Le jeune homme dont parle Galien (Meth
med. lib. IX) était dans une position analogue. Après avoir renoncé pendant long-temps aux exercices de la gymnastique , 1l les avait repris brusquement et avec une sorte de fureur. Peu de jours aprés, chaleur vive , mais douce au toucher, pouls fréquent et développé, urine presque naturelle pour la couleur et la consistance, visage plein et fortement coloré, sentiment de pesanteur et de plénitude. La saignée fut différée les premiers jours, sous divers prétextes, et lexacerbation de la troisième nuit fut moins forte que celle du premier jour, quoique toujours accompagnée dun sentiment de tension dans toute l'habitude du corps, et d’une douleur pulsauve à la tête. La saignée, alors pratiquée , fut portée jusqu’à défaillance, ce qui fut suivi d’un sommeil profond , et aussitôt après , de la convalescence.
22. Les observations seules de Forestus sur cette fièvre semblent suflire pour établir une disunction “entre l’éphémère et la synoque. Parmi les exemples qu'il rapporte, la première a été quelquefois le produit de la fatigue, des veilles prolongées, d’une longue exposition aux rayons du soleil, ou de lim- “pression d’un froid très-vif; dans ces cas, sa durce n'a guére excédé vingt-quatre heures , et elle s'est ter- * ‘minée par les sueurs ; d’autres fois elle s’est prolongée jusqu’au troisième ou quatrième jour, par des dispositions particulières aux individus qui en étaient affectés. Un état pléthorique porté au dernier degré , des excès d’intempérance, un emportement violent de colère, une douleur excessive produite par une blessure, une fracture, une luxation ; en un mot, toute
. \ 4 e P @ cause physique ou morale propre à établir une réaction forte et durable sur le système vasculaire sanguin , peuvent produire une semblable fièvre, qui se términe par les seules forces’ de la nature, en modérant seulement les symptômes par la saignée, s'ils sont
trop violens. La durée peut être de trois ou quatre
jours. Nulle part on n’en trouve un exemple plus
frappant que celui d’un moine , dont cet auteur à conservé l'histoire (Livre 1, Obs. AI). Cet homme , plongé dans linaction, livré à la bonne chère, doué.
d'ailleurs d'un tempérament san uin . interrompit | 8 ;
tout-à-coup la vie sédentaire par des excès de fatigue , et S'EXpOSà aux intempéries d’une saison rigOU— reuse , etc. Le second jour, Forestus , appelé , trouva la chaleur douce, quoique assez vive ; le pouls grand , plein, fréquent; la peau légèrement colorée et hali=: tueuse. Ïl prescrivit aussitôt une saignée copieuse. Le troisième, on fit une seconde saignée , qui MmOo— déra la chaleur fébrile. La fièvre cessa le quatrième, Jour.
23. Les jeunes filles, à la première époque de la, menstruation , offrent des exemples frappans de fièvre inflammatoire (’oyez ma Médecine clinique) , et
cette vérité a été connue des les premiers temps de la
médecine d'observation , comme le témoigne l’histoire d'une jeune fille, rapportée par Hippocrate dans le’
fievre ai Y] TE I } ns À s h L 4 à
ive , langue brunâtre , sèche; urime légèrement co+| Jorée. Le deuxième jour, beaucoup d'anxiété, point | de sommeil. Le troisième jour, déjections copieuses, |
mais liquides ; ce qui continua les jours suivans avee | = R|
troisième livre des Epidémies. Des le premier jour, |
guë avec chaleur brûlante, insomnie , soif |
| INFLAMMATOIRES. 23 soulagement marqué. Le quatrième, urine limpide, -en petite quantité, avec énéorème et sans sédiment ; délire pendant la nuit. Le sixième, hémorrhagie du nez copieuse , et après un léger frissonnement , sueur générale, suivie de la terminaison de la fièvre. La menstruation eut lieu aussitôt aprés, pour la première fois. |
24. Les formules dont Forestus a coutume de surcharger ses descriptions ne: doivent pas empêcher de rendre justice au talent qu'il avait d'observer et de tracer des histoires fidéles; et je puis citer pour exemple la fièvre appelée improprement synochus cum putredine ( Obs. XIV), qui n’est qu'une fièvre inflammatoire ou angioténique. Un jeune homme de vingtsix ans, sujet autrefois aux hémorrhagies nasales, qui s'étaient supprimées depuis environ trois ans, négli-
gea, pendant deux ans, de se faire faire une saignée dont il avait contracté l'habitude; il était d’ailleurs d’un tempérament sanguin , et sujet à des excés de boisson. Un jour, excédé de fatigue , il fut attaqué des sympiômes suivans : douleur gravative de la tête,
rêves marqués par de fausses apparences d'objets rouges, plénitude et forte pulsation des artéres temporales, rougeur des yeux. À sa premiére visite, Forestus fit pratiquer une saignée, et prescrivit une boisson acidulée; ce qui fut suivi d’une sueur abondante avec soulagement: Les jours suivans , boissons
délayantes ; et le quatrième, laxauf : ce même jour, l'urine, qui auparavant était rouge et ténue , déposa un sédiment, ce qui fut d’un beureux augure. Le
. septième jour, une sueur abondante termina maladie.
On doit rapporter à la fièvre inflammatoire les Observations XV et XVIII du Livre 1* (de Feb. ve Ja VIII du Livre I ; elles méritent d’être connues , et doivent être comparées entre elles , en se mettant en garde contre les dénominations peu exactes qu’il donne aux deux prenuéres.
25. Les nombreux exemples de la même fièvre qu'a publiés Hoffmann (de Febre acutä sanguined) ne font que confirmer les caractères constans et distincufs qui peuvent servir à la faire connaître. Qu'on rapproche de ces faits, soit l'exemple parti cuhier recueilli par Stahl (Collegium casuale), soit ceux de Weisz, consignés dans son Essai de Pyrétologie ( Pyret. pract. Tentamen), ou ceux qui sont exposés dans ma Médecine clinique, et alors on verra clairement les diverses circonstances propres à produre la fièvre dite inflammatoire , et les lois générales qu'elle suit dans sa marche et dans sa terminaison , quelques variétés d’ailleurs qu'elle présente.
26. La fièvre mflammatoire continue peut-elle devenir épidémique ? Hoffmann nous parle sans doute d’une fièvre catarrhale avec dés symptômes inflammatoires, et devenue épidémique. Stoll ( Éphémérides, ann. 1770 ) nous à transmis aussi les caractères d'une fièvre dite putride inflammatoire , dont l'usage des toniques et des sümulans ne faisait qu’aggraver les symptômes , et qui nécessitait l'emploi des délayans et des boissons acidulées. Maïs il restait encore à fiure connaître, par les observations les plus exactes et les plus précises , une fievre RE qui portät tous les caractéres de celle qu'on nomme inflammatoire ; et c'est là l'objet des recherches faites par M. Navières
durant le trimestre d'automne de l’an 1802, dans une peute commune pres de Mantes. Il à rapporté plusieurs histoires particulières de cette fièvre pour en faire bien connaître le caractère : je vais me borner à en citer une qui ne laisse aucun doute.
27. Une jeune personne de vingt-quatre ans, d’un tempérament sanguin ,; mais délicate et sensible , éprouva une vive frayeur au moment de l’éruption des menstrues, qui furent supprimées; deux jours après, hémorrhagie du nez abondante, et ensuite santé chancelante pendant quelques jours ; course d'une lieue durant la chaleur du jour, et dés le soir lassitude dans tous les membres, céphalalgie intense , battement des artères temporales. Les premiers jours, face animée , toux sans expectoration , diarrhée , yeux larmoyans, douleur des lombes, urines rouges, alternatves de chaleur et de moiteur, pouls plein, fort et développé, insomnie, point de paroxysme sensible. Le dixième jour, légère surdité ; soubresauts des tendons. Quatorzième jour, somnolence, délire plus intense, face bouflie avec érysipèle. Quinzième jour, hémorrhagie copieuse du nez. Seizième jour, sueur générale, sommeil paisible. Dix-septième jour, sang pur rendu par les selles. Dix-huiuème jour, léger frisson avec tremblement, chaleur sans sueur. Dix-neuvième jour, fonctions des sens pleinement rétablies. Vingt-unième jour, hémorrhoïdes, et terminaison de la fièvre... -
28. L'auteur de la descripuon de lépidémie en üre les caractères généraux d’après lés observations les plus mulupliées : les uns ont été propres à la maladie, lorsqu'elle avait été traitée d’une manière régulière ; et qu'une saignée avait été employée dés les premiers
jours : alors céphalalgie intense , battement des artères temporales, yeux larmoyans, face animée, langue humectée, blanche ou rouge; lassitudes spontanées , douleurs des lombes , chaleur modérée ou halitueuse, pouls plein, fort et développé; urines rouges, paroxysmes à peine sensibles. Mais il en était autrement si la maladie était traitée par les évacuans ou par une méthode échauffante : alors, aux Ge D précédens se joignaent, depuis le dixième jusqu’au quinzième jour, l'aridité de la langue avec une soif vive , un gonflement comme érysipélateux de la face, un pouls peut et concentré, un léger délire, Passoupissement , la sécheresse de la peau. Une saignée ou deux pratiquées à cette époque, suivant la constitution individuelle, calmaient quelquefois ces symptômes ; mais dans des cas où l'irritauon du système vasculaire était extrême, la langue se couvrait d’écailles très-sèches et d'un noir grisâtre ; 1l y avait oppression, délire furieux, pouls petit et concentré, sueurs parüelles , quelquefois constipauon opimiätre et météorisme du ventre. L'auteur propose, sous forme de doute, si dans ces cas extrêmes la fièvre inflammatoire ne se compliquait point avec la fièvre adynamique. D'ailleurs , l'histoire qu'il donne de cette épidémie porte tous les caractères de la candeur et de la sagacité ; il assure avoir eu occasion d'observer à-peu-près cent cinquante malades, et quatre seulement ont succombé par des imprudences ou un traitement antérieur entièrement contraire au caractère de l'épidémie.
29 Fièvre ardente. La maladie désignée par les anciens ; et par quelques modernes, sous le nom de Jièvre ardente ; est-elle simplement inflammatoire, ou
bien doit-on la regarder comme une complication de cette derniére avec la fièvre dite Orlieuse ? La solution de cette question est loin d’être facile. Veut-on se diriger d'apres les théories galéniques, on ne voit que confusion et obscurité dans le rôle qu’on fait jouer à la bile et aux humeurs. Veut-on s’éclairer par les exemples que les commentateurs peuvent trouver dans Je 1° et 5° hvre des Epidémies d'Hippocrate, ou dans le recueil d'observations d’'Amatus-Lusitanus , d'Hoffmann, de Forestus, ete., on reconnaît que le nom de fièvre ardente a été prodigué à des fiévres dont les unes ont été simplement inflammatoires, les autres gastriques. Quelques-unes offrent la complication de ces deux espèces primitives ; d’autres présentent la complication de l’une des deux avec la fièvre adynamique ou putride : et alors que de sujets de vacillation dans les jugemens qu’on doit en porter ! que de conséquences fausses et dangereuses on est exposé à en ürer ! Sebornera-t-on aux caractères généraux qu’on a donnés de cette fièvre , on ne cite guère qu’une soif ardente et une chaleur immodérée, sitis incompescibilis, exurens caliditas, comme dit Forestus : mais ces caracteres ne conviennent-ils pas à certaines variétés des fievres de tous les Ordres, surtout dans leur plus haute période ? Enfin, cherche-t-on à s’éclairer par les descriptions qu’on trouve sans cesse dans les ouvrages élémentaires de médecine ; mais comment s'en rapporter à ces éternelles compilations où l'art d'écrire n’est assujetti à aucune regle, et dans lesquelles on ne s’est jamais proposé de partir d’un point fixe, c’est-à-dire d’une déterminauon précise des Especes simples , soit de la fièvre inflammatoire , soit
de la fièvre gastrique ? Veut-on n’en croire que ses propres observations, on ne peut rien décider tant que le mot de fievre ardente ne sera point exactement déterminé, à moms de commencer une nouvelle série * d'observations par voie d'analyse.
50. Quel parti prendre dans l’état actuel de nos connaissances , pour déterminer si cette fièvre est une variété de la fièvre gastrique ou de la fièvre inflam— , matoire, ou bien si c’est une complication des deux ? Cette dernière opinion paraît la plus vraisemblable, si l’on fait attention que, dans les exemples les plus prononcés de ce qu’on appelle causus legitime , 6n retrouve le concours des circonstances les plus propres à produire cette complication; comme ce qu’on désigne vulgairement sous le nom de tempérament biliososanguin , la saison des chaleurs , un exercice du corps excessif, l'abus des liqueurs alcoolisées , des emportemens de colère, la disposition aux hémorrhagies habituelles ou leur suppression brusque. Mais quelque sens qu’on attribue à la dénomination de févre ardente , 11 n’est pas moins hors de doute que la com plication dont je viens de parler existe, comme je le ferai voir dans l'Ordre suivant, après avoir donné les caracteres de la fièvre bilieuse ou gastrique simple.
31. FiÈvREs INFLAMMATOIRES RÉMITTENTES ET IN— TERMITTENTÉES. Macbride admet une fiévre rémittente inflammatoire ; Pringle appelle irflammatoires mixtes les intérmittentes du printemps, sans en rapporter aucune observation particulière. Dois-je les croire sur parole , et admettre avec eux une prétendue diailèse inflammatoire qui s’unit à ces divers types? Selle, © la Pyrétologie mérite à si juste titre d’être cité: 2
éloge, admet une fièvre intermittente inflammatoire dont le caractère générique est de coïncider avec le printemps et l’hiver, d’être propre aux constitutions robustes, d’être marquée par un sang inflammatoire et d’autres signes de la diathèse phlogistique. Je con- -sulte les auteurs sur lesquels ce nosologiste fonde son opinion; et je cherche en vain dans leurs écrits des observations directes et concluantes.
32. Huxham fat admirer sa sagacité à saisir des rapports entre certaines fièvres üerces , demi-terces, ou quoudiennes , et quelques phlegmasies, comme la phrénésie, la pleurésie , la péripneumonie ; et 1l remarque que , Si au début.on traite les premières par des remedes échauffans , comme les liqueurs alcoolisces , les ammoniacaux , les aromates, on les fait dégénérer en phlegmasies ; et 1l en conclut que éertains accès de fièvre intermittente se marquent par des caractères inflammatoires ; 1l observe aussi que quelquefois les uns et les autres durent d’une mamére épidémique pendant les hivers rigoureux ; enfin il étend plus loin ses considérauons sur les affinités de ces maladies, en rapportant que , dans des cas où 1l avait vu régner en hiver des pleurésies, des péripneumomies, des rhumatismes inflammatoires, la saison des chaleurs qui succédait immédiatement après était marquée par des fièvres intermittentes, comme restes de l'épidémie inflammatoire.
33. D’autres auteurs ont adopté, NO ou moins de variété, les opifions de Huxham ; et c’est sans doute d’après tant de témoignages, et à la faveur de lindétermination où restait le mot de fievre inflammatoire, que Selle n’a pas balancé d'admettre un Genre de fièvres
intermittentes inflammatoires. Mais quelle induction
peut-on tirer de toutes ces autorités, sinon que cer—
taines circonstances de la saison , des dispositions individuelles, le régime, peuvent donner aux accès de fièvres intermittentes une certaine apparence de fièvres inflammatoires, sans qu'ils aient rigoureusement ce caractère? Au défaut d’une série d'observations précises et propres à en ürer les caracteres de l’Espèce et du Genre , renfermons-nous dans les bornes du doute philosophique, et appelons sur ce point de doctrine l'attention des vrais observateurs.
54. En attendant , quelques exemples d’un caractère plus ou moins marqué peuvent ouvrir la carrière. Une femme, parvenue depuis une année à l’époque cri üque, éprouvait depuis quelque temps une fièvre intermittente tierce; l'heure de l’invasion des acces, quoique variée , avait lieu pendant la nuit ou de tresgrand matin ; les accès étaient marqués par un frissonnement qui se faisait sentir aux pieds et aux lombes, et qui était suivi d’une chaleur halitueuse qui continuait pendant la matinée. Durant cette période de l’acces , dureté extrême du pouls , coloris du visage , douleur gravative de la tête, sensibilité de la région de lutérus, et, par intervalles irréguliers , légère hémorrhagie utérine. Dans quelques circonstances où les symptômes, excepté l’hémorraghie, étaient trés-intenses , une saignée du pied a produit un soulagement marqué et une cessaÿon passagère des accès. La maladie a marché ainsi pendant près de quafffe mois, avec un caractère variable pour l'heure de l’invasion et l’intensité des symptômes. Le traitement a éié dirigé de manière à avoir plus d’égard à Fétat de la matrice
INFLAMMATOIRES. SE qu'à celui de la fièvre internuitente. J'ai | prescrit des boissons délayantes et légèrement acidulées, et, par intervalles , un grain d’extrait d’opium dans un verre d’une eau émulsionnée et sucrée. Le frisson a disparu peu à peu, et il n’est resté qu’une sorte de paroxysme en chaud, qui a fini même par disparaître une quinzaine de jours après. Mais, quoique la fièvre ait cessé, il reste toujours une sensibilté douloureuse dans la matrice, ce qui demande des attentions particulières dans le régime.
55. Il est aussi des fièvres intermittentes quotidiennes et quartes qui présentent beaucoup d’analogie avec les fièvres dites inflammatoires. Hoffmann rapporte l'observation d’un homme robuste et pléthorique, sujet au flux hémorrhoïdal, qui eut une fièvre quarte sans cause connue. Les toniques et les excitans aggravaient les accès : on prit une méthode opposée. Une saignée fut suivie de l'usage des mucilagineux et des laxatifs ; les toniques succédèrent et firent cesser la fièvre. Le même auteur cite aussi exemple d’une jeune personne, délicate et d’une constitution sanguine, qui, attaquée d’une fièvre quarte, puis saignée , prit un purgatif qui produisit une diarrhée de Fe jours ; et la fièvre fut terminée.
36. M. Alleveireldt , D’. M. à Bruges, m'a commuhiqué un exemple qui paraît porter tous les caractères d’une fiévre inflammatoire continue passée à l’état d’inflammatoire intermittente. Un homme de cinquante-trois ans , d’une constitution athlétique et d'un tempérament sanguin, en proie à de profonds chagrins, et livré par intervalle à des travaux ex-
bo FIÈVRES
cessifs , éprouva, le 20 juin 1806, un sentiment dé malaise. Le lendemain , premier jour de la maladie ;, pouls dur et pleui, physionomie animée , céphalalsie légère, urine trés-colorée , constipation , lassitude générale , et douleurs passagères dans Ja région lombaire. Le jour suivant, diminution de ces symptômes, qu'un exercice trop prolongé rendit bientôt plus intenses. Le troisième jour , soif ardente , Jangue aride et blanchâtre , vomissement spontané de tout ce quiétait bu pendant le paroxysme ( saignée du bras , boissons délayantes , clystères émoiliens ). Le quatrième, amendement notable le maün ; l’aprèsmidi, indigesion suivie d'une exacerbation violente. Le cinquième, augmentauon de la céphalalgie ; persistance des autres phénomènes ( seconde saignée, pédiluve , application des sangsues aux tempes ). Le sixième, intensité croissante des divers symptômes ; délire ( sinapisme aux pieds, boissons acidulées en grande quantité ). Le septième, diminution progressive de la fièvre ( un bain tiède le soir ), sommeil assez tranquille. Le huiuème, l'apyrexie fut parfaite jusqu'à trois heures de l'après-midi ; mais alors survinrent des horripilations suivies de chaleur, et le retourde tousles phénomènes précédemment décrits, qui disparurentde nouveaule lendemain matin. Le dixième jour, second accès semblable au premier , sice n'est qu'il commença et cessa plus tôt. Neuf autres actes , bien moins intenses, eurent encore Jieu , éloignés d'environ quarante-cinq heures lun de l'autre. Tous offrirent le même caractère. L'emploi du quinquima en décoction , qu’on substitua, après le neuvième , à celui des délayans et des bains üèdes, mit fin à Ja
LA
INFLAMMATOIRES. | 35 maladie. Dans cette observation particulière, plusieurs circonstances qui auraient rendu l’histoire de la maladie plus complète, ont été omises : on n’a fait, par exemple , aucune mention du caractère de la chaleur.
37. M. Arlin, dans une Dissertation sur les fièvres intermitientes , qui a été l’objet d’un acte public à FEcole de Médecine ( 19 août 1813 ), donne deux exeniples d’une fièvre intermittente inflammatoire > SOUS la dénomination peu exacte de Jièvres intermittentes dierces, compliquées de Symptômes inflammatoires. Dans la deuxième observation , qui fut très-caractérisée sur une jeune fille, le cinquième accés fut marqué par une soif très-vive, point de douleur à lépigastre, m1 de tension de l’abdomen, un pouls développé, une chaleur halitueuse et des urines rouges. Huit sangsues appliquées à la vulve rappelérent la menstruation et firent cesser la fièvre.
S IT. Histoire générale des Fièvres dites inflammatoires.
38. Il faut se garder de faire entrer dans cette descripuon générale d’autres complications, ainsi que l’on fait Stoll et Franck ; ce dernier indique comme symptômes de cette fiévre la sécheresse des lèvres et de la bouche, les nausées , le vomissement, l’assoupissement, les convulsions, le délire phrénétique, ete. (De Cur. kom. Morb. Epitome, lib. de Febr.)