LÉSION» ORGANIQUES PARTICULIERES
§11. Description générale de VHjdmcéphcde. Hydrocéphale aiguë.
481. Prédispositions et causes occasionnelles. Elle affecte de préférence les enfans à l'époque de la vie comprise entre les deux dentitions , surtout ceux qui sont doués d'une forte constitution , qui ont le teinit animé , qui sont sujets aux convulsions. Elle attaque souvent plusieurs enfans de la rnem^ famille. Elle est quelquefois la suite de coups donnés sur la tête , de frayeurs subites^ d'accès de colère > de la suppression d'évacuations habituelles ou critiques , tdles que les hémorrhagies nasales , l'humeur fournie par les croûtes laiteuses^ etc. Elle présente quelquefois un caractère épidémique , comme Vieusseux l'a observé à Genève. Elle survient quelquefois à la suite de la scarlatine ^ de la rougeole ; de la variole , de la céphalite y etc.
4^2. Symptômes. — Première période. Céphalalgie avec mouvement de rotation de la tête presque conlijauel^ nausées^ vomissemens, avec constipation ou diarrhée, et alors déjections alvinès vertes et fétides ; fièvre qui parait souyent avec les caractères gastriques , douleurs dan^ les braç , les jambes ou à la nuque ; sommeil inquiet, morosité, agitation, grincement de dents, réveil en sursaut^ ^prurit dans le nez, peu d'appétit , face tantôt pâle et 4ibattue , tantôt momen-*tanément aniipée ; urine déposant un; sédiment muqueux blancbâtrç ^ les yeux égarés, très-sensibles à là Jufniènçr> et aflGectés en même temps de strabisme et de miouvemens convulsifs. ; — Deu.Tiième période^ Pauh^ lent et irrégulier , augmeçt^J-iQuidALbuaL-delête ^.xl^
nausées et des vomissemensj angoisse, inquiëtude cominuelle, sueurs partielles ou générales très-abondantes ; quelcpiefois aussi prurit dans certaines parties du corps , au front, aux pieds, etc. ; strabisme , niouvemens convuisifs et irréguliérs des yeux, regard fixe ou égaré , pupilfe immobile à la tomière , mais sç contractant ; et se dilatant alternativement d'une manière spontanée; assoupissement duquel lé malade peut être facilement retiré > mais pour y retomber aussitôt; daUleurs sommeil léger, gémissemens, augmentation du grincemew. de^dçhts , 'de Jà <iéimngeaisoi^du nez , de la pâleur et de la rougeur alternatives du visage ; légères conxulsions de différtrites "parties du dsrps' ■^ jyoisièmp péfhdei fonh fréqûtent et faible; du r^te augmèi5itatidiii,deit0U8ks«ûtrés syïnptômes. À^^ souvent paraly»ie«d?u»e moitié du corps et conVùJsiôM <lù côté opposé V î»lpit«tïoins, Respiration convçdsivè ,' interrompue pàrdes' iKKjuètsi.' La mort , qui est Ù t«numaisoii kphip.constoïitfede: cette maladie ,; sur-' vient ordinairement vers la fitiidû premier septénaire ,' oudans le cpnrant'du'Sflcôniij :
485. Pred-è^smiisét ècutyésàccâsiotineîles. On llobserve quelquefois'; mai»- tartinent chez l'adulte, à 3a suite de violen» maux de fête Ou d'iine chuté sur cette partie; ^ajb ^fe 'affecte jiliisfof dïnàiremenï'ïé»* ^nfans , surtoatcmxiqUisônt liïbfës et malàdîîs: Elle' aMijble ^ue*qtwfei*.^ti>e Ik tët-itiinâiitto d'une' 'fpufé' d'indispositions auicqafeHfes qiièlqiipi enfàns aàï êii sujets dès la njàissaiice, et pM^t aîokâéjSendTraa^uy' disposition; OOTfgpéiwtal». • ,L.^r. ;, :i?^; ^ ' ■'■...àm
494 Ï-&IÔNS ôKOÀm^ÙE» PARTICULIERES.
484* Symptômes* y çlixme extraordinaire de la lêt<^ de l'enfant avec une swte de transparence, surtout à» l'endroit des fontanello^; distension et amincissement du cerveau à mesure que l'ëpancliement produit dans ses ventricules fait des progrès; souvent écarlement des sutures. Les effets de la compression sur Torgane encéphalique sont riiébêtcment , rauaiblissement des sens , des convulsions , des vertiges , souvent la paralysie des membres abdominaux ou tlioraciques.
§ ni. Traitement de IS/drocéphale.
485. Le Cat, séduit ^ns doute par un passage d^un écrit publié sous le nom d'Hippocrate , a proposé Tin- <ïision ou la paracentèse dan» l'hydrocéphale chronique djes nouveau^nés J mais Camper ^ dans Sa Dissertation , réfute cette opération comice vaine et tém^ raire. Le seul remède en faveur duquel <fn puisse citer quelques observations se trouve rapporté dans les écrits de Cruiskshank, de GJare , d'Amstrong, d'Under— vrood , auteur anglais : d'est la salivation produite par les frictions mercurielles, et soutenue pendant quelques jours , dans la vue d'exciter les fonctions des vaisseaux lymphatiques , et de produire la résorption du fluide épancb^. Mais, comme le remarque Camper^ ces faits ne sont pas assez clairs et assez concluant pour qu'on en pi;ijsse. inférer que Ja Jyijapbe épanché© dans les ventricules di^ cerveau puisse^ être résorbée j ce sont tout avi plus des essais qui ^nnent quelque espoir , et qu'on ne doit point négliger de vérifier par" des expériencefSj uliérif ures. L'hydrocéphale un peu. avancée est ^ en général , une maladie incurable, et CMa*
HYDHORACHIS. 49^
4oit se proposer seulement de tenir l'enfant dans une situation commode et horizontale, de lui faire porter une sorte de bonnet de cuir , afin d'éviter des compressions inégales djans la substance du cerveau lorsque l'enfant çst couché, et de prévenir les convulsions qui en peuvent résulter.
486. Le traitement qui a paru jusqu'ici le plus convenable dans l'hydrocéphale aiguë sans dilatation du crâne, consiste dans Fusagedes vésicatoires, des diu-r rétiques, et siu^tout des scillitiques, et dans les excitans^ tel^ que le vin et l'ammoniaque: M. Odier assure avoir emplojyé ces derniers moyens avec beaucoup d'iivantage.,Oji a égaleraient préconisé Je mercure. Mais il ne fai^f point se faire illusion sur les succès qu'on peut attendra , car sur vingt maljades que Wbytl ^traités de cette, maladie, il n'en a pas guéri un seul ; Fothergill ^ eu le même sort : les guérisons qu'on â observées dans lesdernier^ tenaip» ^e sont-elles due$ qu'à la vertu, deis moyens employé^? Quoi qu'il en sqit, pu doit le^ pmçttre en usage dès l'apparition des premiers symptômes si l'on veut espérer quelques suQCjès,. et c'est alor» que les san^ues appliquées aux ten^pes semblent produire d'heureux effets.
MZDRO^AC fflS (}).
§ I". Considérations générâtes.
487^. H y a une extrême affimté entré l'hydroràcbis et l'hydrocéphale : aussi Morgagni traite-t-il en même
496 LÉSIOXS OKCAKlQtmS PARTîCULIFRK.
temps de Tune et de l'autre (Eprsf. XII). Mais cette affection de Tépine admet beaticdup de variétés : c'est le. plus souvent une tumeur molle et quelquefois Irantporente , qœnattdé Id cavité kltérieure des vertèbres^ à la nuqu», va milieu- du dîos, ou bien dans la partie inférieure , aux lombes^'el à 1 os sacrum ;' quelquefois elle se iiiani&ste dàH^'^déUit énd^orts distincts, comme Cairiper efi a vu des éienlples. Bidloo a vu et a dessiné une bydropisiesémbrable, ijm était générale dans tenue P^tenduè de ré|ttnèl Vâlsalva rap^ porte aussi un eï«îi|)lè de cette porté. Dëi recRerche$^ aA^aiomiqtte^ très-exâctés ont àfpprîs Si Csiriipef c(ue la tnmour appelée? 5)î^/«* hîfidtt, et jpôtf qîleïqtrèS auteurs hernie épînière ; est im véritable viee datas les^ Vertèbres et lia peant* ^côrrèsjkilidaùte ; cfiie ëélté tutneur est le p1t»s«oUVe»t cottiyc>séed''Miè 'Seule ïnêmbraTïe bu dé Bettveloppe-dek itiôélle épiiiîèré?/ très -dilatée par Képamtlyetnént d'unelyniptie eutift-erteht semblable à[ eêXB ^fé se trbiive da^slès ventrifciffè^ âh cerveau : il jjeut provenir de éet'iftart des^ pàVàf^eS p!us otïïnfoins caractérisées. Dans plusieurs enfîms'aflfectés dé celte tmmeur^ le M^éBWfe'^tfUlieur a observé que fc fontanelle était plus ouverte^ ec^'elle «se gonflait toutes fcà- fôî^ qu'on comprimait la tumeur de l'épine, ce qui prouve que l'hydropi^Se^ de iepînè et celle de la tête ne sont que la même malad;ie,^ ^ \ ^ ^^ ; j ;
// §H. DesmpMànigëàéraM'àafHj^karkcîù^i -
0,1, /!.: > ^ A' .\\:rA \:v^y.\\( r Lc,i:\:ù : oI:;n<j'' k» ,* . *
— 488. Prédispositions et causes occasionnelles. Bans pu grand nombre' d^ isss d'h^drôradib ^ l'épanché— mentupana^ ^^(Âi^'^afiSfeûeé danis^ liâ^ féàtrîeoks <lti
HYDRORACHIS. 497
cerveau , et s'être formé secondairement dans le conduit de. l'épine par la communication qui régne entre ces cavités.
489. Symptômes* L'hydrorachis est annoncée par une tumeur molle et transparente> qui occupe quelqu'une des régions de la colonne vertébrale , et qui naît de sa cavité. Ce sont quelquefois deux tumeurs séparées qui communiquent entre ell^; ces tumeurs sont formées par un amas de sérosité qui distend les enveloppes de la moelle épinière , et dans l'endroit aflfecté les enveloppes sont à nu , avec destruction d'une partie de la colonne épinière : il y a quelquefois paralysie des membres abdominaux.
§ m. Traitement de ÏHjdrorachis.
490. Si on se rappelle ce que j'ai dit plus haut , il ne doit pas paraître étonnant que Tulpius ait regardé comme très-dangereuse ou même mortelle , Touverture du spina bifida faite par un instrument : il faut en effet être , sur ce point , d'une réserve extrême. Camper assure que Jia mort a été la suite de cette opé- Iration faite toujours contre son vœu; il rapporte seulement un exemple qui fait exception , et qui contient des détails curieux (i) ; en général , il se borne à pro-
(i) Une femme mit au jour deux enfans affectés de spina bifida k funion des lombes avec le sacrum j la tumeur était molle et du volume d'une châtaigne. Un de ces enfans mourut toul-à-coup dans les convulsions j le corps de l'autre prit son développement ordinaire^ avec un accroissement cependant disproportionné de la tête et des extrémités inférieures ; augmentation graduée de la tumeur^ qui devint transparente et volumineuse; en sorte qu'à l'âge de douze ans elle «était de la m. ' 32
49^ LÉSIONS OnOAmQUES PARTICULIÈRÎBS.
poser un bandage auquel on adapterait une sorte de paume concave analogue à la tumeur et propre à pré-^ venir sa rupture. ^
H T D RO T HO RAX (l).
§ !•'. Considérations générales.
491 .^ Les écrits des anfiens n'oflfrent que des principes peu exacts sur les caractères de l'hydrothorax , qui ne peuvent être bien connus que par un rapprochement des symptômes de la maladie avec les résultat» de l'ouverture des corps. On trouve une Dissertation pleine d'érudition sur cet objet , dans un ouvrage trèsestime , qui fut publié au commencement de cesiècle , et qui a pour titre : Historia morborum qui annis 1699^ 1700^ 1701 fVratislaviœ grassati sunL Mais quand on veut tirer tm résultat clair et lumineux d'une foule de citations d^auteurs qui n'ont observé cette maladie que d'une manière superficielle, ou même qui se bor-
grosseur d^une bouteille ordinaire. On fit la ponction^ et on la vida entièreinent ; mais dans peu de jours elle reprit le mem% volume. L'enfant fut fort affaibli par Fëvacuation de cette sérosité. A Page de vingt ans la tumeur avait encore acquis un plu» grand volume et menaçait de se rompre ^ lorsqu'il fut afFecté d'une autre maladie qui l'obligea de garder le Ht : l'inflammation et la gangrène de cette tumeur survinrent par des frottemens rëitërës , en sorte que lé danger paraissait extrême^ lorsque le liquide qu'elle contenait fut entiéreiùent résorbe y que \e% membranes qui formaient son enveloppe s'affaissèrent ^ et qu^îl en résulta une cicatrice ferme mi^is difforme.
(i) Synontmie. Hydrothorax , SiovioBs , Vogbl , G^ji^lkn , Sagah y Hydri^isie de poitrine.
nem à parler sur la foi d'autrui , on ne trouve que va-^ cillation et inceptitude. C'est dans Toliyrage seul de Morgagni qu'on peut recueillir sur ce point ^ comme sur tant d'autres , des faits précis et discutés avec la plus grande sagadté(^/;t5 L anatomico-medica XV II). On doit citer aussi avec honneur ce que Camper rapporte de l'hydrothoràx ^ et les recherches du docteur Baraillon sur les hydropisies , insérées dans les Mémoires de la Société royale de médecine. Une des histoires particulières de l'hydrothoràx qui méritent d'être connues ^ est celle qui a terminé la vie d'un des hommes les plus célèbre^ du dix-huitième siècle ^ par la mâle énergie de son caractère, son esprit philosophique et ses talens militaires : je parle de Frédéric II y roi de Pràsse. Cette histoire se trouve dans un ouvrage qui a paru sous le titre d^Obsen^ations de médecine, ira-' duites de VaUenumd du docteur Selle , par le docteur Corai, Paris ^ an 1 796. Un extrait de ceKe histoire est très*propre à donner une idée exacte du caractère de la maladie et des principes du traitement.
492* Frédéric, dès sa jeunesse, était sujet à une grande débilité et une sensibilité particulière de l'esto« mac ; en outre, disposition naturelle au vomissement, irritabilité du conduit intestinal , et facilité à provoquer des évacuations en prenant quelques grains de lïiubarbe. A vingt-huit ans, peu après son avènement au ti'ène , goutte et hémorrhoïdes ; à trente-sept ans , hémiplégie, mais qui céda facilement à l'usage des remèdes simples ; à soixante-quatorze ans , coliques périodiques, défaillances passagères, autant par les progrès de l'âge que par l'effet de ses travaux assidus. Au pritulemps suivant^ légère attaque de goutte , usage
^OO LESIONS ORGANIQtTES PAimeULlÈRXS;
.des eaux d'£^;ra à Fordîaaîre ,' mais ÊôUesse croissantifr de^ organes digesdâ. Selle conseille de su^ndre les •eaux minérales, d'user d'un peu de rhubarbe, de ^recourir au fréquent exerdce du cheval : eoliipie et diairhée augmentant en même temps que la débilité, ou plutôt une sorte de dépérissement : habitude depuis longtemps contractée d'une saigna périodique tous les quatre mois; mais sentiment de pression à l'épigastre , mauvais goût de la bouche , langue chaînée , fréquentes trancl^ées et <^urs de ventre fétide. La revue .prochaine des troupes^ en Silésie fit préférer à l'émé^ • tique Tusage des extraits amers pour le fortifier ; ondée de pluie reçue un jour de cette revue , mouvemens fébriles , qui en furent la suite , négligés en &veur des occupations militaires. Au commencement de l'automne , sentiment subit de suffocation durant la nuit , et soulagement marqué produit par un émétique; immédiatement après , douleurs arthritiques aux extré^ mités , toux incommode avec peu d'expectoration ^ suivant son expression , la goutte et les hémorrhoïdes étaient aux prises, et ce ccmibat devait &iir par sa des- 4ruction. Le toc de scille, pris avec du thé vert le soir, était fort utile pour faciliter l'expectoration.; à mesure que les sueurs ordinaires de la nuit diminuaient,** toux plus violente , difficulté de respirer plus incommode , sentiment de pesanteur au diaphragme. Heureux effets d'un vésicatoire au bras : la poitrine plus libre et le sonuneil plus tranquille , mais toujours délabrement des organes digestifs ; divers remèdes proposés , rejetés , ou bientôt abandonna si l'effet n'en était pas pix>inpt ; car un monarque veut que tout cède à sa volonté suprême , m^e en médecine : et comment alors faire
adopter une médiode lente et: sagement cpmbméB? Dépérissement progressif ^sommeil suiyi d'uiie sorte, de stupeur^ extrême gène de la respiration aanaoiddbe exercice^ mais soulagement passager et très^maixjué par des dystères où entrait Vassa-fœtida^ Quelque» jours après , .exaspération: de tous les symptômes > yio^ , lente palpitàtionldu oœiir, diâiculté extrême de respirer: au moindre mouvement , vertiges f poids irrégulier et Gonvulsif d^s les momens de suffocation f sommeil, moins agité le jour dans son fauteiîl que la nmt dans son lit j maladie visiblemexit incurable : il fallait songer, seulement à prolonger 1^ vie:, ou, poursesôryirde^ion exprés^on ^ prolonger la maladie* Qystères d Wmfoetida^ petites doses de sel de. GlauJber.( sulfate de soude ) ; quelques grains de rhubarbe soulageaient .le ba^-ventre et la poitrine ; mais toux opiniâtre ^ et déjà enflure des pied#> ; cautère habituel et plaie des vésica* toires qui; coulent moins ; attaques de suffocation accompagnées;de râle. et de sueur froide au visage , çra* chats souvent tmuts de sang ; t&rdill^ment pémble à la nuque et menaces d'apopji^e ; mais quinze jours après y diarrhée spontanée très-douloureuse^ et soulagement des symptiknes. Selle ^ son médecin ,. continua d'entretenir et de favoriser les excrétions naturelles par les moyens les plus doux et les moins propres à affaiblir : l^ers expectorans y suc de scille pour la poitrine y évacuations légères du bas - ventre entretenues. Frédéric se tenait toujours la tête baissée en avant , ne pou* vaât plus se coucher : un second vésicatoire appliqué au pied gauche produisit une inâan^mation si violente^ qu'il fallut le supprimer ; pouls plus faible ,, lèvreSf ies \ haleine très«courte ^ peu d'expectorations ^ tou*«
So!t, iiSlONS bRCANIQinU PABTKXJIAhxES.
jocÙTft diogçr inumàent de suffiocatioil ; par intervalles signes de congestk)tavfir»la ^etê> matières expeciôréés teintes de sang* Rék^itiohpnae toat-^i-^^nq) par Frédé* ne d'allar dans sa retraite ûnfprûede. Suns^soùcii nsage aldrs d^ pilules èoùaposéed de sêrp^oitaire de Virginie , d&s entraib^de ipiassia , de cascariUe ^ de storait ; essai de monti^r à dieval «ûvi'de.&tigue ; mais toujoui^ sonlagemem^ré^ -des 'Graduations alvines spontanéeS'On'prQToquee». L/a maladie durait depuis environ- sept mois ^ à dater du premier sentiment de suffocation ^ lôrsqu^it survit subiteâfent liç^^c^dès^de fièvre qui finit par la M^ur et par une endure du pied et dela^jambedrôitey et cependant lé^eoùrs dû vènfre qui avait Commencé depuisiiuit jours continuait d'être abondant.Diminutioh^peitclam trois semaines des symptômes, par les effets de k'fièvre ou delà diarrli^. Un mois après , gonflement de» dente- pi«ds , oppresâon vers la région du diaphragme'; une grande partie delà nuit est/passée mr un fauteuil , la tête penchée en avant et ifiÉetinéd du côté*drott ; frëquentés^ccmvulsions pendaiit le sommeil , i*éveïl fin sursaut , visage bouffi et luisant. Zimmermann , alors appelé auprès de Frédéric, prèàfcrit Fusage du suc de pissenlit (ieontodon tivra^ xactim , L. ) : entretiens singuliers ëitte ^nouveau médecin et le roi dans l'agonie ; ce dè>rniér fait diverses questions sur l'efièt des médicameûs mis en usage ; U Ireut dés remèdes qui soulagent sUr-le-champ , et cependant 41 est loin de $e gêner sur Tarticle du régime ^ puisqu'il va jusqu^à manger de rânguille par excès^r Zimmermann seVetire , et Selle se borne à conseiller la teintui^e de rhuhairbe mêl^ avec le tartrate de potas^ et la liqueur anodine ; ce qui soulageait les symptômes ^
HYDROTHORÀX. 5o5
et entretenait la liberté du ventre : son usage fut continué jusqu'à la mort* La maladie , à dater de la première suffocatioa, dura onze mois , à très-peu d'interruption près : efforts conservateurs de la nature manifestés plusieurs fois durant cet intervalle par des cours de ventre ou des dépôts inflammatoires à la peau ; toutes les forces de l'entendement ^ la tranquillité et le calme conservés jusqu'aux dierniers momens de la vie (i).
§ II. Description générale de VH/drothorax.
495. Prédispositions et causes occasionnelles. Les plus ordinaires sont une débilité produite pair une hémorrhagîe excessive , ou Fabus des saignées , des chagrins prolongés , tvne atmosphère humide ', uiae yie sédentaire , des maladies antérieures , l'abus des liqueurs alcoolisées, la suite des fièvres intermittentes, les phlegmasies aiguës ou chroniques , l'asthme , des lésions organiques du cœur et de l'aorte. . .
494- Symptômes^ Les signes les plus ordinaires de l'hydrothorax , lorsqu'il existe seul ,. sont la respiration courte , gênée, tranquille , avec possibilité de se coi|cher sur les cotés , et même sur le dos ; un son mat qu'on ressent en percutant le côté de la poitrine qui est le siège de l'épanchement , et l'œdématie du même côté , laquelle est séparée de celle des membres. Les battemens de cœur sont mous, &ibles, tranquilles, l'éguHers ; il n'y a point de palpitations ; le pouls est plein , mou, tranquille , régulier; la face pâle, fati-
(1) L'examen approfondi des symptômes exposés dans cette pbservation prouve que Phydrothorax était compliqué d'ui^e affection du cœur.
5o4 1.ÉSI0XS ORGANIQUES PlKTiaTUÈRES.
guée^ amaigrie; lesyeux ternes et languissans^ les lèvres pâles ; il n*y a point de réveil en sursaut. A Touverture des cadavres ^ on trouve des épanchemens de liquide dans l'une ou 1 autre cavité de la plèvre, ou dans les deux à-la*fois. Ce liquide est quelquefois limpide , d'autres fois lactescent , jaunâtre ou verdâtre. Camper, en exposant une fois ce liquide à l'évaporation , a obte« nu , après une réduction de moitié , une matière albu* mineuse coagidée. Le diaphragme s'çst trouvé quelquefois poussé vers l'abdomen par le poids du liquide , formant une sorte de convexité abdominale. Le poumon , du côté de l'épanchement, est quelquefois desséché, flétri et réduit, à un petit volume : d'autres fois il s'y est formé des abcès.
§ IIL TYaitemenl de THydrothorax.
495* *Ott trouve dans l'ouvrage de Monro sur l'hydropisie , l'usage qu'on peut faire des diaphorétiques , des toniques, des purgatifs , des émétiques ou des diurétiques; mais la nature de la maladie, dans ses pé— riodes avancées, doit tempêcher de se livrer à une crédulité trop confiante dans les remèdes. Les pilules toniques de Bâcher (i) ont cependant obtenu quelquefois des succès très-marqués. On conçoit d'ailleurs qije les moyens que j'ai indiqués po^r l'anasarque .conviennent également ici, surtout s'il y a réunion de l\me et de l'autre de ces maladies. Il est difficile d'indiquer
(i) On trouve de& histoires nombreuses des effets produits par les pilules toniques de Bâcher dans l'ouvrage du mâne auteur qui a pour titre : Recherches sur les maladies chroniques ^ mrtouf les ff^dropisies.
HYDHOPÉRICTARDE. 5o5
rigoureusement les ca& dans lesquels on peut recourir à la paracentèse pour donner issue au sërum épanché dans la poitrine. Cette opération ne peut s'exécuter sans danger que lorsque l'hydrothorax est une maladie locale , ce qui n'a que très-rarement lieu , et ce qu'il n'est pas toujours facile de bien reconnaître. L'insolation , des frioliqns sèches et aromatiques sur la poitrine, la position verticale des jambes, et l'application de rubéfians aux pieds sont d'^Ueurs autant de moyens qu'on peut employer avec plus ou moins d'avantage dans le traitement ^e cette maladie.
HTDROPÈRICARDE (l).
§1*^. Considérations générales.
496. C'est dans Hilden , Morgagni , Vieussens , Sénac , et dans le Traité de» maladies organiques du cœur de M. Corvisart , qu'on trouve le plus d'observations sur cette maladie. Ce qu'en dit Sauvages est extrêmement vague. On a indiqué beaucoup de signes pour la faire reconnaître : Morgagni les a discutés avec sa sagacité ordinaire , et a démontré qu'on na peut les regarder , pour la plupart , comme caractéristiques , puisqu'ils se sont présentés plusieurs fois dans'des cas où le péricarde ne contenait point de liquide , et vice versa. Avant lui , Reimann les avait aussi regardés comme fort douteux , et Groetz avait fait , de la difficulté que présente , en général , le diagnostic de cette hydropïsie , le sujet d'tme Disser^tation• *Mais le dia-^
(i) Synonymie, Hydrothorax . pericardii , Mohoagni,
SÉNAC; SaUVAGSS ,OULLEN; etc.
5o6 LESIONS OACANIQUES PARTICULIERES.
gnostic des^ affections delà poitiiiie est, en général, devenu bien plus exact depuis qu'on s'est attaché à dàs^ tinguer avec précision ces maladies, et surtout depuis qu'on a mis en usage certains moyens propres à développer les signes qui les caractérisent , tels que la percussion de la poitrine (i.) et même la pression abdominale employée par Bichat (2), On sait qi^ le péricarde contient ordinairement une certainequantité de sérum : il reste donc à savoir dans quelle quantité ce dernier doit s'y trouver pour mériter le nom ôihjrdropisie. L'observation prouye que la quantité de six onces est la plus considérable qu'on trouve dans les individus morts de toute espèce de maladie : donc , toutes les fois que cette s4ix>sîté excède six à sept onces, on peut conclure avecM. Corvisart qu'il existe une bydropéricarde. 497. Il est très-rare de trouver des hydropéricardes essentielles; elles sont le plus ordinairement la suite d'une inflammation chronique ou de la lésion organique du cœur , de l'aorte ou des poumons , etc. L'observar tion suivante, extraite du Traité de M. Corvisart, offre un exemple d'hydropéricarde à la suite d'une inflammation chronique du péricarde. Un homme âge de trente-quatre ans, convalescent d'une péripneu- Àionie assez violente , avait conservé une grande gène dans la respiration , accompagnée d'une toux sèche et fréquente. Quatre mois après , il fut admis à la Cli-
(i) Avenbrugger , noui^elle Méthode, etc. , trad. par J. N. Corviaart.
. (2) Mémoire sur la pression abdominale appliquée où diU" gnostic desynaladies de poitrine y dans les Mélanges dephysi^^ logieet de chirurgie de Philib.-Jos. Roux. Patis , iSog,
HYDROPERICARDE. 5o7
nique interne ; il ne pouvait se coucher horizontale^ ment , restant jour et nuit sur son séant et incliné sur le coté gauche : s'il tentait de se mettre sur le côté ' droit , il était aus^tôt pris d'étoufièment ; la figure était bouffie et de couleur violette , les lèvres livides^ les jambes œdcmatiées , le pouls vite , très-faible et irrcgulier ; il éprouvait des défaillances incomplètes } mais fréquentes. On ne pouvadt sentir les battemens du coçur. La partie extérieure et gauche de la poitrine ne résonnait point du tout. Des sangsues à Famis et vme hémorrhagie nasale spontanée furent suivies d'une respiration phis fiicile ; alors on put découvrir à la ré^ gion du cœur des battemens faibles et tumultueux!. Mais en peu de temps les àccidens augmentèrent,^ et le malade rnourut dans un état d'angoisse difficile à ^peindre. A Touvertûre du cadavre , on vit le péri*carde très-distendu y <x>mprimant le poumon affaissé et endurci ; cette membrane avait plus d'épaisseur que dans l'état naturel } sa cavité contenait environ quatre pintes de sérosité claiA^ et verdâtre; ]a superficie. du cœur paraissait avoir été le siège d'une inflammation chronique ; il n'y avait que tirès-pett de sérosité épanchée dans là poitrine.- Reimann rapporte une histoire d'hydropéricai^de qi:^i démontre évidemment que cette hydropisie peut être la suite d'une lésidn Organique da céeur. Celui qui en est le sujet était un jeune homme de vingt-^six ans , qui avait fait dans son enfance une chute du haut d'un toit fort élevé. Pendant plusieurs années il éprouva une gêne excessive de la respiration et dès palpitations si fortes qu'on pouvait les apercevoir et même les entendre. A ces accidens se joignit dani^ la suite l'infiltrâtioa des pieds ^ qui gagna bientôt lek
5a8 LESIONS ORGANIQUES PAUTICULlÈllES.
jambes , les cuisses et les parois de l'abdomen ; il eut des lipothymies et des anxiétés extraordinaires ^ et se plaignit souvent que son cœur était comprimé ; enfin Tenflure devint telle que Tépiderme'sè rompit dans différens endroits. La gangrène s'empara des lieux où les ruptures s'étaient faites , et la mort arriva peu de \eaaips après. A l'ouverture du cadavre, on ne trouva point d'épanchement dans les deux cavités du thorax ; les poumons étaient d'abord à peine apparens , tant ils étaient refoulés par la masse énorme du cœur et du péricarde , qui étaient singulièrement distendus : ils étaient pourtant sains. Il sortit du péricarde deux livres de sérosité Kmpide. Le cœur était très-ample, mais flasque ; la valvule mitrale était garnie de beaucoup d'aspérités osseuses. L'aorte , à son origine , avait sa membrane interne rugueuse , inégale , et des concréi* tions osseuses diminuaient son calibre; il y afvait de l'eau épanchée dans l'abdomen*
§ IL Description générale êérBjrdropéricarde.
49^* PrédiSposUims et causes occasionnelles • G« sont , outre celles des hydropisies en général, des af^ fections du cœur, du médiâsiin^ de la plèvre et des poumons en particulier.
:499* Symptômes* Le malade ressent une anxiétm douloureuse , un poids incommode sur la région dn çœur, une difficulté dé respirer qui menace de suffc^ ^tion quand il veut prendre une position horizontale ; souvent il éprouve des syncopes et plus rarement des palpitations. Les bjifitemens du cosur se fpnt sentir tan^ iôi à droite^ jtantdt à gauche. Le pouls est petit, fré-r
HYDKOpiaiCAKDE. 5o9
quent^ concentré et irrégulier; la face violette; les jévres sont noires et livides ; en appliquant la main sur la région du cœur, on sent des battemens tumultueux, "obscurs; on dirait que l'organe ne fait sentir ses batle-y mens qu'à travers un corps mou , ou plutôt à travers un liquide placé entre lui et les parois thoraciques. <^uand on pratique la percussion de la poitrine , soit que le malade reste sur son séant, soit qu'il se place horizontalement dans son lit, le son que rend cette cavité est obscur , et même nul antérieurement et à gauche, dçins une étendue proportionnée à ladilatation que le liquide a fait éprouver au péricarde. Dans quelques cas, le côté gauche de la poitrine est plus élevé et plus arrondi que le droit. Quand la maladie est ancienne , les forces de l'individu sont conune anéanties ; il survient de l'œdématie aux extrémités inférieures, et plus rarement un« légère bouffissure à la partie antérieure et au côté gauche de la poitrine.
§ m. TrcUtemeht de VHydropévicarde.
5oo. Les moyens qu'il convient d employer dans cette maladie sont absolument les mêmes que ceux qu'Sn a conseillés dans les autres hydropisies. Sénac a proposé la ponction du péricarde^ et a décrit avec •beaucoup de détails la manière de la pratiquer avec le trois-quarts. D cite un cas d'hydrothorax dans lequel il a ouvert la poitrine avec le plus grand succès. Desault a été plus loin , sans pourtant arriver encore à ouvrir * le péricarde , conune le prouve l'observation suivante. ^Un honmie vint se présenter à l'hôpital de la Charité avec les signes suivans , regardés comme indiquant une hy-
5lO LÉSIONS ORGANI<iUES FARTiCULlÈlUW.
dropéricarde : toux sèche, difficulté de respirer, poul» lent y dur , irrégulier , gêne , anxiété , danger de suffocation dans l'extension du corps ,. soulagement sensible dans la station , syncopes fréquentes , visage pâle, bouffi ; dilatation manifeste de la régiom précor-' diale , tendance habituelle à s'incliner du coté gauche. Desault ouvrit la poitrine entre la sixième et seplième^ cote du coté gauche, vis-a-vis la pointe du cœur, en intéressant la peau, l'entrecroisement des muscles grand oblique et grand pectoral et le plan des intercostaux. L'incision ayant été faite, il porta le doigt dans la poitrine , et sentit une poche pleine d'eau qu'4 prit pour le péricarde ; il l'ouvrit avec un bistouri mousse , et donna issue à une chopine d'eau environ qui s'échappa avec une espèce de sifflement à chaque expiration. L'écoulement étant fini , le doigt porté do nouveau dans l'ouverture , il senti un corps uni, pointu , conique , qui venait frapper le doigt. Le9 accidens se calmèrent pendant les deux premiers jour» qui suivirent l'opération ; mais ils reparurent le troisième , devinrent plus intenses , et le malade mourut le quatrième. L'ouverture du cadavre fit voir une mem* brane qui unissait le bord du poumon gauche au péricarde, et formait la poche pri$e et incisée pour êette membrane. Le corps conique et pointu qu'on avait jugé être le cœur à nu était en effet cet organe , mais enveloppé du péricarde , auquel il adhérait en grande partie , beaucoup plus dilaté que de coutume , et rempli d'un sang noirâtre et en partie coagulé. — - On conçoit facilement , d'après ce qui précède , ce qu'on.* doit penser de la proposition de Sénac , et du suocès^ qu'il dit avoir obtenu.
ASCITE. 5ll
ASC TT B (l).
§ P'. Considérations générales.
5oi. En médecine , comme dans toutes les autres sciences , on ne peut acquérir un goût sûr et un jugement solide, qu'en étudiant avec soin Fesprit et la méthode des divers auteurs , en les mettant quelquefois en opposition les uns avec les autres, et en les soumettant ainsi à une discussion raisonnée. . . . C'est dans cette vue que je vais rapprocher ici ce que disent Stahl et . Brown sur Tascite , et il sera facile de voir de quel côté est l'avantage.... Stahl , partisan sévère de l'esprit d'observation , et la prenant toujours pour base de ses recherches , analyse toutes les circonstances qui peuvent donner lieuàl'ascite, comme la suppression de certaines, hémorrhagtes par l'abus des astringens, la guérison prématurée des fièvres intermittentes, la rétropulsion de la goutte. L'âge tendre ou la jeunesse ne contractent cette maladie que par des accidens particuliers , et elle est bien plus ordinaire dans un âge avancé ou par une constitution détériorée .... Lister avait attribué à des excès dans la boisson de liqueurs fermentées , la plus grande fréquence de l'ascite qu'on observait depuis une certaine époque à Londres, d'après des relevé^ des registres mortuaires; mais Stahl remarque avec raison qu'on ne se livre pas moins à des excès d'intempérance dans le Nord ,, comme en Russie , en Pologne , en Suède, etc., et que cependant on n'y a
(ï) Sr^ONTMiE, Asciteh j Boeuhaave , Hoffmann , JunckeEj Sauvages , Linn^eus, Yogel, Gxjllen, SAr.An.
5l2 LESIONS ORGANIQUES PARTICULIERES.
point remarqué une plus grande proportion d'ascitiques : il indique une autre cause qui n'est guère plus probable , savoir , l'introduction du quinquina , et Textrêine facilité avec laquelle on le prodigue en Angleterre dans une foule de maladies , comme l'attestent encore tous les ouvrages de médecine et les recueils d'observations Mais Stahl tire de nouvelles lumières de l'ouverture des corps sur la nature rebelle de l'asciie , et il fait remarquer les vices et les altérations qu'éprouvent alors les viscères abdominaux ou les glan*des : il ne lui manquait que des notions sur le système lymphatique pour s'élever à la vraie théorie de cette maladie.... Brovvrn ^ étranger à la marche lente mais sûre de l'observation, doué d'une imagination fougueuse et désirant être chef de secte, s'élève, dans sesElémens de médecine , à une considération générale et abstraite de l'hydropisie , n'y remarque qu'un simple rapport de débilité ou d'asthénie, qui la rapproche de certaines maladies : il fonde sur ce simple rapport les principes du traitement , comme si la nature était asservie à ses ordres^ il prescrit une nourriture stimulante , des liqueurs fermentées, l'opium même , prétendant que cette maladie peut être aussi facilement guérie que toute autre asthénie.*.. Pourquoi ceb hautes espérances et cette manière de voir abstraite sont-elles si loin d'être réalisées quand on en vient à l'expérience? 5o2. Les signes de l'ascite se tirent de la gêne de la respiration par le refoulement du diaphragme ; de la proéminence de la région iliaque , de la forme ovale de tout l'abdomen , de l'œdémalie des pieds ainsi que du scrotum , et des grandes lèvres dans les femmes ; d'un sentiment de fluctuation en portant les mains sur
ASCITE. I 5l5
les deux côtés opposés du ventre.... Que de détails à lexposer sur les variétés de l'ascite , sur sa distinction d'avec l'hydropisiede l'ovaire ou bien celle de Tutérus, sur les différences du liquide épanché, sur la tympanite , etc. 1 Mais on ne peut que renvoyer sur ces objets à l'excellent ouvrage de Morgagni Çde Causis et Sedibus Morboritin y Epist. XXXVIII) ^ ainsi qu'à la Dissertation de Camper, insérée dans les Mémoires de la Société royale de Médecine II importe cependant de dire un mot sur la formation deshydatides, dont la connaissance exact© est due aux travaux de plusieurs naturalistes, tels que Linné, Palla#, Bloch , etc. On 'sait maintenant que tout ce que les plu» graves auteurs en médecine avaient dit sur les hydatides est erroné , et que ces vésicules, dont le volume offre tant de variétés , sont dues ou plutôt font partie d'un insecte dont Fallas a donné , avec la dernière exactitude, la description et le dessin , et que Bloch a fait connaître sous le nom de vermis vesiciilaris erimita, dans son Mémoire sur les vers et les vermifuges.
5o3. L'observation suivante est bien propre à donner un exemple d'une ascite primiti^en Un^nfant âgé de sept ans , d'un tempérament lynjipbatique , perdit l'appétit et la gaîté sans cause connue , et fut pris d'im vomissement spontané très-violent , accompagné de symptômes fébriles. Le lendemain (émétique)^ Vomissement d'une grande quantité de liquide verdâtre avec des efforts très - considérables ; l'urine se supprima entièrement' après l'action du vomitif, et il se manifesta de suite une iirfîltratien générale avec de l'épanchement dans l'abdomen. La face était bouffie çt décolorée y la respiration gênée quand le malade s^ m. 55
5l4 LESIONS ORCArCTQUES PARTICULifeRES.
couclialt horizontalement; l'abdomen fort tmnéfié, faisant éprouver une fluctuation manifeste ; le scrotum et la verge étaient surtout ti-ès-distendus par Finfiltration (boisson a\fec Voxyinel scillitique). L'urine devint abondante , et tous les symptômes de l'hydropiâe disparurent successivement.
§ n. Description générale de VAscite.
5o4« Prédispositions et causes occasionnelles. Uas*< cite peut êtrfe déterminée par des boissons abondantes prises pendant que le corps est échauffé ou dans la chaleur de la fièvre , par la suppression des fièvres intertnittentes ^ des maladies cutanées ^ de la sueur^ etc. Si on excepte en effet les ascites primitives qui tiennent à des causes débilitantes ^ conmie des hémorrhagies excessives , des diarrhées invétérées , les suites d'une dysenterie , l'état d'atonie dans lequel tombe le conduit alimentaire après certaines fièvres intermittentes^ ou celui qui succède à une action trop énergique d'un médicament , on doit reconnaître que, dans plusieurs cas , l'ascite est produite par une inflammation lente du péritoine , ou par des affections particulières du foie et de la rate.
5o5. Symptômes. C'est une tuméfaction plus ou * moins grande de l'abdomen^ selon la quantité du fluide épanché ; cette tuméfaction commence par la région sus-pubienne et s'accroît d'ime manière égale et uniforme y de sorte que le ventre conserve une ftSrme régulière ; cette distension augmente lorsque le ma-» lade se tient debout ou sur son séant ; on sent la fluctualiou d'un liquide lorsque^ appliquant une main
ASCITE. 5l5
sur Tun des cotés du ventre , on donne avec l'autre une légère impulsion du côté opposé ; l'abdomen a une forme ovale et allongée lorsque l'épanchement est extrême. La tympanlte et l'infiltration des membres abdominaux ou des parties extérieures de la génération , sont les suites ordinaires de l'hydropisie abdominale, qui peut être aussi compliquée avec la lésion organique d'un viscère» Lorsque l'ascite est enkystée , on la reconnaît à une tuméfaction d'abord partielle et graduée qui commence dans l'un des hypochondres , avec un sentiment de tension et de douleur obtuse dans la partie, qui donne une forme inégale et irrégiJière aux partieà du ventre qu'elle occupe; ses progrès sont plus lents que ceux de l'ascite ordinaire ; la respiration est moins affectée que dans l'ascite en marchant ou en montant; il y a peu d'altération dans l'appétit; la face n'est point pâle ni bouffie, except^ dans les derniers temps de la maladie.
§ IIL Traitement de VAscite^
5o6. Userait superflu d'insister sur les remèdes dont on use contre l'ascite ; on les trouve exposés dans tou^ les Traités de médecine , et ils sont, en général , pris dans la classe des drastiques , des sudorifiques , de§ vomitifs ou des diurétiques. Mais combien il faut se défier de l'efficacité attribuée à ces remèdes ! Que de circonspection inspire l'histoire bien connue des hydropisies abdominales ! Camper avoue avoir tenté dans un grand nombre de cas tous les remèdes les plus vantés , et' avoir été trompé dans son attente. Il reconnaît avec candeur que si la théorie de l'ascite.
5l6 LÉSlOIfS ORGANIQUES PARTICULIERES.
comme celle des autres genres d'hydropîsie^ a fait des progrès par lapplication des coimaissances acquises dans la structure et les fonctions du système lymphatique , les principes du traitement en sont à-peu-près renfermés dans les mêmes limites. Sur plus de cent cas où cet auteur a pratique la paracentèse, il dit pouvoir à peine en citer ûx où elle ait été suivie du rétablissement de la santé : cette opération n'est guère bonne qu'à délivrer le malade d'un symptôme trèsurgent , comme d'un danger de la suffocation ou d'une f)Osition très-incommode par l'extrême distension du ventre. Mais ce qui doit rendre encore plus circonspect sur les principes à suivre dans le traitement de l'ascite , c'e;st le résultat de l'ouverture des corps, dans un grand nombre de cas d'une semblable hydropisie. L'ascite enkystée de l'abdomen n'est guère susceptible de guérison : lorsque Cette maladie fait partie de l'bydropisie générale, on ne peut que recourir aux moyens usités contre l'anasarque. Les diurétiques sont pour ainsi dire exclusivement indiqués lorsque la diarrhée accompagné l'ascite. Des frictions huileuses faites sur l'abdomen ont suffi quelquefois pour provoquer la sécrétion de l'urine ( i ) .
LÉSIONS ORGjàNJQUES PjàRTJCULlÈRBS DU TISSV CELLULAIRE.
Soy. L'endurcissement est la maladie organique la plus marquée du tissu cellulaire. Cette affection parait
(\) Je crois devoir omettre de parler ici de 1 hydrocèle et de ' J'hydropisie deg articulations ^ qui , à cause des procédés opératoires j app$u:tiennent propremeat à la médecine externe.
ENDURCISSÏlVrENT DU TISSU CELLUI^ÀIKE. Çl/
d'ailleurs d'autant mieux placée immédiatement après les lésions particulières du système lymphatique , que les glandes et les vaisseaux lymphatiques participent à la même lésion, et sont peut-être primitivement affectés.
ENDURClSSBUàENT DU TISSU CSLLULAIRE^l).
§ V"". Considérations générales.
5o8. Les anciens n'ont laissé aux modernes aucunes traces qui puissent les diriger dans la connaissance de celte maladie. Une simple observation sur un fait analogue à celte maladie a été recueillie en 1718, par Uzembezuis , professeur en médecine , et médecin de l'hôpital d'Ulm (Ephem. J\'at. Curios. ^ 1722). Un passage extrait des Réflexions de Doublet sur les différentes affections des nouveau-nés (Journal de Mé-^ decinCy avril lySS) atteste que cette affection n'a , point échappé à la sagacité de ce médecin, (c II est^ » dit-il , une autre espèce d'œdème propre aux enfans » tout récemment nés : c'est un gonflement du tissu » cellulaire , dur et sans élasticité , qui jette prompie- » ment les enfans dans un assoupissement mortel ». Un autre passage extrait dû Traité que M. Undervrood a publié sur les maladies des enfans , fait penser que cet auteur a vu aussi l'endurcissement du tissu cellulaire; mais avec complication d'autres maladies. C'est à M. Andry que noua devons la première description
(i) Synonymie, Endurcissement 4u tissu eellnlaire , MM. Andry, Acvity^ OEdëniatie concrèle de q^uclcjues Médecins.
5l8 LESIONS ORGANIQUES PARTICItliÈrES;
exacte de cette maladie {Mémoires de laSochété royale de Médecine^ lySS); il a aussi la gloire d'avoir le premier mis au jour des moyens propres à la combattre avec succès. Elle a été décrite depuis par M. Auvity ( Mémoires de la Société royale de Mé^ decine , 1 787 ) , Hulme , etc. Plusieurs observations particulières , extndtes des Mémoires publiés par les auteurs que je viens de citer, feront plus particulièrement connaître ce qui caractérise cette maladie. Une fiUe reçue à Thospice des Enfans^Trouvés (M. Andry) le lendemain de sa naissance , était maigre , chétive , faible, et avait les extrémités supérieures et inférieures froides et dur«s : on lui fait prendre les bains de sauge pendant quelques jours, et elle guérit parfaitement. Une autre fille reçue au même bdpital le lendemain de sa naissance , avait les membres supérieurs et inférieurs durs et froids , ainsi que les joues j elle ne pouvait point avaler à cause du resserrement des mâ'choires ; elle prit huit bains de décoction de feuilles de sauge : les symptômes se dissipèrent peu à peu ; elle commença à prendre des alimens , et fut , neuf jours après, remise en bon état à la nourrice. Un enfant mâle né la vçille , fut reçu aux Enfans-Trouvés le 4 janvier ; il était très-faible , avait les membres supérieurs et inférieurs dur» et froids , et une opbthalmie purulente (vésicatoire à une jambe , bains de sauge). Toute l'enflure disparut , la chaleur revint , et le 16 il était parfaitement guéri, et fut remis à la nouf rice. L'observation suivante , tracée par M. Auvity, se rapproche^ beaucoup des précédantes. Un enfant né le i5 octobre 1787, paraissait, le 16 au maltin , fort et bien constitué j mais ,h soir du 17 ( k
ÏNDURaSSBMÏNT DtT TISSU CELLTTLÀIRS. Sl^
temps était froid et humide ) ses joues durcirent , ses cris devinrent languissons ; les membres supérieurs et inférieurs , le bas-ventre et le scrotuni étaient durs et d'un rouge tirant sur le violet ( bcUns de sau^e soir et matin jusquau 20 ). La couleur de la peau se dissipa entièrement j mais les duretés n'étaient ramollies qu'en partie, et les membres ne jouissaient point encore de la souplesse et de la chaleur naturelles. Le n I on appliqua un vésicatoire sur chaque jambe ; il s'en écoula une grande quantité de sérosité ^ et le 27 l'enfant fut parfaitement guéri.
609. L'autopsie cadavériique confirme le nom donné à cette maladie : en effet , MM. Andry et Auvity ont constamment obtenu les résultats suivans* Si , aprèé» la mort des enfans attaqués de Fendurcissemeçit du tîssu cellulaire , on fait des incisions longitudinales^ sur les parties dofes et engorgées , il en sort une sérosité abondante^ d'un jaune foncé , de nature albumineuse, qui se concrète à l'eau bouillante et qui reste liquide au froid. Le tissu cellulaire est compacte^ grenu, desséché; la graisse est semblable à celle des cochoïis ladres ; les. glandes et les vaisseaux lymphatiques sont engorgés ; il en est de même des glandes du mésentère; le foie est plus volumineux qu'à l'ordinaire , rempli d'un sang noirâtre , la vésicule du fiel contient une bile d'un brun très-foncé; les vaisseaux ombilicaux sont gorgés d'un sang noir; les poumons sont aussi dans le même état , et dans deux sujets y outre le sang , ils contenaient en grande quantité uïi fluide aériforme.
5lO LÉSIONS ORGANIQITES PARTICUJLIERKS.
§ II. Description générale de l' Endurcissement du tissu cellulaire.
5to. Prédispositions et causes occasionnelles. Elles ne sont pas enoore bien connues ; elles paraissent consister dans le refroidissement du nouveau-né. Cette maladie ne se déclare que depuis le moment de la iia^s^ance jusqu'au septième ou neuvième jour.
5o8. Symptômes, Le tissu cellulaire est engorgé et dur , surtout aux membres supérieurs et inférieurs , aux joues, à la région du pubis et à l'abdomen. Les membres , surtout les inférieurs , sont tellement engorgés , qu^ils paraissent quelquefois comme arqués , et la plante des pieds est d'un rouge pourpre , et convexe au lieu d'être concave. La roufieur s'étend assez souvent sur les jambes, les cuisses et le bas-ventre. La dureté est si considérable ^ que l'impression dti doigt ne marque pas , et ne produit aucun enfoncement lorsqu'on a cessé la pression , quoiqu'il y ait I un épanchement séreux. Toutes les parties du corps
\ de l'enfant sont froides ^ surtout celles qui sont en-
I durcies : si on l'approcbe du feu , il acquiert un léger
I degré de chaleur^ comme un corps inanimé, mais
s • qu'il perd de mêiîie dès qu'il en est éloigné. Plusieurs
î de ces enfans sont sujets à des contractions spasnio—
i diques dans les extrémités et à la mâchoire ; certains
I ne peuvent prendre les boissons qu'on leur donne à la
' l cuiller; enfin ils dépérissent peu à peu , et la mort a
! lieu dès le troisième ou quatrième jour de la naia^
I sance , et au plus tard vers le septième.
LESIONS ORGANIQUES DES VISCERE^. 521
§ m. Traitement de V Endurcissement du tissu cellulaire.
5ii. Tous les enfans atteints de cette maladie en périssaient^ lorsque M. Andry proposa des bains chauds de décoction de feuilles de sauge ; et plusieurs enfans auxquels ces bains chauds furent administrés guérirent complètement par ce seul moyen. Les lotions et les bains de Vapeur faits avec la décoction de la même plante , n'ont pas eu le même succès entre ses mains : ils ont cependant quelquefois réussi à MM. Auvity, Souville, etc. Dans certains cas, lorsque la dureté était très-forte, M. Andry faisait, d'après le conseil de M. Auvity, en même temps appliquer des vésicatoires sur les parties affectées , et Fenflure se dissipait très -rapidement. Ces moyens, administrés avec des soins et des attentions particulières , parviennent , sinon à guérir tous les enfans atteints de cet endurcissement, au moins à en sauver un certain nombre. Hulme insiste plus particulièrement sur l'emploi du vomitif, d'un purgatif, et ensuite sur l'usage journalier d'un grain de muriale de mercure doux.