‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecineChapitre 27 sur 60 · Emparras GasTRiQuE. Un des points les plus · texte numérisé non relu

Emparras GasTRiQuE. Un des points les plus

fondamentaux et les plus propres à mettre de Ja précision dans des notions élémentaires, sur la fièvre bi= lieuse où gastrique , est d'établir la vraie disunction qu'on doit mettre entre cette fiévre et ce qu'on ap= pelle surcharge ou embarras gastrique, qui existe quelquefois indépendamment de toute maladie , maté qui peut aussi se produire dans toutes les maladies aiguës ou chroniques et dans toutes leurs périodes : 1l se complique surtout le plus souvent ayec la fièvre gastrique , SOit au commencement , soit au milieu,

ee BILIEUSES OU GASTRIQUES. Si soit vers la fin, et de là viennent tant d'opinions erronées sur cette fievre , qu'on l’a toujours attribuée à un excès ou à une dégénération de la bile ; tandis qu'on la voit quelquefois exister sans aucun signe de surcharge des voies alimentaires. Cette affection a été décrite par les auteurs de tous les temps sous les divers noms de turgescence de la bile, de saburre, de matière mobile, et j'ai souvent occasion de l’observer sous ses diverses variétés, puisqu'elle est comme endémique dans les hospices. L'observation démontre de même qu'il existe aussi uh embarras intestinal. Les coliques appelées par les anciens bilieuses ou pitui-

deuses, sont-elles autre chose que des amas abdomi-

naux , comme on en trouve des exemples dans les écrits de Gahien {de Eocis affect. lib. IT), de Salmuth (Cent. T, obs. LXX VIT), et de Chomel [ Commentaires sur les Fièvres )? I] y a donc ce qu'on peut ap-

peler un embarras intestinal, comme un -embarras

gastrique , et cette distinction est même indiquée par Hippocrate (Aphor. 17 et 20, sect. 4). Le premier degré de l'épidémie de Lausanne , observée par Tissot en 1755, et la première période de celle de ZLecklembourg, observée par Finke en 1770, donnent encore une juste idée de cette maladie.

64. Les malades, dans l'épidémie de Lausanne , se plagnaient d'abord de pesanteur générale , de lourdeur de tête ; 1ls étaient faibles , éprouvaient du dégoût, üne lassitude, une sensation incommode et presque continuelle de froid, de la somnolence sans véritable sommeil; la bouche était pâteuse et la langue couverte d’un enduit jaunätre. Au bout de trois à quatre jours au plus , il survenait un frisson auquel

ep. FIÈVRES

succédait une chaleur peu considérable et mordicante, qu, chez plusieurs, durait jusqu’au lendemain maün , et alors sedissipait peu à peu sans aucune évacuation sensible : et chez d’autres aboutissait, aprés quelques heures, à une légère moiteur qui n’était point suivie de calme. Pendant la durée du paroxysme , 1] y avait souvent céphalalgie, mais jamais difficulté de respirer. Dans les premiers jours , le pouls, presque naturel, était seulement un peu fable ; plus petit pendant le frisson , il était prompt, contracté et fréquent dans la période de la chaleur: La langueur succédait au paroxysme : alors les malades pouvaient quitter le hr. mais ils étaient incapables de vaquer à leurs affaires. Le paroxysme revenait tous les jours sans étre assujetti » une heure ni à une marche fixes. Chez plusieurs , 1l n’observait pas de périodicité, et alors il y avait des alternatives irrégulières de froid et de chaud. Dans quelques-uns , le paroxysme n’était marqué que par une anxièté et une débilité plus considérables qu'à l'ordinaire , et qui se manifestaient vers le Soir ; MAIS leur marche vers la guérison n’en était pas plus rapide. Dans quelques cas, parmu les femmes âgées surtout, il y avait seulement dégoût , faiblesse d'estomac, insomnie ; cependant le rétablissement n'arrivalt qu'au bout de quelques semaines.

65. T'els étaient aussi les préludes de l'épidémie de Tecklembourg : lassitudes spontanées, douleur des membres et du dos s’accroissant vers la nuit , sentiment de formication dans les muscles, pülsation à lépigastre ; douleur de tête nulle chez la plupart des malades , légère chez quelques autres, vive chez un peut nombre , Occupant tantôt le front

et tantôt le sinciput. Tels étaient les autres signes précurseurs : sentiment de pesanteur à l’épigastre , douleurs des hypochondres , rapports continuels et nidoreux , langue sale, couverte, chez les uns , d'un enduit léger, chez les autres d’une mucosité tenace , blanchâtre , et quelquefois jaunâtre ; anorexie , nausées, et même efforts de vomissement ; Constipation chez les uns , diarrhée chez les autres ; urine pâle ; pouls faible , quelquefois fréquent ; nuit agitée > Surtout aux approches du sommeil: la face pale chez les uns , colorée chez les autres, quelquefois alterna-

tives de rougeur et de pâleur. Les malades vaquaient

à leurs affaires. Cet état pouvait durer quelques

Semaines et méme quelques mois ; il passait quelque-

fois à celui d’une fièvre gastrique déclarée, continue Où anomale, ou à un état valétudinaire ; à MOINS que l’art ne provoquät les évacuations convenables.

66. Cnorria-morgus. N'est-ce pas seulement par l'intensité des symptômes que l'embarras gastrique et intestinal réunis différent du cholera-morbus ? (Je renvoie sur cet objet à mon ouvrage sur la Médecine clinique ). Ei qu'on se rappelle d’ailleurs les deux aphorismes d'Hippocrate, 17 et 20 , de la quatrième section, et la description que donne Sydenham de la même maladie » lorsqu'elle régna épidémiquement en 1669 ét 1676 à Londres. Hoffmann en rapporte trois exemples remarquables [ de Febre ardente nec non cholericä ) : je me borne à citer le premier. de" ©

67. Une femme délicate et sensible mange une grande quantité de fraises après un mouvement de’ eolère ; et biemtôt après, vers l'heure du diner , elle

54. PORTE éprouve les symptômes suivans : vOmissemens et dés. jecuons répétés pendant vingt-quatre heures , ayec refroidissement des extrémités , anxiétés extrêmes , agitations continuelles. Hoffmann prescrit les déie ans, quelque poudre absorbante , et une fomentation huileuse sur le ventre : les anxiétés et les tran-

chées cessent, les évacuations par les parties supé- * rieures et inférieures diminuent > “ei dans trois Jours la maladie est terminée. L'ordre’ des affinités ne j permet t pas de regarder le cholera-nibrbus commé f étant , d’une autre nature que l'embarras gastrique ; ses symptômes précurseurs sont un sentiment de pesanteur à l'épigastre, des anxiétés, l’insomnie À .destranc hées , des rapports nidoreux , une salivations excessive. IL est souvent dü à NES d’une atmo—* j sphère brûlante ; mais 1l paraît aussi quelquefois au” à début des Faite gastriques , comme je l'ai observés moi-même dans une épidémie de ces fievres.

68. Nulle part le cholera-morbus ne s'est mon tré avec une plus grande intensité de symptômes que dans la constituuon épidémique de l'an 1669 décrite par Sydenham : d’abord , vomissemens:exces" sifs et évacuations douloureuses et pénibles par les! selles , douleurs violentes et distension de l'abdomen et des intestins, cardialgie , pouls vif et quelquefois! inégal et concentré, ee , anxiétés extrêmes à quelquefois sueurs colliquatives, contraction dans les membres, défaillances , froid des extrémités, et autres symptômes effravans qui peuvent devenir fus nestes en Virigt-quatre heures. Dans cette dangereusè variété de l’embarras gastrique, la nat de la maladie et l'ouverture des corps ont prouvé d'une

BILIEUSES OÙ GASTRIQUES 55 manière mamifeste, que l’irritation gastrique peut être portée au point de détermmer une phlegmasie promptement suivie de la gangrène.

Go. Fièvre GasTRiQUE conrinur. Une idée juste et exacte de la fièvre bilieuse ou gastrique peut-elle être puisée dans une foule de descriptions "générales ou se observations, OÙ. entrent souvent 4 35 S

fièvres d’un autre Ordre ? Quelle triste « faits clairs et précis , non-seulement ins LS pass d'écrits sur cette fièvre depuis Cn

plus extraordinaires de cette fièvre. he. récueil Oo vations de Forestus ( Observ. e febrib. GE. ie en élaguant sa polypharmacie , est peut-etre l'ouvrage où Men peut prendre les idées les plus saines ke cette fievre, et apprendre à Ja reconnaître sous toutes ses formes les plus “imples, pourvu qu'on ne s'arrête point au titre qu 1 Jui donne. © 70. Un jeune ‘homme îgé % vingt-sept ans, dit Forestus, habitué à une que inactive , quoique d? un tempé-. rament bilieux , s’excede nour de fatigu longue course , boit de la grosse bière route , arrive chez lui en sueur , boit encore de la petite

bière, pressé par une soif excessive : de là un senu-

par une $ se emet en

ment de constriction dans la poitrine, une certaine difficulté de respirer, un frisson, et une fiévre continue qui s'agorave le lendemain : 3 céphalalgie vive ,

soif intense , et vomissement prompt de la boisson

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