CATALEPSIE. ^T
liant que l'Iiomme le plus fort ne les eût pas tenus îoni^-temps Jans cette attitude : ils j demeuraient d'eux-mêmes tant qu'on les y laissait. On la mit debout pour faire sur ses jambes les mêmes épreuves que sur ses bras , et pour donner aux jambes et aux bras en même temps des attitudes difliciles à soutenir : la malade fut toujours comme une cire molle qui prend successivement toutes les figures que l'on veut , et se tient avec persévérance à la dernière ; son corps , quoiqu'on l'inclinât , conservait toujours et constamment un parfait équilibre. Cette femme paraissait insensible ; on la secouait , on la pinçait , on la tourmentait , on lui mettait sous les pieds un réchaud de feu , on lui criait même aux oreilles qu'elle gagnerait son procès ; nul signe de vie : cet état dura trois à quatre heures. A son réveil ^ eUe se mit à parler sur son procès avec beaucoup de justesse ; elle ne voyait point ; quelquefois elle entendait , et même si bien , qu'elle reconnut quelques personnes à la voix. Quoiqu'elle eût été fort tourmentée , il ne lui en restait point de douleurs , ni même de lassitude ; elle n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé durant l'accès , ni de la saignée qu'on lui avait faite. Les menaces d'accès qu'elle éprouvait à des intervalles très-rapprochés lui faisaient interrompre son discours pour en commencer un autre. Au bout d'une heure , l'accès revint dans toute sa force ; les accidens furent les mêmes, ou peut-être plus intenses ; quand ils furent finis , la malade se mit à parler pendant une heure et demie , comme précédemment ; mais enfin ses discours sensés se changèrent en extravagances , accompagnées de hurlemens affreux ; et il
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survint un délire violent. Quelque temps après , elle recouvra sa santé antérieure.
§ II. Description générale de la Catalepsie.
72. Prédispositions et causes occasionnelles . La catalepsie attaque plus particulièrement les individus d'une constitution sensible et mélancolique , ceux qui ont l'habitude de la retraite et de la méditation ; elle survient assez fréquemment à la suite d'affections morales très-vives, de fortes contentions d'esprit, d'excès de travail : elle peut aussi être occasionnée par la présence de vers dans les intestins.
75. Symptômes, Le corps est immobile et conserve la position qu'il avait avant l'attaque , qu'on soit assis, debout ou couché ; les yeux restent ouverts ou fermés s'ils l'étaient auparavant ; il y a peu de sentiment et de mouvement ; suspension de la vue et de l'ouïe, ainsi que des fonctions de l'entendement. Le pouls est petit,à peine sensible , la respiration rare , la chaleur animale peu élevée. La durée de cette affection est indéterminée.
§ IIÏ. Traitement de la Catalepsie,
y4. On doit, en général, se permettre peu de médicamens durant l'accès de la catalepsie. Les rubéfîans sont le plus souvent sans action locale et secondaire ; ils ne diminuent d'ailleurs point l'accès. Tissot croit que la plus grande tranquillité, des frictions douces sur les cuisses et sur les jambes , une légère infusion de mélisse assez chaude , sont les moyens les plus convenables. Il faut, dans les intervalles, prévenir les causes