‹ Nosographie philosophique; ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 5)Chapitre 47 sur 83 · ORDRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ORDRE CINQUIÈME

NÉVROSES DE LA GÉnÉRATION.

2y I . Il est consolant de penser que les neuf dixièmes de l'espèce humaine répandus dans les campagnes remplissent le vœu de la nature pour la reproduction ; et ce n'est guère que dans les villes , et au sein d'une vie oisive et efféminée, que sont concentrés les exemples de dépravation, de licence des mœurs, et de tous les maux qu'entraîne l'abus des plaisirs. A ces causes se joint, chez les Orientaux, la puissante influence du climat ; et par les excès où ils se plongent durant leur jeunesse, le reste de leur vie se passe dans les alternatives d'un état de stupeur, et des élans convulsifs de l'amour produits par l'usage des stimulans. L'opium seul , ou mêlé avec des substances aromatiques , forme pour eux ce qu'ils appellent le remède de magnani-^ mité ( Kœmpfcri Amœnitates exotlcœ ) ( i ) •

272. On ne peut mieux se former une idée exacte de toutes les affections nerveuses que peuvent contracter les organes de la génération, qu'en rapprochant

(i) Le prince, dit Kœmpfer^ ambitionne la gloire de la virilité, et pour n'avoir point À rougir de sou impuissance , il a recours à la médecine. On prépare pour son usage une composition où entrent Fopium , le musc, Famljre, et d'autres aromates qu'on mêle avec soin pour en former des pilules trèspetites, et qu'on lui donne à avaler par intervalles: s'il répugne à prendre ce médicament solide, on lui prépare une eau distillée avec des fleurs aromatiques ^ on y fait macérer pendant

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plusieurs exemples d'une lubricité extrême donnés également par des femmes et des hommes, et en les mettant en opposition avec d'autres exemples contraires de la continence la plus sévère. C'est par ces préliminaires qu'a débuté un médecin de Dresde (Mariinus ScJiurigius) , dans un ouvrage destiné à faire connaître tous les phénomènes et les variétés de l'union des sexes ( G/nœcologia hisioiico-mediccty hoc est y congressûs muUebris consideratio ) . Mais pour éclaircir l'objet présent, il faut écarter tous les cas qui peuvent tenir à des dérangemens physiques ou organiques, et se borner à ceux qui tiennent à des écarts de l'imagination, à des habitudes vicieuses, à des affection» îiio raies.

2y5. Les connaissances relatives aux lésions nerveuses des organes sexuels ont un rapport si direct avec l'ouvrage que Tissot a publié sur l'onanisme , et cet ouvrage est d'ailleurs si connu, qu'il est à peine nécessaire de le citer ; mais je dois parler ici , dans la même vue de l'utilité publique , d'un autre écrit sur la même matière , publié dans ces derniers temps (^Lettres sur les Dar'gers de l Onanisme). L'auteur, pour faire mieux connaître les désordres physiques et moraux produits par ce vice, donne de simples extraits de

quelques heures des têtes de pavot ^ et pour rendre cette boisson plus agre'able , o\\ l edulcore avec du sucre ambré et aromatise' : ces liqueurs deviennent si nécessaires y que les grands ne peuvent passer un seul jour sans en prendre. Ces préparation* produisent d'abord une sorte d'ivresse délicieuse , et excitent vivement aux plaisirs de famour; mais peu d'heures après succèdent la timidité y la tristesse , et leur usage habituel entraine la débilité , la stupeur et une veillesse précoce.

DE LA GENERATION". j^Gg

lettres OU mémoires à consulter qui lui ont été communiqués pour donner son avis. Un malade, dans une de ces lettres, s'exprime de la manière suivante : « Diaprés ce que j'ai lu dans votre livre sur Fépilepsie et dans l'ouvrage de Tissot, il me semble ^ dit-il, que la masturbation à laquelle je me suis beaucoup livré , surtout dans mon enfance , peut être une des causes de Fépilepsie dont je suis atteint depuis l'âge de douze ans : j'en ai actuellement vingt-quatre ; je suis bien conformé, et je n'ai point l'extérieur d'un homme malade. A l'âge de douze ans, j'ai éprouvé des maux de tête dont la sensation était une pesanteur sur le cerveau. On me saigna , on employa les délayans ; mais cela n'empêcha point mes maux de tête de revenir de temps en temps ; et, à cette époque , j'éprouvai une attaque d'épilepsie qui depuis s'est renouvelée trop souvent. C'est à la triste habitude que j'ai eue pendant ma jeunesse de me procurer des pollutions fréquentes , que je dois l'affreuse maladie pour laquelle j'ai recours à vos conseils. Je suis devenu d'une timidité sans exemple peut - être ; le moindre objet m'effraie y les menaces d'un enfant de dix ans ébranlent mes nerfs * je suis incapable de m'appliquer à rien de sérieux ; la moindre contention d'esprit peut amener un accès. >j L'extrait d'une autre lettre contient également des regrets amers et trop tardifs sur les tristes effets de ces excès contre nature. « Tous les établissemens consacrés au traitement des aliénés offrent des exemples plus ou moins nombreux des derniers excès de l'onanisme, et des maux physiques et moraux qu'il peut entraîner en devenant habituel. Le mal empire à mesure que les fonctions de l'entendement s'affaiblissent et que la rai^

2yO NEVROSES DE LA GENERATION.

son perd ses droits ; ce penchant destructeur s'invétèr<*^ et finit par n'avoir plus de frein et de bornes. Pour en arrêter ou en suspendre les effets, on est obligé d'appliquer le gilet de force, afin d'empêcher l'usage des mains; ce moyen de répression peut même à peine suffire, et l'individu qui a contracté cette habitude trouve quelquefois un supplément dans des frottemens exercés de la manière la plus obscène, n Je jette un voile sur cette image déplorable des misères humaines. La maladie finit certaines fois par une démence complète , et d'autres fois par l'hypochondrie la plus désespérée , ou un état général de consomption.

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