Deuxième période , ou phthisie déclarée
Toux particulière et très-différente de celle des aflFections catarrhales , moindre le jour , sujette à des retours irréguliers et très-incommodes ; la nuit , titillation au larynx , veilles opiniâtres qui ne foni qu'augmenter le mouvement fébrile , respiration gênée au moindre mouvement , changement de la voix , qui devient rauque, grêle, ou beaucoup moins sonore ; soif, inappétence, douleur gravative de l'estomac après Iç repas, quelquefois même vomissement ; c'està-dire que la toux s'exaspère ajtrès qu'on a pris des
alimens,au point de faire rejeter ces derniers
C'est celte disposition à vomir jointe à la soif qui ^ suivant Morton , est le signe le plus ceruin d'une phthisie
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déclarée L'expectoration présente des variétés :
quelquefois elle est épaisse et blanche , d'autres foi» transparente , d'une couleur cendrée ou verdâtre , d'une odeur fétide , d'un goût salé ou doux , etc.». Une petite fièvre paratt le soir , avec ou sans frisonnement y avec une chaleur aiguë et la rougeur des joues , qui augmentent graduellement parexacerbations irrégulières (Sydenham a cependant rapporté une espèce de phthisie où cette sorte de fièvre hectique n'avait point lieu ) , dépérissement , marasme , etc.
564. Troisième période. La fièvre hectique devient continue , avec un pouls petit , dur et fréquent , avec le sentiment d'une chaleur acre et mordicante au doigt de celui qui le touche. Durant l'çxacerbation fébrile , la toux , la difficulté de la resjûjTatibn et l'oppression de la poitrine sont au plus haut^Pimt j mais lorsqu'elle cesse, soit durant la nùit^'sc^JWmatin, le malade dort d'un sommeil tranquille / il reprend des forces et un espoir nouveau de guérison ; et il retombe dans son abattement lorsque la fièvre se rallume. 11 survient des sueurs colKquatives ^ soit la nuit , soit le matin , lors de la rémission de la fièvre; il pourrait en résulter un hydrothorax , une ascite, une diarrhée, ou même dea affections dysentériques, accompagnées des spasmes les plus cruels ; quelquefois aussi, sans le provoquer, le dévoiement le. plus rebelle s.'établit. Expectoration purulente, et ardeur brûlante vers les amygdales et le^ organes de la déglutition , fétidité de FhaleinQ , marasme extrême , débilité , œdématie des- extrémités , face hippocratique, et la mort.... Il est facile de cou— naître les détails des divers phénomènes que peut offrir l'ouverture des corps ;*on les trouve dans les ou-^
^HTKISIE TUBERCULEUSE. 565
Yragesde Bonet (Sepulchretum )^ de Bennet ( Thea^ trum tabidorum ) ^ de Morton ( Phthisiologia ) ^ de Morgagni (Epist. XXI), de M. Portai ( Ofoerp^tions sur la Phthisie), et dans l'ouvrage de Bayle (^Recherches sur la Phtkisie pulmonaire).
S III. Traitement de la Phthisie tuberculeuse.
365. Rien ne paraît plus facile, dans le langage des écoles , que de guérir la phthisie tuberculeuse. « C'est 1) d'abord une vomique qui a lieu dans les poumons , I» et dont il faut favoriser la maturation et la rupture » par dés expectorans , la diète lactée , l'équitation , » l'inspiration de vapeurs acides ; et aussitôt qu'elle » est rompue , prémunir le sang contre l'infection w purulente, déterger et consolider l'ulcère, rétablir
tt les forces par des alimens convenables » Ne
paraît-il point, d'après ces explications scientifiques , qu'on voit à découvert le caractère de cette maladie , et qu'on a acquis autant de lumières pour en développer le mécanisme, que d'habileté pour en suspendre le cours et en opérer la guérison ? Les faits observés chaque jour détruisent malheureusement trop souvent cet espoir frivole, et les progrès heureux que iait la patliologie interne nous donnent une idée bien différente de cette maladie.
366. Le résultat des recherches pathologiques ne doit-il pas être* de nous rendre beaucoup plus réservés et moins confians dans ces prétendus balsamiques et détersifs de l'ulcère des poumons , dans l'usage de la térébenthine, du baume de la Mecque , de Copahu, du Pérou, etc. ? Et que doit-on attendre de leurs ver-
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tus pour empêcher les progrès successifs et le développement des tubercules? Que peuvent produire encore, dans le premier degré, les sudorifiques si vantés , la décoction de gaïac , de sassafras , etc. , dans la vue illusoire de prémunir le sang contre Yin--
Jection purulente? Et, quoique Iç quinquina ait été employé quelquefois avec succès , combien il est difficile d'en déterminer avec précision l'usage , puisqu'on
, s'est proposé seulement par ce médicament de combattre une prétendue tendance à la putridité qui n'existe nullement ! Il semble que les résultats de l'observation et de l'expérience , qui sont si propres à nous désabuser sur les succès de ces médicamens , nous ramènent dirjectement au principe fondanaental de toute méthode de traitement , qui consiste ï seconder Ik nature et à lui fournir tous les moyens de développer ses efforts salutaires par un régime doux et les autres sages préceptes de l'hygiène. Lorsqu'en efifet le mal n'est pas au-dessus de toutes ses ressources , et que la lésion du poumon peut être corrigée , on sait quels heureux effets ont produits l'usage des fruits doux et sucrés, comme des fraises, des cerises, des oranges, du raisin , etc. , ainsi que celui du laitage et des aË^ mens sucrés, surtout en secondant, ce régime par l'exercice de l'équitation , le s^'our à la campagne , et tous les objets d'une diversion agréable; Mais il faut convenir aussi qu'on doit être loin d'adopter une méthode gétkérale et unifonxie dans le traitement de la phthisie tuberculeuse aux deux premières périodes , suivant les distinctions que j'ai établies. Le pbthisique est-il doué d'une constitution irritable et spasmodique, il iaitf habiter des vallées, des lieux bas et