RÉTRÉCISSEMENT DES OUVERTURES DU COEUR
jet cessèrent trois jours avant son entrée à l'hôpital : alors les palpitations , plus fréquentes que jamais, devinrent aussi plus violentes , sans pourtant gêner excessivement le malade. En portant la main sur la région du cœur on sentait des palpitations vives , très-accélérées et fort irrégulières. 11 ne pouvait rester couché sur le dos, parce qu'il étouffait dans cette position : il se couchait assez volontiers sur le coté gauche ; il se réveillait souvent en sursaut, et disait sentir en dormant de vives secousses dans le corps. Le pouls était irrégulier et sensihle aux deux bras , les pulsations fréquentes, fortes, faibles, redoublées; il y avait des intermittences très - ir régulières ; enfin le pouls était tellement variable, qu'on pouvait difficilement en tracer le caractère de manière à en donner une idée vraie. Les symptômes eurent bientôt une marche très-rapide, et le malade lui - même prévoyait l'issue funeste. La suffocation qui existait depuis quelque temps devint de plus en plus instante ; les extrémités inférieures s'infiltrèrent considérablement; un délire violent survint et dura à-peu-près vingt-quatre heures; un froid extraordinaire s'empara de tous les membres du malade : il mourut le 29 juin , vingt-cinq jours après son entrée. Le cadavre était généralement infiltré ; il y avait un peu de sérosité épanchée dans les cavités de la poitrine ; les poumons étaient sains; le péricarde renfeiniait un peu d'eau ; le cœur était très - volumineux ; toutes ses cavités étaient gorgées de sang ; l'oreillette et le ventricule droits étaient dans l'état naturel , sauf i'amplialion de leur capacité, et rélargissement proportionné de l'ouverture de l'une à l'autre de ses cavités. L'oreillette gauche était aussi dilatée. L'orifice de commu-
wication de cette oreilJelte avec le ventricule gauche éiait extraordinairement rétréci, et formait une espèce de fente osseuse , à travers laquelle une pièce mince de monnaie aurait à peine pu passer. La partie de la valvule mitrale qui s'adapte à Forifîce de l'aorte ne s'y appliquait que fort irré^adièrement. Les gros vaisseaux n'offraient rien de particulier.
456. L'observation qui suit est un exemple du rétrécissement de l'orifice auricuîo-ventriculaire droit. Un homme (ouvrage déjà cité) âgé de soixante ans , d'un tempérament sanguin, avait , dans le cours de sa vie, été sujet à diverses affections de la poitrine. Quand il se rendit à l'hôpital de Clinique interne, il avait de la toux depuis plus d'un an, et depuis ce temps aussi il ressentait des palpitations dans la région du cœur, qui ne résonnait point par la percussion. Les principaux symptômes étaient le gonflement et la couleur violette de la face, des lèvres et du cou, une gène extrême dans la respiration ; les battemens du cœur , très-étendus , se faisaient avec quelques irrégularités ; le pouls était irrégulier, non isochrone aux battemens du cœur. Bientôt après, il survint un délire , et ensuite un assoupissement léthargique ; le pouls devint alors petit, lent et irrégulier. Le malade mourut le troisième jour de son entrée à l'hôpital , et un an après l'apparition des premiers symptômes. A l'ouverture du cadavre, la face était d'une couleur violette, noirâtre; les poumons volumineux , adhérens de toutes parts à la face interne des parois de la poitrine ; le cœur avait un très-grand volume , qui tenait particulièrement à l'ampliation de l'oreillette droite ; les valvules tricuspides et miiralcs étaient devenues cartilagineuses; sur-