, Jes promenades du matin y l'exercice en voiture , à.clieval,*la navigation , les lec-.

' tures à hautes voix, les frictions, etc. Mais les^^ règle» du traitement deviennent vaguas $ans Udislinctiosa des divers degrés des attaques 4'hystérie ;, efcee serait - il pas superflu ou même nuisible d'en^ployier des m^yen* actifs dans le premier on le de^ixième degré , puisque les attaques se terminent .presque tto^ujows. spontanément,, et qu'elles, sont de peu d^durée, .ou que du moijns , si le& symptômes spast^K>di.<|i;^s SjOtn^ très-vior

• lèns,, comme un resserrement extrême 3u .gosier et:un sentiment de strangulation , il ^u^jSt souvent d'un <3lys*^ térè avec YassaJ'œtida , ou d'une' ioin^t^tdw faite avec le vinaigre sur la régioij épigas^iqué pour faim, cesser les accidens? Ces dernierf> sjont constamment exaspérés par les moyens dpnt on; a*coutiime de se /servir pour faire cesser les syncopes , tels que l'acide s^tique concentré ( vinaigre radical ) , , l'ammoniaque , etc. Mais dans le troisième degré, c'est - à - dire lorsque toutes les fonctions djq;laivie«pnt suspendues et qu'il y a du danger,, ^n doit recourir aux irritans externes les plus énergiques» j , *

HYSTERÏX/ '^ 293

5oo. Pour prévenir le retour des accès , il faut chercher à éloigner les causes de cette afiection. L'hystérie est-elle due à la suppression des menstrues, on emploiera les moyens propres à les faire reparaître ; «urvient-elle aussitôt après la suppression d'une leucorrhée, on fera usage des moyens adaptés à cette dernière, et on y Joindra un régime fortifiant, une vie active, un exutoire , et l'exercice au milieu d'une atmosphère sèche et chaude. Il convient aussi de remédier à l'état de mobilité qui favorise le retour de cette affection. Le tempérament :de la malade doit surtout être pris en considération, car, il doit faire modifier les43ioyens préservatifs. Le mariage est un des moyens les plus efficaces toutes les fois 'que l'hystérie survient chez de jeunes filles d'un tempérament ardent , et qu'il n'y a pas d'autre cause bien sensible qui ait pu l'occasionner. Je dois d'ailleurs m'abstenir ici des considérations relatives à l'âge, à la colistitution originaire ou modifiée par la manière de vivre , etc. , qui sont proprement du ressort de la tliérapeutique spéciale.

' ' ■' ■ ' . ■ ' ■ ■■ ■ in

CLASSE CINQUIÈME

ou changemehs dans le tissu intime et la structure des parties^

Soi • On ne petit méconnaître un passage naturel oa plutôt une sorte de dépendance entre les Classes précédentes et les considérations relatives aux maladies qui cQUS^tent dans un dérangement de la structure organique des yiscères ou de certaines parties. Les pÛegmasies ne parai$sent changer le tissu que d'une manière passagère , et il nVn reste souvent aucune trace après une termiifiâson Êivorable de la maladie ; mais dans d'autres cas de phlegmasie ^ la structure intérieure est entièrement changée \ ou plutôt il en résulte de nouvelles affections qui sont un effet de Fétat inflammatoire , et dont le caractère doit être considéré dans cet ouvrage. Il en est de même des affections ner« veuses : pendant qu'elles conservent encore lem» nature et qu'elles n^ont point dégénéré en altération du tissu intime des parties ^ eUes fi^rment une Classe particulière de maladies dont l'histoire a déjà été exposie ; mais si ces affections nerveuses cessent de conserver leur caractère simple y et que les parties qui en ont été long-temps affectées reçoivent une atteinte profonde et un dérangement notable dans leur organisation intérieure ^ il peut en résulter de nouvelles lésions de

LESIONS ORCANIQVES. 2^5

Structure qui doivent être maintenant considérées , soit relativement aux changemeAs des solides , Soit par rapport à de nouveaul fluides <jul pfeuveiït surabonder et s'épancher dans des cavités particulières. On doit admettre aussi ceiftaines altérations de structure qui sont indépendante^ des deux sources qui tiennent d'être indiquées.

5o2. Maïs parmi les affections qui portent atteinte à la structure intime des parties ou la dénaftùreht entièrement , certaines se rapportent pfus particulièrement à la Nosographie chirurgicale , leur thérapeutique exigeant quelque opératioïi itianueiïé ou: quelque application dirigée avec dextérité k Fettérîeùr , et adaptée à la nature de Ist maladie. On doit mettre de ce nombre les plaies , les ulcères , différentes maladies des voies urinaires ou de la génération , plusieurs affections internes et externes des organes des ^itls^ les fractures^ etô. (i): ce qui renfermé dans des limite^ bien plus cirebnscrites les considération^ de cette classe qui doivent entrer dans Ta nosographie interné.

3o5. Les lésions de structure organique se divisent naturellement en deux grandes sections : l'une comprend les altérations qui peuvent s'éteûdre indistincte- , ment à presque toutes les parties , et entraîner avec elles des dérangemens trèsnaotables dans cefles même qui sont d'une nature très - différente, sçit pour leur ûssn, soit pour les patres qui éntreût dans leur composition : oiï doit mettre de ce nombre le scorbut , la gangrène, le cancer, la phthisie , et même la maladie

(i) Je p^nvoie pour ces objeU à la J^osographi^ clùrurgicalt du professeur Aicherui^dr

2q6 LESIONS ORGANIQUES.

vénérienne. L'autre section comprend plus particulier rement les maladies qui consistent dans une altération d'un certain ordre de parties ou d'un certain système , comiue celles du cœur , du système vasculaire san- • guin , du système lymphatique , du système osseux ^ du tissu cutané ou cellulaire , du parenchyme de certains viscères en particuUer, comme du poumon , du foie, de la ratû, de la matrice; enfin celles qui sont propres à chacun des systèmes musculaire , séreux ou muqueux, et qui y produisent des affections particulières par les dérangeinens de leur structure.

5o4. Ce serait une omission très-grave que de ne point faire connaître ici les progrès bien marqués qu'a faits .dans ces derniers temps cette partie de la médecine interne qui sje rapporte aux lésions organiques , et combien sa marche a acquis plus de précision et d'exactitude par l'étude de l'anatomie pathologique ^ en faisant naître en même temps l'espoir de parvenir dans la suite à ime doctrine plus complète. On connaît lu compilation savante de Bonet qui a été publiée en 1 700 avec les notes de Manget : Sepulchretum sive jinatomia practica, etc. , 5 vol. in-fol. L'ouvrage de Morgagui (de Causis et Sedibus Morhorum^ etc. ) forme aussi un recueil de faits les plus précieux. On connaît , sur les mêmes objets, les ouvrages de Sandifort, de Baillie , de Conradi, etc. On sait encore combien M. Portai a cultivé avec succès cette même branche de în pathologie (Cours d'anatomie médicale ^ ou Elémens de Vanatomie de t homme , etc. , 5 vol. in- 8^. Paris, 1804)- Desault n'a pas moins dirigé ses vues sur cette partie de la science qui appartient également à la médecine interne et à la chirurgie, soit dans

son Journal de Chirurgie , soit dans la collection de ses OEuvreSy publiées par Bichat en 1798. On connaît aussi les progrès solides que Bichaf lui-même a fait faire à Fanatomie pathologique; dans son important ouvrage sur YAnatomie générale (i). Enfin cette source si féconde de recherches utiles et variées a ^onné lieu à de nouveaux développemens et à une suite de faits curieux publiés dans l'ouvrage de M. Pelletan {Clinique chirurgicale ^ on Mémoires et Observations 4e chirurgie clinique. Paris, 1810, 3 vol. in -8°), .3o5. Il était natUr^ de tracer une sorte d'esquisse ou de rapprochement général de tant dé résultats heureux d'observations éparses' dans divers auteurs , et de fixer avec précision si, dans l'état actuel de nos connaissances , on pouvait tenter un traité général d'anatomie pathologique, ou si, en attendant ce terme plus ou^ moins éloigné , ou pouvait saisir quelques aperçus généraux dans le vaste ensemble qui manque encore à la * science médicale. Pour remplir cet objet , .il fallait s'être beaucoup exercé dans les hôpitaux à ce genre de recherches , et réunir à un jugement saiij des connaissances solides et étendues dans la médecine pratique. MM. Bayle et Laennec ont donné des vues particulières sur le mode d'exécution d'un pareil ouvrage , dans le Dictionnaire des Sciences médicales. On ne peut* qu'attendre avec impatience la publication des travaux du même genre, préparés depuis long-temps par MM. Chaussier , Dupuytren , Richerand et d'autres professeurs de la Faculté de Médecine; ^

* (l) Anatomie générale , par Xav. Biohat, îHOHvelle édition ,

avec dee notes par MM. Pinel, Béclard et Laennec. (Sous presse.)

5o6. LTiospice de la Salpetrière ofifre un champ vaste à ranatomie pathologique : près de cinq mille femmes y sont réubies^ la plupart arrivées à cet âge où les altérations chroniques finissent par détruire les organes et Téconomie ; elles n'ont plus guère, dans la position où elles se trouvent , de raisons pour dissimuler les causes et le développement de leurs infirmité ; il est donc facile de recueillir l'histoire exacte et complète d'un grand nombre d'affiliations organiques que l'on observe dans l'intérieur de la maison où Fou ne ne perd pas de vue les malades, «t àU'infîrmerie même où elles se rident quand leurs maux s'aggravent. Des circonstances ausà favorables ont depuis long-temps été mises à profit par un grand nombre d'ouvertures de cadavres. M. Landré - Beauvais continue ses recherches sur l'épilepsie ; M. Esquirol poursuit les siennes sur les maniaques, et met à l'épreuve de Fobservation les théories modernes, en réunissant xm> grand nombre de crânes et de plâtres exactement modelés y et en notant avec le plus grsoid soin Fétat du cerveau chez les aliénées qui succombent à des mala-r <ties aiguës, à la manie elleH[néme 6u ^ ses suites. Cest d'après ces travaux constans et suivis avec la {dus scrupuleuse exactitude qu'on peut modifier plusieurs points de la doctrine àes affections organique ; un grand nombre défaits prouvent, i^. que beaucoup de n^aladies nerveuses n'ont pas «aujours | dans les tissus , les causes matérielles qu'on -s'est plu à leur assigner ; 3**. que, chez les vieiHawfar, ïes^ signes donnés pour ree^Miaitre certaines affections organiques sont souvent iUusmres , puisqu'ils existent ss(ps ces affiecdons, et que ceBes-ci peuvent exister sans cnx ; 5"*. qu'il est, dans

LESIONS ORGANIQUES GENERALES. :29^

certains cas , très - difficile de distinguer le moment d'origine d'un grand nombre d'altérations organiques, et difficile encore de distinguer ces altérations de celles qui s'en rapprochent ; 4^, mais aussi Texperience ré-* pétée prouve de plus en plus la valeur et l'utilité de certains symptômes , ou plutôt de l'ensemble d'un cer^ tain nombre de caractères extérieurs, par les rapports constans qu'ils ont avec les dégénérescences d'organes profondément situés ; 5^. l'expérience enfin démontre souvent la nullité de tant de moyens dont la vertu hé-^ roïque, à fbrce d'avoir été vant^, ne semblait plus douteuse.

Page 1