ÉPILEPSIE
qui occasionnent la maladie : lorsque celles-ci ont été sulîîsaniment éloignées , il est alors nécessaire d'employer des moyens propres à faire cesser l'état de mobilité nerveuse qui entrelient cette affection. Si les attaques sont fréquentes , le pouls petit , la respiration facile et la physionomie naturelle , Tissot regarde alors ïe bain froid comme plus particulièrement indiqué. Quand la catalepsie survient à la suite d'une maladie quelconque du cerveau, et qu'elle est symptomalique , c'est sur l'affection primitive qu'il est nécessaire de diriger le traitement.
J P I ZJE PS I E (l).
§ I^"". Considérations générales,
yS. L'ordre des affinités doit naturellement faire placer Vépilepsie immédiatement après l'apoplexie et la catalepsie, et non loin des vésanies ; car, i**. dans les attaques de cette maladie , il y a suspension plus ou moins prolongée des fonctions des sens et des facultés morales. 2^. L'épilepsie est assez fréquemment compliquée avec la manie ; car , d'après divers recensemens faits dans l'hospice des insensés de Bicétre, sur le nombre total de deux cents aliénés , j'en ai trouvé toujours douze à quinze qui étaient épilep tiques. 5^. Quelquefois l'épilepsie dégénère en manie par des excès d'intempérance, par un traitement électrique, pardesemportemens.de colère. 4°» ï^^s attaques réitérées d'épilepsie amènent le plus souvent un état de
(1) Synonymie. Epilepsia , Sauvages ^ Liinnjeus, Vogel,
CULLEN, SaGAR , BOERHAAVE , HoFFMANN; JUNCREli, ClC.
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Stupeur, la perle deîa mémoire, ou une démence plus ou moins complète : rationem quoque usque eo mordus conturbat et dejîcitutprovsiis denique infatuentur ^ a dit un traducteur de l'ouvrage d'Arétée. Cette maladie a été si anciennement connue et si souvent compilée , qu'on en trouve presque par-tout la description. Le Traité que Tissot a publié sur cette maladie a l'avantage de réunir presque tout ce qui se rapporte à ses causes , à son caractère particulier , à ses principes de traitement , au point de pouvoir tenir lieu d'un grand nombre d'écrits sur le même objet. Il n'a garde d'omettre les remarques qu'a faites Dehaën sur l'épilepsie feinte, (c Une jeune fille, qui a ouï dire que ïi le mariage a quelquefois guéri l'épilepsie, joue cette :»j maladie pour qu'on la marie ; un moine paresseux j) et friand en fait autant pour se dispenser des austé- >) rites du couvent; des jeunes-gens chercbent ainsi à » se soustraire aux écoles ; et il est souvent très-difïi- » cile de découvrir la fourberie » .
y6. Les Anciens avaient peu approfondi le vrai caractère de l'épilepsie , et quelques apliorismes d'Hippocrate sur cette maladie ne paraissent avoir élé fondés que sur des faits isolés. Les recueils d'observations qui ont été publiées depuis la renaissance des sciences en Europe , n'en ont aussi exposé que quelques variétés , et les auteurs scolastiques n'ont presque insisté que sur des théories vaines, sur de prétendues explications des symptômes de cette maladie et les hypothèses les plus hasardées; tandis que, d'un autre côté, la crédulité la plus aveugle a fait accumuler de frivoles formules de médicamens avec les promesses de guérison les plus chimériques. Malgré qu'on trouve
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dans Touvrage de Tissot la déterminaiîon précise des deux genres fondamentaux de l'épilepsle , et des résultats précieux d'observations sur plusieurs variétés de son traitement, il restait encore des recherches ultérieures à faire et des rapprochemens nombreux à établir , qui demandaient la fréquentation assidue des établissemens publics consacrés à cette maladie si grave et si effrayante.
77. A l'époque de mes cours particuliers de clinique interne à l'hospice de la Salpétrière , j'engageai un de mes élèves trés-instruit à se livrer pendant long-temps à ce ^enre d'étude , dans des dortoirs habités par plus de deux cents épileptiques , et dans une petite infirmerie où celles qui pouvaient offrir quelque espoir de guérison étaient soumises à un traitement régulier. On procé la , en général , avec méthode , et en traçant avec soin l'histoire de la maladie dans un grand nombre d'épileptiques ; on prit des notes sur les causes antérieures ; on observa la marche et la variété des accès , et les diverses modifications qui tenaient à l'influence des saisons ou à celle de quelque autre maladies c'est ce qui a donné lieu à un ouvrage quia pour titre : Recherches et Obsen^ations sur l'Epilepsie , etc. , par M. J. G. Maisonneuve , D. M. Paris. L'auteur distingue d'abord, i ^. Yépilepsie icli apathique, dont il rapporte des exemples nombreux , et qu'il sous-divise en héréditaire , spontanée , pléthorique , métastatique , et purement causée par des affec\ions morales ; 2^. Yépilepsie sympathique , sous-divisée également en épi- Içpsie par irradiation, gastrique, intestinale, hystérique et hypochondriaque. On imagine facilement combien une pareille distinction est propre à éclairer et à
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faire varier avec choix les méthodes de traitement. •78. Plusieurs observations particulières prises dans cet ouvrage donneront une idée claire de cette affection. Une femme âgée de soixante-six ans , née de parens qui ne furent jamais sujets à l'épilepsie , mais dont la mère avait éprouvé une vive frayeur neuf jours avant son accouchement , éprouve une attaque d'épilepsie vers l'époque de la dentition , et sans cause connue : cet accès reparaît tous les mois à-peu-près , jusqu'à l'âge de trente-huit ans , époque de la cessation des menstrues , qui avaient été régulières depuis leur apparition : alors accès épileptiques plus forts et plus fréquens , revenant tous les quinze jours ou trois semaines : leur apparition est subite ; perte de connaissance au moment même de l'invasion , face violette , lèvres couvertes d'écume , corps et jambes roides ^ convulsions des bras : durée de cet état pendant une demi-heure ; puis retour des sens , fatigue extrême et forte céphalalgie. Une femme âgée de quarante-cinq ans, d'un tempérament robuste, bienmenstruée , eut le malheur de voir mourir son mari subitement; elle éprouva six mois après , sans aucun signe précurseur , un accès épileptique qui reparut tous les quinze jours ou toutes les trois semaines, sans apporter de trouble dans le retour des menstrues. Depuis l'âge de soixante-dix ans , les accès se sont rapprochés et ont paru jusqu'à deux fois en huit jours, le plus ordinairement pendant la nuit. Dans l'accès , pâleur extrême , bouche écuraeuse , les yeux cachés sous la paupière supérieure et ne laissant voir que le blanc , secousses générales , roideur dans l'état de pronation. La malade reprend ses sens au bout de quinze ou de vingt mi-