AN^VRYSMES DU COEUR
cœur , qu'il voulait déchirer , el qu'il écorcbait avec ses ongles. A l'ouverture cadavérique , on trouva une certaine quantité de liquide épanclié dans la c;vité gauche de la poitrine. Tout le poumon de ce côié était dur , engorgé , et recouvert d'une couche lymphatique jaunâtre. La substance du lobe inférieur du poumon droit ressemblait a celle du foie. Le volunjo du cœur était très-augmenté ; les veines coronaires étaient gorgées de sang. L'oreillette gauche surtout avait éprouvé une grande dilatation , ainsi que, l'em- Jjouchure des veines pulmonaires ; l'orifice du ventricule gauche était très-rétréci , rugueux; le pourtour de cette ouverture avait acquis une consistance moitié osseuse , moitié cartilagineuse ; les valvules niitrales étaient également endurcies.
§ IL Description générale de ï Anévrjsme du
Cœur.
428. Prédispositions et causes occasionnelles. Ce . -sont des exercices violens a pied ou à cheval , de grands efforts des bras ou d'une toux convulsive , des irrégularités dans, la menstruation, l'ossification des parois de l'aorte ou des valvules du cœur , des concrétions polypeuses. Cette affection semble être quelquefois héréditaire. Lancisi parle d'une famille qui fut ^ pendant quatre générations , sujette aux anévrysmes idu cœur , et j'ai moi-même sous les yeux l'exemple d'une mère qui , depuis plusieurs années , présente tous les caractères d'une semblable affection orga- 1:1 j que , et dont deux enfans , l'un à l'âge de treize et Vautre de quatorze ans, sont déjà atteints de palpitations de cœur li:ès-violentes. Les passions exercent
^56 LESIONS ORGANIQUES PARTÎCULlèRES.
aussi une influence très-grande sur le développement de celte maladie.
429. Sjrnptômes. Us sont extrêmement fugaces lorsque l'anévrysme n'est encore qu'à son premier degré : alors palpitations plus ou moins vives et fréquentes , battemens du cœur qui se font sentir dans leur lieu naturel et n'en dépassent pas l'étendue. Quelquefois sentiment douloureux dans la région du cœur , pouls ordinairement très-développé , fort ou faible , dur ou mou , suivant le genre de la maladie ; et régulier ou ir régulier , selon que l'anévrysme esk exempt ou non de complication. Respiration haute , courte et essoufflée , surtout par le moindre exercice , et forçant le malade à suspendre sa marche, suftout quand il monte un escalier. Disposition très-grande à contracter des rhumes , et alors toux vive et sèche , expectoration difficile , peu abondante , de nature visqueuse, quelquefois avec des stries sanguinolentes ; gentiment de constriction vers la gorge ; son égalenient bon par la percussion des différentes régions do la poitrine ; figure animée , avec chaleur , étourdisse*mens fréquens , éblouissemens , céphalalgie également fréquente et opiniâtre; sensations comme de vapeurs chaudes qui montent vers la tête. Deuxième degré. Palpitations plus fortes , plus fréquentes ; ballemens du cœur sentis quelquefois dans un espace plus étendu, souvent même vers le côté droit de la poitrine ei dans la région épigastrique ; pouls dur , vibrant , fréquent , quelquefois serré , s'il y a épaississement de: parois du cœur f ou mou , assez fréquent, faible, fa cile à étouffer s'il y a amincissement de ces même parois ; hémorrhagie nasale fréquente ; respiratioi
ANÉVRYSMES DU COEUR. 4^7
très-gênée , impossible dans une position horizontale ; inspirations longues que le malade renouvelle souvent ; impossibilité de monter un escalier sans qu'un essoufflement extrême ne force le malade à s'arrêter ; toux forte , fréquente ; expectoration peu abondante ou considérable , visqueuse et souvent sanguinolente ; figure bouffie , joues et lèvres colorées en rouge vif*^ ou tirant sur le violet ; enflure des pieds et de la partie inférieure des jambes pendant la station ; son également clair rendu par la poitrine lorsqu'on la percute , excepté dans la région du cœur , où il est ordinairement obscur, et même souvent dans une étendue remarquable. Troisième degré. Quelquefois disparition presque complète des battemens du cœur ; en appliquant la main sur la région de cet organe , à peine sent-on un bruissement étendu , impossible à décrire , qui ne ressemble en rien aux pulsations ordinaires : quand ces battemens conservent encore de la force , ils se font avec une précipitation extraordinaire. Pouls petit, fréquent, inégal, intermittent, insensible et comme linéaire ; veines gonflées , surtout au cou ; suffocation à chaque instant plus imminente ; toux sèche , comme convulsive ; ex{>ectoration trèsabondante et assez souvent sanguinolente ou pu riforme; figure plus bouffie et plus infiltrée ou trèsrmaigre ; lèvres , joues et nez bleuâtres , violets , livides ; paupières gonflées, peau flasque et comme trem^ biotante ; abattement inexprimable, sens émoussés.
jLnévrysine avec épaississement des parois.
45 o. Prédispositions et causes occasioujielles. Cû sont, en général, le tempérament sanguin, uncconsli--
lulion robuste, la viguemr de l'âge, un caractère violent, un effort trop grand, un exercice immodéré] on gr temps continué, la course, la lutte , l'acte vénérien , l'écpiîtation , le port des fardeaux , l'usage des instrumens à vent, le chant, les cris, une contusion extérieure, les affections morales vives, etc.
45 1. Sjmptômes. Les battemens du cœur sont brusques, secs, violens, souvent sensibles à la vue; ils soulèvent avec force la main qu'on applique sur la région du cœur ; le pouls est fréquent , fort , dur , vibrant; la percussion du thorax fait entendre un son obscur dans un espace un peu étendu ; la figure esç ronge, gonflée ; les yeux sont injectés.
udnévrjsnie avec çiniincis sèment des parois,
4^2. Prédispositions et causes occasionnelles. Ce sont un tempérament lymphatique, une constitution faible , des maladies chroniques, telles qu'un engorgement , une débilité , enfin un état contre nature de l'organe pulmonaire , un obstacle quelconque qui se forme lentement dans le cours de la circulation.
455. Symptômes. Les palpitations sont faibles, plus rares, plus lentes. En appliquant la main sur la région du cœur, on ressent l'impulsion d'un corps mou qui vient soulever les côtes , et non les frapper d'un coup vif et sec , comme il arrive dans la première de ces affections ; le pouls est faible, plus ou moins fréquent , mou, souvent peu sensible, facile à étouffer par la moindre pression; le côté gauche de la poitrine ne résonne point du tout dans un grand espace ; la figure est le plus ordinairement paîe^ fatiguée ^ quelquefois cependant injectée ou violette.
anévrysmes dû coeur. 4^9
§111. Traitement de tJné^rjsmc du cœur.
454. On conçoit facilement que le traitement des, anévrysmes du cœur doit varier selon qu'ils sont avec épaississement ou avec amincissement des parois de cet organe. Ce n'est d'ailleurs guère que dans le premier degré qu'on peut espérer quelques succès des moyens curatifs. C'est la cause de la maladie qu'il faut d'abord chercher à éloigner. Une hémorrhagie est-elle supprimée, on emploiera des moyens propres à la rappeler. La même chose doit être dite de la répercussion d'une dartre, de la goutte, d'un rhumatisme: on est quelquefois obligé de faire changer le malade de pro^ fession. C'est ainsi quje l'état de tailleur étant trèspropre à faire contracter cette maladie , on doit le fair& quitter pour en embrasser un autre. C'est dans ^<2/^evrjsme avec épaississement des parois que le traitement d'Albertini et de Valsai va (dont je parlerai à l'article anévrysme de l'aorte ) peut être de quelque utilité. Morgagni a reconnu l'avantage de plonger souvent les membres supérieurs dans un bain chaud. Dans Yanévrjsme ai>ec amincissement des parois, on. doit recourir à l'emploi des toniques sagement administrés ; d'ailleurs , dans l'un et l'autre cas , lorsqu'ils sont parvenus au deuxième ou troisième degré , on ne peut que diminuer l'hydrogène en employant des diurétiques et des purgatifs alternativement avec des toniques. Au surplus^ quelque exactitude , quelque précision qu'on mette dans la détermination des anévrysmes. du cœur, quels autres moyens peut-on opposer à leurs progrès qu'une sobriété voisine de Fabstinente^ une
44o LÉSIONS ORGANIQUES PARTICULIERES.'
vie peu active , un soin extrême d'éviter toutes les affections vives de l'a me ; par intervalles l'usage de quelques saignées lorsqu'il y a augmentation d'épaisseur , que les symptômes sont très-urgens , et l'emploi alternativement continué et suspendu de quelque boisson légèrement ca] mante?
RÉTRÉCISSEMENT nES OUVERTURES DU