NET^ ROSES GÉNITALES DE L^ HOMME
§!'''■. Considérations générales.
:i']/\* luanaphrodisie (i), ou l'abolition des désirs vénériens, peut être la suite d'une apoplexie, d'une hémiplégie ; elle peut être aussi un effet des excès malheureux de l'onanisme. On ne doit point omettre parmi ses causes la force de l'imagination, que des esprits crédules prennent pour un sortilège. Un exemple frappant de ce genre est rapporté dans les Essais de Montaigne, et l'on connaît la supercherie heureuse qu'employa cet écrivain philosophe pour rendre tous les droits de la virilité à un nouveau marié. Dans des cas semblables, il dit sagement (f qu'il vaut mieux faillir » indécemment à étrenner la couche nuptiale pleine » d'agitation et de fièvre , en attendant une autre com-
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(i) Synonymie. Anaplirodisia, Sauvagbs, Gullen^ Sagac ; Agcnesia^ Vogel.
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y) moditë moins alarmée. » J'obtins aussi un heureux succès d'un moyen que j'employai autrefois pour guérir la prétendue impuissance dont se croyait affligé un jeune homme la veille de son mariage: on peut voir les détails que j'en ai donnés dans la Gazette de Santé, année 1786. Mais il faut convenir que l'anaphrodisie, ou l'impuissance absolue qui tient surtout à l'abus prématuré des plaisirs , est entièrement incurable : Henricus-ab-Heers (Obseiv. med.) en rapporte un exemple digne d'être connu. Un jeune homme élevé dans une maison opulente , et parvenu à la puberté, consulta sur cet objet ce médecin habile, en lui avouant que dès sa dixième année de l'âge il avait eu des familiarités très-fréquentes avec de jeunes filles accoutumées à exercer sur lui des attouchemens lascifs, ajoutant que depuis cette époque il avait perdu entièrement la faculté de l'érection. Il voyageait depuis long-temps, et avait pris successivement l'avis de plusieurs médecins français : il alla aux eaux de Spa , et son état fut constaté avec soin par le médecin dont je viens de parler. La sensibilité et la faiblesse du membre génital étaient si grandes, qu'au moindre attouchement , et sans aucune sorte de sensation ou de désir de l'union des sexes , le jeune homme rendait une liqueur semblable au petit - lait : cette excrétion se continuait le jour comme la nuit toutes les fois que l'urine était rendue, ou au moindre frottement exercé par le linge. Déjà une foule de remèdes avaient été mis en usage. Le sage Henricus-ab-Heers ayant regardé la maladie comme incurable , le jeune homme ne voulut point s en tenir à son avis; et , comme il était très-riche , il continua de voyager en Italie^ en France, en Angle-
terre , en Allemagne , dans Tespoir de recouvrer les droits de la virilité. Il ne manqua point, suivant l'usage, de trouver plusieurs médecins peu éclairés et très-féconds en promesses illusoires d'une guérison complète. On s'adressa ensuite à des charlatan^, à des femmelettes de toute sorte, même à de prétendues magiciennes , et on imagine bien que ce fut toujours avec le même succès. Enfin, après six années de voyages , de tentatives vaines et de dépenses les plus infructueuses, le jeune homme revint trouver le médecin liabile qui lui avait parlé avec tant de franchise , et k qui il regrettait tant de n'avoir point accordé sa confiance. Rien ne fut plus piquant et plus instructif que leur entretien, et le résultat en est facile à deviner : c'est que le jeune homme revint dans ses foyers, en déplorant les avantages d'une grande fortune qui le rendait ainsi victime d'un abus précoce des plaisirs , et d'une sorte de dépravation prématurée.
2^5. Le djsperinatisme (i) ou l'émission lente , difficile ou nulle de la liqueur spermatique peut provenir dedilTérens vices organiques que je ne dois point examiner ici ; quelquefois elle lient à un excès de vigueur et de tension dans le membre viril , comme dans l'exemple du Vénitien cité par Sauvages. Une cause opposée , c'est-à-dire la débilité des parties, peu» aussi la produire, comme Amalus Lusitanus, Marceîlus Donalus, Schenkius, Foreslus, etc., en donnent des exemples.
(i) Synonymie. Dyspermatismus , Sauvages 3 SterilUas, LiNN^us, SiGAR 3 Agenesia^ Vogel,
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278. Le satyriase (i ) ou le désir insatiable de jouir des plaisirs de l'amour peut offrir la marche d'une imiladie aiguë , et tenir à un état inflammatoire des parties génitales; c'est celui qui a été décrit par Arétée, et dont Sauvages a donné la traduction , sans imiter soa stj le- vigoureux et laconique: rougeur de la face avec sueur, disposition à se tenir courbé , à se serrer le ventre ; tristesse , abattement ; quand le mal est extrême , propos obscènes , agitations , inquiétudes , soif ardente , écume à, la bouche comme les cerfs qui sont en rut. C'est dans le satyriase que tombent quelquefois les hommes usés et affaiblis. J'ai cité ailleurs l'exemple d^un homme marié et père de six enfans , qui éprouva^ vers Tage de quarante ans , ce satyriase , et qui passa par tous les degrés de dépérissement, en se livrant avec sa femme à ses désirs effrénés. On peut opposer à cette variété du satyriase l'exemple d'un pieux cénobite qui^ doué d'un tempérament fougueux , et cherchant à combattre ses passions par les macérations, le jeune,' la prière, ne pouvait se coucher dans son lit sans éprouver toutes les fureurs de ce qu'il appelait le démon de la chair y et qui finit par tomber dans un écoulement involontaire de la liqueur spermatique. Ce fut surtout par un exercice soutenu du jardinage que je parvins à le guérir.
277. L'exemple le plus frappant d'une impulsion, puissante et irrésistible d'un sexe vers l'autre , est celui qu'on trouve dans un ouvrage périodique qui a pour litre : Espioji anglais ^oxk Correspondance secrète entre
(i) Sr^'ONTMiE, iSat/riasis j, Sauvages ; Linn^uS; Gullen, Sagah.
lit. i8
mylord Allej , etc^ tom. I. Celui qui fait le sujet de cette observation avait acquis , dés l'âge de onze ans , cet accroissement physique, cette force, cette vigueur qui annoncent une puberté prématurée , et éprouvait déjà ces désirs tumultueux , ce penchant irrésistible qui poussent un sexe vers Fautre. Destiné par ses parens à l'état ecclésiastique , nourri dans les préceptes d'une religion qui commande la chasteté , il eut longtemps à lutter entre la crainte de trahir ses devoirs , et le désir de céder au penchant qui l'entraînait. Parvenu à l'époque où des sermens solennels le condamnaient à une continence perpétuelle , il redoubla de zèle et d'attention pour écarter de son imagination tous les objets lascifs qui pouvaient y laisser une impression assez vive , et émouvoir les organes de la génération. Cependant la nuit , durant le sommeil , la nature reprenant ses droits , le délivrait , par de fréquentes pollutions , de l'irritation séminale. Pour obvier à cet inconvénient , il diminue la quantité de sa nourriture , supprime celle qu'il soupçonnait augmenter la sécrétion spermatique, et veiJle sur ses sensations avec encore plus de soin : ce régime le réduit à un état de maigreur extrême. Arrivé à sa trente-deuxième année, un matin il s'éveille, l'imagination échauffée par des images voluptueuses , les organes de la génération fortement ébranlés. 11 se lève , et par de puissantes distractions il trompe la nature. Cependant une vivacité, un feu jusqu'alors inconnu , s'emparent de lui ; ses sens acquièrent une sensibilité, ime pénétration étonnantes. L'après-midi , en entrant dans un salon , il porte ses regards sur deux personnes du sexe , qui font sur lui une iîîipression telle , qu'elles lui paraissent lumineii-
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ses , et comme si elles étalent électrisées. Frappé d'un pareil phénomène , et en ignorant la cause , il l'attribue au prestige du démon ^ et se relire. Pendant le reste de la journée , ayant rencontré quelques autres femmes , il éprouve la même illusion. Le lendemain , voulant se rendre dans sa maison, il monte en voiture, et croit qu'à chaque instant elle renverse : dans une auberge où on lui sert à manger, le pain , le vin, et tous les objets qu'on lui présente, lui paraissent en désordre. Arrivé dans sa famille , il se trouve d'abord plus tranquille ; mais le lendemain , environ deux heures après le repas , il sent tout-à-coup ses membres s'étendre et se roidir, tout son corps frémir et s'agiter par un mouvement violent et convulsif; il éprouve à la tète la douleur la plus vive ; il lui semble que cette partie tournoie et fait une volute ; il se livre à des actions puériles et ridicules. Dans cet état on le saigne, ce qui ne le soulage nullement ; on le plonge dans le bain, soulagement momentané. Bientôt les symptômes reparaissent avec plus d'intensité; le délire se montre sous les formes les plus bizarres : tantôt il croit que le gouverneur de sa province lui offre toutes les beautés de la cour de Louis XV pour le faire renoncer à la continence ; tantôt il se croit Alexandre , Achille, Pyrrhus ou Plenri IV, et se retraçant les principales actions de ces grands hommes, il assiège des villes, force des camps, remporte des victoires, et, dans les transports de son humeur guerrière , il brise les colonnes de son lit , enfonce les portes de sa chambre. Le bruit que cause ce vacarme attire ses parens , qui s'emparent de lui et le garoltent. Peu d'instans après, il s'endort la tête pleine des images les plus ter-
ribles ; il croit voir les spectres des plus fameux guer-' riers en-vironnés de vieilles armes rouillées. Cette image s'imprime si fortement en lui , que long-temps après il ne peut fixer une arme ou une pièce de fer sans que son odorat ne soit désagréablement affecté d'une odeur de cuivre ou de rouille. Devenu plus tranquille , ses parens le rendent à la liberté ; ce qui lui fait éprouver les jouissances les plus délicieuses. La nuit ensuite il dort d'un sommeil doux et paisible ; mais aux approches du jour et de son réveil , il a un songe qui donne lieu au troisième et dernier accès. Il lui semble voir un. roi puissant venir , à la tête d'une armée formidable , renouveler la cruelle journée de la Saint-Bar thélemi. JEn même temps , il se croit destiné à s'opposer à ses cruels desseins ; et dans un endroit que lui désigne sou imagination , une pique s'offre à ses yeux ; il doit s'en emparer comme d'une armure qui le rendrait invincible. Plein de cette idée, il Sort de la maison, entre dans le jardin , est sur le point d'en franchir la haie , lorsque ses parens accourent et le ramènent : il ne fait aucune difïicuîté. Cependant , l'imagination toujours pleine du projet de secourir les protestans , il s'occupe à lever des troupes , à les discipliner , à fortifierdes villes , etc. , etc. ; il dessine, fait des plans , des campemens , et a le coup d'œil si juste , que , sans autres ins-« trumens que ce qui lui tombe sous la main , il exécute le tout avec une grande précision. Des idées plus agréables viennent ensuite s'emparer de lui. Tout ce que les femmes de tous les pays ont de plus ravissant , tous les appas dont la nature les a ornées , viennent toura-tour émouvoir ses sens : il croit les soumettre toutes ht ses désirs et à son pouvoir. Cependant;, il est un ob-
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jet pour lequel il a une prédilection particulière : c'est une jeune demoiselle qu'il a vue quatre jours avant de tomber malade. Dans cette singulière maladie , tous les organes des sens sont portés à im tel degré de sensibilité , qu'ils lui font éprouver les tourmens le§ plus affreux et les plaisirs les plus vifs. La lumière affecte certaines fois la rétine avec tant d'éclat et de vivacité, qu'il ne peut en soutenir la présence ; d'autres fois les points de vue les plus agréables , les perspectives les plus variées s'offrent à ses yeux, et ravissent son ame. Le son le plus léger , les moindres vibrations de l'air causent, dans l'oreille, une douleur intolérable; ou bien cet organe , mieux disposé , lui procure les sensations les plus délicieuses ; il lui semble que l'univers est un orchestre immense , dont les sons harmonieux jettent son ame dans l'extase la plus complète. Le goût et l'odorat ont aussi Jeurs vicissitudes de peines et de plaisirs. Le tact lui-même est affecté de ces deux extrêmes ; mais il paraît le dernier sur la scène. Un délire aussi complet et tour-à-tour reproduit sous les formes les plus variées , finit par une évacuation naturelle que l'auteur rappelle avec les termes les plus emphatiques. A la suite de cette crise , le malade recouvre la raison , et bientôt aprè^ la santé.
278. Le priapisme (i) , ou l'érection incommode du membre viril sans plaisir et sans délectation amoureuse , est le plus souvent le symptôme d'un calcul dans la vessie , ou d'une maladie vénérienne ; il peut être aussi une affection primitive produite par l'usage
(i) Synonymie, Priapismus ^ SiVuvAGEs , Linn-«us , Vocel^ Sacar.
278 NÉVROSES DE LÀ CÉNERATlOISr.
imprudent des cantharides prises à l'intërieur pouft s'exciler au plaisir de ramour. Des observations , malheureusement trop nombreuses, ont appris combien ce priapismc est souvent funeste. L'exact et judicieux Henricus-ab-Heers cite l'exemple d'une guérison qu'il a opérée dans un cas semblable. Un bomme de soixante aïis épouse une fenune d'un âge moyen , et pour faire voir que , sous un certain rapport , il était encore loin d'être au déclin de l'âge , il sollicite auprès d'un pharmacien un médicament propre à remplir ses vues , et il en obtient un certain sirop dans lequel on avait mêlé de la poudre de cantharides ; il en prend une forte dose avant l'heure du coucher , et il éprouve d'abord une tension très-forte du membre génital , ensuite un prurit très-violent , puis des vertiges , le délire , et il passe ainsi la nuit dans les tourmens les plus cruels. Le lendemain matin, hématurie ou pissement de sang , douleurs lancinantes , strangurie. Henricus-ab-Hers ayant été appelé , présume, d'après toutes les circonstances, l'usage intérieur que le malade avait ùnt des cantharides : il prescrit des cîystères répétés, soit avec une décoction de casse, soit avec du lait où on avait fait bouillir du nénuphar; il fait en même temps appliquer des épithcmcs froids sur le membre génital, qui était ardent , et il fait boire en abondance des émuisions froides et légèrement calmantes ; il joint à cela des bains d'eau tiède, ce qui diminue progressivement les symptômes et les fait disparaître peu à peu. Le m^me médecin ajoute encore l'avis sage d'une abstinence , pendant quelque temps , de l'aele vénérien, et d'une attention particulière à éviter louie irritation sur les parties génitales.
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§ II. Description générale des Névroses génitales
de ï homme-,
Anaphrodisie.
^J^' Prédispositions et causes occasionnelles. Ce «ont des attouchemens trop fréquens du pénis, surtout avant la puberté , des excès d'onanisme , une imagination fortement frappée , un amour trop ardent , des hémorrliagies répétées , la paralysie des muscles kcliio-ca verneux .
280. Symptômes, H y a faiblesse extrême ou impossibilité de l'érection du membre génital , sensibilité trés-vive , accompagnée le plus souvent d'une émission involontaire de sperme au moindre attoucliement.
Djspermatisme,
281. Prédispositions et causes occasioJinelles, On place au nombre de ces causes une tension trop forte du membre génital par excès de vigueur , un âge avancé , l'habitude contractée de l'onanisme , un trop grand relâchement dans les organes génitaux de la femme.
282. Symptômes, Emission tardive ou empêchée du sperme dans l'acte vénérien , quoique l'homme jouisse des attributs de la virilité , et qu'il paraisse remplir les vues de la nature dans l'union des sexes.
Satyriase,
285. Prédispositions et causes occasionnelles. Tels sont une continence forcée ou l'abus des plaisirs vénériens , une puberté tardive , le développement précoce
28o NÉVROSES DE LA GÉNÉRATION.
des parties de la génération , le crétinisme , la maî-« propreté dans les vêtemens , une affection dartreiise déterminée vers l'urètre.
284. Symptômes, Penchant irrésistible à répéter fréquemment l'acte vénérien , et faculté de le soutenir sans épuisement; une odeur forte est exhalée par la peau ; il y a disposition à tomber dans une sorte de démence , 014 dans une exaltation (jui conduit à la manie, si l'impulsion pour l'union des sexes est contrariée.
Priapisme,
285. Prédispositions et causes occasionnelles. Les principales sont l'usage intérieur des cantharides , l'irritation produite par un calcul dans la vessie y une blennorrhagie.
286. Sjmptômes, Il y a une tension forte et douloureuse du membre génital , avec un sentiment d'ardeur brûlante et sans aucun penchant a l'acte vénérien,
§ III. Traitement des Névroses génitales de V homme,
287. J'ai déjà indiqué plus haut le moyen dont Montaigne s'était servi pour combattre une anaphrodisie produite par la force de l'imagination. On conçoit, d'ailleurs, que c'est plus p&rticuhèrement sur les causes de cette affection qu'il convient de diriger le traitement : de là la nécessité de la continence, d'un exercice continuel et des toniques , lorsque l'impuissance est le résultat des altoucliemens trop fréquens , surtout avant la puberté. Une nourriture substantielle suffit le plus souvent pour faire cesser Fanaphro-
NEVROSES GÉNITALES DE l'hOMIME. 28 1
disic déterminée par des hémorrhagies excessives , etc. Le trailement du djspermatisme doit être établi suf les mêmes bases : tient-il à un excès de vigueur et de tension dans le membre viril , on peut y remédier à l'aide de bains tièdes , par l'usage du camphre à l'intérieur , etc. S'agit - il de combattre le satjriase , c'est encore à la cause de l'affection , à l'âge , au tempérament et aux forces de l'individu qu'il convient^ de subordonner les moyens médicamenteux. Les débilitans , tels que la saignée , les ventouses scarifiées , les cataplasmes relâchans et les fomentations de même nature , sont indiqués , si l'individu est jeune , fort , et s'est abstenu depuis long -temps des plaisirs vé-^ nériens. On peut y joindre les boissons rafraîchissantes et calmantes , le camphre , l'éloignement de tous les objets qui peuvent exalter la sensibilité des parties génitales, soit directement, soit par l'entremise du cerveau. Les toniques sont employés avec avantage lorsque le satyriase est joint à un état de débilité produit , soit par l'âge , soit par l'abus des plaisirs vénériens. Les vésicatoires , conseillés par quelques auteurs , sont dangereux en ce que les cantharides peuvent augmenter l'ii'i'itation , et occasionner le priapisme. C'est surtout dans l'hygiène qu'il convient d'emprunter des moyens propres à prévenir la récidive de la maladie. Parmi ces moyens , les plus sûrs sont Fusage modéré des plaisirs de l'amour , et une direction habituelle de la pensée sur des objets étrangers à ce sentiment ; letude des sciences , la culture des arts , les travaux du jardinage , Téquitation , la promenade , l'habitation de la campagne. Dans le priapisme occasionné par l'usage interne des cantharides ou d^
diurétiques acres , on doit aussitôt suspendre l'emploi de ces substances , faire usage de bains tièdes , et prescrire des boissons et des lavemens mucilagineux. Cette affection est-elle entretenue par un calcul urinaire^ on conçoit quels moyens il convient d'employer.
NÉCROSES GÉNITylLES DE ZA FEMME.
§ I^"". Considérations générales.
288. Les névroses génitales delà femme sont aussi multipliées que celles de l'homme , et la stérilité peut quelquefois tenir à des causes analogues à celles que j'ai indiquées en parlant de l'anaphrodisie ; mais il est très-rare qu'elle soit éminemment nerveuse , et telle est la raison pour laquelle je n'en fais point mention ici.
28g. La njmpJiomanie ou ]r Jureicr utérine (i) est pour la femme ce que le satyriase est pour l'homme. iSchurigius en rapporte des exemples frappans dans un ouvrage déjà cité. Une jeune femme mariée depuis peu , et d'un caractère gai et porté au plaisir, avait été unie à un homme faible, et qui éprouva bientôt après un état de langueur ; elle tombe dans la tristesse , et enfin dans une fureur utérine des plus marquées. Elle est souvent très-agitée , et appelle à grands cris son mari , sa sœur , ses proches ; quelquefois même elle entre en fureur , et peut à peine être retenue par six hommes des plus ro-
(i) Synonymie. Nymphomania y Sauvages ;, Vogel, Gul- LEN^ Sagaf, ^ Mctromania y Asxr.uC; Furor uterinus , Tœnia^ LixKVEUs y Mclancholia uierind j Nenter.