‹ Nosographie philosophique; ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 5)Chapitre 3 sur 83 · EN GENERAL · texte numérisé non relu

EN GENERAL

organique, ainsi que sur les pliénomèilés qui ^clnl^îent dans certains cas se refuser à ccttedistinclion ; mais que d'obscurités, que d'exceptions, quand on veut s'élever à des assertions générales ! On se consolerait encore si ' ces obscurités ne tombaient que sur des vues hypothétiques , sur des explications de l'action des nerfs , sur la détermination du s ensoriuni commune , le siège du principe intellectuel, l'admission d'un être intermédiaire entre ce dernier et notre corps , etc. ; car on sait la destinée éternelle de toutes les hypothèses en matière de sciences, et leur versatilité. Ce qu'il y a de pénible, c'est la variété, et quelquefois même l'opposition qui règne entre les résultats de l'observation et de l'expérience des hommes les plus habiles et les plus dignes de confiance. 11 faut donc pardonner à la médecine les lacunes qu'elle n'a pu encore remplir dans la doctrine des névroses, et s'attacher à la partie la plus solide et la moins sujette à des variations, je veux dire , à une description exacte des phénomènes des maladies , et aux inductions générales qu'on peut tirer des faits nombreux et habilement rapprochés.

y . Les névroses s'annoncent , soit par des désordres des fonctions de l'entendement et de la contraction musculaire, soit par des concentrations locales, des diminutions ou une abolition du sentiment et du mouvement dans certaines parties, soit enfin par une sorte de stupeur générale avec des lésions plus ou moins marquées de la respiration et du mouvement du cœur et des artères. Leurs phénomènes peuvent avoir lieu dans les sens , l'entendement et les fonctions cérébrales, la voix, la locomotion, la digestion, la respiration, la circulation , les sécrétions ^ la génératLon; ^r

8 î5es névroses en général.

dans le système nerveux cérébral ou dans celui des ganglions. Leurs causes excitantes et manifestes tiennent à toute sorte d'écarts de régime , ou à des affections morales portées à un degré extrême , quelquefois à l'impression délétère de différentes substances sur l'économie animale. Elles forment par conséquent une des parties les plus curieuses et les plus importantes à connaître de l'histoire philosophique de l'homme , et leur doctrine est liée avec la physiologie , l'hygiène et l'histoire de l'entendement humain. Combien les principes de leur traitement sont frivoles s'ils ne portent que sur la pharmacie ! Aussi Schwilgué ( Traité de Matière médicale ) a-t-il traité également des moyens physiques , pharmaceutiques et moraux propres à agir sur le système nerveux.

8. La distribution des maladies nerveuses semble s'éloigner de la méthode suivie dans la classification du plus grand nombre des maladies, surtout dans celles des plilegmasies et des hémorrhagies ; ces der^ nières ont été rapprochées entre elles autant par la conformité de structure anatomique que par l'analogie de fonctions qu'on observe dans les parties qu'elles affectent^ car les lésions de ces mêmes fonctions devaient en effet avoir une grande ressemblance. Dans les névroses , on pourrait grouper ensemble des objets très-disparates , comme les lésions de l'organe de l'ouïe et de la vue, les névroses des fonctions céiébrales et celles de la locomotion et de la voix ; enfm les névroses des fonctions nutritives , celles de la respiration, etc. Mais quelques dissemblances qu'offrent ces diverses fonctions , et par conséquent leurs lésions , elles semblent former une classe dont les attributs

NEVROSES DES SENS. 9

portent plus directement sur le système nerveux , qui a pour origine connue l'organe encéphalique , et qui se distribue dans toutes les parties du corps pour y transmettre le sentiment et le mouvement , et y mettre en jeu les fonctions organiques. Tel est le caractère commun de ces divers phénomènes , quelques différences qu'on observe d'ailleurs dans leurs résultats , et quelques variétés qu'ils puissent offrir dans leur comparaison et leurs rapprochemens réciproques.

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