EN GENERAL
leurs écrits médico-philosophiques ! Quelquefois aussi le centre primitif d'où se propagent les délires non fébriles est dans les organes de la reproduction, surtout dans ceux de la femme , dont l'empire est si puissant , comme on peut en juger par la passion hystérique.
5. Les mêmes nerfs qui servent au mouvement servent aussi au sentiment; mais la même atteinte qui détruit ou affaiblit d'une manière notable la motilité est loin d'affecter la sensibilité au même degré, puisque la paralysie , par exemple y abolit souvent la première , tandis que l'autre se conserve, et qu'il y a d'autant moins d'espoir de guérir le malade, que le membre paralysé est plus insensible; la motilité, en outre, se trouve à différens degrés, suivant la constitution de l'individu, le climat , la position des lieux , la manière de vivre , la vivacité plus ou moins grande de l'imagination , etc . Une légère émotion suffit quelquefois pour jeter une femme dans des convulsions violentes^ tandis que la même cause pourrait tout au plus produire , sur une autre personne, quelques légers tremblemens , ou des palpitations du cœur passagères. Certains hommes sont susceptibles d'ébranlemens les plus profonds par des effusions de joie ou des emportemens de colère , tandis que d'autres cèdent très - difficilement à des émotions semblables : les uns sont attendris jusques aux larmes par certains sons de musique , d'autres n'en sont pas plus émus que s'ils entendaient le hennissement d'un cheval. Un événement fortuit excite les affections spasmodiques , comme la rage ou l'épilepsie, dont l'une provient presque toujours de la morsure d'un animal enragé , et l'autre des frayeurs»
6 ©K'S NEVROSES
de renfance; mais lies convulsions , et quelquefois ïe tétanos, tiennent à nne niotilité primitive , ou excitée secondairement par des causes physiques ou morales y dont' on ne peut plus détruire l'influence. C'est le plus souvejit un renS'^ersement total des lois de la nature , Qu plutôt im oubli des règles fondamentales de la morale , qui multiplie à l'infini les affections spasmodiques; et peut-être que' cette excessive multiplication est la suite de la décadence 'des états, et Tavant-coifreur de leur chute. Ce n'est guère que dans la dernière moitié du siècle dernier qu'oii à le plus fréquemment observé ce qu'on appelle maux de nerf s y "vapeurSy mélancolie nerveuse y et qu'on n vu une foule d'auteurs, comme Hunault , Raulin, Pomme , Lorry, Whytte , Réveillon , etc. , décrire ces affections et les développemens dont elles sont susceptibles.
6. L'histoire dés maladies nerveuses , c'est-à-dire des aberrations que peut éprouver l'influence des nerfs sans offrir en même temps les symptômes des fièvres primitives ou des phlegmasies, demande sans doute les connaissances préliminaires les plus exactes sur les principes du sentiment et du mouvement, fondées sur les expériences sans nombre faites par les physiologistes modernes, et dans ces derniers temps par Bichat (i ) , sur la distinction de la vie animale et de la vie
(t) Qn peut voir sur ce sujet ses Recherehes physiologiques sur lu Vie et la Mort , et son Anatomie générale.
(Nous puI)lierons incessaiiinient une nouvelle édition de ces deux ouvrages^ augmentée d'une notice liistorique et de ncirs par MM. Pinel, Ke'cjard et Laennec. A Paris ; chez Gabon et J. A, Br.osson. Note de l'Editeur. )