‹ Nosographie philosophique; ou, La méthode de l'analyse appliquée a la médecine (volume 5)Chapitre 75 sur 83 · CONCRÉTIONS URINAIRES · texte numérisé non relu

CONCRÉTIONS URINAIRES

fréquemment les uns que les autres dans la composilion des calculs urinaires : Tacide urique est un des plus fréquens , tandis que Turate d'ammoniaque s'y trouve très-rarement. Les proportions des calculs d'oxalale calcaire sont à-peu-près d'un quart ou d'un cinquième.

545. Mais un des points les plus difficiles à déterminer pour pouvoir tirer de ce travail intéressant tout le parti possible , consiste sans doute à rechercher des caractères extérieurs propres à reconnaître l'existence de telle espèce de calculs plutôt que de telle autre ; or, le cathétérisme ne suffit point pour cela , et il n'y a que la connaissance de l'état individuel , celle des circonstances précédentes, et l'examen chimique de l'urine , qui puissent y répandre quelque lumière.

§ IL Description générale des Concrétions urinaires.

546. Prédispositions et causes occasionnelles. Les concrétions urinaires se forment assez fréquemment chez les enfans et les vieillards , chez les tempéramens lymphatiques , dans les climats tempérés , en Hollande , en Angleterre, en France, dans les lieux dont l'air est ordinairement humide , stagnant , et dans le voisinage des marécages. Le repos , le sommeil prolongé , la goutte , etc. , sont autant de circonstances qui favorisent leur formation.

547* Sjmptômes, Ils varient selon que les calculs ont leur siège dans les reins , les uretères , la vessie urinaire ou l'urètre. Lorsqu'ils ont leur siège dans les reins , on ne peut en présumer l'existence que par le 4érangement survenu dans les fonctions de ces viscères :

5G0 LESIONS ORÔANIQÎJES PARTlCtJLlf.Rt^.

i\e\k une douietir très-vivie qai se déclare brusquenierit dans la région Jombaire , de la toux , une urine rendue goutte à goutte et avec un sentiment d'ardeur ; la rémission des sy*aiptônies par intervalle , mais leur renouvellement suivant la position ou rirritation produite par la présence des calculs qui rend surtout les douleurs plus vives, et cause des nausées, des vomisscmens. Si le calcul est porté dans les uretères , on observe des mouvemens convulsifs sympathiques de Festomâc, du diaphragme , des muscles abdominaux. Enfin, si le calcul est volumineux ou raboteux, et qu'il ne puisse être expulsé des reins, il en résulte des douleurs vives et profondes avec un sentiment de constrlction , dé compression , d'une sorte de vrille qui semble percer la sul^stance même des reins : l'urine est visqueuse, quelquefois même sanguinolente. Cette affection prend ordinairement une marclie chronique, et même, quand elle est arrivée au plus haut degré , il s'ensuit la suppuration ou même la destruction de la substance des reins , accompagnée d'une fièvre hectique. Souvent ces signes manquent , et les reins sont remplis de calculs sans que les malades aient ressenti la plus légère douleur, ni manifesté le moindre symptôme de néphrite. Lorsque les calculs ont leur siège dans hd^vëssiCy on éprouve une douleur dans cet organe et dans les parties voisines. Quelquefois cependant ce symptôme manque; des calculeux ont porté pendant plusieuis années des calculs volumineux sans en être aucunement incommodés. Cette douleur ne se fait pas toujours sentk avec la même intensité ; elle est iraillcurs subordonnée à la forme du calcul ; elle Se calme par le repos, se renouvelle par le mouvemont, augmente

COlNf CRÉTIONS URINAIRES. 56l

surtout par Texercice à pied , à cheval ou en voiture ; elle est accompagnée d'un sentiment de pesanteur au périnée , de stupeur et d'engourdissement aux cuisses, de la rétraction et quelquefois de l'atrophie des testicules. Le malade éprouve une agitation continuelle , des érections involontaires , un chatouillement et une démangeaison insupportables , surtout vers le gland. L'orifice de l'urètre est même quelquefois enflammé ; l'évacuation de l'urine est souvent tout-à-coup interrompue , ou bien il y a incontinence d'urine. Mais la plupart de ces phénomènes peuvent varier à l'infini , et les signes les plus certains sont donnés par l'introduction de la sonde dans la cavité de la vessie.

§ IIL Traitement des Concrétions ur inaires,

548. L'analyse chimique des concrétions urinaires a fait espérer qu'on parviendra à les dissoudre soit dans le rein , soit dans la vessie : on a conseillé à cet effet l'usage de boissons alcalines très-étendues , dans le cas où les calculs sont composés d'acide uiique ou d'urate d'ammoniaque ; tandis qu'on a proposé l'emploi des liqueurs acides très-étenduts , et surtout de l'acide muriatique , lorsque les calculs sont composés de phosphate de chaux , de phosphate ammoniacomagnésien , ou d'oxalate de chaux. Lorsque les calculs ont leur siège dans la vessie, on conseille en outre d'y injecter de pareils liquides , avec la précaution d'évacuer d'abord l'urine et d'injecter de l'eau tiède après qu'on les y a fait séjourner pendant quelque temps. Mais ce n'est qu'au bout d'un temps très-long qu'on peut espérer des succès de l'emploi de ces moyens. Nous sommes d'ailleurs encore loin de savoir bien dis- ITT. 56

linguer l'espèce de calculs , comme l'avouent euxmêmes les célèbres chimistes dont j'ai parlé plus haut; de sorte que l'opération de la lithotomie est encore le seul moyen sur l'efficacité duquel on paisse compter. Je ne puis d'ailleurs que renvoyer aux ouvrages de chirurgie , et notamment à la Médecine opératoire de Sabalier , et à la Nosographie chirurgicale de M. Richeraiid , pour ce qui concerne le choix des différentes méthodes et des différens procédés opératoires. C'est, comme je l'ai déjà dit en parlant delà néphrite, en s'abslenant de boissons fermentées , en faisant un usage abondant d'eau ou de boissons mucilagineuses et V:le bains tièdes , et en s'astreignant à un régime de vie sobre , qu'on trouve les préservatifs et les palliatifs les plus sûrs.

LÉSIONS ORGuitNJQUES PARTICULIÈRES DE

l/ UTÉRUS,

549* Les affections organiques de l'utérus et de ses dépendances, non compris le cancer, dont j'ai parlé plus haut en traitant des lésions organiques générales , sont plutôt du ressort de la chirurgie que de la nosographie interne : tels sont entre autres les polypes utérins , dénomination sous laquelle on a, en général, confondu les excroissances muqueuses de la membrane interne de l'utérus , et celle des tumeurs fibreuses qui se déve-» loppent au-dessous de cette dernière et font saillie dans le vagin. Cette dernière lésion que j'ai souvent occasion d'observer à l'hospice de la Salpètrière , a surtout été décrite dans ces derniers temps par M. Philib. Roux et par Bayle ( Bibliothèque médicale , tome I ). Ces tumeurs y eu égard à leur position ; peuvent présenter les

LESIONS ORGANIQUES DE l' UTERUS. 565

trois variétés suivantes. Quelquefois elles se prononcent intérieurement dans la cavité de Futérus ou du vagin y attachées par un pédicule au lieu de leur insertioi;i ; elles sont recouvertes dans toute leur étendue par la membrane muqueuse , qui est parfaitement intacte , et au-dessous de laquelle elles paraissent avoir pris naissance ; d'autres fois elles se montrent à Fintérieur de la matrice et font saillie dans l'abdomen. Le plus souvent elles sont en grand nombre et d'un volume peu considérable ; dépourvues de pédicules , elles tiennent à Futérus par une base plus ou moins large. Dans d'autres cas, enfin, elles occupent l'épaisseur même du tissu charnu de la matrice : elles ont alors ordinairement un volume considérable. Ces tumeurs sont fermes et résistantes ; leur volume varie depuis celui d'une petite noix jusqu'à la grosseur des deux poings réunis. Des bosselures peu saillantes se remarquent à leur surface. Leur tissu , par-tout uniforme y ne cède qu'avec peine sous Finstrument ; leur couleur est légèrement jaunâtre ; elles ont Fapparence d'un corps fibreux dont la trame , dense et serrée , paraît composée de fibres qui s'entrelacent en tous sens. Les aréoles que ces fibres laissent entre elles sont remplies d'une substance molle et inconnue dans sa nature. Une teinte faiblement rougeâtre j indique l'existence de vaisseaux sanguins trop fins et trop déliés pour y être aperçus. Lorsque ces corps sont anciens , ils paraissent avoir une tendance marquée à se transformer en cartilages , et même en une matière osseuse. Mais ce qu'il importerait surtout d'indiquer ici , c'est-à-dire leurs signes extérieurs, n'existe point encore. Les seuls accidens qui les accompagnent sont des douleurs sourdes et per-

564 LÉSIONS ORGANIQUES JPARTICULIÈRES.

manentes dans la région hypogasti ique , le trouble de la nienstruation , quelquefois sa suspension , irès-souvent d^ niénorrhagies internes et excessives , et , vers la fin y riiydropisie ou le marasme ; phénomènes qui se remarquent également dans toutes les affections organiques diverses de la matrice. Quels moyens l'art possède-t-il pour faire disparaître ces tumeurs? Celle maladie est malheureusement du nombre de celles qui résistent aux secours de la pharmacie, et même le plus souvent à ceux de la chirurgie.

uéFFJBCTiONS ORGANIQUES PARTICULIÈRES nu CONDUIT ALIMENTAIRE.

55o. La plus grande partie des lésions organiques du conduit alimentaire ont été décrites successivement dans l'ordre des lésions organiques générales : il ne me reste guère qu'à traiter maintenant des vers qui l'iiabilent dans un si grand nombre de cas.

r ERS INTESTINAUX.

§ I". Considérations générales.

55 1 . Plusieurs savans du Nord, tels que MM. Pallas , Wagîer , Zoëga , Fabricius , Goetze , et surtout M. Muller , ont fait des recherches sur les vers des intestins ; la Société royale de Copenhague a également encouragé les naturalistes et les médecins à donner une plus grande étendue à celte sorte de connaissances : c'est ce que M. Bloch a exécuté avec un avantage qui lui a mérité le prix de la Société. Son ouvrage est divisé en trois sections , dont la première contient les faits observés^ la seconde les conclusions qu'on en doit déduire.

VERS INTESTINATTX. 565

et la troisième un traité des vermifuges. L'auteur ne comprend particulièrement dans les vers des intesins que ceux que la nature a spécialement destinés à vivre dans le corps des animaux ; il en exclut ceux qui se glissent de dehors dans la peau , tels que]e dragonneau , Idjurie , la mùjcine , ainsi que ceux qui entrent dans notre corps avec nos alimens et nos boissons. C'est d'après ces vues qu'il fait une distinction générale des vers des intestins en vers plats et en vers ronds. Ces deux Ordres offrent ensuite une grande variété que l'on peut diviser de nouveau en différens Genres et en Espèces. C'est ainsi que l'ordre des vers plats comprend trois Genres, savoir la bandelette (l'gula^ , la douve ( fasciola ) , et le tœnia , dont l'auteur distingue vingt Espèces , qui se trouvent ou dans l'homme ou dans divers animaux. Parmi les vers ronds , M. Bloch distingue onze Genres , qui se sondivisenl en plusieurs Espèces dont quelques-unes se rencontrent bien plus fréquemment chez les animaux que chez l'homme : telle est la douve du foie , première Espèce du fasciola. Mais les diverses espèces de iœnia sont décrites avec la phis grande exactitude dans l'ouvrage de M. Bloch , et supposent un grand nombre de recherches. Les tœnia , comme l'on sait , sont formés d'une chaîne d'articulations plates et tellement engrenées , que la marge large ou inférieure de l'une , à compter depuis la tête , embrasse toujours la marge étroite ou supérieure de la suivante ; elles s'élargissent toujours de plus en plus vers la queue , et se rétrécissent vers la tête, de sorte que cette dernière se trouve, dans plusieurs espèces, si petite, qu'on ne saurait plus la distinguer sans microscope. Les tœnia appartiennent aux

ovipares , et chaque arliciiîation est remplie d'une quantité si prodigieuse d'œufs, qu'on ne peut qu'en être étonné en les regardant ..u microscope. De quelle manière ces œufs sont-ils fécondés ? Les taenia ont-ils deux sexes différens, ou bien sont-ils hermaphrodites , et s'accouplent-iîs alternativement comme les escargots ? ce sont des questions que M. Bloch n'est point encore parvenu à résoudre. On sait que l'origine des vers des intestins a donné lieu k diverses opinions parmi les naturalistes. M. Bloch croit mettre hors de doute que ces vers n'entrent point dans notre corps , et qu'ils sont destinés par la nature à ne vivre qu'en nous (i).

552. M. Brera a, dans ces derniers temps, cherché à répandre un nouveau jour sur ce genre d'affections ; il traite , dans autant de chapitres ou leçons particulières de l'histoire naturelle , de l'origine des vers intestinaux, des symptômes et du traitement des affections vermineuses. Les principaux vers humains dont il s'occupe sont le taenia , le vers vésiculaire , le trichocéphale , l'ascaride vermiculaire et le lombricoïde.

§ IL Description générale des Affections vermineuses»

^S'S, Prédispositions et causes occasionnelles. L^s en fans et les tempéramens lymphatiques sont les plus

(i) M. Van-Dœveren , dont M. Bloch ne parle point , croit avoir constaté de la manière la plus positive Topinion contraire dans l'ouvrage qui a pour litre : Observations physico-mcdicales sur les Vers qui se forment dans tes intestins , etc. Paris , 1764. C'est là le sort de toutes les questions qui ne peuvent être résolues par des expériences directes.

VERS INTESTINAUX. 56j

dîspos??s aux vers. Les enfans sont le plus souvent tourmentés par les ascarides vermiculaires et les lonibricoïdes ; les adultes , au contraire , sont sujets aux taenia et aux vers vésiculaires. La fièvre muqueuse et beaucoup de maladies chroniques présentent souvent des trichocéphales.

554. Symptômes. Les signes de la présence des vers sont extrêmement obscurs et équivoques. Trèssouvent des personnes rendent des vers sans en avoir donné les moindres indices , tandis que d'autres présentent tous les signes d'affections vermineuses , sans pour cela avoir de vers. En général ^ voici les symptômes les plus ordinaires : couleur du visage altérée , tantôt rouge , tantôt pâle , tantôt plombée , demi - cercle azuré sous les yeux , ceux - ci moins vifs et fixes ; paupières inférieures gonflées , pupilles très-dilatées , paupières et conjonctives quelquefois jaunâtres , prurit insupportable vers les narines , liémorrhagie nasale, céphalalgie fréquente et très-intense , bouche remplie de salive , haleine fétide , grincement de dents , sommeil inquiet et agité , soif considérable , somnambulisme , défaillances , vertiges , tintement des oreilles ^ toux sèche , convulsive , quelquefois stertoreuse et même suffocante ; respiration difficile , hoquets , paroles entrecoupées et , dans quelques cas , entièrement interceptées ; bouche écumeuse , palpitations du cœur , pouls dur , fréquent , intermittent ; abdomen tuméfié , borborygmes , rots , nausées , appétit tantôt nul et tantôt très-augmenté , colique , sentiment de piqûre et de déchirement , qui n'est point Çi^e , mais vague , dans toute la cavité de l'abdomen , qui augmente par l'état

568 LESIONS ORGANIQUES PARTICULIERES.

de vacuité de l'esloniac , et diminue quand on a pris des alimens ; cardialgie , diarrhée ou constipation , urine limpide et rarement fétide , amaigrissement , démangeaison violente à l'anus , ou ténesme , ennui , anxiétés, négligence et extravagance dans les actions. Mais ces symptômes varient selon l'espèce de ver contenu dans le conduit alimentaire.

555. Présence d'ascarides ( ascarides vermiculaires ). Sentiment d'irritation sourde , ou picotement et prurit insupportable au rectum , sortie d'ascarides avec les excrémens.

556. Présence de lombrics ( ascarides lombricoïdes)» Sentiment de prurit et de douleur pongitive dans un ou plusieurs points du conduit alimentaire , particulièrement vers l'ombilic ; sortie d'un ou de plusieurs lombrics par la bouche ou par l'anus.

557. Présence de tœnia. Sentiment de tournoiement et de pesanteur dans l'abdomen , de piqûre ou de morsure dans le voisinage de l'estomac ; gonflement et affaissement ondulatoire du bas - ventre ; appétit très-grand ; sortie d'une ou de plusieurs articulations d'un taenia par le vomissement ou avec les déjections alvines; ptyalisme, lipothymies fréquentes, amaigrissement.

558. Présence de trichocéphales. Les signes n'en gont pas encore connus. \

§ 111. Traitement des Affections vermineuses.

559. Ce qui nous importe le plus, c'est d'empêcher le développement des vers , ou , si celui-ci est trop avancé , de tâcher de les expulser. On obtient le premier avantage en donnant du ressort aui

VERS INTESTINAUX. 56g

fibres du canal intestinal , et en prévenant ainsi la génération de la mucosité qui sert de siège aux vers. On remplit l'autre objet en évacuant de temps en temps les premières voies , et en employant , après une légère évacuation , les toniques , comme la limaille de fer , le quinquina , l'exercice du corps , des lotions d'eau froide sur le ventre. On doit compter parmi les vermifuges les plus efficaces , le muriate d'ammoniaque , surtout lorsqu'il est mêlé avec la rhubarbe en poudre ou le jalap : c'est dans celte vue qu'on obtient souvent les succès les plus marqués en mêlant vingt ou vingt-cinq grains de ce sel avec douze grains de rhubarbe ou de jalap en poudre , et une addition de deux grains de gingembre. On fait prendre cette dose entière toutes les deux heures , en se bornant à quatre ou six prises pour ne point trop affaiblir l'estomac , et on fait succéder l'usage des amers. On imagine bien qu'il faut savoir modifier ce mélange suivant l'âge , les forces et la quantité de glaires à expulser. Mais comme les enfans ou les personnes faibles et irritables demandent des ménagemens , on peut piescrire comme vermifuge l'étain pur, limé grossièrement ou réduit en poudre, et associé avec quelques grains de jalap et un sirop quelconque. Suivant la méthode d'Alston ( Med, Essais , tome V), on fait prendre un purgatif, et le lendemain , si la personne est très-robuste , une once (32 grammes ) d'étain en poudre dans un excipient quelconque , comme le miel ; le surlendemain , demionce ; le quatrième jour , on revient au purgatif. M. Bloch prescrit des doses plus modérées, ayant égard, sans doute , à la diversité des constitutions et des

5jO LÉSIONS ORGANIQUES PARTICULIERES.

%es, puisqu'il comlnne vingt-cinq grains d'étain en poudre avec douze grains de jalap, et qu'il fait répéter eelte dose de quatre en quatre lieures. C'est le même moyen qui a réussi le plus souvent pour guérir le taenia ou vers solitaire. Le remède de madame Nouffer est aussi très-vanté pour remplir le même objet : on sait qu'il consiste à faire prendre trois gros (i 2 grammes) de fougère mâle (poljpodium fdix mas, L.) , réduite en poudre très-fine, et à faire succéder, deux heures après , un bol purgatif. Immédiatement après le bol , on donne une ou deux tasses de thé vert léger , et dès que les évacuations commencent , on en fait prendre de temps en temps une tasse jusqu'à ce que le ver soit rendu. On connaît les résultats heureux que le professeur Bourdier a retirés de l'emploi de l'éther sulfurique , tant en potion qu'en lavemens, pour combattre les taenia. Je ne puis , d'ailleurs , que renvoyer à l'ouvrage de M. Brera pour ce qui concerne les difFérens moyens qu'on a successivement conseillés et employés contre l'affection vermineuse en général.

56o. Il n'est pas rare de rencontrer dans le conduit intestinal , à la suite de phlegmasies chroniques , des ulcérations avec épaississemeiit et altération profonde du tissu membraneux , accompagnées quelquefois de tubercules ou d'un développement squirreux ou lardacé. Ces sortes de lésions organiques ont été encore peu étudiées.

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