NOSTALGIE DE L'AUTOMNE
Quand pourrai-jc, aux jours de l'automne, En suivant le cours de ton eau.
Entendre et le bois qui frissonne Et le cri plaintif du vanneau?
Ducis.
Reverrai-je, aux clartés d'une après-midi blonde, Fontainebleau rêver au miroir des étangs, A Versailles tourner de nostalgiques rondes De feuilles qu'on croirait des souvenirs flottants ?
Reviendrai-je jamais m'asseoir sur une roche De la belle forêt qui rêve à Chantilly, Aux mois où sous le vent plus frais dans un taillis La plainte d'un oiseau dit que l'hiver approche ?
O mon charmant Amour, que ce doute est cruel ! Surtout lorsqu'en un songe où mon cœur vous admire J'associe au regret d'un adorable ciel
D'octobre sur un parc engourdi de silence.
Le solennel regret de votre beau sourire
Dont le charme est celui de l'automne de France
sous LA NUIT DE PARFUMS
Nulle ombre sur les monts, sur la mer mille voile. La nuit traîne une odeur chaude de violette Et la lune en son plein semble une pâquerette, Parmi les boutons d'or pâlissants des étoiles. •
Vénus sur l'océan trace un chemin doré ;
Les grands mornes au loin dressent de pures lignes,
Et, sous le vaste ciel doucement éclairé.
Les lames sur le sable ont des blancheurs de cygnes.
O mer, je ne veux pas écouter les sanglots . Qui montent cette nuit de tes grottes obcures, Et j'irai loin des chants lugubres de tes flots Me griser de l'encens sauvage des verdures.
Je m'étendrai sur l'herbe vivante ; le bruit D'une eau lointaine aura le chant léger d'un rêve ; Et, jusqu'à l'heure rose où l'aurore se lève. Le grand ilang-ilang parfumera la nuit.