CulJen atteste, par sa propre expérience, que
le diabètes est presque toujours mortel Lorsqu'il
n'est encore qu'à la seconde période, il peut être guéri, comme j'en ai vu un exemple ; mais c'est alors bien moins par les secours de la pharmacie que par Fappll-" cation des vrais principes de i'hvgiène, l'art de relever le courage du malade , d'augmenter progressivement l'exercice du corps, de faire diversion à ses idées tristes et mélancoliques , de lui faire prendre avec modération un vin généreux et une nourriture animale. On doit sans doute s'empresser d'accueillir les lumières que la chimie peut répandre sur la médecine ; mais on n'en doit pas moins s'imposer la loi de les soumettre à une discussion sévère. Le diabètes est an des points qu'on fait le plus valoir en faveur de la chimie médicale ; et on sait avec quelle sagacité Rollo, médecin anglais, a cherché à développer le vrai caractère de cette maladie. Mais quel sens précis attacher à ce qu'il appelle ime condition morhijîquç de V estomac , et une dispersion de Ui matière sucrée , ai^ec cliangeme/rf des fluides du sjstème ? Dire qu'il faut prévenir la fonnation ou le
CONCRÉTIONS IiniNATRES. 55^
développement dé la njatière sucrée de l'estomac, et diminuer raciion de ce viscère , est-ce établir la nécessité absolue de l'usage des désoxygénans^ comme le repos, la diète animale , le sulfure de potasse? Dans un cas de diabélès causé par des chagrins profonds, et parvenu déjà au dernier degré , un malade à qui j'ai donné des soins a été guéri en séjournant à la campagne ^ en se livrant à un exercice régulier ;, en sortant de son abattement^ et en insistant autant sur le régime végétal que. sur toute autre substance. C'est le rétablissement des forces vitales , et non des combinaisons chimiques, qui procure dans ce cas , comme tlans beaucoup d'autres , une guérison solide. ^
C O N C R à T J p N S URINA IJI^E S,
§ 1". Considérations générales.
544' Les affections calculeuses sont un des points de la pathologie inteiiK^ sur lesquels la chimie moderne a répandu le plus grand jour, et c'est à Fourcroy et à M. Vauquelin que l'art est surtout redevable de faits aussi curieux .<[u'intéressans. Autrefois on s'était fait de la nature des concrétions urinaires autant d'idées hypothétiques, ^çliéele y découvrit le premier un acide particulier qu'on nomma d'abord acide liiliique , et ensuite ac/^/e 2^m/^/e. Mais .Fourcroy et M. Vauquelin démontrèrent , d'après l'analyse de plus de six cents calculs , que leurs matériaux constituans sont en nombre beaucoup plus considérable : ils y ont reconnu de l'acide urique , de l'urate d'ammoniaque, du phosphate de chaux , du phosphate ammoniaco-magnésien ^
558 LÉSIONS ORGANIQITES PARTICULIERES.
de l'oxalate de chaux , et dans quelques cas , rares à la vérité , de la silice. Ces matériaux , qu'ils existent seuls , ou qu'ils soient mêlés entre eux , sont toujours accompagnés d'une substance animale. En comparant tous les laits que l'analyse exacte d'un grand nombre de calculs a présentés , Fourcroy en distingue tr>ois Genres : le premier se compose de calculs formés d'une seule substance , outre la matière animale qui en lie les molécules; le deuxième , toujours sans avoir égard à cette matière , est composé de deux substances calculeuses , et le troisièîne renferme plus de deux substances diverses , souvent même quatre. Ces trois Genres comprennent ensemble douze Espèces : de ce nombre trois seulement appartiennent au premier Genre. La preiliière 'Espèce comprend les calculs d'acide urique , la deuxième ceux d'urate d'ahimolîiaque , et la troisième ceux d'oxaîate calcaire. Le deuxième Genre renferme sept Espèces : la première se compose d'acide ufique et de phosphate terreux en couches bien distinctes ; la deuxième , d'acide urique et de phosphates terreux mêlés intimement; la troisième, d'urate d'ammoniaque et de phosphates en couches distinctes ; la quatrième , des deux précédens inatériaux mêlés intimement ; la cinquième , de phosphates terreux mêlés ou intimement ou en couches fines ; la sixièm-e , d'oxaîate de chaux et de phosphates terreux en couches distinctes. Le troisième Genre contient deux Espèces : la première se compose d'acide urique ou d'urate d'ammoniaque , de phosphates terreux et d'oxaîate de chaux ; la deuxième , d'acide urique , d'urate ammoniacal , de phosphates terreux et de silice. Toiis ces matériaux n'entrent pas aussi