XÉSIOIVS OROÀm(lUES PARTICULIERES
et qtfon est encore bien loin d'avoir déterminé jusqu'à <juel point ces fonctions peuvent être troublées ou interrompues par des changemens de s£ructure , soit dans la substance cérébrale , soit dans les méninges soit enfin dans les os du crâne , il est utile d'exposer ici le résultat des recherches multipliées qu'on a faîtes sur cet objet, d'autant plus qu'il est souvent douteux si on doit les considérer simplement comme des variétés accidentelles de structure et sans aucun rapport à %xn état de maladie, ou a on doit les rapporter à un çtat pathologique.
617. On sait que Meckel, dans ses Observations anatomico -- physiologiques , cite, parmi les causes physiques d'aliénation une plus grande gravité spécifique du cerveau {Mémoires de VAcad. de Berlin ^ lom, XX) ; et il remarque aussi qu'il peut y avoir des altérations particulière^ dans cet organe par la formation d'une certaine matière calculeuse dans quelquesunes de ses parties : à ces considérations il ajoute ses propres conjectures sur les effets qui doivent s'ensuivre de la congestiiMi de la lymphe, d'un sang acre , d'une grande détermination du sang à la tête, ou de la compression du cerveau, ou de l'irritation produite parle pus, ou d'une irritation particulière exercée sur la paire vague. On ^eut ajouter à ces considérations celles qui ont été faites sur le même objet par Willis, Morgagni , et plus récemment encore par Jean Greding , médecin allemand : mais n'a-t-on pas tiré des résultats trop généraux de quelques faits particuliers?
5 18. Il en iest de même des remarques noinbreuses ~ et très-multipliées sur le volume plus ou moins grand ' de la tête dans l'homme, relativement aux lésions des
LlésiONS ORGANIQtHES DU CERTBATf. 52 f
fonctions de l'entendement ; sur la forme du crâne , qu'on a trouvée quelquefois allongée et comprimée sur les côtés, d'autres fois ronde et plus ou moins rapprochée de la forme sphériquej sur des épanchemens entre les méninges; enfin sur toutes les particularités qu'on a trouvées dans les ventricules latéraux , la glande pinéale, le cervelet, la glande pituitaire. On a cru pouvoir par là remonter aux causes des lésions des fonctions intellectuelles, parce que toutes cesdiO^ férences ont eu lieu quelquefois sur des personnes mortes dans un état de manie, de mélancolie, dç démence ,^ d'idiotisme ou d'épilepsie. Mais combiei^ ne doit-on pas être réservé sur cette correspondance entre les lésions des facultés morales et les particularités de conformation que peuvent offrir les parties du cerveau ou du cervelet , les membranes ou les os qui leur servent d'enveloppe ! On peut consulter sur cet objet la septième section de nion Traité médico-phi'losophique sur V Aliénation mentale^ 2* édition, Paris, 1809. Combien de travaux et de recherches ne faudrait-il pas d'abord faire sur toutes les particularités de structure que peut offrir l'extérieur ou l'inté-^ rieur de la tête indépendamment des Msions de l'entendement! Je puis attester que, dans l'hospice de la Salpetrière , où les ouvertures des corps ont été , en général , faites soit sur les infirmes qui ont succombé à diverses maladies, soit sur les aliéi^iées , il s'est trouvé plus souvent dans les premières des différences frappantes sous ce rapport que dans le* dernières.
519. On sait que l'analogie qui règne entre l'instinct des animaux et les différentes £icultés de Fhomme a
5l8 LESTONS OKÔANIQUES PARTICUUERBS.
filé rattention du docteur Gall (i) ; le cerveau elanc l'organe auquel se rapportent ces fonctions , est devenu l'objet de ses recherches ; il l'a considéré comme un composé de plusieurs organes qui sont aussi indépen-* dans entre eux que les fonctions qui en naissent , et dont chacun se trouve logé dans une dépression de la face interne du crâne qui lui correspond exactement. Il a attribué ù l'accumulation de ces organes le développement et l'augmentation de la masse cérébrale de haut en bas et de derrière en devant. D a ajouté que les instincts des animaux conviennent également à riiomme , et se rencontrent en lui avec leurs organes ; que , pour les facultés qui lui sont propres exclusivement^ il possède des organes nullement existans dans les autres animaux , et il a conclu que le perfectionnement des facultés est en raison directe du développement du cerveau de bas en haut et de derrière en 'devant; d'où la variété que Ton remarque entre les facultés de l'homme et celles de dijQférentes espèces d'animaux simplifie la connaissance de celui-ci par l'inspection seule de la tête. Trente organes figurent dans ce tableau, et on y trouve aussi leur siège. L'or^ gane du courte, par exemple , existe^ suivant Gall , dans le cerveau, à l'endroit qui répond à l'angle postérieur et inférieur des pariétaux , et celui de la mémoire est là où répond la partie antérieure ou inférieure du frontal. Dans ces parties^ ce médecin croit avoir observé un plus grand développement de la masse .cérébrale. Sans doute que l'anatomie comparée a beau-'
(i) Des Dispositions innées de Vâme et de l'esprit^ GaU et Spurzheini* Paris, i8ii.
LESIONS ORGAmQUES DES FOÛMONS. 5a(\
^oup contribué à l'explicarion de quelques - unes.des fonctions de rhomme; mais il est plus que douteux qu'elle puisse être Utilepour Fétude deses facultés intellectuelles- En supposant même que Içs cofinaissariees da l'anatomie permet,teiRt,(^ .cpnçlure que c'^st en raisoâ du volume et dq la dispçrsitipn intérieure du cerveau des animaux que leurs sens sont plus nombreux et plus exquis, et que leur instinct est plus accompli , on n'en devrait pas conclure que.q'est jde la même cause que dépendent quelques facultés qui ne doivent leur existence et leur énergie qi^'aux. circonstances qui les font naître. N'était-il pas convenable, d'ailleurs, que l'auteur appuyât son système sur quelques expériences?. Les observations pathologiques appelées en témoignage n'ont pas été favorables à cette théorie : comment aurait-on prouvé que les facultés de l'homme et, des ani^ maux sont toujou,rs troublées ps^r ,les lésions du cerveau, et, dans des ca^ contraires, commçnt rendre compte de ces maladies mentales qui se développent quelquefois subitement sans que la tenture et la conformité du cerveau aient changé en aucune manière ? 11 est donc manifeste que le système du docteur Gall ne repose que sur des idée^ hypothétiques et nuUqment sur des notions exactes d'anatomie.
DES POUMOKS.
520. La difiiculté de remonter à la vraie c^use de ces lésions se déduit facilement des reéh'erches faites avec tant de sagacité par Morgagni (Episf! Xf^^ de CauS. et SedibiMorb' ) sur la diversité dès obstacles
55o USIONS OE6ANIQUKS PARTICtTLieRES.
qui peuvent troubler la respiration p et qui peuvent se trouver quelquefois dans la tête p quelquefois même dans le ventre , outre ceux qui peuvent avoir leur fi^e dans les poumons mêmes ou leurs dépendances. Boerhaave avait été plus loin en avançant qu'il n'y avait presque aucune partie du corps qui ne concourut à cette fonction ; c'est ce qui fait souvent une trèsgrande difficulté dans les maladies , pour remonter à la vt*aie cause d'ime lésion quelconque qu'éprouvent les poumons dans leurs fonctions. Willis, par exemple , a confirmé , par ses propres observations que, dans Tasthme convtdsif de ceux qui ne pouvaient respirer que dans une portion droite ou qui semblaient mori^ bonds dans une position horizontale , on trouvait alors dans le cerveau , après la mort , une congestion de sérosité qui affluait vers l'origine des nerfs qui vont se distribuer aux poumons ; il peut même arriver que , sans aucun vice du poumon, mais seulement par la faute, pour ainsi dire, des nerfs, la respiration soit troublée , conune cela survient dans de violentes douleurs. S'il arrive , en éflFet , que les nerfs qui servent à la respiration , ou ceux qm ont quelque connexion avec eux, soient irrités, comprimés , ou lésés d'une ma* nière quelconque, il peut en résulter une l&ion plus t)u moins grave dans cette fonction.
521. La cause qui trouble la même fonction peut -aussi exister quelquefois dans un des viscères de Fab-* domen. Il parait en effet , d'après les observations les plus précises , que dans certaines affections de l'estomac, du foie , de la rate , ou d'une partie quelconque de l'abdomen qui a quelque connexion avec les organes ûa la respiration , celle-ci peut être entièrement trou-
LIIONS ORGANIQUES DES POUMOltS 55 ï
Wee ou intervertie. L'estomac distendu par des flaluowtés , ainsi que quelque autre partie des intestins , ne peuyent41s pas devenir un obstacle à Fabaisseûient du diaphragme ? Morgagni parle d'une femme attaquée d'un asthme qui , ayant succombé , n'oflfrit à Fouverlure du corps aucune lésion dans les poumons ; mais tous les intestins , et surtout le jéjunum , étaient extrêmement distendus. Le volume du foie étant beaucoup augmenté , ne peut-il pas , par son poids , s'opposer fortement à l'élévation du diaphragme , et nuire beau* coup aux mouvemens alternatifs de l'inspiration et de l'expiration ? N'a-t-on pas trouvé aussi , dans plusieurs tumeurs du pancréas^ la cause d'un asthme violent qu'éprouvait une personne pour laquelle Albertinus avait été consulté ? Que de circonspection ne doit point alors avoir un m^ecin dans son jugement , lorsqu'il s'agit de prononcer dans des cas analogVies!
522. J'omets de parler ici des obstacles qui peuvent troubler la respiration , et dont le siège peut être dans l'ouverture de la glotte , dans le larynx ou la trachéeartère , et je m'arrête à ceux qui sont inhérens àla substance des poumons. On doit mettre de ce nombre tout ce qui comprime , obstrue ou rend moins flexibles , soit les cellules des poumons y soit les conduits qui vont y aboutir^ comme la trop grande distension des vaisseaux sanguins de ces parties ^ ou/lout ce qui retarde le cours du sang à travers les poumons, ce qui peut arriver aux personnes pléthoriques qui accélèrent leur marche, ou dans le cas d'une fièvre ardente : il en est de même de la pousaère qui se dissémine dans l'air, et qu'on est oblige d'inspirer, dans certaines professîcms. L'obstacle peut venir aussi d'uiie cause inhérente à la substance des pou-
552 LESIOTCS OROÀNIQHES PARTlCULlfeRKS.
mons , coînme lorsque , dans un âge avancé , les cartilages des bronches deviennent osseux. N'a-t-on point appris aussi qu'il se forme quelquefois dans les poumons des concœtions calculeuses ou lophacées , qui peuvent gêner plus ou moins , ou empêcher Fair respiré de parvenir jusqu'aux extrémités des bronches? On a fait plusieurs remarques sur la dureté plus ou moins grande de ces concrétions , les signes qui peuvent indiquer leur présence , et les moyens à tenter dans leur traitement. £lles sont quelquefois semblables à la- matière qui se forme dans les articulations des goutteux , et par conséquent friables et comme dVne nature crétacée ; d'autres fois elles ont la dureté du silex et peuvent peser plusieurs grains. U n'est pas rare de voir naître d'une cause semblable des. asthmes , une toux incommode , l'hémoptysie, ou même la phthisie ; d'autres fois ces accidens n'ont point lieu (/îecAerc^i? ^r la Phthisie pulmonaire^ par Bajle^ Paris, 1810). L'origine et la naf;ure intime de ces diverses altérations sont par elles-mêmes três-obscures , excepté pour certains esprits qui ont imaginé d'expliquer, par une prétendue lésion des vaisseaux blancs ^ tout ce qui , dans cette matière , est ettcore inconnu oii inexplicable.
525. J'ai traité ailleurs des obstacles à la respiration ,qui peuvent naître d'une hydropisie du péricarde, ou d'un anévrysme du cœur ou de l'aorte ; il suffit d'indiquer un autre cas très-rare > mais qui est cependant constaté par l'observation : c'est la formation.au-dessous de la plèvre d'une tumeur stéatomateuse plus ou moins propre, par sa position et son volume, à comprimer un des poumons, et à mettre de la gêne dansl'introducticm de l'air ( Boerhaave^ Atrocis morbi historia altéra ).
LÉSIONS ORGÀNIQtHES ^DU FOIE. 555
zésiOKS ORGANIQUES PjéRTICULlèRES DIT FOIE.
524.' Peu de viscères offrent autant de variétés que le foie pour son volume , sa position , son étendue plu^ ou moins grande à droite et à gauche , ses connexions avec les parties voisines , sa couleu^ pâle , foncée , cendrée, livide , noirâtre ; son degré de consistai^ce et sa dureté jusqu'à la formation du squifre , le développement de la vésicule biliaire, les fluides qu'elle contient ouïes oMicrétions qui s'y forment. Mais je dois me borner ici à quelquesi considérations qui soient indépendantes d'une phlegmasie aiguë ou chronique et connue par des signes non équivoques. Je renvoie d'ailleurs à l'ouvrage de Morgagni ( de Caus. et Sed. Morb.yEp. XXXF'Il) pour faire connaître les causes multipliées de l'ictère et l'influencé particulière que les affections, morales peuvent exercer sur la sécrétion de la bile.
525. Ictère des nouveau -nés. Cette maladie et 5on traitement sont indiqués par Van-Swiéten , et par Undèrv\rood , dans son Ttmtédes Maladies des En-- Jans ; Morgagni la regarde comme une affection assez générale ,*par une? suite de changemens survenus dans la circulation à l'époque de la naissance , et il remarque que quinze enfans dont il avait été le pèrç , en avaient donné des indices plus ou moins marquées à Tépoque de la naissance ( EpisU XLVIII\ Comme cependant il en peut résulter des effets plus ou moins nuisibles , et qu'il importe beaucoup d'approfondir tout ce qui tient à l'institution des enfans , la Faculté de Méde-
534 LESIONS ORGANIQUES PARTlCULlènES.
cine de Paris proposa en i jSS , pour sujet d'un prix ,* de décrire V ictère des nous^eaurnés y et de distinguer les circonstances oit cet ictère exige les secours de l'art ^ et celles où il faut tout attendre de la nature* Le prix fut dëcemé au docteur Baumes.
526. L'auteur, pour mieux faire connaître la nature et la variété de l'ictère des nouveau^nés, procède par la voie analytique, c'est-à-dire qu'il rapporte une suite de faits particuliers. Dans la première observation , nulle erreur de régime ; l'enfant est lavé avec une eau savonneuse tiède , et mis dans ses langes sans maillot; plusieurs cuillerées de petit-lait miellé sont données avant qu'il puisse prendre le sein ; il est lavé de nouveau douze Nheures après la naissance. Alors couleur jaune de la peau , évacuation du méconium , souplesse du ventre ^ et point de résistance dans les hypochondres ; lavages continués , frictions sèches sur le ventre, boissons relâchantes , et guérison de la jaunisse dans trois jours. Dans une autre observation , ictère survenu aussitôt après la ligature du cordon ombilical, et guérison obtenue par les mêmes moyens. Dans im troisième cas , ictère survenu quarante heures après l'accouchement par le peu d'évacuation du méconium; angoisses, vomissemens (eau de sa^fon prescrite en las^emens , boissons légèrement purgatives , ai^ec l'edii de rkur* barbe et la manne , frictions sur le ventre ) ; évacuation d'un méconium épais et poisseux, et bientôt après guérison de la jaunisse. Parmi les autres cas , on doit distinguer l'exemple d'un ictère causé par un lait de qiûnze mois donné au nouveau-né , qui d'ailleurs avait peu évacué de méconium après vingt-quatre heures depuis sa naissance ( mêmes remèdes , avecJomenU^
tlons sur le ventre et changement de nourrice). Ua autre cas donne un exemple des erreurs du régime ^ par des préjugés d'une bonne femme qui avait gorgé le nouveau-né d'huile d'amandes douces pour faire évacuer le méconium , et qui avait causé par là un plus |;rand embarras dans le conduit intestinal y des coliques cruelles , 1^ constipation , l'ictère , Içs convuljdons : rétablissement prodiiit peu à peu par la boisson d'une e^u de chiendent sixcrée. . . • Une erreur de régime bien plus funeste est de donner au nouveau-né du vin sucré ^ sous prétexte de le rendre robuste. Cette pratique ^ mise en usage dès la naissance^ produisit, dès le second jour ,1a constipation , des cris aigus, le vomissement ,. l'ictère, la sécheresse de la peau, et un dépérissement qui se termina par la mort dans une quinzaine de
jours. Enfin l'ictère des nouveau-nés peut être
la suite .d'une maladie éprouvée par la mère durant la grossesse, et tjenir a une affection du foie, M. Baume» rapporte l'exemple d'un nouveau-né ictérique qui succomba vers la quatrième semaine. A l'ouverture du corps, pn trouva un petit abcès au foie ; la mère^ durant sa grossesse , était tombée dans un état de lan-*gueur à la suite d'une longue dysenterie.
5^7. Les causes générales de l'ictère des nouveaunés peuvent donc être rapportées, soit au changement de la circulation qui s'opère à l'époque de la naissance^ soit à des embarras gastriques causés par la rétention du méconium , le lait d'une nourrice anciennement accouchée, l'abus des huileux ou des spiritueux......
Il peut aussi tenir à une maladie antérieure de la mère durant sa grossesse. Le ventre et les hypochondre»: peuvent n'être point tendus, et àlprs il faut attendre
Zi6 LESIOirS ÔRGAmQUES PARTICUUiwS.
tout de la natnre , à l'aide de quelques doux laxatifs» • • . Mais d autres «ymplômes , tels que la constipation , le Tomissement , des cris aigus , la sécheressie de la peau , peuvent demander des secours actift. Que peut-on faire quand ^l'ictère tient à un vice organique? Les exemples fréquens d'ictère Jwtr des erreurs de régime montrent colnl^ien les notions simples et naturelles de
l'institution primitive isont peu répandues.
528, Concrétions biliaires. Sbemmerîng reprit ,
•en 1795 (i), la suite des recherchés qu avait déjà
faites Morgagnî , et il remarijue <Jue les concrétions
'biliaires sont une cause très-fréquence de maladies
douloureuses dont les suites sont sbiiVént funestes , et
sur lesquelles la médecine n'a c(ue' tfèà^peû de prise,
quoiqu'il y en ait jieu dont l'étiologie soit mieul
connue ^ et qu'on n'ait rien néglige pôùt en obtenir la
cure radicale. Les concrétions biliaires 'varient en
nombre , en grandeur , eh poiçk, en cônletir , en.
formé , ainsi que par la haturfe dé ïéuf substance ,
et par les organes où on les trouvé ,' 'ptiîé<|u'on en
rencontre non-séulément danis les conduits de là bile ,
mais encore dans l'estomac et dans tout le trajet du
conduit intestinal. Les vieillâfrds soht surtout sujets
^ ces concrétions , les femmes plus qiie? les hommes ,
et , en général , tous ceux qui tnènient une vie séden-
^taire et peu active. De là la facilité que j'ai eue ntoi-
même , dans l'hospice de la Salpetrière , de voir les
concrétions biliaires sduè les formes les plus variées :
( I ) Recherches sur lés Concrétions biliaires du corps hurmùn, par S. Th. Sœujmering j 'traduit du latin par F. M. Hémond* Paris j i8u. . •
, LÉSIONS ORGANIQUES DTT FOlU; ' 55j
elles sont tantôt jaunes, cendrées , noirâtres , marirées , fauves ; tantôt blanches , couleur def perles ou de blanc de baleine , et brillai^tés dans leur intérieur ; leur surface est quelquefois 'ai*iguleuse et taillée à facettes plus où inoins multipliées : néanmoins elles ^nt souvent arrondies ou ovales '^ et plus ou moins allongées ; quelquefois aussi elles sont rabo^ teuses ou tuberculeuses ', et recouvertes 'd'une sorte d'écorce à demi-iransj)âretttet, à la manière de^' perles : elles peuvent avoif auksii difféi'eils degrés dé dureté ou de mollesse; Wàltéi' les à classiôées suivant ieurs difféi-ences de fbrifiî^ , et Fodrciroy d api^s'lefur riature, 5^9: Suivant^ ' la Aalysé chimique qu^éii' ont faite Dietérich et- d^autrëà'dhîmîîtès,* ces cdiiciétiôns sont 'JTidissolublès dafas réati>' même avec le secours de la trituration -et dé îa'Chàlèiir'j cilles 'brûlent et répan- •dent une odeur de ciré j elles se dissolvent datls Pacide sulfurique cofftcentt-éV'^n répandant une odeur de sbufrè , et kî^ift 'un* résidu t^ésittèui V disHllées au baiiide sable v'ëîIéS'dôhheiit' beaucoup dé ^azâcîde i^rbbniqûé et du gaz hydrogèhe , 'èhstïite* des vapeùri iiébulcuses, puis iî patôe daiïé ie rédibieiit une liqueur ammoniacale jàiiiiâtre , sur ladùellè nage une iiuile empyreumatique ', visqueiiàé. 'Le réisidli' est un ♦charbon brillant , léger et qiii*briÈflfe dîfficilètnent. Si l'on dissout dans ràicidte nitrique* 'Ibi terre qui 'reste "àpiiès là combu^tiori ;'et que Fôii'verfe isiir èëtte sôlu^tîon de Tacide ôxaK^ fôible ; ëllè se frdiiblè y ce «qui rend vraisemblable que cette terre n'est autre iiihose qu'un phosphaté'cdcaire.' Diëtertèh à conclu de ses recherches <jue ceà cohcrétiôm^ Wliàîres cônte4 Jiaient o,85. de leiir poids ^'uiieknatiére semblable à
558 lisions OEGAinQiTEs farticuijehbs; Jla cire y et o, i5 d^une matière glutineuse et lympha-^ tique. Foarcroy y qui a analyse des concrétions bi'<liaires tirées des quadrupèdes ^ a vu que les unes étaient formées d'une matière très-semblable à de Tadipocire ^ et* que d'autres n'étaient qu'une bile épaissie : les unes et les autres étaient différentes de^ <cona*étions tirées du corps humain.
' 53o. On voit souvent-, surtout dans les hospices p àes concrétions biliaires , tnéme voliunineuses , res^ iées dans la; vésictde jusqu'à la mort sans jani^is se manifester par aucun symptôme, caractérisé. Quelquefois elles prpd^i6ent un seijttinient de pesanteur , surtout quand ^pn est couché sur le côté gauche. . Sou-^ vent aussi elles donnent lieu à un sentiment de pression dans la .région épigastiique. Les symptômes se font apercevoir avec plus ou moi^ de vivacité , suivant le volume , la âtuatipn et la fofme dci la ^ncré- ,tipn, et suivant que l'estoipac est plus ou moins rempli. Quelquefois les concrétions , en chajj^geant de position y produisent une douleur semblable à celle 4e la colique , ce qui est , sans doute ^ une suite de J'îrritation produite sur les nerfs hépatiques. Les autres effets des calculs biliaires peuvent être 4^ éructations acides, des vomissemens, de^ dbaleurs. passagères dans l'estomac , la constipation pu la diarrhée y des jévacuafions d'une matière blanche à la suite d^ paroxysmes de la douleur : un ictère, général ou par^ tiel accompagne ces symptômes. Lorsque les dour lejurs produites par cette cause sont très - vio}enles ^. .elles peuyent doimer lieu à des vertiges , des spasnoiie^, ^sconvulsions et d'autres afflictions graves: on les a vues causer tantôt l'asthme ^ l'hydropisie «sciie^
LESIONS OUGAiriQtnElS DU FOIK» 5$g
Tan^sarque; tantôt des congestions hémorrhoïdales , Tinflammation et Fulcération de la vésicule , et même des conduits biliaires. . Ces paroxysmes , le plus souvent périodiques , se répètent à diffërens intervalles p tantôt de quelques heures ^ tantôt de plusieurs jours , ou même davantage.
53,1 . On a. multiplié les expériences chimiques pour reconnaître le vrai dissolvant des cpncréùons biliaires examinées hors du corps de Fbcffpniie , et Ton a employé, çcmime médicamens , différentes liqueurs, salines , telles que la M)lution de. sel ammoniac , de soude et de potasse * Teau de dbam: : on a fait^us^g^, dans la même intention ,■ des sucs^ récen^t et des exr traits de saponaire , de chiporée , de cbiendeût , dt fumeterre ; on > a regardé aussi les fcuits bien mûrs comme dbuÀ d'une qualité fondai|tQ« Un autre mé^ dicament vanté est fcelui dont:6n doit la découverte à Durande. Ce naédecin , après avoir fait èontinuer peiidant quelque iemps l'usage. d«s iretaèdës éipolr liens , donnait aux .malades quji avaient des signes de •concrétions biliaire un mékngje de ti:ois parties d'éther sulfurique et de deux partie;»' d'^prit ou essence de térébenthine y k là dose deideux^scrupules j et il ileur faisait pr^idre quelques boissons , telles que lô. petitr lait, des> bouillons de;veau ou de chicoi!ée.> fetci JUdit avoir vu par ce moyen les concrétion» : se. c^ssoudre, et , lorsqu'elles n'étaient pas rendbi^^à l^tat ccmcr^f, sortir par les selles altérées sous la forme d'une ina^tière jaune ou semblable àidela poix, et les accidéfts dé la maladie se ca&naiisnt alors, thirande a publié les résultats de ses observations snr^l'efficaeité de ce remède, dont Scemmering pjétendaussi avoir constaté
*54ô L&IONS ORCANIQUÏS PARTICULIÈRES;
les avantages } mais lorsqu'on est un peu sévère dans ses jûgeniens y on "a de la peine à accorderque l'action de ce dissolvant s'exerce, comme on le suppose, à travers 1«5S membranes du duodénum et de la vésicule. £n admettant, eômme le disent lès rédacteurs de la Bibliothèque germanique, l'authenticité des guérisons opérées par ce remède-, on ne peut que rester en doute sur son action dissolvante, et puisque des observations sans nombre indiquent que ces concrétions peuvent demeurer pendant bien des années >> et jusqu'à la mori de l'individu, dans la vésicule, sans produire la moindre irritation; on doit présumer que tout son effet' doit «e borner à rétablir les organes biliaires dans l'état le plus convenable pour en |n*éveni]: la formation, ainsi que le ^ développement des motivemens spasmodiques propres à déterminer ks accidens qu'on a tort d'attribuer tmiquenient a^ leur présence.
532. Hydromsic ffNiorsTBE ni foie. Un des chan- ^emens lès plus t^eknarquablesque le foi^e puisse éprou*ver dans sa sthicture ,' "est ce qu'on appelle A^éirop/^ie enkjÈtée^ du foie ^ ce qui compi^nd la formation des hycftà^és^q^i sboi; quelquefois produites dans sa substance. Ces^t sous- ce-rapport? que je dois donner un extrait sortmiaire d'uii mémoireitrés-curieux inséré daés le Journal de Afédecine> '31^9(1801), et publié 'jttir:lJastos,^ souille' titre dé Beçkerches et Obser-^ ^i^tiôHs sur tB{)^dr6pide enkystée du foie. Ce^^J(ei maladie n'est point' rare, et cependant on en trouve peu 'd'exiémples dansr les remets d'observations. On sait *aussi ;qu'^ peut se fortner des 1 fiydatides sur tous les viscères du bas-ventre, principiJement dans le foie^ k l'intérieur de ce viscère^ ainsi qu'à sa surface con--
lisiOf^S ORGANIQUES DU F0U5. 5^1
"vexe et concave. 11 n'est pas rare d'en trouver dana le ventre des quadrupèdes, et surtout des moutons. Tantôt elles sont renfermées dans un kyste formé par du tissu cellulaire ^ mais isolées , sans adhérence entre elles ni avec le kyste ; tantôt 'elles existent seules sans kyste f disséminées sur la surface des viscères et des membranes, et quelquefois réunies, liées les unes aux autres en forme de grappes de raisin. Toujours d'un assez petit volume , blanchâtres , transparentes , elles contiennent ,une liqueur aqueuse très-limpide. C'est , conmiif l'ont observé Tyspn , Redi , Pallas y Bloch et plusieurs autres naturalistes, un ver ou un animalcule d'une etspèce particulière, dont le corps se termine en une ves3ie pleine d'eau , . et qu'ils oni nommé lumbricus hjdropicus j tœmct. bx^datigenajf permis vesicularis; mais on né doit point prendre pour des hydatides ces tumeurs aqueuses enkystées qui se forment en différens endroits du corps, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, m<ème sous la peau , partout où il y a du tissu cellulaire , et surtout dans celui dû péritoine. Ces tumeurs, il est vrai, cpntiennent quelquefois des hydatides ; leur Jcyste est toujours épais, et l'on y trouve une sérosité plus ou inoins limpide, de couleur citrine, verd^ltré et comme saniguinolente ; lorsqu'il existe sur un viscère, il est primitivement formé par la membrane extérieure de ce même viscère, .laquelle est soulevée par l'accumufcition lente et sijcpessive de; plusieurs vésicules aqueuses ou hydatides formées dans le parenchyme qu'elles dépriment, qu'elles usent cpmîi;ie par érosion , en y faisant autant^de loges ou celluler. La maladie est donc i^écessairenaaait. çjinronique avec }a dçstructîoA di^
542 LESIONS ORGANIQUES PARTlCULlèMS.
viscère qui en est le siège. On en trouve un exemple dans le recueil d'observations de Camérarius : j en ai vo moi-même deux exemples à la^lpétrière; et dans Tun d'eux le kyste avait pris une consis^nce osseuse et avait son siège à la face concave du foie. Un homme , dit Lassus, avait le teint pâle , et se plaignait sans cesse de pesanteur et de douleur dans la région épigastrique , où on sentait une tumeur dure, rénitente et inégale ; il respirait avec peine. U fit un jour une chute de cheval , et mourut dans l'espace de cinq à six heures. A l'ouverture du corps*, on trouva la quantité d'environ trois pintes d'eau épanchée dans le ventre , et à la partie inférieure et concave du foie Un grand kyste qui était attaché à ce viscère, et qui contenait encore un peu de liquide et une douzaine d'hydatides.
zdflOKS ORGJlNiqUES PjiRTJCULJÈRBS DS LA RATS.
535. Les auteurs rapportent {Recherches sur la Rate y par Assolant, Paris , 1 80 1 ) beaucoup d observations d'anatomie pathologique sous le titre de ^^w/rre^ de la rate. On a trouvé sur des rates d'hommes et de femmes morts de maladies de pomnon, ou autres dans lesquelles la rate n'est pas ordinairement affectée, des concrétions répandues çà et là dans le tissu de cet organe : on en a retiré plus de quarante de quelquesunes. Leur forme est sphéroïde, leur surface inégale, bosselée et comme verruqueuse; leur diamètre est ordinairement d'une ligne ou d'une demi-ligne ; eUes adhèrent au tissii de la rate par tous les points de leur circonférence. Cependant cette adhérence est toujours
lisiONS ORGANIQUES DE LÀ RATE. $45
beaucoup plus farte à un point qu'à tous les autires : nn filet prolongé dans le tissu de Torgane la produit. La consistaace de ces concrétions n'était pas fa même dans tous les individus qu'on a examinés ; elles étaient très-moUes et s'écrasaient avec la plus grande facilité <3hez un homme adulte. Dans d'autres cas , elles avaient l'apparence et la dureté d'un tissu osseux. Ces dernières f soumises à quelques essais par M. Barruel , se sont comportées de la manière suivante : i**. calcinée^ à blanc au chalumeau^ elles répandent une odeur de matière animale; se brisent et volent en éclats. :2^. L'acide acétique les dissout en partie dans cet état , avec un peu d'effervescence. Le carbonate de potasse précipite de la dissolution fiOltrée un dépôt floconneux , surabondant , qui est du carbonate de chaux ; et l'oxalate d'ammoniaque précipite de l'oxalate de chaux en assez gi-ande quantité. 3**. L'acide nitrique achève rapidement de les dissoudre; il convertit en charbon leur matière animale,^ et fournit par l'oxalate d'ammoniaque un précipité d'oxalate de chaux. L'acide phoèphorique n'a pu être isolé dans cet essai , sans doute à cause de la trop petite quantité de matière employée. 4**. Soumises! en t,otaKté à l'actioi^ de l'acide nitrique , ces concrétions sont complète-^ ment dissoutes j imç madère gélatineuse , jaunâtre , séparée des parties solides , nage dans la dissolution^ Celte dernière, filtrée et traitée par la potas^ et l'oxalate d'ammoniaque , donne des précipités calcaires. Les nitrates de mercure et d'argent y forment des précipités roussâtres , signes assez certains de la présence de l'acide phosphorique. 5**. Enfin la potasse caustique enlève leur matière animale^ avec laquelle
544 LÉSIONS OKOÀNIQUES PARTICULIÈRES.
eHe forme une sorte de savon , et laisse presque à nu leur matière saline. Ces essais permettent de conclure, je pens#, que ces concrétions sont formées, i"*. d'une quantité assez grande de matière animale facile à convertir en gélatine ; 2^. de phosphate de chaux avec excès de base. — Mais ces concrétions osseuses ne seraient-elles pas les mêmes que les concrétions molles? et les unes et les autres ne seraient-elles pas les corpuscules de la rate augmentés de volume, de consistance, ou bien entièrement ossifiés? Une foule de raisons faciles à saisir semblent JHSti^er ce soupçon.
554* Beaucoup de maladies ii^fluent sur l'état de la rate. i^. Les.fièvresadynamiques, ataxiques, puerpérales , ainsi que le scorbut , ont sur elle une action marquée et presque semblable. Qji a presque constamment vu cet organe altéré sur les corps de personnes mortes de ces maladies^ et dont ^l'ouverture a été faite à l'hospice de Clinique içiteme. Bayle l'a presque constamment trouvé augmenté de volume , diminué de consistance, facile à déchirer, plein d'une plus ou moins grande quantité de sang noir, épanché en appajren,ce, et coulant sous forme de sanie, dans plusieurs corps de personnes mortes de ces maladies, et, qu'il a ouverts à l'Ecole pendant Fan 1802. 2^. La gangrène paraît agir sur la rate de la même manière que les maladies précé(le^t|çs, comme semble le prouver l'observation suivante : une femme meurt à la* Qinique ,de perfectionnement , d'une gangrène survenue, à la jambe au bout de quelques, jours d'une fracture avec écrasement > et offre une rate très-volumineuse , noire , distendue par un sang de.même couleur et qui paraissait épanché. 3"*. Les maladies chro-
LESIONS ORCJtmQUES DE LA ltA*rB. 545
fitiques paraissent agir d'une manière contraire sur la rate : en effet , elle a été trouvée rosée , assez petite , et consistante dans le plus grand nombre de ces maladies. On lui a trouvé ce caractère dans cinquante sujets sur cent soixante-nfix-huit t parmi les premiers se trouvaient seize phthisiques. 4*^, L^hydropisie du ventre ûè paraît pas influer sur la rate d'une manière plus particulière que sur les autres viscères : tantôt on la trouvée saine , tantôt malade , quelquefois trèspetite, d'autres' fois un peu volumineuse , dans cette maladie. 5^. Mais de toutes les maladies^ il n^en est aucune qui agisse plus constamment et d'une manière plus nuisible sur la rate que les fièvres intermittentes et quartes : en effet, quoi de plus comniun que les engorgemens dé la rate à la suite de ces fièvres ? Cependant toutes ne les produfeent pas également 7 ni dans toutes les circonstances, i**. Us ne surviennent guère que dans les fièvres qui ont duré pendant un certain temps , à moins qu'elles n'aient été inconsidé-irément supprimées par le quinquina/ 2**; Les lieux bas, humides- et marécageux paraissent isUrtout les déterminer, soit que la fièvre intermittente sôit abandonnée à elle-me'me ou supprimée par les effets de l'art. 3*". Les 'drastiques administrés durant lés fièvres <juartes d'automne les occasionnent souvent. 4^- ^es^ maladies ne les produisent pas toujours îmtnédiaiement;* quelquefois l'influence des fièvre^ ifitérmitjielites sur la rate s'étend bien au-nlelà de leur durée ^ et une cause occasionnelle détertoihe subitertaerit un engorgement qu'on n'avait pas sôùpçofiné auparavant. 5**. Enfin , ce n'est pas' toujourà fa raté qUi est le «^g© de ces.engorgemexis ; le foie^ le méwntère ^tosoiit m. «5
546 LÉSIONS ORCAN1QT7ES PARTIGUL\ÈR£$-
aussi fréquemment afifectés. Ces concrétions ne san*^ noncent ordinairement par aucune douleur vive ;: quel* quefois un sentiment de gène les accompagne. Liorsqu'elles sont encore peu volumineuses^ il est impossible d'acquérir la certitude de teur existence f mais sitôt qu elles ont acquis un certain volume , et qu'elles dépassent les bords cartilagineux des dernières côtes ^ il est facHe de les reconnaître à une tumeur plus ou moins dure , et peu sensible en général. .
555. Quelquefois { non^seulement elles remplissent Thypodiondre ^ m^ elles «s'étendent jusqu'à Fhypo-* gastre, fombilic , etc. , compriment l'estomac et l'intestin , changent leurs rapports , et causent dans la digestioi;! des dérangemens entièrement dépendans d'une cause mécanique > et tout-à-fait étrangers par conséquent à la lésion des fonctions de la rate. Rarement ces engorgemens sont mortels par eux-mêmes ; cependant ils troublent plus ou moins la digestion ; ils gênent par leur masse tous les viscères abdominaux ; ils fatiguent par leur poids lorsqu'ils ont un certain volume, et ne permettent que difficilement aux ma- .kdes de prendre de l'exercice. Les membres s'amaigrissept , le ventre acquiert du volume ; quelquefois il survient un épancliement dans l'abdomen , ou bien .U1D& infiltration aux .membres. Communément alors .uixe autre mibiladie , peu grave en apparence, se déclare .jet .termine, les jours du malade. A l'ouverture des oorps, on trouve une rate -caractérisée, i^. par un volume qui > peu çonsidjérable dans quelques cas , est prodigi^^x dar^s (J^'autres f 2®. par un accroissement constfifnt, quoique variable , de la consistapce de la ,rat|) ,f et qui ^i^tinguq cette ^kéraùoja de; x^^ qui sont
LÉSIONS ORGANIQUES Dfe LA RATE. ^47
le résultat d'une simple congestion sanguine ; 5**. par l'apparence charnue âe la rate , disposition qui, bien qu'elle soit peu naturelle , n'éloigne pas autant la rate de son état ordinaire qu'on pourrait le penser ; 4"*. par la couleur vermeille de la Surface et de l'intérieur de cet organe , couleur que la moindre exposition à Fair augmente avec une rapidité surprenante ; 5**. par la petite quantité de sang et de sucs qu^elle Contient, etc., etc.
536. Il est peu de personnes qui ignorent que les apéritifs dissipent ces engorgemens lorsqu'ils ne sont pas trop anciens et volumineux. Torti^ dans ses réponses aux objections faites par Ramazzini contre l'usage du quinquina, affirme que ce médicament^ loin de produire des engorgemens de la rate, les dissipe en faisant cesser la fièvre et avec elle la cause qui produit l'engorgement. Mais le fer parait agir d'une manière plus Spéciale sur la rate : non-seulement il paraît prppre à prévenir l'augmentation du volume de cet organe , tiiais encore à le réduire quand il a été augmenté. Il résulte en effet des expériences comparatives faites sur des animaux de même espèce 1 et rapportées par Sœmmering, que la rate dfe ceux de ces animaux à qui on avait donné , pendant quatre ou six semaines , une certaine quantité de Hmaille de fer mêlée avec; leurs alimens , ou bien à qui on avait fait prendre pour boisson de l'eau où l'on iivait éteint du fer incandescéilt, était constamment moins volu-e mineuse que celle des autres ^ et que leur sang con*» tenait toujours beaucoup plus de fer, etc.
548 LESIONS ORGANIQUES PAKTIGUUiRïfr*
ZjêsZOKS ORGuiKIQUSS PjàRTXCULlÈRES JDES VOIESi URlif^IRES.
DIABÈTES SVCBÉ(l).
§ P*^. Considérations générales.
537. On a toujours lieu d'admirer l'exactitude et la précision avec lesquelles les anciens tracent les symptômes des maladies qu'ils ont observées. Arétée en donne encore un exemple dans la description du diabètes , dont il expose non-seulement les symptômes dans son plus haut degré de développement , mais enlîore les signes qui doivent le faire présager. On doit regretter que l'application indéterminée du mot diabètes à des éooulemens surabondans d'urine qui n'avaient point ce caractère , ait introduit dans la suite une confusion toujours nuisible aux progrès de la médecine* Desault remarque avec raison , dans son Journal ( Tom. I ) , qu'on a beaucoup trop multiplié les espèces de diabètes ^ et il n'admet que l'espèce qui provient d'un défaut d'assimilation ^ et celle qui tient au relâchement et à l'irritation des reins« Cette dernière est renvoyée à la médecine externe, qui s'occupe spécialement des maladies des voies urinaires ; l'autre appartient proprement à la médecine interne , et on verra encore ici un exemple des moyens subsidiaires que peut fournir quelquefois la chimie mé-
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(i) Synonymie,, Diabètes anglicus , Sauva^çis > MÉ ab 5 Diabètes mellitus , Collen , Sagaii ; Phlhisurie sucrée de MM. Nicolas et Gusudëville.
DIABÈTES SUCRIÉ. 549
dicale pour completet* Fhistpire des makdies. Ce n'est réellement qu'en 1778 qu'bn démontra f existence du. sùcrcf dans rtirine des diabétiques : cette découverte, due à Canley, et constatée en 1791 jiar Frank, avait tout au jplus été preàsèîilié par Willis au commencement dû dfix-septîème siècle , et entrevue ensuite en 1775 par Pool et d'Obsoh. Mais il faut avouer que Canlejr, ne portant son attention que sur la matière sucrée de tés ^rtes d'usine ,' avait laissé beaucoup à désirer. Il était nécessaire de chercheriez' autres principes qu'elle pouvait cçntênîr, et suVtout ceux qui entrent dans là cbrapbsitîori de Piirine ordinaire : c'est ce qu'ont Tait; en ïSàSyMM/ Nicolas et'Gueudeville. Il résulté de leuts recherchés que l'urine des diabétiques rie cohtient'pas seiïsîblement d'ùrée hi* d'acide urique ; qu*6n a peine à' y reconnaître quelques traces de phosphate et de sulfate f qu'il est impossible d'y troiivërdelVcide lîbré^; enfin qu'on n'y' démontre que dif Suci*è en gi^atide qùatitité, et plus ou moins de muriate de soude. 'Les deux observations suivantes , extraites dû travail d^ ces auteurs , poUrrcmt donner imeidéedé cette toaladiê. Une demoiselle habitant un des quartiers les plus élevés dé la ville de Caen , d'une taillé au-dessus de la moyenne, d'un grand embonpoint , les membres bien proportionnés^ et annonçant la force et la vigueur, avait le visage plein et frais pour son âge , ayant mené une vie assez active ; mais elle était^d'im caractère peu susceptible d'impressions morales , et parvint à l'âge de quaVante-deux ' ans sans avoir ressenti aucune maladie. A cette époque critique , cette fille éprouva des pertes abondantes qui devinrent bientôt journalières : elle re^ta dans cet état
55o LESIONS OROANIQUES PAI^TIÇULIERES.
jusqu'à l'âge de cinquante ans* Depuis cet accid^it la vue s'était un peu affaiblie^ les jambes étaient restées légèrement enflées j; la m^^ls^cle jouissait^ a>i reste, d'un très-bon appétit., et'fei^t un u^ge habituel du vin ^t du café. En avril iSq2 , elle commença à sç plaindre d'une soif extraordinaire j l'urine devint fréqueçU-e et copieuse , l'appétit augmenta, «la transpiration se supprima f l'abdomen devint le si4ge d'unç chaleur mordican^jc , le^ excrémens dçvinrei^t rares, dvirs; déjection trèsw^ouloureuse ; ^ufin diminution de l'embonpoint, bpifche n^iauvaise, gencives douloureuses. L^ perte de deux dents fit sortir la malade de son apatbiç ordinaire ; çlle employa divers rppy^m^ En mai i8o^, cçs sypiplomes a.vaient acquis unplus haut dfîg<^ 4!iu- ^ tensité , surtout depuis le carême , .pendant. lequel la malade avait vécu princip^ment 4c pJUntçs léguminenses'j lepp^ls était fréquent ètserrç j elle ne pouvait rester une, demiTheurcsi2m3^.jJiçâre;eIlç aurait, pu manger à toute heure; elle refidait douze à quinze pintes d'urine en vingt-qu«^re h^rçs , quaintité supérieure dç plus de deux tiers au^ boissons. Pçn<çî^t les vents du nord l^^ soif était moms vive ; mais le basventre variait à la pluie ; i:ien ne pouvait la désaltérer ; les maux de têtf^ étaient fréquens, le sommeil interrompu, le contour de l'œil bouffi , la vue faible , la bouche présentant continuellement linç saveiur qu'elle ne pouvait définir; lanalive^ très-rare, ressemblait à un mucus un peu épaôs. La mala^de avait percfu les dents depuis l'été; lafaibless^, la bouffissure des jambes et des cuisses étaient telles, qu'à peine la malade pouvait faire quelques pas , même à l'aide d'une canne. Depuis l'origine de la maladie , le corps avait diminué
DIABIÉTES SUCRÉ. 55r
de plus de huit }K)uces dans sa circonférence , me*» isurée ià la ceinture. L'urine, louche, blanchâtre pen-^ dant Févîfporâttion qu'on en fit, répandait lirie vapeut* suave ,. mielleuse, qui trdmpiait Tddorat de ceux quJ étaient pirésenâ : à la dégustation, elle Ait tnduvee sucrée. (Le i5 mai 1802 , uh gros et defnich quith* quina, bouiUon de bœuf et de mouton , régime animal,) Le 19, déjeclioris alvines , soif diminuée aii point de pouvoir rester ntïé' heure sans boire. Le 25'; rétour dé là soiF (la malade ayant repris la diètef v^étsJe le v^idredi et 'fe- sâihedi), urine ne Contenant aucun principe animal (^ acide phospho-^ rîque, trente à quarante gôutte^^ùr une bouieiltè û^êttu^ pilules avec Textr^t aqUèUàc'd- opium ,JTic* tiôns sur tes extrémités inférieures avec le l'af*d). Le 27, diminution tfintensfiité des syitiptômes , urine toujours sucrée , mais moindre , ^gèi^é suetir à k tête et au cou> soif moindre. Le 5i, sécrétidn diminuée dé Fùrine , retour «des forces et de la ga4té ; di^aritioii commençante de l'enflure des jambes^ La inalade boit un verre» dé cidre : dès lût nuit réap^paridou des symptômes. Le â ji»n, soif nulle^^ retour des ftirces et de l'embonpoint, pouls naturel , urine pas plus abondante que dans l'état- de sanie , de couleur plus foncée , et de saveur douces salée. XiC i 2, déjections alvines copieuses , sueur abondante, dëgôùt du régime animal , uriné amèfe et salée , de couleur jaune et ambrée , contenant les sets ordi-^ naires. Le 17, il îie resta plus q^'une légère sensibilité aux gencives , qui céda bientôt à la suite de gargarismes avec le -cochléaria. 'Un homme d'une stature moyenne , épaules larges , muscles saillans p
552 XKSIOICS pRGANIQUËS PAKTICULIERIS.
bien dessinés ^ ne s'^tant;. privé d'aucune jouissance physique dans sa jeunesse, n'avait éprouvé d'auli'e maladie que celles qu'avaient occasionnées ces Sortes d'etcès. Après un dernier traitenaenjt anti-syphilitique, sa santé commença à décliner; il se plaignit d'une soif continuelle , d'une faîjn qiïe rien ne pouvait apaiser, de serrenieps et de Couleurs passagères, dans la région abdo^ninale ^ d'une constipation habituelle* L'urine > claire et limpide^ surpassa bientôt les l^pissons. Trois s^taprés il était dans le dernier état d'amaigrissement.^* :^i^s^ coloré , . pouls petit >. concentré , soif ardente, fièvre brûlante le soir , indifférence pour les, £^o(iensj mais l'appétit était-il excité^ il était insatiable ; genciyes pâlçs , douloureuses; dents chancelantes , , J wgue blanchâtre e^ chargée , saveur ei^traordinairé ^ salive rar^ ;et épaistse , atnxiétés , tension de l'abdomeii ^ flatuositéç , i^atièr^s fédales; verdâtres , inodores, très-dures et, trèsrrare^; relâchement du ^phijQcter de \a^ vessie , . perte inv:olontàire d';urine , (»on évacuation surpassant la boisson du double, ayant une couleur plu^ louché et plus blanchâtre que celle de la malade qui fait le sujet dé:. Inobservation pré— cédenjte:, laissant un sédiment abondani> d'une saveur jdbuc^ et sucrée; transpiration nullf^ ^rljeau ^che et éotiUeuse , ^assoupissement , revesi effrayant, vue faible, membres ^uférieurs faibles, .et eedématiésj en un mût , exaspération de tous les symptôàies ob^rvés* JLe 17 \\xv[i.(piluies avec le tnuse et ^eœtrait uqu^uac d opium y irlu'phôsphciie de soudé dans le pètU^-lait ^ de P acide phosphoreux dans Veau pour boisson ) , d'abord diminution dé l'urine , q[ui reste cependant encore douée; jrçjtour du sommeil et des forces, langui»
. '. D1ABET,ES STTCKE. ' 555
xaoins fjjiâr^eç > Constipation moins focte. Le i8 août ^ammoniaque), retour de Vembonpoim. Le 28, di»* parition de K^us. les! $ympto!ïics> déjections alvines àbondjint^S,,ire!tQur de la sueur, de la sîalive et- dé l'uree ; gixéiîsôn complète. . ^ , •
. 558. L'ob^rvatÎQu? de diabètes sucré rédigée par MM. Dupuytren et ,Thenard (Mémoire lu à r Institut deFrarice) se rapproche beaticoup des précédentes; mais ejlç^ a cela de particulier, qu on a déterminé , à l!aide ^ixne balance très-exacte , le poids du corps , celui des matiérejs prises et celui des matières rendues par Furine^les déjections alyijâes;, Jtes, cradbats et la iranspira^on ^ ^t - c^u'on s'est astreint à ue prescrire qu'un , régime animal , \ san3r y, ^asisocier d'autres* sub^ stances médicamenteuse^ i.d'fi^iHeut^ les résultats !piit été absolumenl les mêmes. • ; " : : .
5Sg. MM. Tbenard et Dupuytreh ont cherché à l^opfirmer le résultat obtenu par les auteurs que j'ai déjà cités, et à faire cofinaitre l^ nature très-particu-* lière. de J(a substance sucrée trouvée dans l'urine des diabétiques. , ,et . les, .diverses jtr^^sjTpirîpatiops q^te. cette , urine subit , avant d'être ramenée à «a coniposiiion prin^itive ,, ainsi que les effet? du.régin^e ai^itiial : il résulte de leurs recherches que le diabète* sucré peut durer pludieu^ çnqées ., et même aiissi long-temps que les forces digestlves' se soutâeunent , et qu'elles peuvent fournir aux pertes excessives qui ont lieu par l'urine. Celte maladie n'est incurable à auc^tne de ses périodes , non pas même lorsque la digestion' altérée semblç se refuser à fournir les matières de la séc:rélîon qui épuiset l'économie; animale. Le siège de . cettq affection paraît être dans les reins, et non pas da.tîs
554 LESIONS ORGANIQUES l>AKTlCtTU£RE$.
lé cdnal intestinal ; les pertes excessives qui oht lieu semblent déterminer dans qûelq»^ circonstances uhé absorption assez considérable à k sai^ftce duf corps. Les rapport nouveaux déterminés par le diabète^ sucré entne les alimens et les excrédoçs engénéi^, ei entre chacni^.de leurs espèces en ^rtictifier^ sont anak^;ues à ceux qui sont 4oterminés "par ùtie évacuation excessive de quelque nature qû^eîle'puisàé être. L^urine des (fiabétiques est composée presque entièrement d'une mati^e peu sucrée; néanmoins cette ïnatière }Ouit de toutes les propriétés qui Câra<?H^^îseJit le sucre^ ear. elle est transformée en alcool* ^V eu acide ^rboxtique par le ferment^; elle donne/ b^uébup d'acide oxalique , et ne doMAe' point diacide inuqûeux par l'acide nitriquo| elle^est tré^-^u soIuMe dans f alcool à trente-six degrés; elle ppddu*t; qUàfed oiï la • calcine, p«i d'huile, el beaucoup d*eaii et d'acide carboniqi;e. En ne doUniaht aux cRabétiqùes que ' des alimois animaii^s , leur urine change assè» pi^omptement de nature : d'abord on y trouvé ùife matière albumineuse;, dont la quantité^ va tôufôùrt en croissant^ et qui paraît être un signe non équivoque dé guérboii ; ensuite l'albumine (Eisparatt peu à peu ; alors les reins con^n^nçant à su^nf^ de Fttrine, de fâfcîdé urique , et sanis^ doute au ssi de l'acide acéteùi , l'urine ne tarde point à éftre semMable à celle d'un îndHidu sèiri.
S ^L Description générale du Dîahétès^
54^ i. Les prédispositions et causés octdsiormeUes ordi naires du diabètes sucré sont une constitution ^.tériorée par de graûdesîiémorrhagles, dessaignéci
DIABÉxis SUCRE. 555l
fréquentes, '^des suppurations abondantes, des ma- ' ladies longues <jui ont exigé une diète sévère ; de ce nombre sont encore un abus de liqueurs alcoolisées , ou bien de. boissons aqueuses chaudes ou tiè4es ,. une h^^bitation humide et froide ^ une vie sédwtaire, une nourriture peu saine ou peu succulente', l'habitude de la mélancolie, des chagrins profonds.....
541 . Signes précurseurs. Besoin, fréquent d'uriner, séntimenjt de. chaleur ou de froid qui sç propage du ventre 4an$. If^ vessip , accroissement progressif de la quantité de l'urine, gravité dans la région précordiale ,. soif peu vive. — - Première période. Pébilité , abattèinent sans fièvre , point de dowlçur d^i^s la régiort des rein^ ni y^ers l» ve^sip., urine limpide , inodore ^ pxesquç.s^ijis saveur, et sans, sédiment ; soif augmentée^ -r? p.çuxiçme période^. ïtesaéchement de toute Tha-: bitude.4» corps ^maigfeuj:, sentiment d'une chaleur, peu vive, mais mordicante , à TinJLérieujr; besoin d'uriner pbis fré<juent> appétit qu'q^ ue peut assou^ vir, pe^u aride, ni,^igr!çur, affaisseront. gf^néral, aij ppipt de ne pouvoir se souteuir sur, ses jam^e^ , sçfif extrême , fièvre ^^^cç , digestions, pénibles , rapports acides , urine tantôt bJlajachatre, tantôt jauuâtre, et semblable à une di^splutî^on denxiel daus l'ç^u , avec une saveur douceaXrç et sucrée , et iw |édiaxent grir sâtfeet abondant; pçaw ^èche et rugueuse; quelquefois Alternative du gouflement du ventre et .4^ J'écoule^ ment immodéré de l'urine. — Troisième période. Marasme complet, pouls petit ^ irréguliçr et intermittent, consomption., mort plus ou moiu^ prompte.
556 LESIONS ORGANIQUES PARTlCUnillES.
§ in. Traitement du Didbétès sucré.
542. Combien sont vagues et frivoles les prétendues indications -de donner plus de consistance aux humeurs , de les empêcher de se porter vers les reins , et de les détourner vers une autre partie ! On doit bien plus mettre son espoir dans l'emploi des toniques pour une maladie qui afiecle toute l'habitude du corps , et qui tient à un défaut d'assimilation^ ou plutôt à une déviation de la matière nutritive.
543. Cullen atteste, par sa propre expérience , que le diabètes est presque toujours mortel..... Lorsqu'il n'est encore qu'à la seconde période, il peut être guéri, comme j'en ai vu un exemple ; mais c'est alors bien moins par les secours de la pharmacie que par Fappfication des vrais principes de l'hygiène, l'art de relever le courage du malade , d^augmenter progr^lvenaent l'exercice du corps, de faire diversion à ses idées tristes et mélancoliques , de lui faire prendre avec modération un vin généreux et une nourriture animale. On doit sans doute s'empresser d'accueillir les lumières que la chimie peut répandre sur la médecine; mais on n'en doit pas moins s'imposer la loi de les soumettre à une discussion sénère. Le diabètes est un des points qu'on fait le plus valoir en faveur de la chimie médicale ; et on sait avec quelle sagacité Rollo, médecin anglais, a cherché à développer le vrai caractère de cette rualadie. Mais quel sens précis attacher à ce qu'il appelle une condition morbijique de Vestotnac , et une dispersion de la matière sucrée, avec changement des fluides du système ? Dire qu'il faut prévenir la formation ou k
ÇONCRiTIOKS tmjLNAlRÏS. 5^7
développement de la matière sucrée de l'estomac , et diminuer Faction de ce viscère , e^t-ce établir la nécessité absolue de Tusage des désoxygénans , comme le repos , la diète animale , le sulfure de potasse ? Dans un cas de diabètes causé par des chagrins profonds , et parvenu déjà au dernier degré , un malade à qui j'ai donné des soins a été guéri en séjoumant,à la campagne j en se livrant à un exercice régulier , en sortant dei son abattement ^ et en insistant autant sur le régime végétal que sur toute autre substance. C'est le rétablissement des forces vitales , et non des combinaisons chimiques > qui procjure dans ce cas , comme dans beau-, coup d'autres , une guérison solide.