‹ Nosographie philosophique, ou la méthode de l'analyse appliquée à la médecineChapitre 33 sur 60 · sa ville de Prague, par sa situation , l’humi · texte numérisé non relu

sa ville de Prague, par sa situation , l’humi

(1) An Essay on fevers and their various kinds , etc. ; by John Huxham , etc. London , 1750.

PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 97

due de son atmosphère et la manière de vivre de ses habitans (1), a offert un concours rare de circonstances propres à: favoriser le développement des fiévres du même Ordre ; et le docteur Plenciz à mis à profit tous ses avantages pour les faire mieux connaître, autant par des descriptions générales que par quelques histoires particulières. Mais l'ouvrage au quel nous devons des notions bien plus précises et plus étendues sur ces fièvres ; est celui de Ræderer et Wagler ( Tractatus de Morbo mucoso. Goetüngue, 1785 ), parce que les auteurs ne se sont point bornés à en décrire la marche en général, et à en désigner le siége d’après des recherches anatomiques, mais encore par ce qu'ils onteu soin d'y joindre des observauons particulières propresà faire connaître ces fiévres, soit dans leur état de simplicité, soit dans leurs complications diverses.

121. FIÈVRE MUQUEUSE continue. Dés.les premiers temps de la médecine , et avarit de songer à distribuer les fievres avec méthode , on a donné des ‘exeniples de celle qu'on nomme maintenant muqueuse { Hv. Er, Épid d'H pp. , malad.6 ). Cléonacte est toui-à-coup pris d’une fièvre qui n'avait point d'heure ni de marche fixes pour le retour des paroxysmes. Dans les premiers jours, cCéphalalgie et douleur contusise des membres; quelquefois des sueurs , d’autres fois point du tout; retour des paroxÿsmes ordinairement les jours critiques ; froid des mains vers le vingt-quatrièéme jour : ce qui est suivi de vomissemens d’une matière (1) Josephi de Plenciz ; Acta et Observata medica. Pragæ st Viennæ , 1783. |

ÿS FIEVRES

bilieuse , d’abord jaune , puis verdâtre , et d’un soulagement marqué. Vers le trentième jour , commencement d’une hémorrhagie de l'une et l’autre narine, dont le retour est variable et se renouvelle à diverses époques jusqu’à la crise ; point d’aversion pour les alimens, ni de soif durant tout le cours de la maladie, ni de rêves turbulens ; urine claire, mais colorée. Vers le quarantième jour , urine rougeûtre , avec beaucoup de sédiment rouge; rémission des sym-! ptômes ; l'urime offre ensuite des variauons pour le sédiment, qui manque par intervalles. Le soixantième jour , -sédiment UE blanc et léger , rémussion de tous les symptômes , intermission de la fièvre, urine claire, mais bien colorée. Le soixante-dixiéme jour , apyrexie qui continue pendant dix jours. Le quatre-vingtième jour, frisson , fièvre aiguë, sueur copieuse , sédiment rougeâtre et léger de l'urme, ce qui termine la maladie...

122. On est obligé de franchir l'intervalle d’un grand nombre de siècles pour retrouver de nombreux exemples de la fièvre muqueuse durant une épidémie de cette nature : tel fut le caractère de celle de Goettingue. |

Epidémie de Goettingue. Cette épidémie rÉgna en 1760 à Goettingue, se alors bloquée par l’en= nmemi, et défendue par une garnison nombreuse : humidité de l'atmosphère, temps rarement serein ; mais le plus souvent nuageux , sombre ou pluvieux À avec des alternatives du vent du nord , depuis le mois de juillet jusque vers le mois de RUN , époque de l'apparition de l'épidémie. Il succéda ensuite un hiver humide, avec des vicissitudes remarquables de

PITUITEUSES OÙU MUQUEUSES. 99.

chaleur et de froid. Tous les objets de salubrié néglie gés par les habitans de Goettingue > Qui étaient obligés de loger des troupes nombreuses ; alimens grossiers ou sans apprèts ; quelquefois, pour nourriture > pommes de-terre ou viandes putrides ; disette de végétaux frais et de toutes sortes d’assaisonnemens : pour boisson , point de bière , mais une eau sale .et trouble ; séjour constant dans des endroits humides et froids ; autour des maisons , la plus dégoûtante saleté par l’entassement des fumiers et des matières stercorales ; au moral, les peines d'esprit , la tristesse, un ressentiment con— centré, sans cesse des terreurs paniques , en un mot , toutes les calamités de la guerre. |

125. La dysenterie qui avait régné en été disparut peu à peu en novembre , ou plutôt dégénéra en épidémie de fièvres pituiteuses on muqueuses. Les progrès et la violence de cette épidémie augmentérent vers la fin de l’année : elle devint souvent mortelle en sassociant à d’autres maladies chroniques; croûteslaiteuses, borborygmes , tranchées ordinaires aux enfans ; fréquence des tumeurs œdémateuses, des ophthalmies séreuses , des vers des intestins. En janvier, l'épidémie muqueuse s’étendit encore avec plus de rapidité, et un de ses symptômes ordinaires fut une douleur des gencives avec des aphthes. À l'ouverture des cadavrés , on rouva les follicules muqueux de l'estomac et des inestins trés-développés , le foie plein de granulations, ouvent des escarres gangreneuses , comme dans la lysenterie, à la surface interne des gros intestins , et ane teinte bleuâtre dans tout le conduit intestinal j produite par l'affection de la membrane muqueuse. La ièvre muqueuse parut quelquefois sous le type d’hé-

100 FIÈVRES mitritée. ou rémittente quoudienne; quelquefois aussi, surtout dans les Hôpitaux militaires , elle dégénéra en muqueuse dite putride. Au mois de février , l’épidémie parut au plus haut degré de violence, et la fievre se termina quelquefois par une gangrène abdominale, ou bien par une métastase purulente aux poumons. En mars , elle fut souvent accompagnée de pétéchies, soit avec déhre phrénétique , soit avec affection soporeuse. En avril, le caractère muqueux domina , surtout parmi les enfans; l’ictère devint plus fréquent , amsi que les fièvres intermittentes. Enfin , cette épidémie dimmua peu à peu , et disparut en été, ou plutôt elle fit place à une épidémie de petite vérole. Mais pour ne point interrompre l’ordre des matières , il importe de ne point considérer ici les symptômes qui conviennent aux fièvres adynamiques ou ataxiques , et de s'en tenir à ceux de la fièvre muqueuse simple. | 124. Marche des symptômes de Ja fièvre simple : au début, horripilaton , sentiment plus où moins vif de froid., avec nausées et vonzissement spontané ; l'heure ordinaire de l'invasion fut au déclin du jour ou vers le soir ; et, pendant la nuit , chaleur ardente , soif vive, douleur de tête à la parue antérieure. Les nausées contünuaient le plus souvent pendant quelques jours avec constipation, mais rarement avec sueur ; LOUxX abdominale plus ou moins vive et sèche ; quelquefois

douleurs pongitives de la poitrine , qui augmentalent avec la toux ; en général , anxiétés dans la région précordiale, respiration difliale , douleur des hypochondres , agitations continuelles, débilité , abattement; morosité sombre et inquiète. Certains malades étaient dans un assoupissement troublé par des rêves ou dans

| PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 1OY le délire ; d’autres avaient une diarrhée avee une fiévre légère , mais quelquefois avec des ténesmes , ou bien des douleurs vives dans le colon transverse, où un senment de constriction; et cette diarrhée avec excréton muqueuse était quelquefois utile ; des symptômes assez constans étaient des excoriations de quelque parte de la bouche, avec des aphthes sur la langue et les gencives , ou bien des amas de mucosités sur la membrane.interne du larynx , ce qui rendait la respiration gènée et comme stertoreuse. Lorsque la fièvre était vive, ces excrétions muqueuses de la bouche n'avaient point lieu ; mais il se formait seulement un mucus épais , blanc ou jaunâtre , et d’une couleur plus où moins foncée, vers la racine de la langue. L’urine présentait beaucoup de variétés : elle était quelquefois jaunäire, rouge , épaisse et sans sédiment ; d’autres fois, dés le quairième jour , elle était trouble ,; limoneuse , avec un sédiment muqueux cendré, blanc ; léger ; son excrétion étaitaussi quelquefois difficile et accompagnée d’un sentiment d’ardeur , et cette urine‘était alors pile et limpide. Le pouls présentait des variétés non moins singulières, suivant la constitution individuelle , Les Symptômes spasmodiques ou abdominaux > l'approche des crises, etc. | |

125. La fièvre dite pituiteuse se terminait quelque fois d’une manière funeste , par un ulcére interne, un squirrhe, une congestion muqueuse aux poUMOns , là gangréne des intestins. Elle avait aussi ses soluons critiques, mais souvent im parfaites, et seulement propres à terminer la maladie par leur concours du leur succession : les. plus fréquentes étaient les ueurs de la nuit et du matin, le neuvieme , le on-

aème ; le quatorzième, le dix-septième jour, avec odeur acide. Il en était de même des vomissemens muqueux, soit spontanés , soit provoqués par les mé- | dicamens ; le sédiment de l'urine était le produit de | la crise, ou l’indiquait lorsqu'il était blanc, léger et un peu briqueté; le sédiment blanc, muqueux et | cohérent, termimait la maladie le sepuème , le neu- | vième ou le onzième jour. Quelquefois des ulcéra- | tions de la bouche , ou bien la tumeur des gencives, | avec des aphthes, semblaient porter les caractères | d’une crise. Il en était de même des efflorescences aux | lèvres ou à la surface du corps, des pustules galeuses ou des exanthèmes rouges. Enfin, la maladie s'est} quelquefois heureusement terminée le dix-septième | ou dix-neuvième jour , par des ulcérations au sacrum ou au-trochanter.

126. COMPLICATIONS DE LA FIÈVRE MUQUEUSE CON TINUE. Îl est connu qu'on décrit sans cesse des fièvres épidémiques compliquées comme autant de nous veautés remarquables de fièvres qui semblent grossir d’une maniere illimitée le catalogue de ces maladies; et reculer les limites de l’art de guérir; mais l’espritl d'analyse fait voir à quoi se réduit cette multiplica= tion excessive quand on a bien saisi le caractère de Ja maladie primitive. Wagler lui-même, après avoir observé la fièvre muqueuse sous sa forme la plus simple dans l'épidémie qu'il a décrite, ne donne-t#ill point l’histoire de la fièvre muqueuse maligne, celles! de la même fièvre avec des exanthèmes pourprés , de la fièvre muqueuse et bihieuse, de la fièvre muqueus compliquée d’une fièvre maligne intermittente , del fièvre muqueuse aiguë inflammatoire , de la muqueuse!

PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 1035

lente , de la muqueuse soporeuse, etc. ? Stoll (Ratio medendi, tom. IT } fait aussi observer non-seulement diverses complications de cette fièvre, mais encore les variétés qu’elle offre sous les noms de fièvres rhumatique, arthritique, lente nerveuse, angineuse , catarrhe simple , péripneumonie fausse, catarrhe suffocant , asthme, toux convulsive, sciatique » CiCs : 127. Fièvre muqueuse vermineuse. La distribution des maladies par leur plus grand nombre d’affinités ne peut guère permettre de séparer la considération de ce qu'on appelle fièvres vermineuses de celle des fièvres muqueuses ; j'ose même dire qu'au milieu de l'incertitude pénible et des perplexités où jette l’histoire des premières, par la variété inextricable des Symptômes (1), l'existence des vers intestinaux doit être surtout soupçonnée lorsqu'on voit se joindre des affections anomales aux prédispositions ou aux causes excitantes et aux symptômes de la fièvre muqueuse. Une femme de quarante ans avait éprouvé ;pendantune vingtaine de jours, une diarrhée avec des déjecuons d'abord méléesde sang, puis de mucosités blanches, et dans le commencement un mouvement fébrile le soir à avec ardeur et imcontinence d’urine. Le premier jour, nausées et vomissemens le matin avec une toux seche, soif continuelle, dégoût, douleur gravative des extrémités, œdématie autourdes malléoles, pouls petit et peu fréquent, la langue couverte d’une mucosité blanche. Le second jour , vomissemens de matières muqueuses par l’émétique , diarrhée muqueuse avec douleurs abdominales par l’usage de la rhubarbe associée au mer cure doux; au dégoût succède la soif ; urine avec un sédiment muqueux et abondant. Le troisième jour,

104 p” FIÈVRES horripilatons le soir avec frissons, et des alternatives

d'une chaleur fugace, émission abondante d'urine perdant la nuit, enflure des jambes, érupuons

aphtheuses dans l’intérieur de la bouche ; le pouls

fréquent et dur (potion camphrée) ; légère moiteur durant la nuit. Le sixième jour , le ventre, qui s'était gonflé, reprend son premier état ; la déglutiion des solides est empêchée par les aphthes de l'intérieur dé la bouche ; douleur comme paralytique des lombes. Le septième jour , érupuon plus abondante d'aphihes, avec une sensibilité très-douloureuse de l’intérieur de la bouche ; rénnission des symptômes , mais révasseries légères. ( Dose augmentée de la potion camphrée. ) Le huitième jour, rétablissement du calme et: des forces , toux fréquente, avec peu d'excrétion muqueuse , plus de soif, retour de lappéut. Le neuvième jour, la toux continue; mais l’œdémaue des pieds, la douleur des membres , le gonflement et la dureté du ventre disparaissent : sueur abondante pendant un sommeil tranquille. Le dixième jour, soif vive, pouls peut et souple; le soir, frisson fiolent, et, après quelques heures , chaleur modérée avec céphalalgie, nuit agée, point de sueur. Le onzième jour , déjections répétées à la suite d’un émétique , ‘appéüt , langue humectée , sueur pendant un som= meil tranquille. Le douzième-jour, la bouche con— tinue à être douloureuse ; les forces se rétablissent ;

un ver long et vivant est expulsé par le vomissement,

ce qui fait cesser les nausées ; alternatives d’appéut

: A : Fr ; LA " |. ve at :

et de dégoût , pouls peu développé sans être fréquent, urine avec un sédiment abondant , d’un blanc rou= geâtre (continuation de la potion camphrée ) : la

PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 105

nuit suivante , sueur universelle et d’une odeur acide. Le treizième jour, la bouche moins douloureuse , l'appéut plus régulier , Je sommeil plus calme, l'urine comme le jour précédent, la langue encore couverte d’un enduit blanchâtre. Le quatorzième jour, les forces s’accroissent , et il°ne reste qu'un peu de faiblesse aux pieds et de douleur aux lombes ; les aphthes n’ont point encore disparu. Le quinzième jour , la santé se forüufie , la malade se proméne , et tout rentre dans l’ordre. La bouche est encore dans un meilleur état le lendemain , et une légère diarrhée semble entrainer les restes de la maladie. 128. C'est cette complication (remittens verminosa ) que Selle indique , dans sa Pyrétologie , sous les traits suivans : débilité générale, douleur de tête qu'on rapporte surtout à la racine du nez et audessus des orbites, vertiges, écoulement des larmes avec dilatation de la pupille , prurit des narines , üntemens d'oreilles ou surdité, langue aride avec un enduit brunûtre, le plus souvent avec éruption aphtheuse et haleine acide ; sorte de salivation , douleur des

(1) On peut consulter sur cet objet l’ouvrage de Dehaën (Rai. Wed. , tome IV ) ; mais un exemple pris du recueil des médecins de Copenhague le rend encore très-sensible. Une fille de dix ans éprouvait une maladie qui lui devint funeste : fièvre irrégulière, tuméfaction du ventre , joues décolorées , prurit des narines , : salivation, haleine acide, gonflement de la lèvre supérieure, appétit vorace , déjections sans aucun ordre, et enfin la plupart des indices de la présence des vers dans les intestins. L'usage des anthelmintiques fut entièrement inutile; elle succomba. A l'ouverture du corps on ne trouva aucun vestige de l’exisience des vers (Tode, de Vermibus.)

dents, ris sardonique, veilles, assoupissement , dé lire, convulsions, lésion de la respiration , pouls variable et souvent intermittent , anxiétés précordiales, douleurs vagues des membres, strangurie, urine limpide ou jumenteuse, déjections alvines fétides et gluüneuses Selle ne dissimule point que quelques-uns de ces symptômes ne sont d'aucun poids pour indiquer la présence des vers ; mais il avoue d'apres l'expérience , que plusieurs ne peuvent avoir le plus souvent d'autre origine , surtout dans les lieux maré- Cage ir etavec le concours des circonstances PSS à produire la fièvre muqueuse, comme une vie sé— dentaire, des alimens indigestes, un tempérament lymphatique. Il ne peut plus y avoir de doute dans des cas d’ épidémie ; Surtout lorsque la fièvre à commencé à se manifester sous diverses formes , etqu'on a reconnu des sy mptômes irréguliers qu'on ne peut nullement rapporter à une ns muqueuse simple. C’est amsi ue, dans une épidémie muqueuse vers mineuse qu'un de mes anciens élèves a été à portée d'observer , et dont il nv’a communiqué certains déals, une douleur vive se faisait le plus souvent senür avec, une violence extrême, sous les pieds ou aux mollets.: Dans un cas analogue , un des malades sentait la douleur la plus vive et la plus intolérable aux poignets, avec toutes les apparences d’une aflection goutteuse : on tenta une légère saignée sans succés. Les symptômes gastriques étant très-prononcés , le jeune médecin provoqua le vomissement , ce qui fit rejeter un peloton d’ascarides lombricoïdes, et la douleur des poignets fut aussitôt dissipée. Cette épidémie eut d’ailleurs des causes analogues à celles

PITUITEUSES OÙ MUQUEUSES. 107

qu'on a observées dans d’autres épidémies de fièvres muqueuses ; les vents du sud ou d'ouest avaient constamment régné avec des alternauves de chaleur et de pluies froides et abondantes ; les habitans de la contrée avaient fait un usage excessif de pommesde-terre , et, comme le cidre avait été très-abondant, on s'était Wrs à cette boisson säns mesure, circonstances qui ne pouvaient manquer d'agir d’une mamére nuisible sur la membrane interne des voies alimentaires. La fièvre décrite par Lepecq de la Clôture ( Epidémie du Gros-Theil), sous le nom de fièvre putride vermineuse maligne , n’est-elle point simplement une fiévre muqueuse vermineuse, qui, dans certams individus, s’est So avec la fièvre adynamique ou la fièvre ataxique ?

129. Fièvre me inflammatoire. Hé est facile, lorsqu'on se borne à un examen superficiel , , d'admettre souvent la complication de la fièvre muqueuse continue avec la fièvre inflammatoire , en donnant à ce dernier terme une grande latitude , et en comprenant sous ce nom une phlegmasie quelconque, ou une disposition particulière à la contracter , soit par linfluence du climat ou de la saison, soit par un état pléthorique, ou un dérangement quelconque dans une hémorrhagie habituelle ; et alors on admet avec un léger fondement la complicauon dont je viens de parler. Les observations qu’en donne Wagler ( Hist. VI et XIT) ne font que forufier cette opimon , puisque, dans la première , il est question d’une fiévre muqueuse avec des simulacres de pleurésie, et dans l’autre d’une fièvre muqueuse avec un catarrhe pulmonaire. Mais y a-t-il des exemples bien

108 FILEVRES

prononcés de cette complication avec les fiévres dites inflammatoires ? c’est ce qui paraît encore douteux , et ce qui ne peut être éclairei que par une suite d’observa= tions qui manquent peut-être encore à la médecine. 180. Fièvre muqueuse bilieuse. Je ferai des réflexions analogues sur la complication de la fièvre muqueuse avec la fièvre bilieuse ou gastrique. On a souvent donné ce nom à la prenuere lorsqu'il s’est manifesté | durant son cours ,» plus ou moins de vomussemens d’une matière jaunätre et amére, c’est-àdire, des retours plus ou moins fréquens d’un embarras gastrique : ceci a si souvent lieu dans toutes les maladies aiguës ou choniques, que j'ai cru ne devoir nullement faire entrer cette complicauon dans ma classification Pour ne point trop la surcharger. Mais y at-il des exemples où l’on ait tracé sans équivoque la marche combinée des deux fièvres dont Je parle , et où l’on puisse établir, par l'analyse , deux séries de symptômes différens ? L'exemple que rapporte Plenciz ( Act. et Obs. med. > page 28 ) paraît être de ce nombre. D'abord, pour la fièvre gastrique , cause excitante : un mouvement de colère. Symptémes : frissons avec tremblemens, pouls fort et dur, vomissement de matières Jaunes et amères sans soulagement , sueurs critiques, avec terminaison de la maladie vers le dix - neuvième jour. Pour la fièvre queuse, retour fréquent des frissons pendant les. trois premiers jours , même durant la chaleur ; exacerbations nocturnes , expulsion pendant trois Jours d'une quantité énorme de matières stercorales trèsvisqueuses | avec une rémission trés-marquée des. Symptômes. Quelques autres signes contraires , comme

PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 109 l'éruption des pétéchies, la douleur de la gorge , quelques soubresauts de tendons, ont paru étre des affections accessoires qui tenaient à la surcharge des intestins , puisqu'elles ont disparu lors de sa cessation. Wagler rapporte aussi un exemple ( Æist. X) d’une fièvre muqueuse et bilieuse. C’en est assez sans doute pour admettre une semblable complication , mais toujours en provoquant sur elle l'attention des vrais observateurs, et en les engageant à nôus en donner des histoires détaillées et propres à la faire bien connaître. |

151. Fièvre MuQUuEUSE RÉMITTENTE. Les fièvres muqueuses rémuttentes, qui se rapprochent par tant de points des fièvres continues du même Ordre, ramènent sans cesse aux mêmes réflexions sur les différentes acceptions données par les auteurs au mot rémittent, et sur la nécessité de le fixer d’une mamière invariable par des faits précis. Il est superflu de rapporter ici ceux qui ont été exposés dans mon ouvrage sur la Médecine clinique , et qui font voir qu'à la marche générale d’une fièvre continue, se joignent, dans une grande partie de son cours, des accès en froid et en chaud , avec des variétés pour l'heure de l'invasion. Dans la premiere observation, ces accès ont varié aussi pour l'intensité et la durée. du froid, par quelques symptômes d’un embarras gastrique qui se sont manifestés , et par quelques affecuons spasmodiques qui tenaient à des dispositions individuelles ; mais on y reconnaît toujours le caracière des fièvres muqueuses en général : retour fréquent de douleurs abdominales , excrétion douloureuse de l'urine, quelquefois flux de bouche et sorte

de salivation , langue muqueuse, horripilations vagues durant la nuit, chaleur augmentée, mais souvent entre-mêlée de frissons ; apparition d’aphthes , accès en froid et en chaud changés, au déclin de la maladie, en simples paroxysmes, etc. Dans l'observation seconde, disposition à la sueur » apyrexie complete vers le trente-cinquiéme jour ; mais retour des accés sous le type tierce le quarantième jour, et leur terminaison au septième acces. La faible-consüitution de la personne qui fait le sujet de l’observallon troisième , donna lieu, dans le cours de la ma- ‘Jadie , à une suite de symptômes de mauvais augure,

comme un senument d’engourdissement aux pieds ; puis, quelques jours aprés, l'œdématie des mêmes parües , l’altération des traits de la face » la prostration des forces, un dévoiement colliquauf, des selles sangumolentes, l’anasarque et la mort. Une fièvre muqueuse rémittente est loin d’exclure les retours plus où moins fréquens d’un embarras gastrique, qui est marqué, comme dans l'observation quatrième , par le dégoût , l’'amertume de la bouche >, un enduit muqueux et jaunâtre de la langue : c’est ce qui a fait recourir à plusieurs reprises à l'usage de l'émétique. 132. Hémitritée. Les exemples indiqués ci-dessus ne sont-ils pas propres à éclaircir ce qu'on doit entendre proprement par fièvre hémitritée, terme dont la signification a resté jusqu'ici si vague et si indéterminée ? Galien, livré tantôt à toutes les fictions d’une médecine purement humorale » tantôt dirigé par les résultats les plus profonds de l'observation , semble avoir beaucoup varié sur les vrais caractères de cette

fièvre, dont il explique la formation de différentes

PITUITEUSES OÙ MUQUEUSES. 111

manières. Dans le livre de Temporibus Morbi (édit. de Chartier, tom. VIT), 1l confond la tritéophie avec l’hémitriiée : au contraire, dans le livre de Differentiis Febrium , 11 regarde lhémitritée comme une combinaison de la fièvre tierce et de la quoudienne , en la supposant formée par le concours de la bile et de la pituite. Il pense enfin , dans les Commentaires sur les Epidémies d'Hippocrate, que l’hémitritée participe d’une des propriétés de la fièvre tierce, en ce que les paroxysmes sont marqués par des frissons ; et que, d’un autre côté, elle en diffère en ce que la fièvre tierce est proprement intermittente , au lieu que l’autre est continue, et c’est peut être d’après cela que, dans les siècles barbares , on a appelé l’hémitritée demi-tierce(semitertiana). Quoiqu'il soit encore prématuré de prendre un parti bien décidé , parce qu’on a désigné quelquefois sous ce nom des fièvres de divers Ordres, il paraît que , dans l’état actuel de nos connaissances , et d’apres les descriptions générales qu’en ont données les auteurs ( et entre autres Piquer }, cette fièvre est une espèce de fievre muqueuse rémittente , avec des accès en tierce les jours alternaufs , vers le maun, et des accès quotidiens, souvent avec des retours plus ou moins ré- pétés d’un embarras gastrique ou intestinal. Elle peut être compliquée, soit avec une inflammauon de la membrane muqueuse de l'estomac ou des intestüns, soit avec une phlegmasie de quelque viscère abdominal ou thoracique , comme Adrien Spigélus (de Febre semitertianä ) en donne plusieurs exemples.

153. L'histoire que rapporte Hoffmann d’une demitierce n’indique-t-elle point cette identité de nature

avec la fièvre muqueuse rémittente ? Une ; jeune personne de vingt ans, délicate et livrée à une vie séden= taire, faisait ses déHoëk d’une nourriture végétale ; salade , fruits doux , laitage ; après une diarrhée de quelques semaines, elle s'expose , à la suite d’un exercice violent , à l'impression d’un air froid : dés-lors , lassitudes spontanées, douleurs du dos et de la tête. Le lendemain matin, frissons avec tremblemens , nausées, déjections , puis chaleur vive , pouls fréquent et concentré, peau sèche ; dans le; jour, moiteur à la sur face du corps, qui achete le soir après un léger frisson. Le troisième Jour, rénussion des symptômes, urime ténue; mais toujours mouvement fébrile, qui augmente l’après-midi. Le quatrième jour au matin, nouveau frisson comme le premier. Ces alternatives continuérent jusqu’ au septième jour, marqué par des borborygmes, le gonflement du ventre, la tension des hypochondres, et des déjections répétées d’une matière muqueuse et âcre ; cette diarrhée continua jusqu'au-delà du quatorzièéme jour avec exacerbation de symptômes la nuit, débilité, frisson à l'extérieur, chaleur brûlante à l'intérieur, toux incommode, perte du sommeil et de l'appéut. L'usage des absorbans et des boissons acidules et nitreuses eut d’abord des eflets nuisibles. Hoffmann, appelé à cette époque , eut recours à de légers sudorifiques pris à petite dose,

et 1l parvint à diminuer les déjections et x augmenter. la moiteur de la peau : en insistant sur ces moyens

jusque vers le trentième jour de la maladie, il fit

cesser la toux, la chaleur interne, la diarrhée, et

il favorisa le développement des forces par de légers toniques,

| PITUITEUSES OÙ MUQUEUSES. 113

154. FiÈvRE MUQUEUSE INTERMITTENTE. Des observations multipliées , faites tant à l’hospice de la Salpétrière que dans d’autres hôpitaux, ont démontré que les fièvres intermittentes quoudiennes et quartes n’appartiennent pas toutes à l'Ordredes fièvres muqueuses, tandis qu'il existe beaucoup de fièvres doubles-tierces et uerces quisont évidemment muqueuses ; et, parnn les histoires particulières de fièvres intermittentes quoüdiennes d’Hoffmann, on peut regarder comme appar= tenant à ce genre l'observation suivante. $

155. Une femme de trente ans, d’un genre de vie très-irrégulier, et accoutumée à ré un grand usage des fruits de la saison , de laitage , de shdes de do coquillages , n’était pas plus LEP sur le vin et les liqueurs alcoolisées » prolongeait quelquefois le souper 28 à minuit , et s'était souvent exposée en automne

à l'impression d un ar froid. La fièvre débutait tous les matins par un frisson , des anxiétés précordiales une douleur de tête , des lassitudes spontanées , des vomissemens muqueux. Cette fièvre durait déjà depuis une trentaine de jours , et une muluplicité de remèdes employés n'avait fait que rendre le corps plus fable et plus inacüf. L'infusion de quinquina avec les som mités d’absinthe dans du vin fit cesser d’abord cette fievre ; mais de nouveaux écarts de récime Ja rame nérent bientôt avec une nouvelle violencé. 'Renouvelée tour-à-tour plusieurs fois par les mêmes causes,

et guérie par des moyens analogues , elle ne céda 7 qu'à l'usage des eaux ER fire combiné avec celui des amers. |

130. Stahl a tracé l’histoire d’une fièvre quarte qui paraît aussi être du genre des fièvres muqueuses inter

de 8

ET

“““mittentes. Un homme âgé de quarante-cinq ans, et

d’un tempérament qu'il appelle pklezmatico-mélancolique , passe , en automne et par un temps pluvieux, quelques heures dans son jardin , après avoir mangé beaucoup de viande fumée le jour précédent , et bu du vin avec exces. Il éprouve un frisson avec un senment de langueur, bientôt après un froid extrême, mais sans tremblement , avec pâleur et une altération singulière des traits de la face. Rentré dans une chambre bien échauffée , il conunue d’avoir froid pen-

dant une demi-heure ; en même temps douleur obtuse

de la tête, légères nausées, sentiment de pression vers l’'hypochondre gauche, puis chaleur modérée qui dure pendant quatre heures ; il ne reste plus ensuite qu'un abattement extrême, des lassitudes spontanées, et une insomnie jusqu'à minuit. Les deux jours suivans , état presque naturel, si on excepte une diminution de l’'appéut, une lassitude générale, et une certaine tension dans la région précordiale après le (Rpas Le quatrième jour, l'accès se renouvelle avec les mêmes eApiômes

137. J'ai inséré dans ma Médecine clinique plusieurs exemples de fiévres muqueuses intermittentes quoudiennes et quartes. Des histoires particulières de fièvres muqueuses intermittentes tierces se trouvent éparses chez les auteurs , et l’hospice de la Salpétrière nous en a offert ANA cas. Je me contenterai d'en rapporter un exemple (1). Une femme âgée de cin-

Des

(:) On vient de communiquer encore à la Société de l'Ecole un Mémoire sur une épidémie de fièvres muqueuses qui rêgne dans plusieurs communes de l'arrondissement de Châteaulin,

. PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 115 Quanie-cinq ans, d’un tempérament lymphatique , se plaignait depuis quelque temps de coliques et dé diarrhée muqueuse : elle éprouve , vers le soir ;. Dé sentiment de froid aux pieds ; ce sentimient se ré pand successivement sur tout le corps sans être àccompagné de tremblement, mais avec somnolence , céphalalgie, soif, et augmentation des coliques ; l'abdomen est sensible à a pression; le pouls est lent et concentré. Au bout de deux héures succède. une chaleur modérée , qui s'étend graduellement , est âcre au toucher, et aliérne avec des frissons, Le pouls devient régulier et plus fréquent ; la céphalalgie et la Sensibilité abdominale diminuent. Cet état dure pendant cinq heures , et est suivi d’une moitetir générale » Vurine reste Hmpide: Durant lapyrexie , la malade est languissante, l'appétit incertain ; la sensibilité abdominale et les coliques se continuent ; mais elles sont Moins intenses 5 la chaleur et le pouls sont comme dans l’état ordinaire. De pareils accès ont reparu tous les deux jours avec la même intensité. La guérison a eu lieu au quinzième accès. La Dissertation de M. Fizeau (1) renférme des observations intéressantes sur les caractères variés que peuvent présenter les fié- Vres intermittentes ou rémittentes de différens types.

es

depuis le milieu de 1817 ; par le docteur Antoine Perusel, correspondant de cette Faculté.

ls. (1) Recherches et Observations pour servir & l'histoire des Jèvres intermittentes. Paris ; 1803. |

t16 FIÈVRES

6 EL. Histoire générale des Fièvres dites pituiteuses ou muqueuses.

158. Prédispositions et causes occasionnelles. Sexe féminin, enfance, vieillesse , tempérament lymphatique (1), constitution hypochondriaque ou mélancodique, affection chlorotique, etc. ; état de débilité, de langueur et de päleur ; santé détériorée par des fièvres “ntermittentes rebelles ; habitation sur les revers des

montagnes, dans des lieux marécageux , insalubres ,

privés des rayons solaires, froids, humides et bas; saison de l'automne, température froide et humide ; défaut de propreté, usage des bains après le repas;

propreté , usas ; qq D

(1) Un grand exemple, pris de l’histoire des peuples, peut rendre sensible ce qu’on doit entendre par tempérament lymphatique. C'est ce qui forme le caractère général des habitans du Nouveau-Monde , suivant les voyageurs. Leur aversion pour la | fatigue, lors de la conquête de leur pays , égalait leur impuis- | sance pour la soutenir ; surtout dans les lieux où ils pouvaient | se procurer uñe subsistance aisée et sans travail. La tâche la | plus légère qu'on leur imposait les faisait succomber. Ils n'avaient pour les femmes que la plus froide indiflérence, et on connaîf | l'insensibilité des prisonniers soumis à des tourmens dont la} peinture seule fait horreur. Leurs travaux sont poursuivis Sans } ardeur : c'est un ouvragegndien , disaient les Espagnols pour | marquer la lenteur de ses progrès. Les Américains ont encore | étonné leurs conquérans par leur extrême frugalité ; lâches et! timides, on ne peut les retirer de leur indolence : ils passe- | taient tous les jours dans leurs hamacs ou assis par-terre dans | une profonde oisiveté ; leurs membres en contractent un endur: | cissement douloureux, qui rend nécessaire l'usage habituel de

certaines distensions et de pressions molles et graduées. C'est | le tableau complet d’une triste et froide apathie. |

PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 117

disetie, alimens amilacés non fermentés, usage excessif de fruits non mürs, doux ou acides, et de viandes altérées ; disette de végétaux frais; boisson d’eaux bourbeuses ; privation du vin, surtout si on est habitué à son usage ; abus de vomiufs et de purgatifs ; évacuations excessives, abus du coït; oisiveité ou vie trop active, veilles prolongées, application immodérée à l'étude ; affections morales tristes habituelles; suppression de maladies cutanées habituelles ; catarrhes chroniques, lésions organiques de l'abdomen, versintestinaux , arthritis, rhumatisme, atrophie, scorbut , etc.

139. La fièvre dite pituiteuse où muqueuse peut être sporadique , épidémique ou endémique. Ses phénoméenes précurseurs peuvent se manifester pendant lons-temps avant qu’elle survienne ; ils consistent dans un sentiment de malaise et de pesanteur générale , dans un sommeil inquiet, la perte de lPappéut et des rapports acides. Son invasion arrive ordinairement le soir ou dans la nuit ; elle a lieu par une horripilation ou un sentiment de frisson sans tremblement, qui se fait d’abord sentir aux pieds, et alterne avec des bouffées de chaleur.

140. Symptômes. Etat de pâleur et de flaccidité générales. Bouche fade ou päteuse , salive visqueuse , enduit blanchâtre et humide de la langue qui se séche rarement durant le cours de la maladie ; aphthes ou légère ulcération dans la bouche ; soif légère, perte .d’appéüt qui peut aller jusqu’à l'horreur des alimens ; renvois nidoreux , tuméfaction et sentiment de pesan- teur à l’épigastre, nausées ou vomissemens de matiéres | visqueuses , fades ou acides, blanches où colorées ; abdomen sensible à la pression , coliques, flatuosités ,,

118 . FIÈVRES borborygmes; constipation ou diarrhée muqueuse, et quelquefois sanguinolente ; dans quelques cas ténesme ; éjection fréquente de vers intestinaux par la bouche ou avec les selles ; pouls ordinairement peu différent deil’état de santé , souvent même plus lent qu’à l’ordinaire, et, en général , peut et faible ; respiration peu génée , si ce n’est dans les exacerbations ou dans les accès ; souvent toux légère et expectoration muqueuse ; chaleur modérée qui ne paraît âcre au toucher que par une pression, long-temps continue ; transpiration nulle, ou sueur partielle d’une odeur aigre , durant le sommeil, la nuit ou vers le matin, surtout le neuvième, onzième , quatorzième et dix-septième jour ; urine nulle ou très -abondante , assez fréquemment rendue avec douleur et difficulté, limpide et jaune vers le début , consistante et trouble , blanche et rougeäire , avec un sédiment grisâtre vers le quatrième et einquième jour, et avec un sédiment briqueté wers la fin de la maladie ; salivation très-abondante, et quelquefois légère œdématie , sentiment de pesanteur dans la tête, engourdissement, céphalalgie obtuse rapportée au sinciput ou à l’occiput, tournoiement et vertiges si on se met sur son séant, quelquefois même trouble des idées; état obtus des sens ; somnolence et sommeil fatigué par des rêves, ou insomnie opiniâtre ; lassi tudes , douleurs contusives dans les membres , et surtout dans les articulations ; abattement moral, inquié= tudes ; morosité, plaintes continuelles ; érupuons

fréquentes , dont plusieurs paraissent et disparaissent

alternativemeñt, et se manifestent surtout la nuit, le sixième, onzième, qualorzième, vingt-unième et vingt-troisième jour, etc.

PITUITEUSES OÙ MUQUEUSES. 119 141. À ces symptômes s’en joignent souvent-d’autres dépendans de la présence de vers intestinaux : tels sont l’haleine féude et aigre, le pouls intermittent , une toux sèche, des douleurs vives et comme déchirantes aux pieds, aux mollets, aux poignets, aux genoux , au front, sur les parties latérales de la poitrine ; des mouvemiens convulsifs, le trismus , la dila taüon des pupilles, etc. 7" 142. Les fièvres muqueuses peuvent être continues ; rémittentes et intermittentes. Leurs paroxysmes et leurs accès ont lieu le soir et durant la nuit: ils peuvent prendre les types quotidien, double-tierce, tierce , quarte, ou être erratiques : les types quotidien et quarte sont néanmoins les plus fréquens. Le frisson des accès consiste dans une horripilation ; 11 est rarement accompagné de tremblement. Le froid commence ordinairement par les pieds et s'étend à toute l'habitude du corps : 1] s'accompagne fréquemment de nausées, de vomissemens , de cardialgie , de tuméfacuon abdominale , de déjecuons et de céphalalgie ; - le pouls est lent et concentré. Une chaleur modérée succède ; elle s'établit lentement et avec des retours irréguliers de frissons fugaces. Dans la deuxième période , la soif est modérée, le pouls fréquent sans être dur, l'urine de couleur citrine : la somnolence est quelquefois insurmontable. La troisième période consiste dans une lésère moiïteur ; la sueur est souvent nulle dans les premiers accès. La durée des accés varie de trois à dix heures et au-delà. L'intervalle qui s'écoule entre chacun d'eux, lorsque ces fièvres sont intermittentes , est ordinairement accompagné d’une inerte générale et d’un sentiment de pesanteur.

145. La durée des fièvres dites pituiteuses où muqueuses est le plus ordinairement longue ; si elles sont continues, elles peuvent exister quinze, vingt-un jours et au-delà ; elles cessent rarement avant le quarante-deuxième jour lorsqu'elles sont rémittentes ; les intermittentes se prolongent souvent indéfiniment , et cela d’une saison à l’autre. :

144. Ges fièvres se terminent le plus ordinairement d’une manière heureuse. Les phénomènes critiques qui précédent leur disparition sont mulupliés et se succedent à des jours différens : tels sont des vomissemens spontanés ou la diarrhée le septième jour, etc. ; des aphthes le quatrième , le quatorzième et le dixsepuüème , etc. ; des pustules ou une éruption nmuliaire le sixième, le onzième, le quatorzeme, le vingtunièeme, le vingi-troisième, etc. ; des sueurs nocturnes

d’une odeur aigre avec gonflement des’ malléoles le

neuvième , le onzième, le quatorzième, le dix-septième, etc. ; une urine trouble, à sédiment léger, blanc ou. briqueté le septième, le neuvième , le onzième ; et à sédiment jaune le vingt-troisième ; une expectoration muqueuse le neuvième, le onzième ; la salivaüon, etc. On voit quelquefois celles qui sont continues prendre à leur déclin le type intermittent , tandis que les rémiitentes deviennent alors continues. Elles passent quelquefois à l’état de fièvre hectique À d'hydropisie , ete. La mort ne survient que lorsqu'il y a des complications dangereuses, une diarrhée , ou une sueur colliquative, urie métastase sur les poumons, etc.

145. La complication de ces fièvres avec la fièvre inflammatoire n’est rien moins que déterminée ; 1l n'en

PITUITEUSES OÙU MUQUEUSES. I21I

est pas de même de leur coexistence avec les fièvres -bilieuses. Elles se compliquent souvent avec les phlegmasies. | 146. Leur pronostic est plus défavorable lorsqu'elles affectent les femmes enceintes, les nouvelles accouchées , les individus attaqués de maladies chroniques, comme de syphilis , d'hydropisie , de scrophules , de rachiüs, de phthusie; lorsque les membranes muqueuses du conduit alimentaire sont atteintes d'une forte inflammauon , que celle-ci tend à la gangrène, qu'il y a état soporeux , affection intense des poumons , etc. , ElC.

$ IIL Traitement des Fièvres muqueuses.

147. Traitement des fièvres muqueuses continues et rémittentes. Les principes de la médecine expectante appliqués au traitement des fièvres muqueuses continues, dans les hospices, ont été exposés dans mon ouvrage sur la Médecine clinique : 1l me doit suffire de rendre ici les considérations plus générales et plus propres à être appliquées à tous les temps et à tous les lieux. On sent assez la nécessité de recourir à l'usage de l’'émétique dés le premier temps , à cause

de l’atomie de l’estomac, des nausées et des vomissemens qui se manifestent ; et quoique le tarirate anumonié de potasse ait été quelquefois employé dans des cas d’une constitution robuste, on a préféré, en général, lipécacuanha , soit à titre d'évacuant, soit pour com muniquer une légère astriction aux voies alimentaires, et remédier au relâchement atonique qui paraît inséparable de l'affection des membranes muqueuses. Ce

remede a été varié, soit en le prescrivant à la dose or dinaire , répétée après quelques jours d'intervalle, soit en le continuant pendant plusieurs jours à la dose de trois où quatre grains dans une infusion légèrement aromatique. On peut aussi, pour favoriser les déjecuons et débarrasser les intestins, donner souvent, à pete dose, un mélange de rhubarbe en poudre , avec le tartrate acidule de potasse, où avec le muriate ammomiacal. Wagler prescrivait quelquefois trois ou quatre grains de résine, de jalap dans une boisson émulsionnée, et quelquefois le soir deux ou trois grains de camphre combiné avec du sucre pour rendre les nuits moins agitées ; il donnait aussi, dans des périodes plus avancées de la maladie , quelque potion tonique et légèrement laxative, comme de l’eau de menthe , un peu d'extrait de quinquina, du tartrate acidule de potasse , et le sirop d’écorce d'orange. C’est dans ces circonstances qu'il convient d’animer un peu les boissons avec quelque eau alcoolisée ou quelque infusion aromatique et légèrement amère , comme celles de sauge, de menthe , de camomille. Il importe de soutenir encore davantage les forces vers le déclin par un bouillon restaurant ou des décoctions végétales plus abondantes en mucilage, pour favoriser les efforts heureux de la nature. Les principes généraux que je viens. d'exposer conviennent également au traitement de la fièvre muqueuse rémittente.

148. Le trimestre d'été de lan 5 (1796) a été marqué par une grande fréquence de fièvres imtermiitentes, tierces, doubles-tierces ou quoudiennes. Ouire ces fièvres, qui ont été comme épidémiques dans l’hospice de la Salpêtrière, il s’est présenté à la même

PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 125

Époque neufexemplesdefièvres rémittentes ,au nombre desquelles on en comptait quatre qui étaient muqueuses ; elles ont parcouru leurs périodes avec la lenteur qui est le caractere de ces fièvres , et elles se sont heureusement terminées du quarantième au quarante- deuxième jour, à compter de leur invasion ; ce qui est . AUSSI arrivé pour une fièvre continue de la même nature. Je me suis rapproché des principes du traitement exposé dans ouvrage de Wagler, qui regarde la fièvre elle-même comme un moyen dont se sert la nature pour résoudre ces embarras muqueux ; ou-plutôt pour faire cesser, après un temps déterminé , l'irritauon de la membrane interne du conduit alimentaire. J'ai donc cherché à écarter tout obstacle à la marche de la vature, c'est-à-dire, un longsé jour de matières irritantes, et à prévenir aussi l'effet trop débilitant des évacuans , en commencant par l'émétique en lavage, et ensuite en interposant les doux laxatifs , les mucilagineux et les toniques.

149. Traitement des fièvres muqueuses intermittentes. Cest avoir fait déjà un grand pas dans la con- # naissance du traitement di fièvres muqueuses intermittentes , que d’avoir fixé leurs rapports et leurs aflinités avec les fièvres muqueuses continues et rémittentes. Et quelautremoyen de fixer ses idées, lorsqu'on compare entre elles les histoires particulières de ces fiévres rapportées par divers auteurs , et guéries soit par unentassement arbitraire de RTE végétales.et minérales , soit par d’autres moyens plus où moins iméthodiques , sans qu’on ait fait mention de la nature

des causes excitantes, des circonstances parüculières de Pacéës et de l’état du malade durant les intervalles ?

124 FIEVRES Les observations rapportées par Hoffmann, quelle que soit d'ailleurs sa théorie , offrent un résultat qui mérite d'être connu , et qui ne peut être que le fruit d’une expérience judicieuse : c’est que sa méthode de traitement consiste dans un usage alternatif des évacuans et des toniques, ou dans leur combinaison. Il ÿ a donc une très-grande analogie entre le traitement des fièvres muqueuses intermittentes et celui des fièvres du méme Ordre qui sont continues ou rémittentes. La principale différence consiste en ce qu'on donne le quinquina à des doses d'autant plus fortes et plus souvent répétées, que les accès sont plus prononcés ( Piquer, Strack, Thonman ). Je dois faire remarquer encore que Île traitement doit être singuhérement modifié suivant les variétés de l’âge , du sexe, de la consutuuon individuelle , de la manière de vivre, suivant les circonstances qui ont précédé, et surtout suivant l'état du malade durant les intervalles d’apyrexie ; car 1l règne quelquefois alors une telle langueur et un dépérissement si marqué que le grand art, pour opérer » une guérison solide , est de rendre le traitement presque continu , et de s'aider de tous les moyens que la diététique et l'hygiène peuvent suggérer.

150. Si l’on considère la mulüplicité des causes physiques et morales propres à produire les fièvres muqueuses intermitientes , les variétés remarquables de ces mêmes fièvres, quoique sous le même type, peuton s'empêcher d'admettre , dans les fonctions organiques de l’homme, une disposition smguliére à les coniracter , et la nécessité , par conséquent, de diversifier la méthode du traitement, puisque d’ailleurs, suivant lexpérience, un moyen qui réussit dans certains cas

PITUITEUSES OÙ MUQUEUSES. 125 devient nul dans d’autres , ou ne fait même qu'exaspé— rer les accès ? L’examen comparatif des exemples de fièvre quarte , rapportés par Hoffmann, doit surtout être remarqué. Le sujet de l’un est une femme dans un état de grossesse, qui contracte cette fièvre par l’impression d’un air froid et humide , et est guérie par la saignée ; l'autre exemple est celui d’un homme d’une constitution détériorée par des excès de boisson , et qui finit par une hydropisie funeste ; le troisième cas est celui d’un jeune homme livré à l'étude, et parfois à des exces d’intempérance, qui éprouve aussi une fiévre quarte à la suite d’une fièvre üerce maliraitée, et qui, après avoir pris un médicament composé où entrait un oxyde de mercure, finit par tomber dans une salivaton tres-abondante , qui fait cesser la fievre quarte.

151. Dans deux autres cas rapportés par cet auteur , la fièvre quarte devient quotidienne ; et, dans l’un des deux, il s’agit d’un enfant de dix ans qui à déjà tousles signes du carreau ou de l’atrophie mésentérique. Le même auteur rapporte l’histoire de la fiévre d’un homme de quatre-vingts ans, d’une constutution d’ailleurs robuste , et qui use d’une foule de remèdes toniques pendant deux mois : les accès s’exaspérent , le sentiment du froid devient des plus intenses , et le malade succombe. Un jeune homme très-studieux s’expose le soir à l'impression d’un air hunude , boit à san repas un vin de mauvaise qualité, contracte une fièvre quarte qui devient tour-à-tour double et triple, avec œdématie des pieds. On alterne l’usage des évacuans et des toniques , ce qui produit une diarrhée favorable : mais un état général de langueur, l'anorexie, un aspect luride et le gonflement des pieds foni tout craindre.

On donne un électuaire trés-composé, dans leqiel entrent le quinquina et la eascarille avec le miuriate d'ammoniaque : les forces se rétablissent par degrés , l'appétit revient, les douleurs obtuses et gravatives des membres disparaissent; aprés un léger paroxysme, la fièvre cesse, et peu de temps apres l’œdématie des pieds ne laisse plus de trace : on continue quelque temps l'usage de légers toniques.

152. Get exemple doit un peu rassurer ceux qui craignent de recourir au quinquina lorsqu'une hydropiste se déclare et augmente plus ou moins durant le cours ou à la fin d’une fiévre quarte, comme de toute autre fièvre ; et on peut s'étayer, en faveur de cette pratique, des exemples nombreux que rapporte Strack ( Observ. med. de Feb. intermit.) sur ses avantages , et des effets nuisibles que produisent au con traire les diurétiques. Mais il en doit étre bien autrement lorsque la fièvre quarte survient à la suite d’une hydropisie comme crise. Une fille de vingt-sept ans , qui avait été autrefois traitée de la teigne, se rendit à linfirmerie de la Salpêtrière, dans un état d’anasarque et sans aucun caractère fébrile : les diurétiques employés produisirent un effet très-lent et très-peu décidé; mais une fièvre quarte s'étant déclarée, lanasarque disparut. J'ai regardé alors la fièvre comme la sqlution de la maladie chronique ; et respectant sa marche , je me suis borné à l’usage d’une infusion aromatique et légèrement amère : la fièvre quarte à con— üunué pendant une quinzaine de Jours; mais un mal de tête très-opimätre , et qui est habituel depuis la guéri son , Im à déterminé à l'application d’un vésicatoire à la nuque , dont on a soutenu la suppuration pendant quel-

PITUITEUSES OU MUQUEUSES, 127 que temps, et le mal de tête s’est aussitôt dissipé, ainsi que les accès de fièvre quarte.

193. On a reconnu des la plus haute antiquité , et j'ai eu lieu de m'en convaincre chaque année dans les hospices, avec quelle circonspection il faut diriger le traitement des fièvres quartes d'automne, qui ne peu ventguére se terminer que dans le cours du printemps, et contre lesquelles on ne peut que faire usage des moyens indirects que propose ingénmieusement Celse (lib. IIT, cap. 17), et qui consistent dans des passages brusques de l'usage d’une certaine sorte d’alimens et de boissons , à d’autres alimens d’un caractère opposé , comme pour produire des secousses en sens contraire, et déranger la chaîne des mouvemens vicieux qui entraînent le retour des accés de fièvre quarte. Ceue fièvre , qui est aussi trés-ordinaire dans les Heux marécageux, est encore d’une guérison plus difficile , puisque la cause occasionnelle existe toujours avec plus ou moins d'intensité, et que le retour des accès devient comme habituel, quelques médicamens qu'on emploie. Les moyens de traitement que J'ai rapportés ci-dessus ne peuvent donc guère convenir que dans les cas de fièvres quartes sporadiques, et c’est pour celles-là qu’on est étonné de trouver des pratiques si puériles et si frivoles, même dans les auteurs les plus distingués. |

154. Comment concilier l'excellent jugement de Celse , et ses connaissances profondes dans la médecine grecque, avec. ses moyens de traiter les fièvres quartes , qui consistent dans une abstinence sévére, ou la boisson de l’eau chaude durant les jours intercalaires , le bain avant l'accès , etc. ? Il rentre nuieux

dans les vrais principes, en proposant, dans des périodes plus avancées , de fortes fricuons après l'accès, une nourriture abondante, la boisson du vin, et le lendemain la promenade et un exercice du corps sou= tenu. Le jour même que le malade attend l'accès, c’est une pratique très -salutaire de se tenir hors du lit avant son invasion , d'exercer ses membres , et de faire même en sorte que cet exercice se prolonge jusqu’à l'heure ordinaire de l’accés, qu'on peut quelquefois prévenir par ce moyen. On peut faire entrer, en général , dans le traitement de cette maladie, les onctions huileuses , les frictions simples, l'exercice du corps, une bonne nourriture , le vin; et l’on doit éviter la constupauon. Celse avoue cependant que ces moyens ne peuvent être appliqués que lorsque les forces se souuennent durant les jours intercalaires ; car, dans les cas de débilité , 1l faut se borner à aller en voiture, ou même ne recourir qu’à de simples fricuons. C’est encore un précepte sage , lorsque les accès ont cessé, d'éviter long-temps tout ce qui peut les renouveler, comme limpression du froid, la chaleur, une trop grande fatigue.

$ IV. Considérations sur la nature des Fièvres muqueuses.

155. Se permettre quelquefois en médecine, comme dans toutes les autres sciences , quelques conjectures , quelques opimons plus ou moins subtiles sur la nature des maladies, comme pour donner par intervalles un peu d’essor à son imagination, avoir soin cependant d’en détacher les vues hypothétiques , pour qu’on ne

PITUITEUSES OU MUQUEUSES. 129

puisse point lesgconfondre avec les points fondamentaux de doctrine et les résultats d’une observation sévère , c’est ne rien donner au hasard , c’est faire , au contraire , mieux ressortir les vérités utiles qui servent de fondement à la médecine; mais former sans cesse un alliage impur de raisonnemens vides et d’explications gratuites sur le jeu des humeurs, sans se fonder ni sur l'observation, n1 sur des recherches anatomiques ; admettre , suivant le langage des écoles , une prétendue pituité dont on ignore la nature , le siége , l'origine ; expliquer par son action combinée les phénomènes de certaines fievres, comme si nos regards pouvaient pénétrer jusqu'aux replis les plus cachés de nos fonctions organiques ; faire circuler librement cette pituite dans le sang, lui attribuer les obstructions du foie, du pancréas, de la rate; et, ce qui est pis encore, fonder sur ce roman médical les principes du traitement de ces maladies, c’est là un beau secret de faire des volumes in-folio , à l'exemple de Sennert et des autres Galénistes ; mais c’est aussi le moyen le plus sûr de tenir toujours la médecine dans un état d’enfance. Ne sommes-nous point entraînés dans une autre direction par l'exemple que nous donnent toutes les autres sciences physiques ? et ne devons-nous point nous borner à connaître les maladies par les résultats de l'expérience déjà acquise, l'observation de leurs phénomènes , et les traces qu’elles laissent à l’intérieur si le malade vient à succomber ?

156. C’est cette heureuse innovation dont nous sommes redevables à Rœderer et à Wagler, relativement à ce qu'on a appelé fièvres pituiteuses. Ces auteurs, durant l’épidémue dont j'ai déjà parlé, ne se

Page 1