LÉSIONS ORGANIQUES PARTICULIERES
point de doctrine très*coinpliqué et très-digne d'être approfondi ^ en se gardant d'ailleuns de dissimuler les difficultés dont il est susceptible^ et les sujets qu'ils offre pour de nouvelles recherches.
5i5. Cet objet se trouve naturellement . lie avec celui que la Société royale de Médecine , peu avant sa dissolution , avait proposé sur les inflammations chroniques des viscères. Il parait en effet qu'un grand nombre d'aflfections qui sont rapportées aux squirres , aux engorgemens , aux obstructions , aux tumeurs froides , etc. , ont pour première cause des inflammations chroniques , ce qui ne pouvait manquer d'avoir une influence marquée sur quelques branches de la pathologie interne. Un auteur (i) qui a voulu s'engager dans cet ordre de recherches , a commencé par chercher à déterminer le vrai caractère de l'inflammation en général, et le mode de lésion que ce mol désigne. Mais n'a-t-il point augmenté les difficultés par un mélange de considérations arbitraires sur le prétendu mécanisme de l'inflammation? Il reprend ensuite la marche sage qu'il faut toujours suivre en médecine comme dans toutes les sciences physiques , et il se borne à la simple exposition des faits. On voit tous les jours les affections inflammatoires aiguës dégénérer en chroniques , tandis que celles - ci peuvent devenir aussi aiguës. Les dernières sont loin d'être rares, ajoute le même auteur : on en remarque dans le cerveau , où elles sont des causes fréquentes de la manie , de l'apoplexie ou de l'épilepsie. Les travaux de tête continus , les passions violentes , les remèdes
(i) Œuvre» diverse^ de M. Pujol , t. L
V ALÉSIONS ORGANIQUES DES VISCERES. 5^5
stimulans, les préparations mercurielles donnent souvent lieu à des affections cérébrales de long cours. On a été loin de méconnaître les pleurésies occuhes ou latentes. Les suppurations sourdes de la poitrine supposent une inflammation le plus souvent lente et faible y et n'«st-il pas prouvé par l'observation que le médiastin , le péricarde et le cœur lui-même sont sujets à de pareilles inflammations? Il parait même que les affections qui avaient auparavant un caractère d'inertie ne deviennent funestes qu'après avoir pris le caractère de l'inflammation chronique. Mais on doit être loin de conclure que toute obstruction forte est une véritable inflammation , puisqu'on ne peut nier les différences qui existent entre la circulation du fluide lymphatique et celle du sang.
5i4« D'un autre côté, un esprit exact peut-il rapporter la cause primitive de la dégénérescence orçanlque des viscères à une prétendue inflammation des vaisseaux blancs? Quels vaisseaux blancs veut-on indiquer ?Sont-ce les exhalans, les absorbans, etc.? Si ce sont les exhalans, l'affection désignée n'est plus qu'une inflammation ordinaire , d'après la théorie la plus généralement admise : dans ce cas pourquoi un nom nouveau? Veutron parler des absorbans?Mai9^ rien n'est plus obscur que les lésions physiques de ce^ vaisseaux, surtout de ceux qui sont disséioiinés dans les organes intérieurs. En outre, quelle preuve a-t-on que, dans une masse désorganisée, comme un squirre, un cancer, etc. , le mal ait commencé par une lésion des lymphatiques ? N'est-il pas constant, au contraire, que , dans beaucoup de cas , ces maladies ont leur origine dans des tubercules héréditaires qui ii'ontaucua
524 I-lÉSIOIfS ORCANIQtn» FAHTIOTLIEIIBS.
rapport avec les inflammations blanches ou rouges ? On ne nous a assurément rien appris en disant que la classe des maladies organiques laissait beaucoup à désirer ^ova le rapport nosographique ; mais nous ne croyons pas que ce soit par des théories hypothétiques et des explications hasardées^ cpi oh fer a faire des pro^ grès à cette partie de la science des maladies.
5i5* L'auteur d'un Essai sur les inflammations chroniques des viscères a cherché à faire connaître ^ sous un autre point de vue^ les causes qui peuvent les produire y et les indices qui peuvent servir à les manifester. Parmi ces causes^ il compte les modifications du tempérament , tm état d'épuisement à la suite d'exercices immodérés , une trop grande application aux travaux du cabinet , l'abus des évacuans y les longs chagrins, les évacuations supprimées, etc. U rapporte ^[alement, parmi les indices de ces maladies^ la tuméfaction des parties engorgées , l'accélération du mouvement artériel , une sorte de douleur locale qui se manifeste surtout par la compression , une lésion des fonctions de Forgune, ce qui est cependant sujet a des exceptions, puisqu'on peut citer des exemples de vomiques du poumon qu'on n'avait jamais soupçonnées. Cet auteur va plus loin, et il cherche à faire voir les diflerences essentielles qui indiquent que le vrai siège de la \és\on se trouvé dans les méninges ou la substance cérébrale , dans les poumons ou dans le cœur, dans le parenchyme du foie ou ses membranes, vers la partie supérieure de ce viscère ou da^s sa partie concave ; il cherche aussi à faire connaître celles qui sont particulières à la rate , aul voies Urinaires-/ à la matrice et à ses dépendances. Mais il faut convenir qu'il reste encore
lisiONS OROANIQXJES DU CTRVEATr. 5^5
l>eaucoupd'ob8curilés(ians cette matière , et que, dans l'état actuel de nos connaissances, on est loin de pouvoir distinguer les diffërences qui existent entre le3 lésions de structure des viscères par une inflammation chronique et latente, et celles qui sont indépendantes de cet état : il est donc nécessaire de réunir encore les considérations auxquelles on peut se livrer, sous ce double rapport , sur les lésions d^ chacun des viscères , malgré les recherches faites dans ces derniers temps; mais il est bon d'appeler lattentioii des médecins sur les lésions profondes désignées par quelques auteurs sous le titre de ramollissement du c^n^eau , et qui sont très-Jignes de remarque,
XÉSIONS ORGANIQUES PjdRTICULlÈRES DU CERVJ^jiU OU Z>ES MÉNINGES.
5i6. On a beaucoup multiplié les observations sur les changemens que peut éprouver l'organe encéphalique, soit dans sa substance propice, soit dans celle des méninges, et on connaît les diverses altérations qu'il peut éprouver à la suite des coups , des chutes ou des blessures. Ces divers objets sont du ressort de la chirurgie. On connaît aussi les excroissances fongueuses qui semblent pulluler comme d'un fonds inépuisable à la suite de ces accidens divers, etrdont le traitement est purement chirurgical. Je ne dois pas non plus revenir sur tous les changemens que peuvent éprouver le cerveau et les méninges dans ôertain^s maladies coniprises.soit dans la classe des phlegmasies, soit dans celle des névroses : toutefois, comme les fonctions du cerveau sont enveloppées d'un voile obscur,