Aux plus beaux yeux de France
Votre visage est aussi pur qu'un tendre songe Qui, descendu la nuit du ciel,
Nous laisse en revenant aux pays du mensonge Le dégoût du monde réel.
L'eau verte de vos yeux tremble comme une source
Aux vallons où fleurit le lin, Lorsque le son d'un cor monte vers la Grande Ourse
Dans un crépuscule opalin.
Vos dents sont un clavier pour les gammes heureuses
De vos rires frais et joyeux ; Et vos sourcils sont comme un vol d'ailes soyeuses
Sur les lacs jumeaux de vos yeux.
Les ongles de vos doigts ont de légers nuages Sur la nacre de leurs ciels clairs,
Et votre oreille a le dessin des coquillages Qu'ont roulés les lointaines mers.
Sur votre front de neige une veine dessine Deux minuscules fleuves bleus ;
Sous vos beaux vêtements votre corps se devine Souple, tiède, voluptueux.
Cantique des Cantiques. 133
Vous êtes à la fois l'amante virginale
Et l'éphèbe au corps délicat :
Vous avez la beauté gracile d'Euryale
Tout en étant Nausicaa.
Et c'est pourquoi vers vous de mon âme s'élève
Un cantique ardent et divers, Chère réalité plus belle que le rèvc,
O mon Amour, mon Univers !
BRISE xMARINE
Dans son cadre d'azur, d'océan et de ciel,
Que l'Ile où je vous chante est propice à mon rêve,
Et que j'évoque bien de sa splendide grève
Vos yeux, objets charmants d'un grand amour cruel !
Quand la mer a parfois cette lumière bleue
Qui me rappelle tant celle de vos regards.
J'aime, en l'immensité des nostalgiques soirs,
Imaginer que vient de plus de mille lieues
Un arôme émané du lointain continent [temps.
Où vos beaux yeux n'ont vu que vingt fois le prin-
Alors, le cœur brûlé d'inexprimables fièvres,
Je prononce tout haut votre nom grave et fier,
Votre beau nom qui met une ivresse dans l'air
Et le souffle léger d'une fleur sur mes lèvres,
Cependant que les flots adorablement bleus
Prolongent jusqu'à moi les soirs purs de vos yeux.