‹ Nostalgies françaises,Chapitre 63 sur 79 · LE DERNIER SOIR · texte numérisé non relu

LE DERNIER SOIR

Vous saviez que bientôt ce serait mon départ,

Et vous avez voulu rester un peu plus tard

Que de coutume, ô ma beauté, pour que mon âme

Eût le temps de fixer le rêve sur sa trame

Et pour que le pinceau fidèle de l'Amour

Eût le temps de tracer sur mon cœur le contour

De vos traits et qu'il eût tout le loisir d'y peindre

Vos yeux d'une couleur qui ne dût pas s'éteindre,

Car vous songiez, ô vous qui charmez les miroirs,

Qu'en vous perdant j'aurais d'infinis désespoirs ;

Et vous avez voulu me laisser une image

Qui sût me consoler durant le long voyage ;

Et c'est pourquoi pendant le douloureux moment,

Votre regard se fit plus doux et plus charmant.

Pour que son souvenir fût à jamais capable

De me remplir les yeux d'une ivresse adorable.

Et pour que le portrait qu'allait garder mon cœur

Fût doux comme un sourire et fi-ais comme une fleur.

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