Le sixième cas fut digne de remarque par une
ascite très-volumineuse; mais on ne procéda point à l'examen de l’état des viscères., ni de l’abdomen , n1 de la poitrine. Une dame , à la suite d’un chagrin profond, éprouva un dérangement notable dans les digestions , un icière et une sorte de dépérissement : un engorgement qui se manifesta à la région épigastrique fut rapporté au foie, et on eut recours aux apéritifs ; ce qui ne put prévenir une fièvre intermittente , tantôt avec le type de üerce, tantôt avec des accès irréguliers. Aprés l’usage du quinquina et celui des eaux de Bourbonne, il se déclara une fièvre dite mal gne qui devint mortelle. On croit avoir reconnu, après sa mort, des engorgemens sanguins dans le cerveau ; mas ce qui fut mis hors de doute, c’est que le foie était trés-dur et plein de concrétions ; la vésicule contenait un fluide noir , mais peu consistant.
513. Le huitième casrapporté par M. Portal et suivi d’une terminaison funeste, a été celui d’un homme de trente-deux ans qui succomba à une des fièvres intermittentes pernicieuses qu'on appelle syncopales. Le cerveau et le poumon furent trouvés peu changés ; mais la surface du foie était dure et coriace dans la partie qui correspond à l’épigastre, tandis que le lobe droit était gonflé et ramolli ; la vésicule contenait une bile noireeét gluante avec plusieurs calculs biliaires d'inégale grosseur . |
514. M. Portalacru devoir opposer au tableau afiligeantdes cas précédens de fievres intermuttentes devenues funestes, avec lésion des viscères, la perspective consolante de plusieurs fièvres intermittentes ou rémittentes, qui semblaient produites par des engorgemens du foie ou des autres viscères abdominaux , et qu'on à
fait cesser en traitant avec méthode ces affections viscérales.
515. Une jeune personne était atteinte depuis plusieurs mois d’une fièvre intermittente aussi variable pour les intervalles des accès que pour leur intensité , et qui avait fini par prendre le type de uerce : elle semblait exaspérée par des doses de quinquina souvent répétées ; on remarquait, au toucher, une tumeur au foie età la rate, une toux légère avec fréquence du pouls et chaleur vers lesoir. Les autres signes d’une altération des viscères étaient la gène de la respiration , le dérangement des digestions avec des douleurs de colique, des borborygmes ,des évacuations alvines irrégulières , une grande diminution des menstrues, et l'œdémaue des extrémités inférieures. On ne pouvait guère méconnaître les effets d’une prescription trop prématurée du quinquina, qui semblait avoir supprimé une fiévre tierce salutaire par elle-même, et propre à détruire les lésions des viscères si elles étaient préexistantes. On eut recours à des pilules toniques légérementstimulantes et purgatives qu'on aurait sans doute pu simplifier ; on y joignit des boissons amères et légèrement aromatiques avec Île tartrate acidulé de potasse; ce qui fut continué pendant deux mois. La fièvre intermittente devint moins irrégulière et prit successivement le iype de quarte, puis celui de tierce, en même temps que les foncuons organiques se rétablissaient : dimmution graduée de la toux, selles plus régulières, sommeil plus calme et plus prolongé, pendant que l’'engorgement des viscères abdominaux diminuait par degrés ainsi que la fièvre. On seconda, au printemps, le réta-
blissement par Les sucs des plantes chicoracées, l'usage |
406 APPENDIC# :
des eaux de Vichy, etune heureuse application de tous les principes de l’hygiène.
516. Un jeune homme de vingt-quatre ans, d'une santé robuste, éprouva successivement diverses affections gastriques, et parut avoir recouvré la santé à la suite de l’usage de quelques légers évacuans : cependant on reconnaissait toujours, dans la région épigastrique, une intumescence un peu douloureuse au toucher et qu'on rapportait au foie : 11 s'établit alors une fièvre intermittente avec le type de tierce, eton eut recours à une boisson émétsée et à Pusage dé apériufs. L’engorgement du foie parut persister, et 1l se déclara même une jaumisse. Âu bout d’une douzaine de; jours, il survint unc fièvre rémitiente, tantôt avec le type d'hémitritée, tantôtavec celui detétartophie (Nosolog. de Sauvages) ; d’autres fois sans type réglé. On se borna à l'usage des délayans et des apériufs. La fièvre, dans l'espace de quinze jours, perdit son caractere de rémittente , et devint une simple intermittente tierce on usa alors des sucs des plantes chicoracées et mucilagineuses, en même temps que le malade prenait de l'exercice les jours d’intermiitence et qu'il se livrait
même à l'équitation: les accès diminuerent de longüeur et d'intensité , ce qui faisait naître l'espoir d’une terminaison prochaine; mais 1l se déclara alors une fièvre quarte. En examinant au toucher l’état du foie, ce viscére parut être tres-gonflé dans Ja région épigastrique et se prolonger vers larate , en sorte que l’hypochondre gauche était saullantetrénitent le long des fausses côtes. Les accés de fièvre quarte , d’abord très-violens, diminuérent par degrés : on eutalors recoursà des apozèmes apériufs, puis aux eaux de Vichy, qui furent prises
à la dose d’une demi-bouteille, le maun à jeun, pendant plus d’un mois, quelquefois coupées avec des infusions calmantes ou mucilagimeuses , d’autres fois avec addition de la terre foliée de tartre ( tartrate acidulé de potasse ). On seconda ces moyens par l'usage de quelques bains uedes , une nourriture presqu'entièérement végétale, une bière légère pour boisson ordinaire, un peut verre d’un vin généreux à la fin du dîner, et quelquefois une petite tasse de café, en interposant de temps en temps quelque laxatif. Les accès de fièvre quarte diminuèrent par degrés ; ils se changérent de nouveau en accès de fièvre tierce, et finirent par entiérement disparaître. Les engorgemens du foie étaient très-diminués, et on insista encore long-temps sur l’'usage des spériufs doux , en suivant le régime qui avait été prescrit , tant pour les alimens que pour l'exercice du corps : le rétablissement de la santé fut complet. b17. Je pourrais rapporter ici les extraits de six observations analogues exposées en détail dans l’ouvrage de M. Portal sur les maladies du foie ; et on aurait lieu de se convaincre de plus en plus combien les fièvres rémittentes ou internnttentes SONt SUSCEP— tibles de variations nombreuses, et combien ces ficvres peuvent , dans quelques cas , étre liées avec des en- :gorgemens du foie et de la rate, ou de quelque auire viscère de l'abdomen , ce qui doit mettre des modifications particulières dans Jes règles générales du traitement; mais il faut être loin de regarder ces fievres viscérales comme fréquentes : elles sont , au contraire , très-rares , et 1] peut même arriver que. des fièvres intermittentes où rémittentes manifestent des signes d’une altération des viscères, sans qu'on puisse
constater l'existence de cette altération par les recherches les plus exactes d'anatomie pathologique. On ne doit pas moins admettre même qu’en poReral les fièvres intermittentes ou rémittentes se rapportent à quelqu un des Ordres de la classe , si on décrit avec sévérité et avec méthode leurs divers symptômes. Dans lestableaux que j'ai dressés moi-même , ou que j'ai fait dresser par mes élèves , des trimestres de diverses années du printemps et de l'automne , j'ai toujours fait mention des fièvres intermittentes où rémittentes qui ont régné. Quoiqu'il soit souvent question de personnes avancées en âge, on trouve surtout des fièvres rémittentes où intermittentes qui se rapportent aux fièvres gastriques OU muqueuses, et quelquefois aux fièvres ataxiques ; sou vent, pendant des trimestres, je ne trouve aucun exemple de fièvres périodiques viscérales. Je crois d’ailleurs que la seule méthode de bien décrire le caractère de ces fièvres , est de mettre en opposition celles qui sont différentes, et de rapprocher les unes des autres celles qui sont analogues. Sans cette précaution , on voit d'une manière isolée une fièvre périodique quelconque ; on en donne une description superficielle , ou avec des préventions contre les méthodes de classification , et c’est ainsi qu'on porte des jugemens erronés, en accusant les autres de se livrer à des suppositions vaines et chimériques.
518. Il est digne d’éloge de recueillir plusieurs observations sur les fièvres intermittentes pour servir à leur histoire ; mais doit-on désormais mettre en question ce qui est en général reconnu dans l'état actuel de la science ? Or, Fauteur de ces recherches demande 1°. s1 toutes les fièvres quotidiennes peuvent être rap
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 409 portées à l'Ordre des fièvres muqueuses ; 2°. si toutes les fièvres tierces peuvent être rapportées à l'Ordre des fièvres gastriques; 3°. si la fièvre quarte peut toujours se rapporter à l'Ordre des fièvres gastriques ?
519. Ces trois questions, quoique wrés-différentes, trouvent leur solution dans la Nosographie , puisqu'il est reconnu que Île type des fièvres intermittentes ne peut point du tout servir de fondement à leur classification , et que , sans égard à ce type, on doit les distribuer d’après les caractères communs qu’elles peuvent offrir avec quelqu'un des Ordres prinuufs de la classe des fièvres ; et c'était là précisément ce qui résultait des relevés qu'on faisait réguliérement autrefois dans les infirmeries de la Salpêtriére durant mes leçons particulières de cliniqrie , ‘pour donner une idée précise des maladies qui avaient régné pendant chaque trimestre du printemps et de l’automne : mais je dois n’expliquer ici d'une manière formelle. J'avais d'abord pensé que les fièvres quotidiennes et quartes appartenaient spécialement à l'Ordredes fiévres muqueuses Ou adénoméningées comme cela arrive pour le plus grand nombre, et j'avais donné le nom de fausses quotidiennes où fausses quartes à celles qui, sous ce type, avaient des caractères communs avec l'Ordre des fièvres gastriques ; par la même raison, si la fièvre tierce avait des caractères communs avec l'Ordre des fièvres muqueuses ou adénoméningées, je lui donnais alors le nom de fausse tierce. En multipliant les observations , j'ai reconnu la nécessité de rejeter cetie vaine dénomination , et de disposer indisinciement les fièvres quotidiennes et quartes dans
410 , APPENDICEF
leurs Ordres respectifs, suivant le caractère de leurs symptômes ; les unes dans l'Ordre des fièvres inter mittentes gastriques , les autres dans celui des fièvres adénomeéningées. De même, la fièvre tierce , suivant ses symptômes gastriques Où muqueux , a été aussi rapportée au deuxième ou troisième Ordre des fièvres , sans égard à son type. Dés-lors quelle impor- “tance doit-on attacher à la solution des questions proposées ? J’ai fait remarquer ailleurs que les fièvres intermittentes ou rémittentes , qui paraissaient, dans des cas très-rares , ne pouvoir être rapportées à aucun des Ordres de la Classe des fièvres , ainsi que celles qui uennent à des lésions organiques , devaient étre provisoirement consignées dans un Appendice , en attendant les résultats de nouvelles observations et les per fectionnemens ultérieurs des méthodes.
520. Rien n’est plus ordinaire que de voir, dans les infirmeries des aliénées , survenir des fitvres inter mittentes , surtout au printemps et à l'automne , soit quartes ou quotidiennes pour les mélancoliques, soit uerces dans l’état de manie. Il est assez fréquent aussi de voir certaines de ces fièvres changer de type durant leur cours, être tantôt tierces , tantôt quartes ou quoüdiennes , et finir par s’éteindre peu à peu, quoique je me borne à l'usage de quelque infusion amère , ou bien du vin d’absinthe ou du quinquina , tour à-tour repris et suspendu. Je ne tourmente alors jamais les malades par des remèdes violens et très-actuifs, puisqu'il est reconnu, par les expériences les plus répétées, que si lon se garde de supprimer brusquement ces fiévres, et qu'on se borne aux simples règles du régume , elles contribuent puissamment au rétablisse-
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 4x
ment de la raison. Ces mêmes fièvres, qui présentent, en général , dans le premier temps de leur cours, les caractéres de quelques-uns des Ordres généraux de Ja Classe des fiévres , sont souvent loin de les conserver pendant toute leur durée. L/on connaît d’ailleurs l’extrême influence de habitude sur le retour périodique des accès, et on l’observe , en général , dans toutes les maladies périodiques ; mais je suis bien loin de les regarder dans cet état comme ramenées à leur simplicité primitive, puisqu'outre les attributs généraux, On voit, avant leur entière guérison, un trouble et une altération marqués se soutenir encore dans les fonctions gastriques , dans la transpiration cutanée , la sécréion pulmonaire , l’excrétion et la qualité des urines , la sensibilité générale ou les fonctions de l’entendement. On voit même le plus souvent, en suivant avec attention leur déclin et la convalescence des malades , se manifester des signes extérieurs d’une sorte de crise par les urines , les selles, les sueurs , ou quelque éruption cutanée. Une ancienne mélancolique a recouvré graduellement sa raison à la suite d’une fièvre intermittente quotidienne, dont les acces étaient marqués par une sueur abondante à la tête pendant le stade de la chaleur : 1l s’est formé une sorte d’éruption vésiculaite à la partie chevelue de la tête, suivie d’une suppuration d’une quinzaine de jours, et d’une formation de croûtes qui ont fini par se détacher entièrement. Une convalescence complète sous le rapport moral a été simultanée de la marche de l'éruption cutanée.
521. Je conüunue et je continuerai encore longtemps mes recherches sur les fiévres intermittentes et
rémittentes, ayant soin de remonter, dans les cas particulers, à leur origine et aux incidens qui ont pu les produire , de les suivre attentivement ou de les faire suivre dans leur coursentier , soit pendant la durée des accés , soit durant leur intermission , de porter une surveillance assidue sur le régime , comme cela a lieu surtout dans un hospice bien dirigé ; enfin de ne point perdre de vue le déclin et la terminaison graduée de l'état fébrile périodique , et de n’omettre aucun des signes , Sil en paraît, d’un effort critique. On doit desirer que les vrais observateurs profitent ainsi de toutes les circonstances favorables pour faire faire des progrès solides à cette partie de la médecine, et qu'ils contribuent ainsi d’une manière efficace à former une suite d'observations exactes , propres à servir à l’histoire des fièvres intermittentes.
S VIIL. Sur la Fièvre entéro-mésentérique.
522. On observe certains cas où les inflammations abdominales n’offrent que des symptômes locaux trèslégers, et cependant la gravité de la maladie est telle que les phénomènes secondaires ou la fièvre concomitante annoncent le plus grand danger. Aussi a-t-on souvent regardé ces fièvres symptomatiques de certaines phlegmasies du bas-ventre comme des fièvres priniuves et essentielles ; et il faut convenir qu'il était peut-être difficile d'éviter cette méprise, lorsque l’anatomie pathologique n'avait point encore éclairé sur leur véritable caractère. M. Petit, médecin de l'Hôtel- Dieu, et chargé de l’enseignement de la clinique dans
éet hôpital , a décrit (1) sous le nom de fièvre entéromés entérique, une maladie dont voici les sÿraptômes; D'abord sentiment de faiblesse et de malaise général, inappétence , mouvemens de fièvre irréguliers , mais plus souvent dévoiement dont l’abondance varie. Ces symptômes augmentant, les imdividus qui les éprouvaient entraient à l'hôpital où la maladie marchait avec les caractères suivans : physionomie exprimant l’abattement et la tristesse ; œil terne, teint décoloré et livide, surtout autour des lèvres et des ailes du nez ; - décubitus sur le dos ; répugnance au mouvement; peau remarquable par son äpreté et sa sécheresse ; torpeur, inertie dans les facultés intellectuelles, qui, d’ailleurs, n’étaient troublées que par intervalles; réponses lentes mais justes; fièvre nulle ou obscure dans le cours de la journée , plus développée le soir et pendant la nuit, avec des paroxysmes qui survenaient d’une manière graduée, sans frisson mi augmentation subite de chaleur , mais avec injeéuon de la sclérotique et le plus ordinairement délire, mais léger, disparaissant quand on fixait les idées du ma— Jade par quelque question ; soif vive, dents sèches:, langue recouverte par un enduit d'un gris sombre ; A iasis alvines bilioso-séreuses, variables pour leur fréquence et leur abondance ; mais qu'on ne pesant jamais regarder comme causes de la prostration générale des forces ; ventre souple, nullement météorisé} peu ou point de douleur spontanée ; mais si on com primait l'abdomen unpeu fortement, la douleur se dé RE de de eu ie out Sale dos pile (1) Traité de la Fièvre entéro-mésentérique ; par MM. À. Petit et Serres. Paris, 1819. |
veloppait, surtout du côté droit, entre l’ombilic et la crête de l'os des iles; le malade alors se plaignait d’une rétraction mvolontaire des lèvres et des ailes du nez , et l'expression de toute la figure indiquait un état de souffrance.
525. Tel est le tableau de la fièvre entéro-mésentérique lorsqu'elle est simple et dans son degré moyen d'intensité. Quand elle devient plus grave , la plupart de ces accidens augmentent ; les pommettes deviennent livides , les yeux s'enfoncent et sont toujours injectés, la somnolence et le délire sont continuels, les réponses sont plus pénibles, mais encore justes. Il survient des pétécmes, des soubresauts des tendons, une fièvre continue avec exacerbation le soir, même pendant la nuit ; pouls fréquent , faible , facile à déprimer ; dents sèches, légèrement fuligineuses ; langue recouverte d'un enduit brunâtre superficiel et comme pulvérulent , presque jamais d’une couleur noire ni épais ; soif vive, ventre plus douloureux au toucher, douleur quelquefois bornée à son premier siége sans météorisme , d’autres fois plus étendue et avec météorisme; déjections alvines séreuses , fétides , ordinairement fréquentes ; urines peu abondantes, tendance des excoriations et des plaies des vésicatoires à passer à la gangrène.
524. Cette maladie abandonnée à elle-même, et ‘surtout lorsqu'elle est arrivée à ce dernier degré, se termine presque toujours d’une maniére funeste à des
‘époques variées, et on trouve constamment dans l’abdomen les altérations suivantes. Le canal alimentaire ne présente ordinairement rien de remarquable jusqu'au-delà du milieu de l'iléon; là on commence à
voir dans son intérieur des plaques de forme elliptique, nettement circonscrites , formées par un boursoufflement de la membrane muqueuse de l'intestin , et autour desquelles cette membrane est dans son état naturel. Quelquefois ces plaques, saïllantes de plus d’une ligne , avaient jusqu’à un pouce et demi de longueur. À l'intérieur de l’intestin , des taches d’une couleur vineuse, apparentes sous la tunique péritonéale, indiquaient l'endroit où les plaques setrouvaient en dedans. On a vu en outre plusieurs fois des a moins nombreuses disséminées cà et là sur la même région , et qui semblaient de la même nature que les plaques saillantes. Les glandes de la portion du mésentére qui répond à celle de l'intestin malade étaient ordinairement affectées , ou bien elles avaient seulement un peu plus de volume que dans l’état naturel; leur tissu était plus ferme et d’une teinte rosacée : ou bien elles avaient acquis la grosseur d’une noix ; d’un rouge bleuâtre à l'extérieur, profondément injectée à l'intérieur , leur substance propre , tout-à-fait méconnaissable , était quelquefois semblable à celle du rein. Toutes ces altérations devenaient d'autant plus apparentes et d'autant plus nombreuses, qu'on s’approchait davantage de la valvule iléo-cœcale, auprès dé laquelle le di de l'intestin se trouvait quelquefois comme oblitéré. Lorsque la maladie avait été de longue durée, on rencontrait en outre de petits ulcères arrondis, de trois à six lignes de diamètre , dont le fond était tantôt recouvert d’une couche sameuse , épaisse et noirâtre, tantôt net, et laissant apercevoirà nu et sans altération les He. musculaires et la tunique péritonéale. Alors ces glandes étaient plus volumi-
416 APPENDICE neuses, noires et désorganisées , ou leur substance intérieure était détruite par la suppuration. Quelquefois à ces altérations constantes s’est jointe une inflammation de tous les points de la membrane muqueuse des intestins grèles et même de l'estomac. Tous les autres organes étalent sains lorsqu’ . n'avait existé aucune ME ip
525. D'apres la descripuon de cette maladie, donnée avec beaucoup de détail et de soin par MM. Petit et Serres, On ne peut méconnaître une véritable entérite ou une inflammation violente de la membrane muqueuse des intesuns grêles vers leur terminaison: Les. symptômes. locaux et: généraux ne sont rien autres que ceux qui surviennent dans lès phlegmasies de ce genre , surtout quand elles portent le caractère atonique, et la fièvre symptomatique qu’on observe ici n’est point d’abord et par elle-même adynamique où atonique : au plus haut degré de la maladie, elle prend l’un ou l’autre de ces caractères, et surtout le premier. On ne-trouve donc aucune raison pour faire d’une pareille maladie un nouvel Ordre de fièvres , et la plupart des médecins étant convenus maintenant de regarder la fièvre dite puerpérale comme une inflammation. du péritoine ou de divers organes abdominaux , n'admettront, je pense , la fièvre entéro-mésentérique que comme une AREA des intesuns, loin de Ja reconnaître pour une maladie sui generis, et en renverront la descripuon à l’histoire des phlegmasies , où elle trouvera naturellement sa place: Du reste, cette variété de l'entérite aiguë, dans son état de simplicité comme dans ses complications , est vraiment remarquable par le peu d’iutensité des sym-
LA
AUX FIÈVRES PRIMiT Five AL
ptômes locaux , par la constance ei la Pr ré gulièré de la ppt ces phénomènes généraux , par 1e Caractère et le siége Et de en qu'on à toujours trouvée après ee mort: :
526. On croit avoir retiré de grands avantages du traitement tonique dans cette maladie : c’ést en effet celui qui convient dans plusieurs inflammations passives des membranes muqueuses. Mais ; Les celles des intestins, 1l importe bien de savoir jusqu'à quel ‘point il est Sésoiblé d’ employer à à nu et sans danger des moyens plus ou moins excitans. N’a-t-on pas vu dans ce cas le’ quinquina et autres toniques donnés à l’intérieur ampmenter rapidement tous les symptômes , déterminer le météorisme du ventre ét autres accidens ? Mais en me bornant ici à l’histoire simple de la fiévré entéro-mésentérique , quelque place qu'elle doive d’ailleurs occuper dans un tableau général des maladies aiguës, on ne peut que lire, avec un vif intérêt, les histoires particulières, soit simples, soit compli= quées, que M. Petit à consignées dans son ouvrage, et les regarder .comme irés-propres à contribuer aux progres de la science.
FIN DÙÜ TOMÉ PREMIBR:
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