A ROSEAU
Petite ville rose et blanche où je suis né, Je te reviens après une très longue absence ; J'eus, par delà les mers, un séjour fortuné Sous l'azur amical du ciel léger de France.
Pardonne-moi, Roseau, que couronnent les monts Et qu'un golfe éclatant reflète en ses eaux bleues ; Les parfums de tes fleurs et de tes goémons N'empêchent pas mon cœur d'être à deux mille lieues.
O ville de ma mère, encor de bien longs mois. Malgré les souffles purs descendus des grands bois. Je ne serai qu'une ombre en tes paisibles rues.
Et par les belles nuits où les vagues sont d'or, Mes douleurs hanteront, soudainement accrues. Les vapeurs aux feux clairs qui quitteront ton port.