PRÉFACE
J'évoque en ces nouveaux poèmes, écrits dans l'île grandiose et mystérieuse de la Dominique, mon pays natal, l'image lointaine de la France.
Français d'Amérique, j'ai voulu les offrir, en un pieux hommage, au plus accueillant, au plus généreux des grands pays européens. L'étranger s'accoutume vite au charme de la terre française, et tous ceux qui ont laissé, comme moi, un peu de leur rêve dans l'azur que réjouit la flûte du linot et de l'alouette, et des racines bien enfouies dans le beau sol qu'arrosent les quatre grands fleuves aux noms harmonieux, comprendront le sens réel des Nostalgies françaises.
VI Préface.
Je n'ai vu passer que dix blonds automnes sous la clarté des ciels flous si chers aux yeux du grand Baudelaire; il eût suffi d'un nombre moindre pour justifier mon attachement. Un jour viendra, qui n'est pas loin, où sur la splendeur des horizons retrouvés s'évanouiront les fantômes de la terre quittée. En attendant, la grande image reste visible à travers les brumes de la mer, et la magnificence du flamboyant en fleurs que hante le caprice des colibris versicolores n'a pas su atténuer au fond de moi le souvenir émouvant du paysage lunaire où, pour la première fois, j'entendis le chant du rossignol.
Roseau, avril 191 3.
« Quelle nature est plus humaine, « Quelle belle a moins de dédain « Que cette France où l'on promène a Comme en un jardin ?
« Vois comme ils ont des tailles fines,
« Nos peupliers d'argent,
t Comme le front de nos collines
« A l'air intelligent 1 a
François Porche.
NOSTALGIES FRAKÇAISIS