A L'AUVERGNE
Pour Louis Lacroix.
Qu'elle est loin la frileuse et rêveuse soirée Où le train de Clermont-Ferrand,
Le train qui nous portait, traversa la vallée Merveilleuse du Lioran !
Tes villages rêvaient à l'ombre des Monts Dômes, Aux rampes des volcants éteints ;
Et leurs clochers sous un couchant chargé d'arômes Chantaient des angélus lointains.
Nous venions du Mont Dore où commencent les Qui mènent aux glaciers béants [pentes
Et là, nous avions vu les cascades chantantes Dont l'eau berce tes pins géants.
Quand de fortes odeurs d'arbres verts et d'étables Flottaient sur tes graves étangs
Et que des blancs sommets des roches vénérables Emergeaient des fronts de titans,
NOSTALGIES PRAN'AISES
Auvergne grandiose, âme des fières Gaules, Hautain burg du noble passé,
Nous évoquions devant les robustes épaules Du Sancy muet et glacé
L'âge où, pour repousser les légions romaines, Le chef beau comme un roc sculpté
Fit sonner dans les noirs défilés des Cévennes L'olifant de la liberté !