DES NEVROSK^ EK GENERAL
dans le système nerveux cérâbral ou dans celui des ganglions. Leurs causes excitanteset manifestes tiennent à toute sorte d^écarts de régime, ou à des affection» morales portées à un degré extrême , quelquefois à l'impression délétère de différentes substances sjir l'économie animale. Elles forment par conséquent une <jjes parties les plus curieuses et les plus importantes à connaître de l'histoire philosophique de l'homme , et leur doctrine est liée avec la physiologie, l'hygiène et l'histoife de l'entendement humain i Combien les prin-^ cipesde leur traitement sont frivoles s'ils ne portent que sût la pharmacie ! Aussi Schvfilgué {JPrcUté de Matière médicale ) a-t-il traité également des moyens physiques , pharmaceutiques et moraux propres à agir sur le système nerveux.
8. La distribution (}es. msdadies nerveuses. semble s'éloigner de la méthode suivie dans la classification du plus grand nombre des maladies, surtout dans cdUes des phlegmasies et des hémorrhagies; ces.der^ nières ant été rapprochées entre elles autant par la » conformité de structure anatomique que par l'analo-* gie de fonctions qu'on observe daiis les parties qu'elles affectent; car les lésions de ces mêmes fcmctions devaient en effet avoir une grande ressemblance. Dans les" névroses , on pourrait grouper ensemble des objets très-disparates , comme les lésions de l'organe de l'ouïe et de la vue, les névroses des fonctions cérébrales et celles de la locomotion et de la voix ; enfin les né^ vroses des fonctions nutritives , celles de la respiration, etc. Mais quelques dissemblances qu'offrent ces -<liverses fonctions, et par conséquent leurs lésions, elles semblent former une classe dont les attributs
KXVROSK8 DES SErCS. 9
portent plus directement sur le système nerveux, qui a pour origine connue l'organe encëphafi({ue , et qui se distribue dans toutes les parties du corps pour y transmettre le sentiment et le mouvement ,,etj mettre en jeu les fonctions organiques. Tel e^t le caractère commun de ces divers phénomènes , quelques diffé^ rences qu'on observe d'ailleurs dans leurs résultats , et quelques variétés qu'ils puissent offrir dalis leur comparaison et leurs rappro^J^mens réciproques.
ORDRE premier:
N ÈritOS ES DBS ssrfs.
9. jLes sens eltemes, quelle que soit d'ailleurs la di(^ férence de leur structure , de leurs fonctions et dés sensations qu'ils font éprouver^ n'en ^t pas moins entre eux des points de rapprochement très-marque par leur destination générale et commune^ qui'Con^ sisteà nous faire coniiaître, par des impressions particulières, l'existence et l.es qualités distinctives des objets extérieurs, l^es fonctions que remplissent les.or^ ganes des sens dans l'état de santé, 01. qui sont exposées dans les trsûtés 4e physiolojgie > peuvent donc éprouver des changenieiis sans $ucime lésion ou modt^ ficationde structure, et fournir à la iiosographie cei>tains ordres particuliers de phénomènes, dont les uns ^sont secondaires et tiennent .à unev autre malmliey et lesautressont primitifs, et peuventdépéndrë dequelque cause physique ou morale qjui a porté spn impression mr l'origine commune des nerfs ou sttr le trajet par-;-
iO WEVRaSES ©ES SENS.
ticulier du nerf qm va se distribuer à l'organe. Unç distribution méthodique des maladies ne doit admettre qu^ celles qui 9dnt primitives^ ^ par -conséquent on ne doit guère y faif e «Jitrer les lésions du goût , de l'o-- 4orai ou dû tact ^ qui sont presque toujours symptonuiûques. . • |) , - '. '
a M f ROSE S J) S Z^O U'I E. .
%V\ ChnsidéraiionÉ gérieraks.
TO. Que il'objets de physique sur la propnété des corps sonores, sur )a vibration de Tair, sur la construction des instrumens acoustiques , etc. , sont nécessairement liés>aux considérations de ce genre ! Comment peut-on entendre tout ce qui se rapporte., aux àévcoses de l'ouSte si on n'a uqe idéfe^ êtacté de lâWucture de cet organe , etc. ? L'étiat actuel de nos eon>- -naissances physiologiques sur ce point doit être surtoi;t déterminé pour évitei^ l'explication erronée qxie -Saunages , BufiEbn ; etc. , dcmt^ÉA 'du mécanisme de -Tauïe^ en adm|5(ttànt que le kbyrinthe'est rempli d'air^ que c'est à la lame spirale du limâton qu'il faut rap|^ porter la sensation du son , que cW par diverses virbrations de Ses fibres plus ou moins longues qu'on reçoit la perception deij divers sons^ etc Valsalva et
Vieussens avaient cru l'intérieur du labyrinthe lubrifié -par une humeur volatile. G>tunnî s^Iaplus loin, et, ^^dans une DisS€^rtâtion imprimée à Naples en 176a ^de Aquœducêibus nuris humanœ internée) , il fit vpir que^ dans l'état liaturel, le l*i>yrinthe est i^empli d'un liquide , que c'est aux ondulations de ce liquide qu'on doit 1^ derûière perception des sons, etc. Hal-^
N-EVftOSïS Dï: L ouïe. II
)er , Caldani^ Albinus ^ etc. , ont admis la même vérité ; miais on n'eu trouve nulle part le développement aussi complet que dans une Disseitation publiée parMeckel fils en ijjj'Çde Labjrinthi auris corî-^ tenti$. ). J'ai été témoin moi-même de la plupart des recherches et des observations de cei habile anàtonifete; et je ne puis que rendre justice à l'extrême ehLactitude et à la sagacité av^ lesquelles il a varié ses essais : il a fait voir , par les preuves les plus irréfragables , que le liquide du labyrîoli]^ existe dans l'état naturel ^ et qu'il n^est point le produit d'un épaûchenïent postérieur à l'état de mort.. U expose d'sdtôrd les précautions à prendre pour séparer F'os temfx>râl du crâûe^ et pour pénéjUrer ensuite dans le lal^rint^; il fait voir l'avantage qu'il y a de e(Wip«rer ces parties dans le foetus et dan& l'adulte. U exposa tm os temporal k un froid rigoureux 9 et il trouva ensuite dans lé Ifibyi'inthe une congélation dont la forme correspoaidait à ' celle de ceOe cavité. U confirma cela de nouveau par des exeni{des pris de l'anatomie comparée', d'après dqSi-echerches faites sur dca têtes de veaux y de brebis , dé cochons, decer&/de chats y <Ie jeunes loirs ; preuves indirectes de l'existence du liquide dansi le labyrinthe, en dénaontrânt qu'il n'y a aucune parcefie d'air dans iïelte cavité puisqu'en* tenant plongé sous l'eau la tête d'un jeune chat qu'on venait de faire périr , et en ou-^ vrant l'extrémitédulimaçon, il nes'estélevé aucune parcelle <l'âir à la surface de l'eau. Mais comment accorder J'e^isténce d'un liquide dans le labyrinthe avec celle de ïair atmosphérique tlans la cavité du tympati , si cefe deux cavités avai^it entre eUes une communication par tme prétendue fente de la fenêtre ovale ? L'auteur
18 NEYROSl^ DES SENS;
fait voir que cette prétendue communication est huUe p puisqu'en remplissant le labyrinthe^ de mercure , il n'en passe pas la. moindre parcelle dans la cavité du
tympan Mais quelle est rorigine du liquide du la**
byripthe ? il est probablequ'il exsude des capillaires qui aboutissent à la surface des membranes dont est .tapissé Fintérieur du labyrinthe : ce liquide c^t composé d'albumine très-délayée^ autant qu'on en él pu juger par Faction de l'acide sulfurique.' Une autre partie importante à considérer pour concefvmr' là per* ceptiqn des sons , c'est une duplicature d]u périoste , qui <?st comme flottante dans l'intérieur du v€fstibide> qui divise imparfaitement cette csiVité en; deux , et entre les nerfs. dé; laquelle se tirouvent'âeS'^KpaAsiônè du perf acQubtiqàecc 45'est c©;ifu^ Meckel lipjiëHe sepium vesiièfàU nem^osch-memkf^auacèum'. Comment cpncevoir nlaintènant la perception dies scms transmis jiiar des vibrations de l'air ? Gés vibrations , €GMéti^ tré^S: par l'oreille externe, frappent-elles d'abord Te tympan , dont }és tn^moussemens sont» eommui^iqués à la fenêtre Ov^le par la série des quatre osselets de J'ouïe, ainsi que par l'air conteim, dans ta cavité du tympan/ de là des ondiilauons correspondante^ du ikàde du labyrinthe , et l'impres^on sur rexpàn^ion nen^psof-- membraneuse. Ce sont ces nerfs qui' |)a-xaisswt être les organes immédiats^ de la perception jdes sons; et on ne peut pas plus exf^iquer la diversité de ces mêmes sons , qu'on ne peut rendre raison des «ensàtions diverses dies couleurs produites par dés- im-^ pressions de la luni^re sur la rétine. Je n'ai pas besoin ^e rappeler ici les aqueducs découverts par Cotunni, et destinés à faire communiquer le Uquide du laby-
rcÉTROSES PK L^OUÏE. l3
rinthe avec la cavité du crâne. Si on ajoute aux re-' cherches de Meckel celles qui ont été faited postérieure^' ment par unanatomiste italien (Comparetti) sur la struc--' ture de Torgane dé l'ouïe dans les diverses classes d'animaux (on peut voir l'extrait que j'en ai donné dans k Journal de Physique ^ année 1 788 ) ; si l'on y joint les travaux plus récens du célèbre Scarpa ^ ou aura une idée de la sagacité qu'on a mise à développer la structurtî admirable et les variétés de l'organe des sons, quoiqu'il reste beaucoup à faire pour en connaître le vrai mécanisme* L'ôuïe atteste le degré de perfection et de finesse auquel nos sens peuvent s'élever par une culture assidue : de là les progrès étopnanis de la mu-»
sique chez certains peuples Pythagwe a eu soin*
de rii}cdr|H>rer:> pour ainsi di^, avec la philosophie y et de la fidre servir au maintien de la pureté des moeurs et de la santé. Plaiibn lui<*méme, ^lans sa République ,' met la.plus gracie importance' à la culture de la mu^ lique f et défend toute innovation qui pourrait la faire^ d^nérer ( Dialogue III). Tous les médecins observateurs donnent à la musique un rang distingué dans la classe des remèdes propres à entrer dans le traitement de la plupart des maladies nerveuses (i)«
1 1 • Il y a donc beaucoup de recherches à faire sur les névrpses de l'ouïe, eu comparant l'histoire exacte des symptômes avec les, r^ultats des ouvertures des corps» L'hospice de la Salpétrière présentait plusieurs de ces cas, que V<^ pourrait suivre , surtout dans les pro-
(i) Je renvoie sur cêf objet à une Dissertation très-judicieuse et tréft««savante qui parut à Montpellier en 1758 ( Tentamende w soni et musices in CQrpushumanum, Ant. Eolsert).^
|4 IfEYROSES DES SEK$.
grè$ de l'âge ; et je, me suis proposé de n'omettre au-cune occasion propre à répandre qudque himière sur une partie des plus obscures de Fhistoire de ces mala-^ dies. On est encore tr.ès-peu avancé dans la connaissance des affections.de Touïe qui itfnènent la dureté d'orbe ou la surdité y et on est réduit à des faits épars dans une foule de traités de médecine ou de recueils d'observations. C'est le rapprochement de ces faits qui a donné lieu à l'ouvrage de Venceslas-Tmka. {^Hisioria Cophoseos et Bcayecmœ ^ Vindebonœ ,
1 2. La dfsécée (j), ou difficulté dans la percepdon des »ons> peut dépendre de plusieurs lésions de structure de l'organe de Fouïe; et je me dois parler ici que de ceUe qui vient de l'atonie du tympan : les' causes les plus ordinaires sont un air humide , l'action du vent , un catarrhe^ un écoulement séreux par l'oreille : cette sorte d^dysécéeidiminuelpusqu'un vent du nord règne. . Doit-on regarder comme de cette sorte un exemple que rapporte Sauvages, d'une fille qui avait depuis long-temps une dureté d'oreille , qui était pale, peu réglée et comme hébêtée> qui prît , pendant près de trois mois, 1,'extrait de jusquiame blanche , en commençant d'abord par un tiers de grain, puis en augmentant peu à peu la dose jusqu'à sept grains ? Cette fille entendit très^isdhctement au bout d'un mois et demi '^' elle reprit aussi sa* couleur et son embonpoint.. «.. Sa maladie n'avaitrèlle point été produite par une extrême sensibilité nerveuse , et la jusquiame
(i) Synoi9*tmie. Dijsecœay Sauvaoes, .Vooel, Cullen, ^kf^kv.) Hypocoghosis j^ Hoffmann; Dyreté d'oreille. :
NEVROSES DE l'ÔUÏE. i5
n avait-elle point agi alors comme substance stupéfiante et narcotique ?
i3. La paracousie(i) ou fausse ouïe, qui consiste dans une perception confuse des sons ou une difficulté d'entendre très-distinctement les sons articulés , est relative aux sons extérieurs qui parviennent difficilen^ent au labyrinthe , quoiqu'ils soient prononcés distinctement. Elle peut offrir des variétés dignes de remarque , sans qu'on ail besoin de les exprimer par des nonis particuliers , comme Font fait des auteurs. Une femme , dont il est parlé dans les 'Transactions phihsopkiques , n'entendait point cfe qu'on lui disait , à moins qu'on ne battf f du tamboui* en lui parlant : elle obligeait, sa servante à remplir cette tâche , pour qu'elle pût converâer avec son mari. Un homme , dur d oreille depuis^ sa naissance, était'dansleméme cas; il entendait ceux qui parlaient à voix basse derrière lui lorsqu'on battait du tambour: sans cette précaution , on avait beau crier , il n'entendait ri^i. ^
i4- La surdité (2) peut être absolue , et alors on ne peut point entendre les sons que produisent les hommes les plus forts. Elle est moindre lorsqu'on n'entend que ceux qui parlent à haute voix et de près ; l'une ou l'autre peut se déclarer au septième ou stn quatorzième jour d'une maladie aiguç ,. avoir tous les caractères d'une crise , et annoncer la convalescence par une affection partici;dière et inconnue du "M t'y/i iifi I i. , *i . ; I ,
(i) SrNOjrrMiE. Paracûsis j, iSUcvAéEs , ^<3i/iuîn, JSagar; Fausse ouïe. - . . — — -
(2) SrN<>irrMiE. Çophosic, SàuvaaeS; LtNSJEOè ; Saga)^ ; iSurditas,y.o(i%hyDyscccta,CMhh&!H. .....*..
l6 NiVKOSES DES SJS.NÈ4
nerf acoustique. La surdité peut survenir & la smtèr d'une suppressioil des menstrues , et je puis en citer un exemple. Une jeune fille de vingt-deux ans éprouva , dans un cas semblable , une surdité très-marquée avec une céphalalgie très-intense : on employa tous les remèdes usités , soit pour rétablir les menstrues , soit pour faire cesser la douleur de tête et la surdité : pédiluves ^ bains y potions anti-spasmodiques ^ vésicatoires aux bras , évacuans , et sinapismes à la plante des pieds , etc. , tout avait été inutile. Elle fut conduite à rîft|îrmerie, et je ne balançai point à faire af^liquer aussitôt un séton à la nuque : les effets en. fiil^nt peu marqués pendant trois semaines ou un mois; mais les cbaqgemens progressifs qui s'opérèrent durant le cours du second mois furent des ^u» favorables , et la surdité , ainsi que la céjihalalgie , ont fini par disparaître entièrement.
j5. Le tintomn (i) , ou tintement d'oreille ( tin-^ nitus cacrium), est un son impartun et imaginaire qui ne répond nullement aux vibrations de l'air extérieur, ou plutôt c'est une hallucination à l'égard des sons , dont le principe est dans le nerf acoustique. Celte affection nerveuse a des variétés relatives au son et au ton.
§ II. Description générale des Névroses de Vouïe.
; / , î . . Dysécée. ^
- 16« Prédispositions et causes occasionnelles. Les plus ordinaires sont des étemueneiens fréquens, l'habi-
(i) SrNONTMiE* Srfigmus,Skirvij^És(,8AGkn}SpvigmQs,
rfEVKOSES BE l'ouïe. * I7
tude d'entendre des sons bruyâns, des efforts pour jouer des instnimens à vent , des vomissemens répétés , comme ils le sont à bord d'un vaisseau ; la surcharge dés premières voies , l'état de grossesse , des bains chauds^ les métastases fébriles , la suppression de la salivation ou de quelque hémorrhagie , la réper^ cussion d'une affection cutanée , la goutte anomale.
16. Symptômes* L'audition est faible , tandis que le coup sonore et Tair qui prppage le son doivent exciter ime sensation très-forte.
Paracouste.
17. Prédispositions et causes occasionnelles. Elles »ont en grande partie les mêmes que celles de la dysécée.
i8. Symptômes. Quelquefois on entend confusément les sons aigus et forts , et Ton entend beau^ coup moins ceux qui sont faibles ; d'autres fois l'on ne peut supporter les sons aigus ^ surtout quand ils sont discordans , et ils font éprouver de la douleur. Dans certains cas , une oreille entend le son tel qu'il est ; mais ce son est différemment ^lodilîé dans l'autre | ce qui forme une confusion dans l'ouïe. Enfin, dans d'autres caîs , on n'entend point les sons doux et médiocres^ mais on les entend quand on fait en même temps beaucoup de bruit.
, Tintouin.
19. PrédispositiofîS et causes occasionnelles. Ce sont les mêmes que celles des deux affections précédentes y et en outre un état de débilité provenant de in. â
lA NEVnOSES Btà SENS»
i'inaclion , d'un excès dans les plaisirs de ramotlr , d'une longue maladie ; ou un état de pléthore , la bonne chère , etc;
20, Symptômes. Le son est importun et imaginaire ; il ne répond nullement aux vibrations de Tair extérieur. Quelquefois il imite des éclats redoublés, ou des coups avec une apparence d'explosion , comme t^celle d'une arme à feu, avec dés intervalles plus ou moins longs ; xl'autres fois il est aigu et pareil au son que peut produire une petite cloche ; dans quelques cas , il est grave , analogue au murmure , au bruit d'une roue qui tourne , etc.
Surdité.
21, Les prédispositions et causes occasionnelles jsont, l'absence ou l'atrophie du nerf acoustique , sa compreswon par des tumeurs dans le cerveau , par J'épanchement du sang ou du sérum ; elles peuvent d'ailleurs être les mêmes que celles des affections pré-* cédentes. .
22, Symptômes. H y a abolition entière des fonctions de l'ouïe • et impossibilité d'entendre les sons les plus faibles , comme les plus forts et le plus long^ temps continués.
§ IIL Traitement des Nécroses de l'ouïe»
25. Le traitement des affections de ce genre dSït ^tre établi moins sur les différences dans l'état des symptômes , que sur les causes variées qui les occasionnent ; ce qui peut d'aUleurs s'appliquer à la plupart des névroses. Quand la djséoée est occasionnée pa«>
N£VROS£$ DE l'oUÏE. I9
ratonîe de la meiubraiie du tympan , on introduit des substances excitantes dans le conduit auriculaire, telles que de Falcool aromatisé, d^l'Imile volatile, en même temps qu'on applique des vésicatoires derrière les oreilles. L'électricité et le galvanisme , dirigés avec prudence , ont souvent été d'une grande utilité. On peut diminuer les incommodités attachées à cet état à l'aide de cornets acoustiques. Jl est plus difficile d'établir d'une manière générale les principes du traitement de la paraoousie. La guérison du catarrlie de l'oreille est ordinairement suivie de la cessation de la fausse ouïe lorsque celle-ci est symptomatique. Comme le plus souvent il est très-difficile de déterminer la cause de la surdité , on ne doit pas être étonné si on échoue si fréquemment dans le traitement de cette affection. Quand la cophosie survient après la suppression d'exanthèmes , tels que les dartres, la teigne, etc., il faut chercher à rappeler celles-ci , éjtle3 eaux miné* raies hydro-sulfuréuses ont ici souvent été très-utiles. Quand l'affection est un symptôme d'hypochondrie , il faut combattre celle-ci. Lorsque la surdité est pléthorique , qu'elle a été occasionnée par la suppression du flux menstruel ou hémorrhoïdal , par une vie inactive et les excès de la table , etc. , il est facile de voir quels sont les moyens à employer. Dans le iiiv^ touin , il faut également avoir égard à la cause qui l'entretient. Lorsqu'il provient d'un état de débilité , on doit recourir aiix analeptiques et aux fortifians : mais, en général, que de lacunes à remplir dans cette partie de la thérapeutique I
20 NEVKOSE9 DES SENS.
N ÈF- HOSES DE Z A r U £.
§ P"". Considérations générales.
j4' Le sens de la vue est celui par lequel nous recevons le plus d'impressions , celui par conséquent dont la culture est la plus importante dans l'enfance pqur n'admettre que des idées claires et distinctes. Locke , Buffon , etc. , pensent que c'est au tact à redresser les idées fautives qui nous viennent par l'organe de la vue sur la grandeur , l'éloignement , la figure , etc. , des. objets. Je suis d'avis , avec Condillac (^Essaisur /origine des coniiaissances humaines ) , que l'exercice Éicul de l'œil peut le rendre propre à saisir ces propriétés des corps, suivant que l'habitude apprend à donner plus ou moins de concavité à la cornée , plus ou moins de contraction ou de dilatation à la pupille ; suivant enfin que , par la contraction des muscles , l'humeur aqueuse éprouve des changemens de forn^, et que les impressions sur la rétine sont plus exactes. La théorie de la vue oflfre un des exemples les plus frappans de l'étroite connexion de Fart de guérir avec la physique , puisqu'on ne peut analyser les fonctions de l'œil sans embrasser , pour ainsi dire , toute l'optique. Les découvertes de Nev^^on sur cet objet (i) sont un monument éternel de sagacité et de génie, et peut-être plus étonnantes que ses principes mathématiques de philosophie naturelle. Smith , dans son Traité d'optique , a donné le plus grand développe-
(i) Optic's or a Treatise qf the reflexions , r^ractions ^ in" Jlexions and colours ofLight^ h^ sirjsaac îfev^ton. 1780.
KETROSES DE LA VrE. 31
ment aux découvertes de Newton ^ et en a fait les aj)plications les plus heureuses. Les artistes eux-mêmes ^ seulement livrés à la mécanique de l'optique , ont una foule de connaissances sur le choix des verres relatifs aux différens vices de la vue, sur les différentes sortes soit de vues longues , soit de vues courtes , sur le loucher des enfans , la duplicité de la vue , ou son rétablissement dans quelques personnes avancées en âge , etc. (i). Ce n'est point à moi à indiquer les autres lésions organiques de la vue , et les recherches de plusieurs honunes célèbres , Petit , Lecat , Louis , Daviel , Pouteau , Scarpa , etc. , puiscpie ces (^jets appartiennent à la chirurgie oculaire. Les anciens , par l'imperfection de la physique et de Tanatomie , ont laissé presque tout à faire aux modernes sur les lésions de la vue ; mais on ne peut trop l<mer leur exactitude à observer, dans les maladies , les aflectiohs nerveuses des yeux comme un des fohdemens les plus sûrs- du pronostic : de là les signes tirés de leur éclat , de leur dessèchement, d'une apparence pulvérulente sur la cornée , de la perversion du mouvement dans diSerentes parties des yeux , de leur protubérance hors des orbites ou bien de leur enfoncen^ent ; de la dilatation ou bien de la contraction de la pupille , de Pobscurcissement de la vue , ou de son extrême sen^ilite aux rayons de la lumière.
(i) Traité d'OpUcfue mécanique, dâtis lequel on donne les règles et lés proportions qu'il faut observei; pour (aire toutes sortes de lunettes d'approche^ microscopes simples et composes, el autres, ouvrages qui dépendent de Tartj avec une instruction sur l'usage des lunettes ou conserves pour toute sorl«de vues ^ par Thomin. Paris , 1 74.9 •
2!ï NEVROSES DES SENS.
25. Névroses de l'iris. Des considérations surrinitabilité de l'iris sont importantes, pour la connaissance de l'amaurose ou goutte sereine. La contraction ou dilatation de la pupille a lieu suivait la vivacité plus ou moins grande de la lumière ou l'éloignement de l'objet qu'on fixe : or , le% mouvemens alternatifs se font iiuivant que l'iris , qui forme une sorte d'anneau au^ tour de la prunelle , s'élargit ou se contracte par l'action de la lumière , qui est le stimulant spécifique de Torgane de 1^ vue. TJn irritant quelconque , mécanique, ou chimique, porté sur l'iris, n'y produit aucun jïjouveiflçnt; , ce qui doit la faire exclure du nombre des substances musculaires. D'un. autre côté, les mou-' vepiens alternatifs de, l'iris ^se perdent si on porte at*teinte à la sensibilité de la rétine;,,. ce qui arrive dans la paralysie ou aux apprpches de la i^iort^ U en a été de même à l'égard des, animaux à qui pn avait fait prendre de J' opium à l'intérieur. Les feuilles de belladone (atropa ôelladona, JLi»), appliquées sur, un petit ulcerç chancreux au-dessous de l'orbite , , ont produit le même symptôme, mais d'uipe manière passagère. Si' on ^diu^ttalt dans l'iris des fibres orbiculaires çoncen^r triquejS et d'une, nature musculaire , comme l'ont fait Boerljaave , Ruîscb , etc. , il serait facile d'expliquer les mouvemens alternatifs de l'anneau par l'action de la lumière sur la rétine : ainsi , par exemple , on dirait que , lorscjue la rétine est excitée par une vive lumière , les petits filamens nerveux qui se portent à l'iris y produisent une contraction des fibres orbiculaires , et par conséquent un resserrement de la pupille ; l'absence de la lumière, par un défaut de stimu-lant, devrait produire le relâchement des fibres orbicu-»
NÉVROSES Dl LA VUS. ^5
laires de l'iris , et par conséquent la dilatation. Il est malheureux que cette explication soit entièrement détruite par les faits , et on sait que les anatomistes modernes, depuis Haller, rejettent les fibres orbiculaires» et prétendues musculaires de Firis. C'est donc par le simple jeu des fibres radiées de cet anneau que doivent s'opérçr les alternatives de contraction et de dilatation^ de la pupille ; mais alors ces fibres se contractent eu^ sens inverse des muscles ; car , par l'action de la lumière , ces fibres s'allongent , puisque la pupille ne peut se contracter sans que la largeur de l'anneau de l'iris n'augmente ; par l'absence de la lumière ces fibres se contractent , puisque la pupille ne peut sa dilater sans que l'anneau de l'iris ne diminue de laîr^ geur. Les fibres radiée^ de l'iris observent donc de» lois opposées à celles des muscles en général , et c'est ce qui les ; rend un des objets les plus dâicats et le» plus difficiles; de Isi pbyçîoJogie. On ne peut le concevoir qu'eu admettant dans les fibres radiées, par Faction de la li;miiè,re sur b: rétine , une sorte de turgescence çt d'aUppgement , analogue peut-être à, ce qu'éprouve le membre viril , dans l'homme , par l'action d'un stimulas ^Q;i]pFal ou physique. I
26«: La h^lue (i) simule un objet présent sans qu'on ^t reçu aucune impre^ion d'un corps étranger sur Forgane: cçttq:^rneur peut venir d'un vice ducerv^a^ou dç^ ywxjjla première est accompagnée d'autres symptômes graves ,. eomnae l'assoupissement, le» cQnv^lsioné^ le délire > etc. : alors elle dépend d'une autre maladie , et~on^it la rapporter à la phrénésie ^
(i) Synonymie. SuffiisiQ des Latins, dé Sa9ya6r«s
^4 NÉVROSES DES iENS*
à la manie ou à la mélancolie. Mais si l'erreur optique naît d'un vice des yeux , et surtout de la rétine ou dut nerf optique , elle constitue une espèce particulière de névrose oculaire. Cette illusion peut survenir soit par une légère dilatation de quelques vaisseaux de la létine , qui interceptent alors les rayons de lumière extérieure, soit d'une légère ecchymose ousuffusion de quelques gouttes de sang dans le tissu même de cette expansion nerveuse; mais comme le sang peut être alors facilement résorbé comme dans les autres ecchymoses , de manière qu'une tache noire devient Kvide, ensuite jaunâtre, et que Popacité diminue ainsi par degrés, de même aussi ces mouches imagi- Baires qui affectent la vue deviennent moins opaques de jour en jour, acquièrent de la tr^msparence dans leur milieu , et finissent par disparaître entièrement. Fontenelle dit que le savant Tschimausen avait souvent vu voltiger autour de lui, pendant la nuit, beaucoup d'étincelles très-brillaiites, et qui disparaissaient lorsqu'il voulait les regarder fixement , mais qu*elles duraient presque aussi long-temps que son travail lorsqu'il n'y faisait point attention , et que leur éclat et leur force augmentaient même alors ; enfin il les vit pendant le grand jour sur une muraille blanche ou sur du papier dès qu'il eut acquis une certaine facilité à réfléchir. Ces étincelles, qui n'étaient visibles que pour lui seul , étaient l'effet d'un travail assidu du cabinet et de longues veilles.