AVANT-PROPOS
Le rôle de l’analyse psychologique pure, dans l'étude des affections mentales, se restreint de jour en jour.
L’essor de l’organisme humoral relègue au second plan un instrument dont on ne cherche plus à connaître la valeur.
Par son allure scientifique, par les larges horizons qu’elle ouvre, par le pont qu’elle semble jeter entre le corps et l’esprit, cette seconde méthode polarise les recherches de ceux qu’attire le monde complexe et misérable des asiles.
Qu’elle qu’en soit la séduction, quels que soient les résultats acquis par elle et les espoirs qu’elle permette, elle ne doit pas ignorer ce qui reste le but de ses travaux. Cette « maladie de l’âme » est peut-être la résultante de troubles organiques. Mais n'est-elle que cela ? L'état actuel de la science interdit à tout homme de bonne foi de répondre oui.
Pour traiter efficacement un malade, il faut connaître son affection. Aucun des éléments qui permettront de serrer de plus près le diagnostic ne doit être négligé.
Parallèlement aux facteurs matériels que la science
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sait ou saura déceler, le spécialiste doit pouvoir dégager les fils dont est tissée la pensée morbide de celui qu’il doit s’efforcer de guérir.
Si au décours de cette étude, et devant l’impuissance des autres procédés, il croit pouvoir, par la seule psychothérapie, obtenir un résultat positif, c’est pour lui plus qu’un droit d'agir.
La psychopathologie a forgé une classification dans le cadre de laquelle sont venues s'intégrer les réalisations des autres méthodes. Elle verse dans le creuset du diagnostic des éléments de première valeur. La psychothérapie peut, à partir de ses données, amener des résultats tangibles.
Associée aux méthodes nouvelles, elle doit continuer à contribuer à la lutte contre un mal auquel humanité paie un trop lourd tribut.
En exposant dans ces quelques pages les résultats acquis sur un point précis par ceux qui lui ont fait confiance, nous voudrions :
1° Objectiver, dans l’étude de la mélancolie légitime, la fécondité d’une méthode qui, se heurtant aux obstacles d’une analyse souvent délicate et d’une terminologie flottante, a su isoler, 4 partir d’un vaste syndrome, une notion dont l’apparente simplicité n’a pu se faire jour qu’à la suite d’un lent travail de dissociation ;
2° En analyser l’un des mécanismes thérapeutiques.
Que nos juges nous excusent d’un résultat nécessairement incomplet et dont l’imperfection est en par-
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tie imputable aux conditions dans lesquelles s’est effectué ce travail.
Et que le Docteur BENON, qui nous a soutenu de sa longue expérience, trouve ici l’expression de notre reconnaissance.