T ET AN OS. I^Q
vive contorsion du cou et d'une douleur de lele, se courbait involontairement du côte gauche^ de manièie à représenter un C, On trouve dans beaucoup d'auteurs dos exemples de tétanos partiels, Eohard^ tracé l'observation d'un tétanos des yeux et du cou ; le sujet en est un enfant de dix ans; l'invasion était subite : d'abord obscurcissement de la vue, puis immobilité des yeux , impossibilité de les mouvoir en aucun sens , puis extension involontaire de la télé et du cou. L'attaque durait une minute et revenait trois à quatre fois par jour : dans les intervalles , santé parfaite. Les exemples de tétanos maxillaires, ou de trismus sont trop fréquens pour que j'en rapporte ici. On trouve ailleurs l'bistoire d'un tétanos du bras droit. Un homme âgé de quarante ans éprouve , après avoir soulevé un poids très-fort, une douleur dans Faîne droite qui augmente pendant plusieurs jours; il se manifeste ensuite une hernie inguinale : depuis cette époque, douleur avec sentiment de pression dans Ffi^ne, céphalalgie , anxiété , langueur générale, d'abord très-fréquemment, et puis plus rarement ; du reste , santé assez bonne , si ce n'est pendant le travail : tout-à-coup extension involontaire et douloureuse du bras droit, avec contraction du médius et de l'annulaire , et impossibilité de faire cesser cet état malgré tous les efforts de la part des assistans. Cette affection se manifesta du second au troisième jour après la sortie de l'intestin ; elle se renouvelait d'abord deux à trois fois par jour , et durait pendant une heure ; elle disparaissait ensuite pendant plusieurs semaines^ et se manifestait de nouveau sans ou avec les symptômes indiqués ci-dessus.
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§ II. Description générale du Tétanos.
164» Prédispositions et causes occasionnelles. L'obsei^alion a constaté les diverses causes qui peuvent produire le tétanos , comme la sensibilité extrême de l'âge tendre dans les premiers jours de la naissance, le climat de l'Amérique y l'impression d'un air froid ou-d'un vent de mer ; des affections vives de l'ame , telles que des chagrins profonds , des emportemens de colère , une frayeur vive , des méditations assidues , certains alimens , des poisons , des vers intestinaux , des évacuations abondantes , des métastases , des fièvres , la convalescence d'une blessure ou d'une fracture , des luxations , des plaies , l'irritation de quelques nerfs.
i65. Sjjnpiômes. Le tétanos peutètre partiel, c'està-dire, borné aux muscles de la mâchoire inférieure , aux muscles qui fléchissent le cou sur la poitrine , sur le dos et sur les épaules ; il peut être universel, c'eittà-dire , affecter tous les muscles , et tenir tous les membres dans un état d'immobilité ou de roideur» Le développement du tétanos peut être lent, et gradué , ou bien suivre une marche très-rapide ; il ,peut aussi être primitif ou secondaire. .... baillemens , douleurs qui , suivant l'espèce de té^tanos , affectei;il certaines parties , comme la tête, rarrière-bouche,;iun des côtés de la poitrine , la région épigastrique , l'abdomen, les lombes ou les extrémités.,... quelquefois ptyalisme , syncope , tremblement des membres ; d'autres fois tension des muscles > distorsion de la face ou ris sardonique , contractions de la mâchoire
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inférieure ^ déglutition difficile ou impossible. Dans le tétanos développé , il y a roideur et immobilité du tronc et des membres , comme si tout le corps n'était composé que de parties dures et solides ; ou bien le corps est plié en avant ( emprosikotonos) , en arrière (opisthotonos) y ou sur un des côtés ( pleurosihoionos ) , en forme d'arc. La couleur du visage est quelquefois pâle , d'autres fois rouge ; les yeux sont larmoyans , fixes , avec des mouvemens convulsifs ; il y a tension de l'abdomen , contractions vives et permanentes des muscles , associées quelquefois avec des tremblemens des muscles , des soubresauts des tendons , etc. Les douleurs y sont quelquefois des plus vives , avec des cris perçans ; le malade a des insomnies opiniâtres : le plus souvent l'exercice de Ja pensée et des fonctions des sens est libre ; mais il y a quelquefois trouble dans les idées , délire, ou même aliénation d'esprit complète , lésion plus ou moins marquée delà voix, de la digestion, de la respiration. Dans le déclin , le malade éprouve une sorte de prurit ou de formication à l'épine du dos, un sentiment comme d'un liquide qui coule depuis le dos jusqu'au sacrum. Les contractions spasmodiques des muscles cessent d'une manière graduée et dans un ordre varié; les autres symptômes diminuent aussi par degrés, ou la mort survient.
§ in. Traitement du Tétanos*
i66. On sent combien le traitement doit être diversifié suivant la variété des causes. Le médecin allemand dont j'ai parlé ci-dessus , et qui a publié un ouvrage
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très-détaillé sur le tétanos , donne plusieurs exem-^ pies de succès qu'on a tour-à-lour obtenu de l'usage des anti-spasmodiques ^ ainsi que des sudorifîques , du quinquina , du musc , du castoréum , de l'opium , du mercure ; il rapporte aussi une observation très-singulière sur un tétanos guéri par un emphysème artificiel , c'est-à-dire , produit par une insufflation d'air dans le tissu cellulaire. L'opium est un des médicamens qu'on a le plus préconisés contre le tétanos ; mais , pour en obtenir des effets avantageux , on est assez généralement d'accord qu'il faut le prescrire à dose plus considérable que dans toute autre maladie. On l'administre le plus souvent sous forme solide ou liquide , à petite dose , qu'on renouvelle par intervalles rapprochés. On est obligé de soutenir l'emploi de cette substance pendant quelque temps , car ses effets ne sont , en général , que momentanés : il faut d'ailleurs souvent en donner une très-forte dose, et en continuer l'usage t^tque la disposition de la maladie au retour existe (i). Les laxatifs sont assez souvent nécessaires pour vaincre la constipation déterminée par l'opium. Les bains chauds ont été quelquefois employés avec avantage , mais c'est toujours conjointexnent avec d'autres médicamens. L'expérience n'a point encore démontré d'une manière assez positive quels avantages on peut attendre des bains donnés avec la lessive de cendres, la dissolution de potasse, le muriate de soude ou d'autres sels. On est maintenant
(i) Observations sur l^ usage de l^ opium dans le traitement du Tétanos, recueillies à l'hôpital des Eiifans, Journal de Médecine Chirurgie et Pharmacie j tom. XI.
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convaincu du peu d'utilité des onctions faites avec les corps gras. Je pourrais en dire autant des vésicatoires.
CONVULSIONS (i).
§ I". Considérations générales.
167. Hippocrate, dans ses Aphorismes , rapporte^ parmi les causes des mouvemcns convuîsifs , l'usage de l'ellébore, une plaie , une îiémorrhagie, l'action d'un drastique , des veilles opiniâtres , etc. Que de résultats profonds dans l'aphorisme XXXI ( section II) , sur la fièvre qui vient se joindre à des convulsions , ou bien les convulsions à la fièvre ! Stald offre un sujet non moins fécond de méditations , lorsqu'il dit qu'en général les convulsions sont peu dangereuses au commencement d'une maladie , qu'elles le sont beaucoup plus lorsqu'elle est parvenue au plus haut degré ; qu'enfin elles annoncent une mort certaine si elles surviennent au déclin de la maladie , ou vers l'époque or^ dinaire de sa terminaison. Quelle série nombreuse de causes physiques ou morales propres à j)roduire ]es convulsions ! et combien l'imagination en est effravét? quand on parcourt les divers recueils d'observations , tels que ceux de Forestus , de Trincavel ^ de Sylvatieus, Mercuriaîis , Solenander , Lœlius-à-Fonte^ Biverius, Tulpius, Henricus-ab-Heers, Hoffmann, etc.^ les Ephémérides des Curieux de la Nature, et les diffèrens journaux de médecine ! Peut-on espérer d'à-
' ». I il I m I ...MM,
(i) Synonymie. Convulsio ^ Sauvages, Linn^us, Vogjbl^
CXJLLT.N, SaGAR^ il/c)iW*COmW«Vt^ FcED. HoFFîtUKN.
l84 NÉVROSES DE LA LOCOMOTION ET DE LA VOIX.
bord de rapporter tous ces nioiivemens irréguliers à un nïême Genre ? Mais tout cet horizon immense se resserre en considérant seulement les convulsions qui forment une maladie primitive , et en réduisant leurs causes variées , soit à quelque irritation physique sur une partie sensible interne ou externe , soit à quelque affection morale plus ou moins vive , quelquefois aussi à un dérangement dans une fonction organique , ou bien à \i\\ état de débilité extrême et d'épuisement. Les coiiYuisions, dans l'enfance, méritent surtout d'être remarquées parleurs variétés et leurs dangers; et c'est avec raison que le professeur Baumes , à qui nous devons un ouvrage sur cet objet (i) , insiste sur les avantages d'une éducation dure et éloignée de toute mollesse recherchée , comme le moyen le plus sûr d'arracher les enfans aux convulsions qui peuvent leur devenir si funestes. ^
\Ç>^, L'on trouve, dans le Collegium casuale minus de Stahl , deux observations de convulsions du jeune âge. Un enfant de quatre ans, n'ayant point encore eu la variole , est , pendant que celle-ci est épidémique, toul-à-coup affecté de langueur, de perte d'appétit, de chaleur , de soif, de coliques, de borborygmes et de gonflement de l'abdomen avec constipation. Bientôt surviennent des secousses dans les membres , les contorsions des yeux , le grincement des dents et un affliibiissement des sens. Un enfant de deux ans et demi, affecté depuis six jours de chaleurs considérables, d'insomnie , de dégoiit , de vomissemens , devient tous
(i) Des Convulsions dans i'er?Jàncej de Heurs causes^ de leun' traitement, J^Rïk y l'jfiçj.
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les jours de plus en plus faible : surviennent des contractions et des relâchemens alternatifs et involontaires des membres , le grincement des dents , la contorsion des yeux , des agitations des bras y etc. Cet état dure pendant une heure ; dans l'intervalle , affaiblissement , retour de ces mêmes symptômes après environ une demi-heure. Hoffmann trace l'observation de convulsions occasionnées par la suppression de la gale. Un jeune homme de dix-huit ans , d'une constitution délicate , d'un tempérament bilieux et très-sensible , faisant un grand usage de fruits , est attaqué de la gale pendant l'automne : il s'occupe aussitôt de la supprimer , et emploie à cet effet du soufre sublimé et du nitrate de potasse en friction. La gale disparaît^ mais ne tarde pas à se manifester de nouveau : elle se supprime une seconde fois. Au bout de quelques momens, le jeune homme ayant eu l'imprudence de s'ex-* poser à un froid très-intense , et ayant pris alors beaucoup de vin à son repas , éprouva , quelques heures après , une anxiété très-grande dans 1 épigastre , et des coliques violentes ( lavement Jiuileux^ et, à Cintérieur y des carminatijs et des antispasmodiques). Bientôt après contractions et relâchemens alternatifs et involontaires très-violens des membres , cris , pouls fréquent (^boisson aiguisée avec trois grains de tartraie de potasse antimjonié). Retour des convulsions , mais à un degré plus léger , et enfin cessation complète.
§ II. Description générale des Convulsions.
169. Prédispositions et causes occasionnelles. On peut mettre au nombre des causes internes ou externes
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qui peuvent occasionner des convulsions , les drastiques , les voniilifs , Jes vapeurs délétères , les poisons, des ulcères desséchés , l'éruption de la petitevérole , les vers intestinaux , les exanthèmes répercutés , les douleurs vives , les emportemens de colère , le virus hydrophobique , une extrême sensibilité , une vie sédentaire , une éducation moîie et efféminée , la pléthore , des hémorrhagies supprimées , la rétention du méconium , des accouchemens laborieux , les luxations , les fractures , la distension des fibres musculaires ou des nerfs , des plaies , des exostoses , la carie des os , l'inspiration du gaz acide carbonique , l'abus des plaisirs vénériens , la terreur , un chagrin profond , un épuisement excessif, des hémorrhagies immodérées , etc.
170. Symptômes, ils consistent dans la contraction alternative de divers muscles soumis à l'influence de la volonté. Les mouvemens qui en naissent présentent des variétés suivant que l'afl'ection porte sur les muscles des membres abdominaux ou thoraciques , ou sur ceux qui recouvrent la tête , la poitrine ou l'abdomen : de là une variété infinie d'inflexions , de positions du corps ou de gesticulations ; mais point de perte de connaissance , comme dans l'épilepsie , quelquefois seulement un délire passager , gai ou sérieux , extravagant ou mélancolique : les muscles de la vie organique ou de la nutritioji ne sont près- • que point afïeclés. D'ailleurs , pour tracer un tableau complet de tous les phénomènes que peuvent oflrir les mouvemens convulsifs , il faudrait faire une énumé ration anatomique de tous les muscles soumis au mouvement volontaire ou involontaire , et parcourir
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tous les ofTets qui pourraient résulter de leurs alternatives ibrcées de contraction et de relâchement; ce qui serait immense à décrire et superflu à rapporter , puisque rien n'est plus facile à reconnaître et à constater que l'état convulsif des parties. Les convulsions peuvent être continues ou intermittentes ; les paroxysmes paraissent d'une manière régulière , ou bien ils se réveillent pour les causes les plus légères , et très-souvent les mouvemens convulsifs deviennent habituels lorsqu'ils sont entretenus par une irritation locale et externe ; ils disparaissent lorsque la cause excitante cesse d'agir , ou bientôt après.
§ IIL Traitement des Convulsions,
1 7 1 . Bien n'est plus important pour bien diriger le traitement des convulsions , que de saisir la maladie primitive dont elles peuvent être un effet secondaire , ou bien la cause physique ou morale qui a pu les détermi^ier. Hoffmann en donne un exemple frappant à l'égard d'une jeune fille de treize ans , tourmentée depuis plusieurs mois d'une affection qu'on regardait comme catarrhale , et qui finit par avoir des mouvemens convidsifs effrayans. Tous les remèdes étant devenus inutiles , Hoffmann, en l'examinant avec attention , aperçut une petite tumeur près de la parotide gauche : on appliqua un cataplasme émollient, et peu de jours après , il sortit par le méat auditif une quantité excessive d'un liquide jaunâtre et sanguin , ce qui fut suivi d'une cessation prompte de tous les phénomènes convulsifs. Cet exemple sufllt pour convaincre combien sont variés les moyens pro- Y^^ à combattre les convulsions. Une fois qu oa
iSS NEVROSES DE LA LOCOMOTION ET DE LA VOIX.
a reconnu la cause , il est nécessaire de remédier à la susceptibilité et à la mobilité nerveuse : c'est pour obtenir cet effet qu'on a recours aux révulsifs , aux ioniques , aux astringens , etc. , comme on peut s'en convaincre par la lecture des médications du système nerveux dans le Traité de Matière médicale de Schwilgué.
DANéE DE S AIN T-GUY (l).
172. Cette maladie a de l'analogie avec les convulsions d'un côté , et avec la paralysie de l'autre. S^^denham la regardait comme une affection convulsive ; Cullen avait d'abord adopté la même opinion ; mais ayant ensuite observé qu'elle attaquait plus particulièrement dans l'enfance , il en fit un Genre à part. Jusqu'ici cette maladie m'a paru appartenir plutôt a la paralysie , et telle est la raison pour laquelle j'en ai parlé, dans les premières éditions, sous le titre ai asthénie musculaire. Dehaën et Gardane ont observé que la danse de Saint-Guy attaque , de même que la paralysie , plus particulièrement le côté gauche. L'électricité a quelquefois réussi dans ces deux maladies {Observations en faveur de la Médecine électrique ^ par Gardane. Paris , iy68). Un homme dont parle Duncan {M éd. cases and eœp. ) , âgé de vingtneuf ans , éprouvait tous les soirs àes mouvemens involontaires et irréguliers dans différentes parties du corps , surtout dans ies jambes et les bras. Ces accès étaient de différente durée , quelquefois d'une demi-
(i) SriroNYMiE. Scelotyrhe , Sauvages, Saga?, 5 Choixa ^ LiNKiEus, Cullen 5 Cliorea scinçtl Viti^ Sydenham^ ©le.