Divers auteurs offrent. des observations de fiè
vyres lentes occasionnées par la gale. M. Broussais crte Vexemple d'une ferime de vingt-cinq ans, enceinte de son premier enfant, qui Contracta la gale en couchant avec une personne infectée. Elle accouchaàterme d’un enfant mâle , et sain en apparence, mais dont la peau ne tarda pas à se couvrir d’une gale abondante. Alors, au lieu de-se développer, cet enfont tomba dans la consompüon. À deux ans et demi, marasme complet , peau couverte de pustules galeuses, de furoncles et de phlegmons ; perte d'appétit, difficulté de teter , refus de tout aliment, voix três-faible, chaleur universelle , redoublement l apré es-midi et Januit , avec fréquence et débiliié dn pouls ; déyoiement séreux excessif, suppuration trés-abondante des phlegmons (décoction de patience coupée avec du. lait pour? enfants méme moyenpour la mère, eLen outre deux & trois purga- Lifs dans l’espace deqzinze jours ). Rétablissement des forces peu apparent dans cet espace ( frictions avec le soufre pour la mére et l ‘enfant je Diminuuon des abces, du marasme et de la fièvre hectique, et disparition at dans l’espace d'un mois.
467. Des excès d’études et des passions violentes ne sont. pas nioins propres à accasionner une fièvre lente. Un homme de quarante ans ( Trnka ) ayant recu une injure d’un magistrat, en conserva un ressentiment Si profond, qu'il AS dans une débilité ‘extrême avec une petite fièvre qui, d' abord assez douce, prit bientôt le caractère de la fièvre hectique, occasionna l'amaigrissement , et le mit dans le plus grand danger. La chaleur augmentait par la moindre nourriture , désoe qu'iln "sait manger , JUOIqU 1] eût beaucoun d APPUI. Le pouls était rene duret débile ; les sens à-peu-
près comme en santé; 1l y avait insomnie , et l’oprum occasionnait le délire et le coma. Ees symptômes diminuerent graduellement , etdisparurententièrement , sans doute parce que le sentiment de injure s’affablit dans la même proportuon.
408. Une fatigue générale occasionne souvent la fievre hectique, qui se développe aussi à la suite de certaines maladies aiguës. La chaleur et le froid excessifs l'ont de même quelquefois produite. Morton nous aonne l'observation d’une fièvre hectique déterminée par une chaleur atmosphérique très-forte : je vais la rapporter. Un homme sexagénaire , scorbutique depuis plusieurs années, et même un peu asthmatique, fut pendant trois ou quatre étés tourmenté par des chaleurs et des douleurs de lombes continuelles ; ilétait en même temps sujet à des sueurs abondantes, surtout pendant le temps qu'il passait au lit, et il était presque dans un état de marasme. L'hiver, au contraire, 1l se trouvait fort bien ; la chaleur fébrile et la sueur n'avaient plus lieu, quoiqu'il conservät ses traits affaissés. Durant un été, le sentiment de chaleur des lombes acquit un tel degré d'intensité , etles sueurs coulérent avec tant de profusion, que le malade ne pouvait plus rester au lit. Il ne tarda pas à perdre l'appétit et à avoir les membres inférieurs œdémateux. Il fit usage du quinquina : les sueurs, la chaleur fébrile et l’œdémaue des pieds disparurent , et la guérison fut complète.
469. C’estd’après ces faits et beaucoup d’autres qu'il -serait facile de multiplier, qu’on-peut déduire l’histoire générale de la fièvre hectique. :
Prédispositions et causes occasionnelles. Degrés ires-grand de mobilité et de susceptibilité; saisons et
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 377 climats très- chauds ou très- froids; abus prolongé des acides, de l'alcool, des composés antimoniaux ; hémorrhagies intenses ou suppression d'hémorrhagies habituelles , allaitement, diarrhée, catarrhes et sueurs colliquatifs, diabètes, ptyalisme, onanisme , COÏt immodéré , suppuration très-abondante , fatigues excessives , études prolongées, surtout pendant la nuit ; pas sions vives , telles que la colère, la tristesse, la jalousie’, etc. ; nostalgie; embarras gastrique et intesunal 5 terminaison imcomplete où suppyession de fièvres inflammatoires, bilieuses, muqueuses, adynamiques , ataxiques , continues et intermittentes; suite d’érysipèle, de variole, de rougeole, de scarlatine, de gale , dedartres, de teigne, etc. ;hypochondrie, mélancolie , manie, hydropisie , rachis, scrophules , syphilis, lésions organiques variées, calculs, *ers intestinaux et corps étrangers en général , etc. Quelquefoison ne peut | assigner aucune cause évidente.
“47o. Gette fievre est ordinairement sporadique. Elle est quelquefois essenuelle , mais le plus souvent symptomatique. Des symptômes fugaces , peu intenses et lents la précèdent ordinairement, excepté lorsqu'elle survient à la suite de la suppression d’une maladie externe. Son invasion est subite dans ce dernier cas. 471. Symptômes. Pâlear générale jointe à la cologreur et de flaccidité. Nulle lésion constante dans la digesuon ; quelquefois augmentation , et d’autres fois diminuuon de lappéut; sentiment de sécheresse à la gorge, soif considé-
ration partielle des joues , état de mai
rable ; d’abord constipation , puis diarrhée colliquative. Pouls fréquentet dur, surtout vers lesoir. Respiration accélérée au moindre mouvement, et souvent difhicile,
375 | APPENDICE surtout à une époque avancée ; ; LOUX sèche, surtoutapreg c$ le repas ; chaleur : angmentée, âcre au toucher, inégale, plus forte surtout à la paume des mains etàla plante des pieds. Lranspiration d’abord sapprimée, avec sécheresse et äprelé de la peau ; mais, à uneé poque avancée, sueur abondante, inégale, paraissant surtout au front $ au cuir chevelu, au cou, au sternum , ainsi qu'à l'épigastre, etaugmentant la nuit et yers le matin. Urine peu dde et colorée, offrant quelquefois un énéoréme gras à Sa surface, et déposant souvent un sédiment blanc, rougeâtre. Fhontisenn de la sécréuon des membranes muqueuses, etde l’exhalation des surfaces séreuses : de là l’œdème des membres inférieurs, l’anasarque, l’ascite, etc. Amaigrissement général : de là l’excavation destempes, l'enfoncement des yeux dans les orbites, l’affassement des muscles des membres, Ja chute des pois, la courbureet la lividité des ongles. Etat d'i intégr iié des sens et de l’entendement jusqu'au moment méme de la mort; sommeil fatigué par des rêves, et ne réparant pas les forces ; souvent, état d’insomnie ; lassitude continuelle, affaiblissement progresaf. Nulle faiblesse pr oportionnelle de la fonction de la génération, souyent même besoin irrésistible de se livrer au plaisir de l'amour.
472: La fièvre hectique est d’ Km d légère, fugace , à peine percepuble ; elle se manifeste alors uniquement Par un mouvement fébrile qui paraît le soir et cesse le man. À une époque plusavancée (deuxième période), état fébrile devient continu, «et vers la fin (troisième période), paraissent. la sueur et Ja diarrhée colliquatives, l’amaigrissement, laffaiblissement > Ainsi que J'œdémate des extrémités inférieures.
473. Le type de la fièvre hectique est ordinairement continu : quelquefois on l’a yu rémitient, mais rare ment intermittent. Cette fièvre se suspend quelquefois pendant plusieurs mois, pour paraître de nouveau et souvent d’une manière alternative, Ses paroxysmes el ses accès ont ordinairement lieu le soir; 1l en paraît quelquefois deux le jour. Sa duréeest, en général, longue et indéterminée.
474. Gette fievre est ordinairement mortelle lorsqu’elle dépend de la suppuration d'un organe impor— tant. La mort survient alors d’une manière subiie et au moindre mouvement ; elle est souvent précédée de la suppression de la suppuration. Mais il n’en est pas de même lorsque la cause de cette affection est susceptible d’être combattue par les moyens de Part.
475. On doit regarder comme d'un mauvais présage la fièvre hectique qui est l'effet de la lésion organique d’un viscère essenuel, comme les poumons, etc. La troisième période ne se termine jamais, Où que très-rarement, d’une autre manière que par la mort.
476. Vues générales sur le traitement des Fièvres hectiques. Une légère réflexion sur l'extrême diversité des. causes propres à produire la fièvre hectique, ne doit-elle point inspirer de grandes perplexités sur les moyens de traitement à adopter dans un grand nombre de cas particuliers ? Je renvoie les détails à la thérapeutique , et je me borne ici à quelques vues générales qui tiennent aux caractères distinctifs de cette fièvre. Outre ses causes morales, elle tient souvent aussi à des lésions des membranes muqueuses, comme celles des voies digesuves, celles des poumons à la suite de catarches devenus chroniques ; celles des membranes muqueuses
de la vessie, delurètre ; celles qui surviennent à la suite d’ane lactauon prolongée, de l’abus des plaisirs vénériens, etc. Dans certains cas, l’estomac est tellement affaibli, que P emploi des toniques , même les plus RE. gers, ne peut av oi lieu que difficilement : c’est dans de pareilles circonstances qu’il est souvent nécessaire de ‘suspendre tout moyen pharmaceutique pendant quelqué temps , de recourir aux moyens de l’hygiène, et de ne commencer que graduellement l'usage des toniques. L'exercice à la campagne, les distractions, sont surtout d’une nécessité indispensable lorsque l’état de faiblesse del’estomacest joint aux symptômes qui Caractérisent l’hypochondrie. Quelquefois la fièvre hectique est occasionnée par un état d'irritaton de l’estomac : c’est alors qu'il est utile de recourir à l'emploi des mucilagineux , des émulsions, du lait coupé, de Popium ‘trés-étendu ; et ce ne séra que lorsque lirritation aura entierement disparu qu’on pourra recourir aux amets, au quinquina , à la canelle et à d’autres aromatiques , joints à des aliméns abondans en gélatine. Les bains généraux , réunis aux frictions cutanées, sont souvent uüles , surtout dans le commencement. Ai-je besoin de dirsé que, lorsque la fièvre hectique est due à la pré- sence des vers intestinaux , 1l faut expulser ceux-ci par l'emploi desmédicamens dits anthelmintiques(Matière médicale de S chwileué). Les toniques, et surtout lipécacuanha et lopium , conviennent dans le cas où la | diarrhée entretient la fièvre lente.
477. Les fièvres hectiques occasionnées par la présence de corps étrangers dans la trachée exigent qu'on favorise l'issue de ces derniers : le vomissement , ainsi que la toux , sont souvent utiles à cet effet. Celles qui
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 38t
accompagnent les catarrhes pulmonaires demandent qu'on pratique un exutoire et qu'on ait recours au quinquina , à la sauge , à Physsope et à d’autres substances analogues : l’ipécacuanha et le soufre y sont souvent d’un grand secours. C’est au quinquina, à l'alcool sulfurique, et aux aromatiques qu'il convient de recourir dans les fièvres hectiques dépendant d’une leucorrhée chronique. S'il est quelquefois convenable de faire usage d’injections, on ne saurait y procéder avec assez de prudence. Il faut d’abord commencer par recourir aux. liquides mucilagineux, et employer graduellement des substances amères , aromatiques et acerbes, comme la pete centaurée , la camomille , les roses rouges , ete.
478. Lorsque la fièvre hectique tient à des hémor- : rhagies actives excessives , où à des saignées qui ont été prodiguées , il s’agit en même temps de réparer les forces, et de faire usage de substances acidulées où émulsionnées. Si cette maladie dépend au contraire de la suppression d'une hémorrhagie habituelle et nécessaire, je n'ai pas besoin d'indiquer qu'il faut
chercher à rappeler celle-ci, ou la remplacer si on me peut y’ parvenir. Îl est quelquefois indispensable de rétablir les forces avant de provoquer lhémorrhagie.
479. Ai-je besoin d'indiquer qu'il faut cesser l'alfuitement lorsque la fièvre est l’eflet de la lactauon , et rétablir les forces par une bonne nourriture , ainsi que par l'emploi du quinquina. Celui-ci est encore indiqué lorsque des sueurs excessives ont donné lieu à la fièvre lente. On tire aussi un grand avantage des purgaufs et des diurétiques. On conçoit facilement qu'il faut rétas
583 APPENDICE tablir la transpiration lorsque la fièvre hectique est le résultat de sa suppression.
480. Si la fièvre lente dépend d’uné affection psorique ou dartreuse, il est facile de voir que le traite ment doit être adapté à la nature de ces maladies. On imagine bien que la fièvre hectique produite par un excès d'étude , le chagrin , la mélancolie, la nostalgie, ne peut être guérie que par la dissipation, par des voyages, et par un changement dans la manière de vivre. Mais un principe général qui Sémble s'adapter à toutes les fièvres hectiques, est de soumettre le malade aux principes fondamentaux de l'hygiène , etde donner assez d'énergie à la nature pour développer ses efforts salutaires , de respirer un air salubre , de jour du ‘calme, et de se nourrir en grande partie de substances végétales.
$S VI. La Fievre puerpérale est-elle une Fièvre primitive ou sui generis ?
481. Rien n'a plus varié que les opinions des médecms sur la fièvre puerpérale. Si on consulte les auteurs depuis Hippocrate jusqu'à nos jours , l’on vort que les uns désignent sous ce nom la phlegmasie de Putérus , les autres l’inflammation des intesuns et de lépiploon, quelques-uns la péritonite, d’autres une fièvre adynainique , cértains une fièvre mflammatoire , certains autres une fièvre gastrique, quelques autres une fievre ataxique , etc. ; enfin 1l n'est pas de fiévres et de phleg= masies, étC., qu'on n'ait observées à la suite dés eouches , et auxquelles on n’ait donné le nom de jievre
puerpérale.
AUX FIÉËVRÉS PRIMITIVES.
ox
482. Antome de Jussieu, Ab. de Villars e} Fon- . taime, ont observé en 1740, le premier dans Paris, et lés auires à l'Hôtel-Dieu , une fièvre dite puerpé crale qui n était autre chose que Piuftanioi de lutérns. Ils disent avoir reconnu que cet organe devenait sec, énflé et douloureux à la suité de l'accouchement ; qu après la mort on le trouvait énflammé , qu'il en sortait des grumeaux de sang à Pouverture de ses Ca naux , et que , dans Hhsidurs cas , les ovaires avaient été en suppuration. Pouteau rapporte qu'en 1750 üné épidémie attaqua plusieurs femmes en couches, et que le mal se déclarait trois ou quatre jours aprés l’accou— chement , et même plus tard. Cette affection était ca ractérisée par des douleurs de colique et par la tension de l'abdomen. À l'ouverture cadavérique d’une de ces femmes , on trouva l'utérus très-volumitieux, ses pa- | rois ayant ün pouce d’é épaisseur ; dans uñe autre, cet orgatie était plus petit; mais dans toutes les deux Ve parois étaient d'un rouge livide ét vraituent gan= grénées.
483. D'un antre côté, Lieake a obsérvé une fièvre puerpérale épidémique dans la ville dé L ondres et dans l'hôpital de Westminster, pendant les années 1769 ; 1970 ét 171 ;, où il n’a jamais vu l'utérus enflammié : l’épiploon hui a toujours paru altéré, en partie enflammé , et en partie en suppuration. La membran extérieure dés intestins présentait des traces d'inflammation ét de: gangrèné, et la cavité abdominale contenait üne quantité plus ou moins considérable d’une inatière semblable au peut-lait. Rien n'est plus fréquent que dé voir l'inflammation du péritoine chez les nou vélles accouchées, et des obset Fvations analogues ont Été
584 APPENDICH faites en grand nombre par Walter, Cruikshanck , Bichat , etc.
484. On peut juger, par la lecture de la description générale de la fièvre puerpérale qu'a tracée White , ce qu'elle est dans un grand nombre de circonstances. Cette fièvre, dut cet auteur, débute par un frisson qui quelquefois manque, et d’autres fois revient comme l'accès d’une fièvre intermittente , mais irrégulièrement. [l succède des nausées , des vomissemens d’une matière Jaunâtre, une diarrhée copieuse et fétide ; d’autres fois c’est un ténesme continuel et de fréquentes envies d’uriner , avec enflure et douleur dans l’abdomen ; d'autres douleurs se font senür dans la tête, le dos , la poitrine, les côtés , avec toux et difficulté de respirer. L’entendement est troublé, la face quelquefois rouge, la langue d’abord blanche et humide , puis sèche et brune ; les denis sont fuligineuses. La malade vomit tout , excepté ce qui est acide. Le pouls est d’abord peu altéré ; 1l devient ensuite peut et accé- Iéré. La maladese plaint d’oppression et d’anxiété vers l’épigasire, accompagnées de soupirs , de stupeur , de lassitude et d’une grande faiblesse. Les lochies sont quelquefois supprimées ; d’autres fois elles ne sont point diminuées , et dans certains cas elles le sont beaucoup : elles ont une odeur féüde. Les mamelles deviennent flasques ; la quantité du lait est diminuée ; enfin la sécrétion de ce liquide est supprimée ; ce qui n'arrive cependant pas toujours. Si l’on continue le régime échauffant , l'on voit se manifester des éruptions miliaires et pétéchiales. Ces éruptions ne portent aucun soulagement ; elles ne sont poini critiques. Il ne se mamifeste dans cette maladie aucune cerise régu-
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 582 fière, si ce n’est la diarrliée. La malade se trouve en général micux apres chaque selle ; enfin elle rend l'urine et les déjecuons alvines involontairement. Les sueurs colliquatives , le-hoquet et Îles convulsions surviennent et se terminent par la mort, qui arrive tantôt plus tôt ; tantôt plus tard. Les femmes périssent quelquefois en vingt-quatre heures ; maïs le onzième jour depuis la première auaque est celui où les malades meurent le plus ordinairement, quoique d'autres aient succombé au-delà de cette époque. Les phénomènes qu'on observe aprés la mort sont linflammaton et la gangrène des intestins , de quelques autres viscéres abdominaux , et quelquefois de l'utérus.
485. Kirkland a vu la fièvre qui affecte les nouvelles accouchées être tantôt inflammatoire et tantôt adynamique ; elle dépendait souvent de l'épidémie régnante et des miasmes ; elle se compliquait fréquemment avec l'inflammation locale de l'utérus ou des viscéres abdominaux. Finke, dans le tableau qu'il nous a laissé d’une constitution bilieuse qu'il avait observée depuis 1776 jusqu'en 1780, remarque que les nouvelles ac- | couchées étaient le plus souvent atteintes de la même maladie : la fièvre bilieusese déclarait chez elles le jour même de l'accouchement. Le deuxième , et au plus tard le quatrième jour, elle était accompagnée d’une grande douleur de l'abdomen, douleur qui occupait l’une et l’autre région ingtinale , avec tension ei. une
tuméfacuon remarquable. Les]lochies étaient arrêtées ;
d’autres fois elles étaient augmentées, ou du moins coulaient convenablement. Les nouvelles accouchées
L,] . (! s . ,° ’ \ é n'avaient guère besoin d'autres remèdes que de ceux
d 9 : . . ; dl a 4 \ ŒR dont l'efficacité était connue contre la fièvre bilicuse. I. | 20
486. Pendant l'été de l'an 1777, Stoll observa que toutes les, femmes en couches de son hôpital éprou4 vaient la maladie régnante ; immédiatement après l’ac= couchement, ou peu de temps aprés , elles sentaient des frissons ou des chaleurs alternatives ; les lochies étaient peu abondantes ; 1l y avait des douleurs dans tout l'abdomen et surtout à l’épigastre ; la langue était jaunâtre; en un mot, chacun des phénomènes de la fièvre gastrique se manifestait. Stoll pense que la fièvre des femmes en couches est rarement inflammatoire, à moins qu'un froid trés-vif et la pléthorene contribuent à la produire ; mais qu’elle est plutôt gastrique, muqueuse ou putride. Il a vu, en général, que les fièvres des nouvelles accouchées ne sont pas différentes de celles des autres individus : seulement les femmes sont plus exposées à l'influence des épidémies immédiatement après leurs couches.
487. Je ne finirais point si je voulais rapporter les faits parüculiers ou les descripüons générales de fièvres essentielles tantôt gastriques, muqueuses, et tantôt adynamiques ou ataxiques , ou les exemples de péritonites et de métrites qu'on a mal-à-propos décorées du nom de fièvres puerpérales.
488. Mais si les auteurs ont désigné sous ce nom des affecuons différentes , tantôt fébriles et tantôt inflam— matoires , 1ls n'ont pas moins varié sur les causes de cette prétendue fièvre puerpérale. Ceux qui n’ont vu en elles qu’une inflammation de l'utérus, la croyaient, en général , occasionnée par la diminution ou la sup pression des lochies dans un accouchement laborieux. Fhippocrrie, Galien, Celse, Æuus, Paul d'Egine, Mercatus, RARE » Forestus, etc. , Sont de cetta
AUX FIEVRÈS PRIMITIVES. 387
opinion. D’autres n’ont eu en vue que le lait, et ils ont rapporté la fievre des femmes en couches à son défaut de sécrétion, à sa diminution, à'sa sufpression , à sa déviation et à sa métastase. Mercurialis paraît être un des premiers qui aient attribué au lait la plupart des accidens qui arrivent aux femmes en couches : son opinion a été adoptée par beaucoup d’auteurs , et notamment par Doulcet. Îl suffit, pour s’en convaincre , de lire le fragment suivant du mémoire rédigé en 1762 par MM. Déjean, Majault, Damié, Moutabourg, Solier, Mallet, Duhaume et Philippe. «Rien, pendant » la grossesse , disent-ils, ni pendant l'accouchement » et après, ne fait soupconner de suites ficheuses ; » tout va bien jusqu’au troisièmé jour : alors fièvre » sensible, mais non très-forte; pouls petit, concentré » et un peu accéléré; les seins se flétrissent, le ventre » se météotise, devient douloureux ; les lochies ne » sont pas diminuées ; il survient un abattement, » puis, avec quelques variétés, frisson dés le principe, » vomissement de matières vertes où légérement jau- » nes; quelquefois seulement nausées, dévoiement » laiteux et fétide, yeux éteints, visage décoloré, » langue humide, limoneuse , d'un jaune verdâtre à » sa base. Ces symptômes diminuent ou cessent tout- » à-fait sur la fin du second jour ou au commence- » ment du troisième. Calme perfide ! A la suite, petite » sueur froide et gluante, évacuations de lochies et » des selles d’une féüidité insupportable ; pouls trem= » blotant et misérable. La tête se perd, les malades » succombent à la fin du troisième ou au commence- » ment du quatrième jour, rarement plus tôt, quel- » quefois plus tard. Epanchement dans l'abdomen
» d’une maüere de nature laiteuse, semblable à du » peüt-lait non clarifié, toujours féude, de deux à » rois pintes. On y voit flotter de gros morceaux d’un » lait caillé blanc; on en trouve un grand nombre » comme collés à la surface des intestins : la matrice -» est dans l’état naturel. »
489. Cette manière de considérer la nature de la matère de l’épanchement ne peut plus être admise , surtout depuis le travail de Schwilgué sur le pus. Ce médecin a démontré , par des analyses chimiques comparées , que cet épanchement abdominal présente tous les caractères du pus du système séreux. L’observation médicale confirme d’ailleurs ces résultats ; car les péritonites dont périssent les hommes , ou auxquelles les femmes succombent à toute autre époque , présentent un épanchement dont les propriétés physiques et chimiques sont tout-à-fait les mêmes , et certes on ne peut en accuser le lait dans ce cas. Schwilgué fait voir en outre que la plèvre , dans son inflammation , fournit une mgiene qui ne diffère nullement de celle qu’on trouve à la fin de la péritonite.
490. Doublet n'avait pas ; sur les causes de la fièvre puerpérale , d’autres opinions que Doulcet, et il s'expr.me de la manière suivante : « La fièvre puer- »pérale saisit les femmes quelquefois peu d’heures » apres l’accouchement , d’autres fois au bout de » sept à huit jours, mais le plus souvent depuis le ». deuxième jusqu'au quatrième jour de Ja couche, et » on l’observe chez les nourrices à différentes époques » de leur nourriture. Les: femmes cacochymes , et ». dont le travail a été long et'pénible , y sont plus », exposées que les autres ; mais elle attaque aussi les
10e FIEVRES PRIMITIVES. 589 femmes bien constituées ;’ dont la grossesse a été heureuse et l'accouchement naturel et facile ; ce qui uent à quelque chose de secret qu'il séra toujours impossible de connaître. Elle peut être plus commune dans certains lieux que dans d’autres ; elle est encore favorisée par la constituuôn de Par. Elle débute par un frisson qui est tantôt unique , qui tantôt se répète , “et qui est constamment accompagné d'anxiétés ‘et d'une impression de trisiesse remarquable. Des les premiers momens, visage pâle , traits aliérés , yeux inatiimés et cou verts d’une espèce de nuage ; douleur ‘vive à Fun des deux hypochondres où à la région lombaire , qui s'étend à tout l'abdomen et quelquefois à la poitrine ; mal de tête, pouls fréquent et serré, langue blanche , humide; réspiration courte et gé-
. née ; souvent nausées dès le commencement : le
vomissement n’a lieu que le troisiéme jour. Dans les progres de la maladie, le ventre sé gonfle sans tension , le dévoiement survient, et fatigue au point de devenir le symptôme le plus alarmant et le plus caractéristique ; tantôt il survient des éraptions miliaires, tantôt il y a de l’assoupissement et un délire furieux ; souvent la poitrine est la partie Ja plus affectée ; quelquefois les lochies sont supprimées , le plus souvent elles coulent ; mars dans tous les cas , la sécrétion du lai est suspendue ou notablement diminuée ; enfin, la faiblesse devient extrême , et la mort arrive depuis le cinquième jusqu'au dix-septièéme jour dans les femmes qui succombent. Le retour du Jjait au sein est le mouvement critique le plus heureux ; enfin le pro-
390 : - APPENDICE » nostic est obscur , le traitèment difficile , et le suc- » cés douteux. » .
491. Mais peut-on , avec raison , régarder le lait comme Ja cause de ces maux, lorsqu'on fait attention que les femmes qui allaient ne sont point exemptes de la fievre puex pérale ; que, perdant le cours de ces fièvres , le lait.n'est ‘pas toujours suppr imé ; que d’ailleurs là matière à kimele on donne si souvent le nom de lait dans ces cas n'est'autre chose que du véritable pus ? |
492. Les auteurs sr ont regardé la fièvre puerpérale comme une espèce d’inflammauon des intesuns ou de l’épiploon , ou conime une péritonite, l'ont presque toujours attribuée à la pression que l'utérus exerce sur ces viscères pendant la grossesse et l'accouchement. Ceux qui n’ont vu dans la fièvre puerpérale qu’une fièvre adynamique, ataxique, miliaire , pourprée, etc., l'ont attribuée au mauvais régime, à un air impur , à la rétention des matières fécales dans les intesuns , et à l'absorption de leurs molécules les plus ténues. 493. Quelle opinion adopter au milieu de ce conflit de manières de voir, en apparence si disparates ? M: Mercier me paraît avoir, dans une Dissertation inaugurale ( Essai sur cette question: ExisTe-T-11 UNE FIÈVRE PUERPÉRALE ? an 1804), porté à cet égard le jugement le plus sain , et on ne saurait se refuser à admettre ce qu'il en conclut. La grossesse et l’accouchement changent tellement la consutution de la femme , qu'ils la rendent propre à contracter toutes les maladies épidémiques au milieu desquelles elle se trouve. La première dentiion , l'époque de la premueére mensiruation , l’époque non moins redoutable
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 594 de la cessation des menstrues, en imprumant à lorgamsme des modifications r remarquables, réndent , l'enfant et la femme nbeBubTés de contracter la plupart des maladies, et sont autant de causes de l'intensité plus grande de ces dernières. D'ailleurs , on sait combien le sexe , l’âge, le tempérament , les blessures , les chmats , les saisons, les ingesta, les acta , les percepta , apportent de modifications dans la marche des maladies. Appellera-t-on fièvre de dentition , fièvre menstruelle, fièvre de puberté, fièvre de l'âge critique, fièvre de nourrice, ete., les maladies sans nombre qui peuvent survenir dans chacune des circonstances que je viens d'exposer ? n’en doit-il pas être de même de la fièvre dite puerpérale ? Celle-ci est-elle autre chose que les maladies sans nombre qui surviennent aux nouvelles accouchées , et que modifie à l'infini l’état actuel de la femme ?
494. En effet, à La sont les symptômes qu'on donne comme caractéristiques de la prétendue fièvre puerpérale ? Sera-ce la suppression des lochies , celle de la sécrétion du lait ? mais ni Pure ni autre ne sont constantes ; elles précèdent quelquefois , et d'autres fois elles suivent les maladies qui attaquent Îles nouvelles accouchées ; et, sous ce rapport , elles se rapprochent infiniment de la menstruation , de la suppuration d’un vésicatoire ou d’un cautère , qu présentent la même altération dans le cours des sde L’affaissement et la flaccidité des mamelles surviennent non-seulement dans les maladies des nouvelles accotchées , mais dans la plupart des maladies des femmes. La tension et la sensibilité de’Yabdomen sont ecommunes à plusieurs affections ; elles existent dans les
302 APPENDICE tranchées qui suivent la délivrance ; on les observe dans les coliquèes flatulentes, dans. la dysenterie, la péritonite et les coliques en général. La lésion de ou moins considérable des RESAERS SÉNIAUX Y. donne aussi lieu. Elles se inanifestent dans les hernies étranglées ,. dans beaucoup. de: fièvres adynamiques et MARQUES. 499. Les nausées et les Yonussemens , qUOIqU'assez, ordinaires aprés J accouchement, ne sont pas plus caractérisuques z 1ls ne surviennent pas: d'ailleurs ;constamment, etsont des symptômes de beaucoup d’autres maladies, La diarrhée, que l’on a.observée dans la plupart des maladies des femmes en couches ,.a beaucoup contribué à faire croire que.ces maladies. n’en constituent qu'une.seule. Mais, pour que cela eût été ainsi, il aurait fallu que cette diarrhée et toujours existé ; il aurait été nécessaire d'être “d'accord sur sa nature et sur ses causes ; il aurait fallu que les déjections eussent toujours été les mêmes, et qu'ellesn'eussent été lLomogènes que .dans..cetie seule circonstance. Toutes ces conditions n'ont pu se trouver et ne se sont point réellement trouvées. Combien de maladies à la suite de l'accouchement où 1l n’y,a jamais eu de diarrhée ! Les matières évacuées ne sont pas les mêmes quant à la couleur, à l'odeur et à la consistance : tantôt jaunes , yerdâtres ,. bihenses ; tantôt muqueuses , tantôt séreuses , noirâtres, féudes ; tantôt semblables au chgle »-1N0dore, etc. | £ PORTO ET 496. Les sy mptômes que nous venons d'examiner 9 pris séparément » peuvent appartenir à Ja plupart des maladies des, femmes en.couches : pris. collectivement et joints à quelques autres tirés!de l'état du. pouls et de la face , 1ls constituent la péritonite , maladie la plus
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 393 fréquente des femmes en couches , dans laquelle la fiévre est purement SHARAANS comme dans les autres phlegmasies.
497. Les faits qui viennent d’être rapportés doivent que faire ürer les conclusions suivantes :
1°. $i l'accouchement et ses suites disposent: à linvasion des maladies fébriles , s'ils les compliquent d’accidens paruculers qui les aggravent , un grand nom-— bre de circonstances dans la vie partagent cette funeste prérogative. | ol
2. L'habitus et le facies imprimés aux fiévobs par ces accessoires, quelqueattention qu'ondeur ait donnée, n'en ont pas imposé au point de les faire regarder comme caractér istiques de ces fiévres. : :
. S1l existait une fièvre des To accouchées qun appartint qu'a elles, qui leur fût exclusivement propre , elle se serait montrée la même dans 1ous:les temps et dans tous les lieux , avec les modifications de l’âge du climat et du fempér ament.
2e. Ce qui à fait croire à son existence consiste dans la méprise de ceux qui ont imaginé des causes , tandis qu'il n’y avait que des effets.
5°. Ces effets variant suivant l'espèce de fièvre qui les produisait , ont fait voir la fièvre puerpérale sous divers modes, comme inflammatoire , biieuse > ady= namique , ataxique , nüliaire , pourpr ée , elc.
G°. La fièvre puerpérale , quoique imaginaire , est un sujet d’alarmes pour la plupart des femmes en couches , et leur imagination fortement ébranlée par la peur qu’elles en ont, peut devenir l’origme d’accidens graves.
ads. L'idée de fièvre puerpérale-peut conduire à un
traitement uniforme dans des occasions trés-opposées induire en erreur dans le diagnostic et le pronosue , et faire oublier ou négliger espece de la maladie pour ne voir que la situation de la malade.
8°. On serait aussi fondé à dire febris præ ægnantialis , febris nutritialis , febris catameænialis , qu'à dire febris puer: peralis. Cette dernière épithète convient à toutes les espèces de fièvres qui attaquent les nouvelles accouchées , comme les autres conviendraient à toutes les fièvres de la femme enceinte , de la nourrice , etde celle dont les menstrues auraient été supprimées, 9°. Les symptômes regardés comme caractéristiques de cette fièvre ne le sont point , puisqu'ils se retrouvent en parte chez d’autres individus et dans d’autres ‘circonstances. Ce qui est propre à la nouvelle accouchée ne fait que suivre les lois de l’organisme dans l’état de maladie, 10°. Commeil ne convient pas d'imposer le même nom à des objeis disparates , qu’il n’est point de fièvre à la suite des couches qui ne mérite la dénomination de puerpérale execlusiv rement aux autres, qu 1l n'est pas de médecin qui ne porte la plus grande attention aux suites des couches comme aux autres situations de la vie qui sont favorables au développement des fièvres , on doit regarder celles des nouvelles accouchées comme les mêmes que celles qu'éprouvent les femmes hors l’époque des couches, les enfans, les filles , les hommes, quelles que soient les cir ER où “ se trouvent, en ayant toutefois attention à l’état parüeulier de Pi dividu au moment où la fièvre l'attaque.
498. Il est facile de voir , d’après ce qui précède , pourquoi je ne trace point ici l’histoire générale de la
prétendue fièvre puerpérale. Je dois uniquement me borner à quelques considérations ’sur les causes , le pronostic et le traitement des fièvres qui attaquent les nouvelles accouchées.
499. Parnn les causes des fièvres qui surviennent à la suite des couches , 1l en est qui leur sont communes avec tous les individus , et qui sont pour ainsi dire étrangères à l'accouchement, Les plus ordimaires sont le froid , l'humidité , les alternauves de chaud et de froid , le non-renouvellement de l’air , la surcharge de couvertures, le défaut de propreté, les nnasmes et Ja contagion , les erreurs de régime, et entre autres les boissons alcooliques et l’excès des alimens , l'abus dessudorifiques, les affections morales, etc. Les causes particulières à l’état des nouvelles accouchées sont la lésion de l'utérus et des parties exiernes de la génération pendant un accouchement laborieux , linjecuon de liqueurs astr ingentes dans le vagin, des fomentations analogues sur la vulve , des bandages trop serr és autour de l'abdomen , la rétention des lochies , en tout ou en partie , leur décomposition putride; la présence des caillots de sang dans la cavité utérine, leur séjour dans le vagin, Fe applications de bandages autour de la poiirine pour empêcher le développement des seins ; les applications de substances grasses et stypuques sur ces organes ; une hémorrhagie abondante soit interne, soit externe , etc.
5oo. Il est facile de concevoir que 1, pronos des fièvres dites pucrpérales dort varier selon que celles-e1 sont inflammatoires, bihieuses , muqueuses , adynamiques et ataxiques , d'aprés leur complication, l’état individuel , ete. Hippocrate les regardait comme trés
596 APPENDICE dangereuses lorsqu'il y avait suppression des lochies, troubles des intesuns , diarrhée fétide , etc.
5or. De ce que la fièvre dite puerpérale n’est pas toujours la même affecuon , de ce qu’elle est quelque-
fois une fièvre , d’autres fois une phlegmasie , etc. , il
est facile de voir qu’on ne saurait lui opposer toujours le même traitement. Que penser alors des méthodes qu’on a tant préconisées ? de la méthode de Doulcet , par exemple ? Les indications euratives dans les fièvres des nouvelles accouchées consistent à éloigner , outre les causes , tout ce qui peut aggraver l’état de la maladie , à garanür du froid et de l'humidité, à entretenir la salubrité de Pair et la propreté , à veiller au régime , à éloigner les passions , à rassurer et tranquilliser Pimagination , à prévenir des complications dangereuses , des congestions locales vers le cerveau , vers la poitrine où lPabdomen. Chaque espèce de fièvre, chaque accident survenu pendant et aprés l'accouchement, présentent des indiçcationscuratives particulières : tantôt il faut modérer et redresser les efforts de lanature; tantôt, au contraire , 1] faut les soutenir , les exciter. Les dérangemens dans lécoulement des lochies et dans les sécrétions du lait sont secondaires : 1l faut ÿ porter néan— moins son attenuon. Il est des cas, rares à la vérité, où l'écoulement des lochies est presque nul et où la sécrétion du lait n’a point lieu , sans que la femme en soit Incommodée. Souvent les Pi ne se suppriment point, d’autres fois elles diminuent ; dans quelques Cas, elles sont supprimées par l’action " froid , etc. , et alors elles produisent des accidens plus ou moins graves. Le vrai caractère de la fièvre puerpérale , soit simple, soit compliquée , et son traitement ont été trés-bien
dre
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 597 développés dans le’ 7 raité d’accouchemens et des Ma-
ladies des Femmes , par M. Gardien.
S VIL Sur les Fièvres intermittentes splanchniques , ou avec lésion des visceres.
So2. La nécessité de coordonner les maladies entre elles , et d’en former un ensemble régulier pour . en faire une heureuse application à celles qu’on observe ,; peut se trouver dans une sorte d'opposition avec une autre loi générale , qui consiste à montrer les objets complexes sous un point de vue exclusif, et à sa crifier ainsi un peu trop à la méthode : c’est ce qui a eu lieu à l'égard des fièvres intermittentes et rémittentes qui ont été rapportées aux divers Ordres de fièvres continues , sans égard à leur type parücukier , et qui, pour la plupart, sont ainsi distribuées d'apres leurs affinités, mais qui‘ peuvent aussi, dans quelques: cas rares, se refuser à cette sorte de rapprochement , ou même tenir à des lésions organiques de certains vis— cères. On doit alors remédier à ce léger désavantage à la manière des naturalistes, en revenant sur ces objets dans un appendice. Les vrais observateurs ont done dû être portés à examiner avec soin l’état des viscères, surtout de ceux de l'abdomen, dans des cas particuliers de fièvres intermittentes ou rémittentes deve-
nues funestes. Mais 1l est nécessaire aussi d’user d’une grande circonspection pour ne point trouver une noü— velle cause d'erreurs dans un moyen pris pour mieux connaître le vrai caractère de la maladie ; car en pro cédant ainsi , on peut très-bien se méprendre , et acmettre comme cause ce qui n'est que l'effet ou bien
598 APPÉNDICE
un objet accessoire. Combien de fois atüssi de semblables recherches sont superficielles et peu exactes }
503. Peut-on trouver quelque fait particulier plus vague et plus indéterminé que l’exemple rapporté dans l'ouvrage de Lieutaud ? « Une fille de trente ans, » d’une faible santé , ayant l’habitude d’user de fré- » quentes saignées , eut une fièvre intermittente qu’on » guérit dans quinze jours: elle paraissait dans le meil- » leur état lorsqu'elle périt d’une syncope. On remar- » qua à l'ouverture du corps que les veines du cer- » veau étaient gonflées d'air, que le péricarde était » plein d’eau, qu'il n’y avait pas une seule goutte de » sang dans le cœur, que la rate était d’un très-crand » volume, mais same , et que l'estomac était très- » rétréci. » Une semblable observation mérite-t-elle même les honneurs d’une critique ?
504. Les cas analogues à celui qui suit sont bien plus fréquens et plus propres à donner des lecons utiles. Un homme âgé de trente-quatre ans fut atteint au printemps d’une fièvre uerce : on la suppruna trop tôt , et 1l survint un défaut d’appétit et une douleur gravative avec dureté dans l’hypochondre droit, et peu apres dans le gauche : le ventre et le scrotur s'enflérent, tout le corps S'œdématia ; la respiration devint aihoile ; 1l survint des palpitations du cœur , des anxiétés, des syncopes , et enfin la mort. On présume d'avance les apparences que manifesta l’ouverture du corps : un fluide rougeâtre et trouble fut trouvé dans l'abdomen ; on remarquait à la surface du foie plusieurs NE glanduleuses , dures et jaunes ; la vésicule biliaire contenait un fluide albumineux ; la rate était mégale, d’un grand volume, et du poid
de trois livres ; ; l’une et l’autre cavité de la poitrine étaient pleines d'un fluide limpide (Siorck ).
505. L'auteur judicieux de l'ouvrage qui a pour titre : de Reconditä febrium intermittentium et remittentium Naturd, eic., rapporte des résultats d’observations anatomiques qui lui sont propres et d’autres
qui sont puisées dans divers auteurs : je m’arrête seule- ment à ceux qui sont les plus exacts et les mieux constatés. Les fiévres intermittentes simples , ou celles qui dégénèrent en hectiques , laissent souvent des traces de L effets nuisibles sur diverses Parties du corps. Souvent le cerveau paraît sain quoiqu'il ait existé des céphalalgies violentes; il se fait des épanchemens dans la poitrine et même dans le péricarde ; le foie surtout paraît le plus souvent altéré ; il semble quelquefois blanchâtre et comme dans un état de macération ; ; quelquefois il est augmenté de volume , endurci et rempli de glandes jaunâtres ; d’autres fois ses vaisseaux sanguins paraissent gorgés de sang. Dans certains cas, cet auteur dit avoir observé un abcés dans ce viscére , à la suite d’une fièvre intermittente double-tierce ; dans d’autres, il a trouvé la veine porte très-augmentée de diamètre. Que d’altérations variées dans le même viscère n’ont point été remarquées par d’autres auteurs , À la suite de fièvres intermittentes ou rémittentes ! On cite aussi des exemples du pancréas devenu squirreux. Mais c’est surtout la rate qu'on a regardée comme un foyer principal de désorganisation dans les fievres intermittentes , quoique, pour un anatomiste exact, 1l soit souvent difficile de séparer les simples variétés de structure qui s'éloignent peu de l'état de santé d'avec ses altérations proprement organiques. On dit l'avoir
souvent trouvée remplie d’un sang épais , cé qui est trés-ordinaire ; et on croit que , dans des cas analogues, elle peut passer à un état de dissolution, on ajoute même de putrilage ; ce qui me paraît un peu difficle à constater, à cause de son tissu naturellement spongieux. Les vices contractés par le péritoine ou le mésentère durant des fièvres intermittentes ou rémittentes, sont bien moins équivoques , puisqu'ils se ma nifestent par des mdurations glanduleuses , où par des épanchemens d'un fluide séreux qui suppose des lé sions dans le système absorbant de leurs membranes, et quelquefois un état inflammatoire aigu ou chronique.
506. Quelles lumières d’ailleurs peut-on retirer de ces recherches d'anatomie PARAOSNUME relativement à la nature de la fièvre ? Les mêmes effets nuisibles et la même atteinte portée sur les viscères abdominaux 1 ne peuvent-ils point être la suite d’autres maladies toutà-fait différentes ? D'ailleurs ne voit-on point des fièvres intermitientes et rémittentes ne produire aucun effet semblable et aboutir à une terminaison trés-salutaire ? Que deviennent alors ces diverses théories et hypothèses gratuites, sur un prétendu venin fébrile qui se porte sur les viscères abdominaux , et qui produit, suivant les notions vulgaires , des séagnations , des obstructions , des txmeurs , une dégénérescence des luumeurs, eic., A et autres ravages purement imaginaires : ? En outre, combien de fois les maux internes qui résultent des fièvres intermittentes ou rémittentes ne sont-ils point dus x un traitement émpir ique où mal entendu qui fait prodiguer des médicamens à contre-temps , tandis qu'il faudrait se borner à soumettre les malades aux sages
x AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 4OX
préceptes de l'hygiène, et éloigner seulement lescauses propres à exaspérer l'état fébrile ! Je ne puis donc que répéter 1c1 ce que j'ai dit ailleurs , qu'il existe une vÉ— ritable lacune en médecine dans l'art de décrire les fièvres intermittentes ou rémuittentes , et d'approfondir leur caractère particulier , avant de les diriger dans leur cours et d’en réglerletraitement. Mais il importe, dans l’état actuel de nos connaissances , de rappeler 1c1 quelques faits particuliers propres à faire mieux connaître les vrais caractères des fièvres intermittentes et rémit= tentes viscérales ou splanchniques.
5o7. Il était naturel de chercher de nouveaux faits de cette sorte dans l'ouvrage (r) publié il y à quelques années par M. le professeur Portal, qui, par sa pratique tres-étendue, à pu observer souvent des fièvres de cette sorte, et qui, aprés les avoir dirigées comme médecin expérimenté, a pu constater avec soin l’état des viscères abdominaux comme anatonuste. Cet auteur , en effet, rapported’abord six exemples de fièvres intermittentes qu'il a observées lui-même , et qui, par une terminaison funeste, ont donné lieu à un examen attentif de l'état des viscères. Dans le premier cas, il s’agit d’un homme de vingt-neuf ans qui, durant l’automne , avait éprouvé des acces irréguhers d’une fièvre intermittente qu on avait supprimée le troisième jour, en faisant prendre chaque jour une once de quinquina : il resta quelque temps dans un état de langueur , etil se manifesta peu après une fièvre continue tres-grave ,
CU RD He
(1) Observations sur La nature et le traitement des maladies du foie , par Ant. Portal , professeur de médecine au Collége royal de France, etc. Paris ; 1819,
402 APPENDICÉ
à laquelle 1l succomba le vingt-neuvième jour. Outre les légères aliérations que manifestérent l'épiploon, l'estomac et les intestins , on remarqua que le foie était d’un volumemonstrueux et d’un rouge foncé , surtout à sa face postérieure et inférieure. Ce viscère contenait en oùtre plusieurs noyaux squirreux , et On trouva dans les deux cavités de la poitrine ensemble une livre d’une sérosité rougeâtre.
508. Dans le deuxième, il s’agit d’une fièvre intermittente erratique , trés-1rrégulière et quidurait depuis long-temps ; les digestionsétaient laborieuses , et lema- Jade , après un amaiïgrissement gradué , finit par suc comber. On trouva le foie augmenté d’un tiers de son volume, etles poumons infiltrés d'une sérosité ichoreuse avec des adhérences nombreuses à la plèvre et un peu d’épanchement dans la poitrine.
5og. Le troisième exemple est celui d’une demoiselle qui avait déjà passé ce qu'on appelle l'époque critique, et qui, aprés des affections variées, finit par avoir, durant l’automne, des accès de fièvre tantôt réguliers , tantôt irréguliers , soit pour letype, soit pour l'intensité. Malgré la diminution graduée de ces derniers, la malade tomba dans le dernier degré d’amaigrissement , à la suite de douleurs de coliques et d’évacuations jaunâtres très-copieuses; il se déclara enfin une fièvre continue très-grave qui devint funeste. On trouva les intestins grêles trés-rouges et comme enflammés, et le foie très-volumineux , et endurci dans sa portion épigastrique.
510. Un jeune homme livré à l'étude de l’astronomie forme le quatrième cas de cette série d'observations ; il fut obligé, pendant la révolution , de prendre part
AUX FIÈVRES PRIMITIVES. 403 aux guerres de la Vendée, et il fut atteint d’une fièvre continue dite putride , avec des redoublemens violens ettrés-irréguliers. Rendu à Paris auprés d’un de ses parens , sa fièvre se renouvela, tantôt sous une forme continue, d’autres fois comme intermittente. Les hypochondres se tuméfiérent, le ventre se météorisa ia respiration devint gênée, les évacuations par les selles étaient jaunâtres et fétides : le malade finit par succomber. Le foie parut plus volumineux que dans l’état ordinaire, et sa couleur était verdâtre. La substance de ce viscére, coupée en divers endroits, était également verdâtre , d’une texture granuleuse, inégalement compacte. Les glandes du mésentère étaient pleines d’une humeur grisätre, et on trouva dans la poitrine un léger épanchement de sérosité, avec quelques adhérences des poumons à la plèvre.
5rr. Le cinquième cas est en partie analogue au précédent, c’est-à-dire. qu'à la suite de Ja convalescence d'une fièvre continue, il étaitsurvenu quelques accés irréguliers d’une fièvre intermittente , le dégoût pour les alimens, l’enflure des jambes et la gène de la respiration ; les viscères parurent gonflés et durs au simple contact, surtout dans la région du foie; les symptômes s'aggravérent, le malade succomba. On reconnut alors l’existence d’une hydrocèle volumineuse et d'uneascite. Le foie , qui était d’une couleur foncée : avait beaucoup augmenté de volume, et semblait avoir une consistance Cartilagineuse ; la vésicule était trésgonflée et pleine d’une bile noire, le pylore était dur, gonflé et très-rétréci dans son contour. On remarquait aussi une hydro-péricarde très-considérable.