NEVROSES DE LA. LOCOMOTIOIV ET DE LA VOIX
parler et de remuer Ja maciioire. S*". La neWalgie maxillaire : la douleur a son siège à la branche maxillaire du nerf trifacial ; ordinairement elle part du trou mentonnier , suit les diverses ramifications du nerf qui se distribuent au menton, aux lèvres; mais elle y est rarement bornée; presque toujours elle remonte dans le canal maxillaire, s'étend aux différens rameaux que cette brandie fournit à la tempe , aux dents , aux alvéoles , sous le menton et au côté de la langue. Cette névralgie , plus rare que les deux précédentes , est presque toujours irrégulière.
iSg. » Outre les névralgies de la face, il y en a d'autres qui attaquent les membres abdominaux , et de ce nombre sont, i*'. la névralgie ilio-s crotale , que le professeur Chaussier dit avoir observée deux fois , ayant son siège au rameau de la première paire lombaire qui se dirige obliquement à la crête de l'ilium, accompagne le cordon des vaisseaux testiculaires , se ramifie au scrotum. La douleur , qui était très-vive , revenait régulièrement tous les jours . s'étendait de la crête de l'iliam aux diverses ramifications du nerf, était accompagnée de resserrement du scrotum , de rétraction du testicule ; mais la sécrétion de l'urine n'était point altérée; ce qui distinguait cette affection de la néphrétique. 2°. La névralgie Je nioro^ poplitée , sciatique vraie ( ischias nervosa postica , Cotunni ) : elle a son siège au nerf fémoro - poplité ou crural postérieur ; le plus ordinairement la douleur part de l'échancrure ischiatique où se trouve le tronc du nerf, et de là se répand , en suivant les ramifications du nerf , au sacrum ; à la face poplitée:
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de la cuisse^ où elle exerce sa plus grande aclivité , se propage sur le bord péronier de la jambe jusqu'à la face supplantaire du pied ; quelquefois cependant elle semble partir du pied pour remonter à la cuisse. Dans le commencement , la douleur est souvent continue , ou n'a que des rémissions courtes plus ou moins marquées; mais, par la suite, elle devient intermittente , in égulière , se renouvelle surtout le soir et la nuit. 5**. 1^3i névralgie fémoro-prétibi aie f quia son siège dans le nerf fémoro-prétibial (crural) : ainsi , depuis Faîne , où se trouve le nerf, la douleur se répand sur la face rotulienne de la cuisse , s'étend principalement sur le côté tibial de la jambe , à la malléole interne , à la face supplantaire du pied , et surtout aux divisions nombreuses de la branche tibioeutanée. 4*^- La névralgie plantaire : M. Ghaussier, qui dit ne l'avoir observée qu'une seule fois , remarque qu'elle était entièrement bornée à l'étendue des nerfs plantaires du pied gauche , en suivant exactement tOLiles les ramifications; la douleur, qui était trèsvive , n'observait aucun type périodique ; elle se renouvelait par accès plus forts et plus longs le soir et la nuit ; après avoir duré plusieurs mois , elle cessa tout-à-coup , sans aucune cause apparente , et il survint du même côté une névralgie sous-orbitaire qui affecta tellement les dents, qu'elles tombèrent en éclats. La névralgie de la face cessa ; celle du pied reparut avec les mêmes symptômes : les bains et une diète entièrement laiteuse diminuèrent beaucoup l'intensité et la fréquence des douleurs, 5'\ La névralgie cubitO" digitale : elle a son siège dans le nerf digito-cubital (cubital) ; la douleur commence ordinairement dans
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l'endroit du coude où le nerf, uniquement recouvert de la peau et du tissu cellulaire , passe sous l'épiirochlée de l'iiuniérus ; elle suit la direction du nerf, s'étend à ses diverses ramifications, et surtout aux rameaux cutanés qui se distribuent à la face supplantaire et au bord cubital delà main, et quelquefois elle se propage le long du bras.
i6o. » Il y a aussi des névralgies anomales y et le professeur Chaussier comprend sous ce litre différentes affections locales sans rougeur, sans cbaleur, sans gonflement remarquable , sans symptômes fébriles ou inflammatoires , qui sont évidemment déterminées et entretenues par la pression , le tiraillement , la lésion locale d'un ou de plusieurs filamens nerveux, qui sont accompagnées de douleurs plus ou moins vives et fréquentes , qui toujours partent d'un point affecté , se répandent dans une étendue plus ou moins considérable , et avec des svmptômes qui varient suivant l'espèce du nerf irrité et ses connexions : telles sont, i"". ces douleurs vives, irrégulières et chroniques qui sont produites par un tubercule ou ganglion situé dans l'épaisseur de la peau , du tissu cellulaire , sur le trajet du nerf, et qui partent constamment de ce point comme d'un centre, et se propagent plus ou moins loin suivant la distribution et les connexions du nerf affecté. 2^. Tels sont encore ces divers accidens avec spasme et douleur, survenus plus ou moins long-temps après un coup , une contusion qui a spécialement intéressé quelques filamens du nerf, et y laisse une impression qui ne se nianifeste à la partie que par une eccbvmose opiniâtre , une rougeur, une œdématie légère , une douleur sourde qui augmente
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par la pression et excite les difFérens accidens : tels sont ces cas où, à la suite d'une contusion légère aux tégumens de la tête , on a vu des céphalées opiniâtres ^ des vertiges , des douleurs à l'œil , des spasmes et même des paralysies à des parties éloignées ( Pouteau ) ; tel est aussi ce cas désigné par Sauvages sous le nom de trismus occipitalis , où , à la suite d'un coup sur l'occipital , on a vu des douleurs vives se répandre sur la tête, le cou, etc. (André). 5°. Les affections douloureuses ou spasmodiques survenues plus ou moins promptement à la suite de l'entamure d'un filet nerveux dans la saignée du bras (Paré) , dans celle de la veine malléolaire au pied (Pouteau, Sabatier) , à la suite d'une plaie à la cuisse près le genou (Sabatier). Quoique cette maladie ne soit pas mortelle , elle est très- fâcheuse par la violence ou l'atrocité des douleurs, la facihté de leur retour, souvent aussi par leur opiniâtreté : d'ailleurs , leur fréquence amène la morosité , l'interruption du sommeil , l'inappétence , la constipation , et successivement la maigreur de tout le corps , le dérangement de la digestion et des sécrétions , quelquefois l'atrophie. »
§ III. Traitement de la Névralgie.
1 6 1 . Les moyens proposés et tentés avec plus ou moins de succès pour le traitement de la névralgie doivent varier suivant la cause déterminante ou les circonstances où se trouve le malade : de là vient qu'on a tour-à-tour employé la saignée, les vomitifs, les délayans , le quinquina , l'opium , les bains d'eau fraîche, les eaux salines ou sulfureuses, les frictions
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douces avec l'éther, les exuloires , les antinioniaux ^ rextracto-résine de gaïac , l'arnica, les plantes narcotiques ; et , parmi les opérations chirurgicales , la section du nerf afTeclé, section qui n'a procuré quelquefois qu'un soulagement passager et qui a été suivie de spasme et de la mort; l'excision des tubercules sous-cutanes , la cautérisation ou la section complète du filet nerveux, l'aimant, l'électrisation. Quant aux: préceptes du régime, nourriture douce et légère, en petite quantité; quelquefois diète laiteuse, exercices €n voiture, à cheval. Les passions vives, l'excès des alimens, les boissons vineuses, alcooliques, la fatigue de Testomac, augmentent la fréquence et l'intensité des douleurs. Mais que de lacunes à remplir dans lef traitement de cette maladie I
§ P'". Considérations générales,
ï62. Le tétanos est encore une des maladies le plus anciennement connues : Arétée en donne une description exacte et précise , mais qui est bien loin d'être complète , depuis que des recherches ultérieures et très-mode rnes ont ajouté beaucoup à nos connaissances sur les espèces et les variétés de cette maladie. Dehaën a discuté avec sagacité ses causes et son traitement , quoiqu'il n'en donne point une histoire aussi étendue et aussi détaillée qu'un autre mé-» decin de Vienne ( Wenceslài Trnka de Krzowitz ^
{<) Synonymie. Jd/'a/îw* ^ Sauvages , Linn^ikus , Vogel,
CULLEN , SaGAR.
T E T ANOS. iy7
Commentariiis de Tetano. Vindobonae, 1777). On sait aussi que c'est une des maladies les plus dangereuses et les plus fréquentes des îles de FAmérique y et que la Sociélé royale de Médecine rédigea , d'après un grand nombre de mémoires qui lui furent communiqués , un Projet d instruction pour en faire mieux connaîlre le caractère et le traitement. Le docteur Dazile , qui a exercé la médecine dans nos colonies, a cru devoir s'élever contre certains principes de ce projet ( Observations sur le Tétanos. Paris y 1778) ; mais cet auteur ne laisse-t-iî point apercevoir une intention trop direcie de critiquer ? C'est surtout le tétanos par blessure qui a donné lieu à des écrits encore plus récens , et fondés sur des observations faites dans les armées : l'un est de Heur tel oup , qui remonte avec sagacité aux causes physiques et morales qui peuvent donner lieu à cette espèce de tétanos ; l'autre écrit est du docteur Laurent , et il a pour titre : Mémoire clinique sur le Tétanos chez les blessés, Strasbourg, 1796. Ce dernier auteur ayant trouvé , dans un grand nombre de cas, des vers dans les intestins des hommes blessés et morts du tétanos , et d'ailleurs étant parvenu à en guérir plusieurs autres par le moyen des vermifuges, nie l'influence d'une irritation nerveuse locale sur la production des affections tétaniques, et il met en doute \es expériences contraires qu'on peut lui opposer Le docteur 1 .aurent n'a-t-il point été séduit par le désir d'établir une opinion nouvelle sur le tétanos , et ne peut-on pas lui reprocher de n'être point tout-à-fait au niveau des connaissances des modernes sur cette maladie ? D'autres recherches ont encore eu lieu, dans ces derniers III. 12
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lenips, sur celte maladie, et on ne doute plus maintenant que des causes très-variées peuvent lui donner lieu.
i65. On trouve dans Morgagni l'observation d'un tétanos universel et droit chez un jeune homme de vingt-six ans : d'abord tuméfaction légère de la gorge, et perte de l'appétit. Quelques jours après, spasme du bras gauche , avec immobilité et impossibilité d'être fléclii , puis état analogue de tout le corps ; le malade ne pouvait se mouvoir dans aucune direction , mais restait couché dans une position droite , avec un état de rigidité et d'immobilité complète , et ce n'était qu'au bout de quelques momens qu'il pouvait un peu mouvoir les mains et les pieds : état fébrile , sueur abondante. Le cinquième jour, nouvel accès, avec courbure du corps sur le côté. Mort. A l'ouverture cadavérique , taches rouges nombreuses sur la peau , mdle lésion manifeste dans le cerveau, si ce n'est un peu de sérosité dans le ventricule gauche. Plusieurs onces de sérosité dans la cavité thoracique gauche ; les deux poumons très-rouges , surtout vers le dos ; le péricarde plein de sérum , le sang peu différent de l'état ordinaire. Fernel donne une observation de pleurosihotonos succédant à l'opisthotonos. Cette maladie survenait tous les hivers deux à trois fois par joar : d'abord une sorte de vibration de la tête , puis un sentiment de froid qui descendait entre les épaules ; aussitôt après , courbure rigide et involontaire du tronc en arrière sans lésion de l'entendement. D'autres fois le corps se courbait involontairement en arc vers un des côtés ; on ne pouvait détendie les membres et le tronc. Dehaën a vu une femme qui , à la suite d'une