HYPOCHONDRIE
narcotiques , le passage brusque d'une vie active a un état sédentaire , des excès dans les travaux du cabinet ou dans les plaisirs de l'amour, la suppression du flux liémorrboïdal ou des menstrues , des accidens durant les couches, une tristesse profonde, etc. Les recherches analomiques ont appris que cette maladie est quelquefois fomentée par des lésions des viscères abdominaux , comme par un squirre du colon , un gonflement énorme de la raie , des ulcères dans le pancréas , des varices des veines mézaraïques , etc. ; mais souvent aussi le mal dépend de certaines lésions dans les fonctions des nerfs , dont il ne reste aucune trace à l'ouverture des corps.
87. Symptômes. Les uns ont leur siège dans l'abdomen : tels sont des tensions , et , par intervalles , le gonflement de l'estomac et du conduit intestinal, et quelquefois une sorte de pulsation irrégulière dans quelques parties de l'abdomen , des nausées , du dégoût avec des alternatives d'un appétit vorace , de l'aversion pour certains alimens , des douleurs gravatives de l'estomac après le repas , des flatuosilés incommodes, des éructations , des rapports acides , des coliques vagues , des borborygmes , un état de constipation ou de diarrhée, et , par intervalles, une urine abondante et limpide. D'autres symptômes se manifestent dans diverses parties du corps : de là des resserremens spasmodiques de la poitrine , la difficulté de respirer , des palpitations du cœur, des sentimens irréguliers de chaleur au visage , une expuition fréquente , de la céphalalgie , des tintemens d'oreilles , àes vertiges , des inquiétudes , des anxiétés , une tristesse profonde , la défiance la plus ombrageuse, des terreurs pour les
causes les plus légères ou même sans cause , des caprices suivant la variation de Fatmosphère , un trouble fugace dans les idées.
§ m. Traitemejit de VHjpochondrie.
88. L'hypochondrie s'aggrave ordinairement par des écarts de régime et les progrès de l'âge , d'autant plus que l'instabilité la plus versatile fait le caractère particulier des personnes affectées de celte maladie, qui sont incapables de s'asservir à une manière de vivre constante. On connaît le précepte que leur a donné Montanus : de fuir les médecins et les médicamens s'ils veulent obtenir une guérison solide; ce qui signifie seulement qu'il ne faut point imiter sur ce point Sennert , Michaëîis , Ettmuller , et autres ïrédecins qui niellent une confiance exclusive dans leurs longues et interminables formules, et ne parlent que d'évacuans , de saignées , de sangsues et d'antispasmodiques ; mais qu'il faut entrer bien mieux dans les principes de la médecine antique , et conseiller avec Celse , Arélée, Baglivi, Méad, etc., le séjour à la campagne , une société choisie et gaie , des exercices du corps variés , les frictions , et l'application , en un mot , des préceptes les plus sages de l'hygiène. D'un autre côté , combien un médecin observateur ne trouve-t-il point occasion de varier le traitement suivant les causes de l'hypochondrie , la constitution individuelle , le sexe, le genre de vie, les occupations habituelles , le climat , le degré ou les complications de la lualadie! et avec quel art et quelle finesse ne sait-il point surtout diriger le traitement